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Les origines celtes de notre identité nationale

Dévalant au galop de la steppe pontique, le cavalier thraco-cimmérien a remonté le cours du Danube. En même temps que le cheval et le sang, il emmène avec lui la culture et les racines de la langue indo-européenne. Hiératiquement assis, les jambes croisées, est-ce lui qui, dans le chaudron de Gundestrup, nous aurait apporté, en plus, la millénaire sagesse d’un Orient lointain ?... (sans beaucoup de succès).

Est-ce possible ? Evidemment, c’est beaucoup plus compliqué que le présente mon image outrageusement réductrice. Mais l’historien, dans sa quête du savoir, ne doit pas oublier qu’il existe des textes ; et ces textes nous disent clairement que la Gaule des Celtes est née d’une volonté phénicienne, c’est-à-dire sémite ; une pensée sémite que l’on peut remonter à la source jusque dans le clan d’Abraham qui, jadis, vivait au pays des Sumériens.

Cet article fait suite à mon article du 13 février intitulé "Les origines phéniciennes de notre identité nationale" et au débat qui a suivi.

Thèse Kourganes ou thèse levantine ?  Nous sommes aux alentours du V ème millénaire av. J.C....
 
Les Proto-indo-européens (PIE) seraient, selon la thèse la plus communément admise, un peuple ancien qui a diffusé sa langue, sa culture, ses codes et ses croyances à la quasi-totalité des peuples de l’Europe actuelle. L’archéologue Marija Gimbutas les identifie avec les porteurs de la civilisation des Kourganes dans la steppe pontique (cf. Wikipédia). Changement de langue ne signifie pas nécessairement remplacement violent des populations, mais plutôt adoption de nouvelles cultures (Wikipédia).
 
L’archéologue Colin Renfrew propose de voir le foyer d’origine en Anatolie d’où partent les groupes qui de proche en proche apportent la civilisation néolithique et l’agriculture en Europe à partir du Ve millénaire avant notre ère (Wikipédia). Directrice de la mission archéologique El Kowm-Mureybet en Syrie, Danielle Stordeur déclare (extraits) : L’Europe a reçu le néolithique comme un cadeau, arrivé tout prêt du Proche-Orient..., avec ses villages, son blé, ses moutons et ses chèvres, sa poterie et ses symboles ; une révolution totale pour les descendants des chasseurs-cueilleurs de Lascaux... Bien avant Uruk, il y avait déjà des hommes civilisés dans les premiers villages du Levant.
 
Revenons sur notre terre pré-gauloise !
 
Si l’on veut bien accepter mon interprétation militaire, à savoir que le site néolithique de Chassey-le-Camp (vers 3 500 av. J.C.), en Bourgogne, ne peut s’expliquer que s’il gardait l’entrée d’un territoire, on comprendra à la fois, comment ce territoire pouvait correspondre à la description pré-citée en italiques et comment le horst de Mont-Saint-Vincent - future Bibracte selon moi - pouvait en être, au centre, la position ultime de défense et de refuge. http://www.agoravox.fr/tribune-libr.... Je n’ignore pas que cette hypothèse est dérangeante car elle prouverait que, dès cette époque, la population néolithique était en mesure de penser une défense, de la mettre en place et qu’elle disposait déjà d’une langue suffisante pour cela.
 
Du bon usage du mot "Celte".
 
Sur quels textes les historiens se fondent-ils pour dire que les Celtes étaient les habitants de l’Europe. Je n’en vois pas. Le premier à parler des Celtes, au VIème siècle av. J.C., Hécatée de Millet, les présente seulement comme les habitants d’une ville. Evoquant notre région "barbare", il ne cite que trois villes : Narbonne, Marseille qu’il situe en Ligurie et, au-delà de Marseille, Nuerax, habitée par les Celtes. Dès lors que j’ai montré, d’une façon on ne peut plus claire, qu’on ne pouvait placer Bibracte qu’au Mont-Saint-Vincent, on comprend tout de suite que Nuerax est synonyme de Bibracte http://www.agoravox.fr/tribune-libr.... Qu’Hécatée la désigne sous le nom grec que les Grecs itinérants ou marchands lui donnaient n’est pas un problème.
 
