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Accueil du site > Tribune Libre > Les pervers narcissiques manipulateurs

Les pervers narcissiques manipulateurs

Passée dans le langage courant, notamment grâce à l'impact médiatique des articles, émissions, débats et conférences dédiés à ce sujet, l'expression "pervers narcissique" a gagné le grand public. Mais que savons-nous au juste de cette théorie ?

Une relecture du concept qui offre une nouvelle approche des évènements sociaux et des crises de plus en plus fréquentes que nous traversons.

Un complément d'information utile à tous, même et surtout pour toutes celles et tous ceux qui s'imaginent être à l'abri de ces personnalités difficiles et du processus destructeur qu'elles insufflent à notre société.

Au-delà de l’actualité événementielle qui rythme l’audimat, il est assez surprenant qu’un thème tel que celui-ci, d’ordinaire réservé aux revues ou magazines spécialisés, soit si abondamment traité dans les médias d’actualité destinés à un large public. C’est tout d’abord le journal “Le Nouvel Observateur” qui a allumé la mèche avec une enquête sur « Les manipulateurs de l’amour » paru dans son n° 2463 du 19 au 25 janvier 2012. Cet hebdomadaire récidiva au mois de mars 2012 en leurs dédiant un dossier complet et sa page de couverture sous le titre : « Les pervers narcissiques » (“Le Nouvel Observateur”, n° 2471 du 15 au 21 mars 2012). C’est ensuite la plupart des médias, certaines chaînes télés et de nombreuses radios qui ont évoqué ce sujet avec un « enthousiasme » quasi « frénétique ».

Un pareil traitement, quelle que soit la source d’information habituelle utilisée (télé, radio, presse écrite, Internet, etc.), est très surprenant vu la nature du sujet qui ne semble pourtant pas correspondre aux standards de sélection classique que les éditorialistes réservent généralement pour la Une des journaux d’actualités.

Ceux qui connaissent cette problématique se souviendront qu’il y a cinq ans en arrière seulement, parler en public de perversion narcissique ou de pervers narcissique équivalait à mener un débat entre ufologues et sceptiques. Toutefois, les divers articles abordant cette problématique ont produit leurs effets et l’idée semble dorénavant ancrée dans le langage courant.

Pour autant, et malgré le satisfecit que le grand public accorde à cette notion, cette évolution ne s’est pas faite sans peine et nombreux sont encore les aprioris, les clichés ou autres préjugés qui résultent d’une vulgarisation, parfois excessive, d’un concept mal maîtrisé. Il faut dire que l’impact médiatique a banalisé l’usage de cette appellation, tant et si bien que cet état de fait peut laisser croire à une véritable invasion, non pas de petits hommes verts, mais de pervers narcissique. Nous sommes donc passés, en très peu de temps, d’un nihilisme complet envers une réalité inconnue, à une situation quelque peu ubuesque du genre : « nous sommes envahis par les pervers narcissiques ». Ce que dénoncent quelques « spécialistes » qui regrettent ou déplorent l’utilisation exagérée de cette terminologie parfois mise à « toutes les sauces ».

Mais qu’en est-il au juste ? Car si ces « experts » stigmatisent un phénomène contre-productif, ils ne l’expliquent pas pour autant. Et pour cause… la perversion narcissique est une théorie qui reste difficile à appréhender même pour les psys qui ont contribué à la faire connaître.

Pour preuve, si besoin est, la simple question de savoir qui, parmi ces personnes avisées, est en mesure de décrire le mouvement perversif (ou mouvement pervers narcissique) ?

Je vous rassure tout de suite, pour avoir posé la question à maintes reprises, la réponse reste quasi invariablement la même : « Le mouvement pervers narcissique ? Quèsaco ? »

Cet article n’ayant pas pour vocation de chercher les raisons d’une telle carence de la part des « promoteurs » du concept de pervers narcissique, je concentrerai mes efforts sur la description (forcément réductrice bien que faisant appel à de nombreuses citations qui ne sauraient être résumées afin de respecter l’authenticité des idées abordées) de ce que l’inventeur de cette théorie, à savoir Paul-Claude RACAMIER, a souhaité décrire en créant tout un vocabulaire spécifique pour symboliser (expliquer) ce « mouvement pervers narcissique ». Car si cette « contagion » (et le sentiment d’invasion qui en résulte) semble aujourd’hui gagner du terrain dans notre champ social, elle ne peut être correctement interprétée que si nous comprenons ce qu’est le « mouvement pervers narcissique ».