Au Vème siècle, Hérodote confirme mon interprétation. Il ne dit pas que les Celtes étaient les habitants d’un pays qui s’étendait des Pyrénées aux sources du Danube comme certains historiens le pensent ; il nous dit seulement qu’ils étaient les habitants d’une cité (Nuerax/Bibracte) qui se trouvait sur un itinéraire qui menait aux sources du Danube, près des monts Rhippées (le Jura), et non Pyrénées ce qui est une mauvaise lecture .
Au IIème siècle, Polybe confirme une deuxième fois mon interprétation en disant qu’une grande partie du cours du Rhône suit une vallée profonde au nord de laquelle vivent les Celtes ardyens. Cela signifie qu’il voit toujours ces Celtes au nord du cours supérieur du Rhône, dans la même région où Hécatée les a situés.
Enfin, au Ier siècle avant J.C., c’est Tite-Live qui nous relate les premières grandes invasions gauloises du VIème siècle (date contestée). D’où les fait-il partir ? Réponse : d’une Celtique relativement réduite et sous forme d’une coalition limitée aux Eduens de Bibracte/Mont-Saint-Vincent, Arvernes de Gergovie/Le Crest, Bituriges de Chalon/Cabillo, Ambarres du Revermont, Aulerques de Brancion et de Blanot, Lingons du mont Lassois, Senons de Château-Landon (cf. mes ouvrages). Cela ne représente qu’un territoire "celte" modeste par rapport à ce qu’il sera plus tard.
 
Quelles conclusions en tirer ?
 
1. Que ce n’est qu’à partir du VI ème siècle et qu’en partant des rives de la Saône que les Celtes - mot devenu nom générique - s’enfoncent vraiment dans le territoire européen. Grâce aux auteurs antiques, on en suit la trace, l’histoire et les limites, Scordisques, Taurisques, Boïens, Alauni de la Norique, Senons, Galates, Volques etc.
2. Que, dès cette époque, les Celtes sont bien installés à Bibracte/Mont-Saint/Vincent, qu’ils sont soutenus par d’autres cités voisines également bien installées. Au IVème siècle av.J.C., il en est de même, ce qui fait dire à Ephore que ces Celtes sont l’une des quatre plus puissantes peuplades du monde barbare (barbare = étranger au monde grec). Les Thraco-cimmériens en étant une autre.
3. Je n’ignore pas que la tendance actuelle est de corriger Tite-Live et de repousser les expéditions gauloises au IV ème siècle. Je suis étonné. Si tel avait été le cas, Hérodote (Vème siècle) n’aurait jamais pu écrire que le Danube appartenait aux Celtes comme le Nil l’était aux Ethiopiens, puisqu’ils ne l’avaient pas encore conquis.
 
La tentative celte pour dominer l’Europe.
 
Admettons que, durant le Hallstatt, Bibracte/Mont-Saint-Vincent ait développé la métallurgie du fer avec un temps de retard sur l’Orient et les Thraco-cimmériens. En est-il de même à l’époque de la Tène ? Il ne semble pas. Le fait que les mercenaires celtes soient un peu partout, que leurs ambassadeurs parlent à égalité face aux Grecs, que leurs expéditions sèment la terreur, tout cela indique, une montée en puissance, une probable avancée dans le domaine des techniques et des arts. Dans les tombeaux des grands princes celtes, que trouve-t-on ? un art venu des steppes ou un art venu de Bibracte et de Gergovie ? Qui occupent les sites de Hallstatt et de la Tène ?
 
Je ne veux pas me poser en historien de l’origine des peuples du Centre-Europe mais tout ce que je peux dire sur le plan militaire est, primo, que la forteresse de Heuneburg sur le Haut-Danube m’apparait comme une base avancée de départ et de recueil tout ce qu’il y a de plus logique pour soutenir une vaste opération en vue de la conquête du Danube ; secundo, que l’expansion gauloise n’a vraiment buté que sur la Grèce et le royaume de Pergame, et que la Thrace qu’ils ont pillée de 279 à 216 n’était toujours qu’en Thrace.
 
En revanche, il est tout à fait étonnant de constater la production artistique du monde thraco-cimmérien qui fait comme un pendant avec la production artistique du monde celte, de part et d’autre d’une Europe qui tarde à s’éveiller. Y a-t-il eu des courants entre ces deux mondes... ou une rivalité ? Rivalité qui se règlera sur le champ de bataille de Mursa le 28 septembre 351. Ce n’est plus un combat, écrira l’empereur Julien, c’est un règlement de comptes entre les Illyriens et les Celtes.
 