Avant d’aborder la description de ce processus, précisons toutefois que P.-C. RACAMIER a tout bonnement décrit certaines pathologies en considérant « l’homme comme un tout dans son environnement » (cf. « La nouvelle grille », Henri LABORIT). Autrement dit, par cette approche novatrice pour un psychanalyste, il a conceptualisé certains troubles relationnels en les observant « in situ » et en tenant compte du contexte dans lequel ces pathologies se développent, ce que ne font pas la plupart des descriptions nosographiques employées habituellement en psychiatrie ou en psychologie clinique. Et c’est peut-être selon ce point de vue qu’il faut replacer les critiques dont cette dénomination, quelque peu controversée au sein même du milieu psychanalytique, fait l'objet.

Dans un des rares textes relatant sa doctrine, P.-C. RACAMIER écrivait : « Le plus important dans la perversion narcissique, c’est le mouvement qui l’anime et dont elle se nourrit » [1]

Si nous voulons comprendre le sens de ce néologisme il va de soi qu’il nous faut connaître les explications que l’auteur nous donne à propos de ce mouvement perversif : « Le mouvement pervers narcissique se définit essentiellement comme une façon organisée de se défendre de toute douleur et contradiction interne et de les expulser pour les faire couver ailleurs, tout en se survalorisant, tout cela aux dépens d’autrui et, pour finir, non seulement sans peine, mais avec jouissance. » Quant à la perversion narcissique proprement dite, elle consistera dans l’aboutissement de ce mouvement : « sa destination, pour ainsi dire », précise RACAMIER qui en donnera son ultime définition dans son « Cortège conceptuel » (1993) : « La perversion narcissique définit une organisation durable ou transitoire caractérisée par le besoin, la capacité et le plaisir de se mettre à l'abri des conflits internes et en particulier du deuil, en se faisant valoir au détriment d'un objet manipulé comme un ustensile ou un faire-valoir ». Cependant, ce qui frappe le plus chez ce chercheur, outre l’extrême dextérité linguiste dont il a su faire preuve, c’est l’absence de place laissée au hasard dans tous ses écrits et notamment ceux qui traitaient spécialement de la perversion narcissique. Ainsi, ajoutait-il : « Le plus spectaculaire est le mouvement perversif ; mais le plein accomplissement ne se trouve que dans la perversion organisée, qui touche à la perversité morale. […] Combien, pour un seul pervers accompli, faut-il de pervers potentiels ou partiels, de pervers passagers ou manqués : c’est ce que nul ne saurait et ne saura jamais dire ».

C’est clair, net et précis et cela répond en grande partie aux questions que l’on peut se poser afin d’expliquer la prolifération des pervers narcissiques que semblent mettre en évidence les témoignages qui affluent suite aux parutions d’articles abordant ce domaine d’investigation.

Si de plus en plus de personnes s’estiment victimes de pervers narcissique (en famille, au travail ou dans la vie sociale) : c’est tout bonnement que de plus en plus de gens sont en proie à des « mouvements perversifs » (ou des « soulèvements perversifs »). Ce qui ne remet nullement en cause la pertinence de leur jugement, au contraire de ce qu’affirme certains psys pourtant très « prosélytes » lorsqu’il s’agit d’interpréter comment la perversion narcissique se manifeste chez un individu.

Autrement dit, l’utilisation du terme « pervers narcissique », pour désigner la souffrance qu’une personne peut éprouver lorsqu’il lui semble avoir reconnu ce type de personnalité dans son entourage, n’est pas aussi abusive que ce que certains voudraient bien nous le laisser croire, car effectivement, l’expression clinique de « pervers narcissique » recouvre une « organisation durable ou transitoire » d’un individu instaurant un mode relationnel particulier à autrui. Mais cela ne signifie pas pour autant que la personne victime d’un tel mouvement perversif soit la proie d’un pervers narcissique accompli. Car si la souffrance est la même et doit être entendue à sa juste mesure en raison du danger de mort auquel sont exposées toutes les victimes de « cruauté ordinaire »[2], la nuance est de taille : dans le cas d’un « soulèvement perversif » (autre terme pour désigner le « mouvement perversif » toujours « très spectaculaire ») l’agresseur peut encore prendre conscience de la dangerosité de ses actes (à la condition expresse – qui reste à satisfaire dans notre société – qu’il soit sévèrement mis face à ces responsabilités) ; alors que dans le cas d’une perversion narcissique accomplie, il n’y a, pour l’heure, aucune solution envisageable et des mesures drastiques devraient être prises pour protéger les victimes (et notamment les enfants qui sont les plus exposés dans les cas de conflits familiaux) de ce type de prédation morales (ou relationnelles).

Toutefois, bien que cet article ait été rédigé pour préciser ce en quoi les accusations portées à l’encontre d’une personne qui adopte des comportements « pervers narcissiques » ne sont pas aussi infondées que ce que certains voudraient bien nous le laisser croire[3], il convient d’admettre que, remettre dans son contexte une situation d’emprise instaurée par un « prédateur » (occasionnel ou permanent) au regard du mouvement perversif tel que défini par P.-C. RACAMIER, nécessite une analyse un peu plus fine que celle qui est proposée chez certains psys.

Par ailleurs, pour que le « mouvement pervers narcissique » s’installe et s’organise « il faut en avoir à la fois la nécessité profonde et l’opportunité ». C’est-à-dire qu’il faut que certaines conditions de plusieurs sortes soient simultanément remplies : « les unes de fonds et les autres de rencontre, les unes personnelles, et d’autres “situationnelles” ». Ce que nous aborderons dans la seconde partie de cet article en traitant de la « pensée perverse » (les conditions de « fonds ») et des « noyaux pervers » (les rencontres opportunistes et les coalitions perverses qui n’ont absolument rien à voir avec la relation qu’un pervers narcissique entretient avec sa victime et avec qui elles sont si souvent confondues au grand dam de cette dernière).

Un chapitre important, car étudier le mouvement perversif s’est effectué une relecture des perversions narcissiques à la lumière des éclaircissements que nous apporte ce chercheur. C’est comprendre comment notre société fait le nid, protège et développe la corruption, les systèmes pervers et autocratiques dont la présence, au niveau organisationnel de nos sociétés « modernes », se fait de plus en plus sentir. C’est également observer les crises (toutes les crises et c’est peu dire) que nous traversons sous une nouvelle approche, particulièrement clairvoyante et perspicace, dans leur phase de développement préalable à leur « implosion ». Ce qui, tout bonnement, nous permettrait de les anticiper plutôt que de les subir.

Tout un programme.

 

Philippe VERGNES

Nota :

De nombreuses descriptions du pervers narcissique existent sur Internet, certaines étant plus pertinentes que d’autres. À titre d’exemple, vous pourrez en trouver une au lien suivant : « Pervers narcissique : 20 pistes pour les reconnaître ». En revanche, peu d’études se sont consacrées aux victimes de ces prédateurs relationnels et aux conséquences de ces derniers sur leur entourage, mais s’il est un phénomène à connaître c’est bien celui du « décervelage » (autre néologisme de P.-C. RACAMIER) que la manipulation instaure au travers de l’emprise : « Pervers narcissique : Les personnes les plus intelligentes sont les plus exposées ».


[1] Paul-Claude RACAMIER, « Le génie des origines », p. 280, Payot, 1992.Paul-Claude RACAMIER, « Le génie des origines », p. 280, Payot, 1992.

[2] Titre d’un livre sur la prédation morale écrit par le Dr Yves PRIGENT, neuropsychiatre, spécialisé dans l’étude des dépressions et des suicides.