De l’origine phénicienne des Celtes.
 
Il y a lieu de considérer l’expansion des Celtes comme un phénomène de colonisation... écrit Venceslas Kruta. C’est encore plus vrai pour les groupes qui, depuis le Bosphore, se sont lancés dans la longue migration est-ouest . Plaignons les serre-files qui buttaient sur ceux qui, devant, occupaient le terrain tout en refusant le passage ! Il me semble que les migrants - autrement dit colons - qui ont voulu pousser jusqu’en Gaule, avaient tout avantage à contourner le continent et à remonter le couloir Rhône/Saône pour coloniser la Bourgogne, et ensuite le reste du pays, même avec des effectifs limités.
 
Quand se sont-ils installés ?
 
Réponse facile. Il suffit de dater les murailles de Mont-Saint-Vincent, notamment celles de l’oppidum ovale. Et il faudra bien se dire que cela entrainera automatiquement la datation du temple/église qui se dresse à l’autre bout du horst. Il serait en effet impensable que les fondateurs phéniciens (voir ci-après) n’aient pas élevé en même temps, sur ce site, un temple à Héraklès, puisque c’était l’usage et qu’ils l’ont fait ailleurs. Et puisqu’il est dit que c’est entre 1200 et 800 que se multiplient, en Gaule, les oppidum fortifiés, j’espère qu’on tiendra compte de la date que j’ai proposée dans mon article précédent : au Xème siècle. http://home.nordnet.fr/ glanquetin/....
 
Quels fondateurs ?
 
Diodore de Sicile est le plus prolixe. Il nous dit qu’Héracklès bâtit une grande ville... nommée Alésia. Il mêla même à ses citoyens beaucoup de gens du pays, mais comme ces derniers l’emportaient en nombre, il arriva que tous les habitants tombèrent dans la barbarie. Les Celtes jusqu’à ces temps-ci ont en honneur cette ville qui est pour eux le foyer et la métropole de toute la Celtique (extraits de l’Encyclopédie de l’Arbre Celtique). Il est bien évident que cette Alésia est notre Bibracte du Mont-Saint-Vincent.
 
Notez la phrase importante : "Comme les autochtones étaient les plus nombreux, tout le monde retourna à la barbarie". Cette phrase signifie que les colons oublièrent leur langue sémite d’origine et qu’ils se mirent à parler le dialecte proto-indo-européen de leurs sujets.
 
Dans une autre citation, Diodore ajoute : Anciennement, dit-on, régnait sur la Celtique un homme illustre qui avait une fille.... Or, Héraclès, lors de son expédition contre Géryon, passa par la Celtique où il fonda Alésia. La fille du roi le vit, et, ayant admiré sa valeur et sa taille surhumaine, reçut de tout coeur, et avec l’agrément de ses parents, les caresses du héros ; de cette union naquit un fils qui fut nommé Galatos et qui surpassait de beaucoup ceux de sa nation par la vaillance de son âme et par la force de son corps. Arrivé à l’âge d’homme et ayant hérité du royaume de ses pères, il conquit une grande partie du pays limitrophe et accomplit de grands faits de guerre. Devenu fameux par son courage, il appela de son nom Galates les peuples rangés sous sa loi et ce nom s’étendit à toute la Galatie (extraits de l’Encyclopédie de l’Arbre Celtique). Là encore, il s’agit de notre Bibracte au Mont-Saint-Vincent.

  Autre témoignage : au Ier siècle avant J.C., s’inspirant manifestement d’un autre auteur, Denys D’Halicarnasse écrit qu’Héraclès, au cours de sa course errante, se serait uni à l’atlantide Astéropè. Deux fils seraient nés de cette union, Ibéros (les Ibères d’Espagne) et Keltos (les Celtes de la Gaule).
 
Autre témoignage : Parthénios de Nicée, contemporain de César, nous donne une version un peu différente, à savoir que Keltos était fils d’Héraklès et de Keltinè, fille de Brétannos, roi de Bretagne.
 
Nous avons donc trois témoignages qui désignent Héraklès comme étant les colons qui se sont unis aux autochtones de notre région. S’agit-il d’un Héraklès thébain ou d’un Héraklès phénicien ? Influencé que je suis par les fondations phéniciennes de la Méditerranée, je penche pour l’Héraklès tyrien.
 