[3] Serge HEFEZ, qui, le 6 mai 2007, n’a pas hésité à écrire un article sulfureux sur la perversion narcissique de notre ex-président, à savoir Nicolas SARKOZY (à lire sur son blog « Famille, je vous haime » : « Petite leçon de psychologie : le pervers narcissique et ses complices »), s’est récemment plein du fait que depuis que « Le Harcèlement moral, la violence perverse au quotidien », de Marie-France Hirigoyen, est sorti, son cabinet est plein de patients qui viennent parler de leur PN (à lire sur le site de L’express : « Les pervers narcissique en dix questions »).

 


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92 réactions à cet article    


  • wesson wesson 10 décembre 2012 11:07

    Bonjour l’auteur, 


    franchement lorsque j’ai vu cette couverture, je me suis pincé ....

    parce que on y voit « les pervers narcissiques manipulateurs », et juste en dessous, « Mélenchon », et en bien plus petit « pourquoi il monte »

    Vu de loin, ça pourrait donner, « les pervers narcissiques manipulateurs, Mélenchon »

    Je ne sais pas vous, mais moi ça me saute aux yeux ....

    • Philippe VERGNES 10 décembre 2012 14:18

      Bonjour Wesson,

      Il est vrai que l’amalgame est facile et lorsque ce sujet a fait la une de couverture du Nouvel Obs, avec en sous-titre un dossier consacré à J.-L. MELENCHON, je m’étais fait exactement la même réflexion.

      C’était la seule image en réserve que je possédais sur le sujet et j’aurais sans nul doute dû soigner ce détail en la téléchargeant, ne serait-ce qu’en supprimant la partie basse de l’image. D’autant plus que suite à votre remarque, plus personne ne semble se soucier du fond de l’article et se concentre plutôt sur la forme… qui se résume à une image dont le choix peut sembler douteux à plus d’un lecteur de ce site.

      Néanmoins, ceux qui auront pris soin de lire ce sujet auront vite compris qu’il n’a aucune connotation politique, mais je tiendrais compte de votre commentaire.

      Toutefois, pour aussi anecdotique que cela soit, nous avons là un parfais exemple de la façon dont un « mouvement perversif » (sujet de fond de l’article) peut s’amorcer dans une discussion au détriment des protagonistes du débat. D’une part en négligeant l’impact qu’une image peut avoir sur un certain lectorat, et d’autre part, de l’interprétation qui peut être fait de cette négligence en lui attribuant des intentions qu’elle n’a pas. La morale de l’histoire anticipe la suite que je comptais donner à cet article, car la perversion narcissique est avant tout une affaire collective.

      Aussi, merci pour votre intervention, même si son effet n’était pas recherché !


    • wesson wesson 10 décembre 2012 17:25

      « C’était la seule image en réserve que je possédais sur le sujet et j’aurais sans nul doute dû soigner ce détail en la téléchargeant, ne serait-ce qu’en supprimant la partie basse de l’image.  »


      ça aurait été dommage, car c’est symptomatique de cette presse, et pas franchement éloigné du sujet : la perversion.

      Par contre, faute d’avoir écarté l’objection dans votre texte, l’attention s’y focalise dans les commentaires. D’autant que vous êtes ici dans un des hauts lieux de l’affrontement politique ou cette image ne pouvait échapper.



    • Philippe VERGNES 10 décembre 2012 19:04

      "Par contre, faute d’avoir écarté l’objection dans votre texte, l’attention s’y focalise dans les commentaires. D’autant que vous êtes ici dans un des hauts lieux de l’affrontement politique ou cette image ne pouvait échapper.« 

      Si cet affrontement de m’avait pas échappé, bien que n’étant pas un habitué de ce média, j’ai bien naïvement pensé que le fond, totalement apolitique, serait bien plus important que la forme qui finalement se résume à une »erreur de casting« (que j’aurais du penser à corriger en tenant compte de votre suggestion). J’en prend note d’autant qu’effectivement, à en croire certains commentateurs, il aurait mieux valut que je »manipule" l’image originale du sujet, choisie simplement pour illustrer l’exemple que je donne dans mon texte (c’était la première fois qu’un hebdomadaire grand public consacre sa page de couverture à un tel thème, fallait quand même oser), et ce afin de ne pas heurter leur susceptibilité.