Un Héraklès phénicien, certes, mais issu de quelle population ?
 
Constatant que ces fondateurs n’ont donné à leurs enfants, ni le nom de Tyrien, ni celui de Sidonien, il ne me reste comme choix que les noms d’usage par lesquels la Bible désigne les habitants de l’arrière-pays. A part les Chaldéens et les Cananéens, je n’en vois pas d’autres. Ces noms ne sont devenus péjoratifs qu’avec le développement du christianisme. Comme je l’ai écrit dans mon précédent article, il me semble difficile de ne pas faire le rapprochement entre les Kaldaï/Chaldéens et les Keltoï/Celtes de Bibracte, entre les Kinneriens/Cananéens et les Kinnesioï de Gergovie.
 
Les lions de Sumer et de Sem se sont avancés jusqu’en Phénicie, et de là, ils ont fait un bond jusqu’à Bibracte.
 
 
 
 
par Emile Mourey (son site) mardi 2 mars 2010 - 258 réactions
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  • Par Spartakus FreeMann (xxx.xxx.xxx.154) 2 mars 2010 12:05

    "Au Vème siècle, Hérodote confirme mon interprétation."

    UH !

    *Sans voix*

    Hérodote ne confirme rien du tout M. Mourey, et encore moins votre interprétation lancée 2500 ans plus tard ici. Et Nuerax n’est pas selon la linguistique et le philologie synonyme de Bibracte. Vous êtes ignorant en grec, en hébreu (et autres langues sémitiques) et vous osez avancer des rapprochements qui ne reposent que sur des similarité phoniques en... français.

    Vous voudriez nous expliquer les peuplements celtes du 4e millénaire en partant de textes écrits par Diodore de Sicile ?!!! C’est, excusez-moi du terme, risible et inepte.

    Et que vous citiez Wikipedia que vous aviez tant critiqué ne vous gêne pas ?

    La Phénicie n’est pas en Anatolie ; le proto indo-européen ne peut absolument pas avoir remplacé le parler sémitique puisque nous sommes dans des âges différents.

    On vous a parfaitement démontré par les découvertes archéologiques, linguistiques et hagiographiques que vos théories ne sont que des rêves, mais vous persistez à vouloir induire les lecteurs dans l’erreur. Pourquoi ?

    Mais las, vous resterez sourd et finirez enfermé dans vos certitudes drapées dans une mauvaise digestion autodidacte de faits qui vous dépasseront toujours.

    Je conseille aux lecteurs de retourner lire les excellents commentaires de Badguru, ils en apprendront mille fois plus.

  • Par Son Ôguste Insanité BADGURU Ier (xxx.xxx.xxx.93) 2 mars 2010 14:21
    S.Ô.I Shri BaBâd Guru Lashpâ


    M. Mourey,

     

    En débutant la lecture de votre article, et prenant note que vous aviez intégré certains des éléments dont nous avions débattu dans votre précédent article, j’ai bien cru un moment qu’enfin vous aviez revu vos positions et corrigé vos fantaisistes assertions.

     

    Et bien, la déception ne s’est pas faite attendre, puisque de fait vous n’avez fait qu’évoqué les diverses pistes que j’avais exposé, pour très rapidement les ignorer, occulter et revenir à vos manies.

     

    Bref, j’éviterai un long commentaire et tenterai d’être autant clair que concis afin qu’une fois pour toutes vous entendiez bien que rien ne tient dans vos arguments, et qu’il serait important pour vous de combler vos lacunes évidentes dans les domaines que vous abordez afin d’être à même de produire un semblant de raisonnement construit.

     

    Premier point : Héraklès

     

    Je vous renvoie au commentaire suivant que j’avais fait en réponse à Antenor :

     

    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-origines-pheniciennes-de-notre-69205?debut_forums=100#forum2445480

     

    dans ce commentaire, nous avions décomposé le vocable Héraklès afin d’en analyser la construction et d’en faire ressortir des éléments pertinents permettant de placer cette figure héroïque et mythique dans le contexte d’une société agricole : soit un Héraklès originel conçu comme une figure archétypale agricole et ainsi démontrer que lier cette figure agricole au Melqart phénicien relevait de al pure sépcaulation : hasardeux et fantaisiste.

    Revenons donc à cet Héraklès sur lequel vous vous interrogez tant : est-il phénicien ? est-il mycènien ? et bien non : à l’évidence il nous renvoie à une figure issue de la culture&religion PIE.

    Nous avons déjà entrevu rapidement de quelle manière la linguistique nous permet de considérer quelles pouvaient être la flore, la faune connues par les PIE, ou bien encore quelles étaient leurs connaissances techniques, leur degré de développement, etc…

    Et bien, la linguistique (bien entendu avec l’archéologie, l’anthropologie, la génétique, etc…) nous permet aussi en retrouvant le(s) langage(s) PIE de connaître quel était le modèle de société des PIE et quelles étaient leurs croyances et/ou religion(s).

    Donc…dans mon commentaire réponse à Antenor, j’avais décomposé Héraklès ainsi :

     Héraklès : Ἥρα + κλέος soit approximativement « Héra-gloire » :

    Je m’étais attardé sur Héra-, kleos n’étant pas relevant pour ma démonstration : ce qui ne sera pas le cas aujourd’hui.

    Donc sur -Héra

    Qu’avions-nous établi :1) les diverses racines PIE de ce nom nous renvoient toutes à des notions relevant du registre agricole : saison (moisson, semailles, ou cycle des saisons…), terre dans le sens de terre cultivable, fertile, arable, et enfin l’idée de travail/transformation des produits agricoles (céréales-farine, lait-fromage,…)2) en considèrant l’épithète habituel pour cette déesse, soit βοώπις (boôpis) , nouveau renvoi au registre agricole : cette fois, non plus le travail de la terre mais l’élevage bovin

    La conclusion fût donc : nous avons donc asses d’éléments pour lier Héra et la (les) figure(s) herculéenne(s) à une société de cultivateurs et à un culte agricole et/ou bovin primitif : ce qui fait donc du Héraklès originel non pas une figure héroïque guerrière mais bien une figure agricole, liée à une société de cultivateurs sédentaires et donc en aucun cas aux sociétés sémites : soient urbaines, soit pastorales nomades.

    Et bien maintenant revenons à -‘kleos qui cette fois est relevant, puisqu’il s’agit de localiser à la fois dans le temps et l’espace l’origine d’Héraklès.

    Lorsque la linguistique s’intéresse au probable language PIE, et qu’elle se concentre sur les domaines liés à la religion, au mythe, et à la poésie PIE (à entendre comme sagas, hymnes, etc…) le -‘kleos de notre Hercule grec renvoie à une des plus anciennes racines PIE connues : à savoir *ḱléwos : gloire, souvent associé à la notion d’éternité : *ḱléwos n̥d-g-itom soit gloire éternelle, sans fin.

    Par là, nous pouvons reconstituer en partie certains mythes PIE ainsi que figures héroïques originales, qui se retrouveront (et continuent de se retrouver dans les cultures indo-européennes) : contes, sagas, Vedas, héros, etc…

    Donc récapitulons : à partir d’Héra : nous sommes renvoyés à une société agricole, avec  importance de l’élevage bovin, avec -kleos : nous sommes renvoyés à des figures mythiques PIE glorifiées voir déifiées. (la figure du demi-dieu (soit Hercule) est une figure qui apparaît récurrente dans les divers travaux de reconstitution de la religion et des mythes PIE).

    Qu’en déduire ? Nous avons une figure mythique héroïque agricole originelle : les douze travaux d’Hercule ne renvoient-ils pas eux-mêmes au registre agricole ?

    Lion de Némée, hydre de Lerne, sanglier d’Erymanthe : toutes figures de la Nature indomptée s’opposant à un Hercule issu d’une société agricole (+ élevage) et donc ayant dompté la Nature : ces travaux sont-ils une mythification de l’action de dompter la Nature par les PIE ? (dompter étant une racine PIE très ancienne aussi, cf commentaires sous votre précédent article)

    La biche de Cérynie : opposition entre société de chasseurs (la figure d’Artémis nous renvoyant au registre de la chasse) et société d’agriculteurs/éleveurs ?

    Les oiseaux du lac Stymphale : les oiseaux s’attaquant aux champs ne sont-ils pas une des nuisances les plus communes aux sociétés de cultivateurs ?

    Dompter le taureau de Minos, capturer les juments de Diomède, rapporter la ceinture de la reine des Amazones (renvoi aux sociétés de nomades cavaliers) : ces divers travaux ne nous renvoient-ils pas à 1) la domestication de la force animale brute 2) à l’opposition entre nomades et sédentaires ? 