      C’est plutôt ironique comme situation et sans doute symptomatique aussi : manipuler la réalité pour que certains lecteurs ne se sentent pas manipulés .


    • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 10 décembre 2012 19:10

      « Je ne sais pas vous, mais moi ça me saute aux yeux .... »


      Moi aussi, tout comme le dit Wesson, cela m’a sauté aux yeux. C’est assez pervers de la part du journal.   smiley

    • Christian Labrune Christian Labrune 10 décembre 2012 20:27

      @Philippe Vergnes

      Je trouve que votre façon de faire machine arrière est un peu faux-cul. Elle est très bien, votre image : le concept est un peu fumeux, comme la plupart des concepts qu’inventent les psychologies, et l’image du tribun populiste, juste en dessous, qui n’est qui n’est probablement pas le fait du hasard, permet d’orienter synthétiquement l’imagination. La plupart des politiciens entreraient bien évidemment dans la catégorie des pervers narcissiques, même les plus hypocrites qui savent dissimuler leurs symptômes. Ce qu’il y a de bien avec le cas Mélenchon, c’est qu’il s’agit d’un individu tout à fait primaire : il suffit de l’avoir entendu une ou deux fois pour comprendre son mode de fonctionnement et savoir du même coup qu’il trouvera aisément des légions de crétins qui ne demanderont qu’à être manipulés. La description de la mayonnaise populiste et de la manière dont elle « prend » n’a plus à être faite, c’est vieux comme le monde.

      Cela dit, le concept de pervers narcissique ne me paraît pas d’une bien grande pertinence. On a tous rencontré de ces sortes d’individus. Ils sont en général dans la mimesis, sans profondeur et sans morale, sans colonne vertébrale intellectuelle, opportunistes en toutes occasion, jamais bien créatifs et pour tout dire pas très intelligents. Il sont si nombreux qu’on ne peut même pas parler d’une pathologie : c’est l’humanité ordinaire, et j’irais jusqu’à dire l’humanité « normale », telle qu’on la trouve en deçà de l’exigence philosophique vécue. Jusque là on disait : c’est un con. On dira maintenant : c’est un pervers narcissique. Autrement dit, ce n’est pas de sa faute s’il est comme ça, il est un peu malade, et irresponsable. Nul n’est méchant volontairement, disait déjà le très bienveillant Socrate. Rien de bien nouveau sous le soleil !

       


    • Philippe VERGNES 10 décembre 2012 21:19

      @ Christian Labrune

      Je ne vois pas en quoi tenter de « dépolitiser » un article qui n’avait pas vocation à l’être, peut être qualifier de « faire machine arrière ». La suggestion de Wesson m’apparaît pertinente dans le sens ou une simple précision aurait pu (du ?) lever l’ambiguïté.

      Quoiqu’il en soit, et même si chacun de nous est libre d’interpréter les choses à sa manière, dans la mesure où une simple illustration détourne l’attention des débats qui s’ensuivent pour la concentrer sur un sujet politique que je n’ai pas souhaité, en tenir compte me paraît plus faire preuve de bon sens que de « retournement de veste » (pour ne pas reprendre votre expression de « un peu faux-cul »). Mais ici aussi, chacun est libre d’en juger.

      Ceci dit, je ne partage pas votre opinion concernant ce concept qui permet justement de comprendre bien des maux de notre société. Et c’est bien là tout le sens à donner à mes propos, car si nous nous limitons à la simple description des pervers narcissiques telle que nous la rencontrons dans la plupart des présentations, nous éludons toute la partie de cette théorie qui traite des phénomènes responsables de la plupart des crises que nous connaissons à l’heure actuelle.

      Aussi, si j’approuve totalement votre début de description : "ils sont en général dans la mimesissans profondeur et sans morale, sans colonne vertébrale intellectuelle, opportunistes en toutes occasion, jamais bien créatifs«  ; la chute est un peu plus approximative, car vous auriez bien tort de sous-estimer la capacité d’adaptation des plus doués d’entre eux. Quant à l’estimation de leur nombre au point de prétendre »qu’ils soient si nombreux qu’on ne peut pas parler de pathologie : c’est l’humanité ordinaire", cela me semble grandement exagéré. Si le pervers narcissique pourrait rentrer dans cette vaste catégorie (bien fourre-tout à souhait), l’une de ses particularités est de prendre plaisir à faire souffrir autrui. Il n’est pas pervers pour rien.