    Enfin le nettoyage des Ecuries d’Augias, les bœufs de Géryon, les pommes d’or du jardin des Hespérides : ne nous renvoient-ils pas à la mise en place d’une société agricole et éleveuse bovine : des visions allégoriques de diverses étapes se référant à la domestication animale, au développement de l’élevage et de la culture fruitière voir au vol de spécimen chez d’autres peuples.

    Enfin, la descente aux Enfers, avec l’enchaînement de Cerbère : figure animale ne nous renvoie-t-elle pas à cette idée que le développement d’une société agricole et éleveuse change le rapport à la Mort : la Nature domestiquée, l’Homme change son rapport à la Mort, celle-ci n’a plus forcément les crocs d’un fauve ou d’un loup.

     Enfin, sur les travaux parallèles, le raisonnement serait le même : le combat contre les centaures : conflit mythifié entre cavaliers nomades et cultivateurs/éleveurs sédentaires ? le combat contre des humanoïdes ou peuplades diverses et variées ne nous renvoient-ils pas aussi à ce qui est une part inhérente voir atavique des peuples indo-européens : la notion de supériorité ou noblesse, mais aussi de civilisateurs. 

    Enfin : renvoi au registre bovin, propre aux PIE bien plus qu’aux sociétés sémites et méditerranéennes elles centrées sur les élevages ovins et caprins : les figures bovines ainsi que l’image du taureau ou de la vache sacrée se retrouvent elles aussi dans les travaux de reconstruction des mythes&religion des PIE

    Donc à nouveau, rien ne relie Héraklès au monde sémite, ni même à Mycènes : Héraklès dérive d’une figure héroïque archaïque et originelle PIE bien antérieure à l’émergence des cités phéniciennes ou de la culture mycènienne.

  • Par Spartakus FreeMann (xxx.xxx.xxx.154) 2 mars 2010 12:14

    "Notez la phrase importante : "Comme les autochtones étaient les plus nombreux, tout le monde retourna à la barbarie". Cette phrase signifie que les colons oublièrent leur langue sémite d’origine et qu’ils se mirent à parler le dialecte proto-indo-européen de leurs sujets."

    Balivernes !

    Wikipedia : L’indo-européen commun, proto-indo-européen ou seulement indo-européen (souvent abrégé en IE), est une langue préhistorique, sans témoignage écrit, supposée être à l’origine de toutes les langues dites « indo-européennes ».

    Vous mélangez les époques, les lieux, les langues et voudriez donner des leçon au Collège de France ?

  • Par Spartakus FreeMann (xxx.xxx.xxx.154) 2 mars 2010 12:23

    "Nous avons donc trois témoignages qui désignent Héraklès comme étant les colons qui se sont unis aux autochtones de notre région. S’agit-il d’un Héraklès thébain ou d’un Héraklès phénicien ? Influencé que je suis par les fondations phéniciennes de la Méditerranée, je penche pour l’Héraklès tyrien."

    Non, nous n’avons pas de témoignages désignant Héraklès (un dieu de la Grèce antique) comme étant le fondateur de quoi que ce soit ou même ayant pu désigner des colons. Des colons ? Et pourquoi pas des frites tant que vous y êtes ?

    On vous a DEJA EXPLIQUE que l’Héraklès tyrien n’existe pas, qu’il ne s’agit que de Melkart associé PAR les GREC à Héraklès. Vous êtes décidément bien présomptueux.

     

    "A part les Chaldéens et les Cananéens, je n’en vois pas d’autres. Ces noms ne sont devenus péjoratifs qu’avec le développement du christianisme."

    Pardon ? Péjoratif ? Vous confondez sans doute l’association chaldéen=mages remontant aux premiers auteurs chrétiens des Ve-Xe siècles...

    Quant à cananéen, je ne vois pas....

    "Comme je l’ai écrit dans mon précédent article, il me semble difficile de ne pas faire le rapprochement entre les Kaldaï/Chaldéens et les Keltoï/Celtes de Bibracte, entre les Kinneriens/Cananéens et les Kinnesioï de Gergovie."

    Mais non, il n’y a que vous pour associer des faux-amis. Un linguiste de première année vous remonterait déjà bien les bretelles...

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