    • Christian Labrune Christian Labrune 11 décembre 2012 13:16

      @Philippe Vergnes

      Je ne suis pas vraiment persuadé que le pervers narcissique - fatalement, j’en ai rencontré beaucoup, comme tout le monde - prenne plaisir à faire souffrir autrui. Il est dans ce que Sartre appelait la mauvaise foi ; la mode des concepts fumeux de la psychanalyse lui donne à penser que ce n’est pas lui qui est responsable de ce qu’on pourrait lui reprocher, mais son « inconscient ». En ce sens, il n’y a pas plus innocent que le pervers : sa vision du monde, purement fictive et toujours reconstruite dans la perspective très particulière d’un récit mythomaniaque - celui qui s’élabore sur le divan freudien -, reste d’une parfaite cohérence de surface.

      Le sado-masochisme a été longtemps un paradigme très prisé pour expliquer les relations humaines. Et je ne parle pas de l’Oedipe et des concepts délirants de la psychanalyse ! Ensuite, dans les années 70, quand Bateson a proposé le double bind pour expliquer la schizophrénie, cela a tout de suite paru très heuristique et j’ai commencé moi-même à voir partout de la double contrainte. On risque donc de voir maintenant de plus en plus de pervers narcissiques. Ce sont là des grilles de lecture qu’on applique au réel mais je doute qu’elles aient une réelle valeur explicative. Cela n’ôte rien évidemment à la légitimité de votre article, que j’ai lu avec beaucoup d’intérêt.

      Il reste que plusieurs interventions venant à sa suite et résultant d’un culte de dulie appliqué à une icône actuelle du politique, me paraissent encore plus étranges et plus intéressantes, par les mécanismes psychologiques régressifs qu’elles mettent en oeuvre, que la pathologie particulière qui nous occupe.


    • Philippe VERGNES 11 décembre 2012 15:08

      @ Christian Labrune :

      Point de vue très intéressant (le précédent ne l’était pas moins sauf que je ne partageais pas certaines de vos opinions).

      « Je ne suis pas vraiment persuadé que le pervers narcissique - fatalement, j’en ai rencontré beaucoup, comme tout le monde - prend plaisir à faire souffrir autrui. »

      Vous soulevez là un point crucial qui est l’une des causes du rejet de cette théorie : aussi incroyable que cela puisse paraître, le pervers narcissique prend plaisir à faire souffrir autrui. Mais c’est un plaisir spécifique, à « double détente » précise RACAMIER. C’est-à-dire que ce plaisir se consomme en deux temps, ce qui le distingue des perversions sexuelles qui lui se prend d’une seule traite. « Une disqualification première mets le moi dans l’embarras : premier temps de la jouissance perverse. La proie trébuche. Son embarra est alors complété par une disqualification subséquente, et c’est le deuxième temps de la jouissance. Il n’est pas de perversité sans ce redoublement » (d’après l’intervention de P.-C. RACAMIER présentant pour la première fois la perversion narcissique). L’exemple apocryphe le plus cité de ce coup redoublé est celui, et c’est curieux que vous le citiez, de Paul WATZALAWICK, élève de G. BATESON, lorsqu’il raconte l’histoire de la mère qui offre deux cravates à son fils (que je ne recopie pas pour ne pas rallonger ce message, car je suppose que vous devez le connaître).

      Ce plaisir spécifique a été observé est qualifié sous différentes appellations, la plus courante étant peut-être celle de « joie maligne » (traduction de « schadenfreude » en allemand). On en retrouve également la description dans les travaux scientifiques sous les appellations de « jouissance dédaigneuse » (Red. MELOY, « Les psychopathes ») ou de « sourire du mensonge » (Paul EKMANN). C’est une expression si furtive qu’elle est quasiment impossible à décrypter pour un non-initié et si par malheur (pour le p.n.) elle l’était, cela serait totalement nié par l’intéressé, et ce avec un aplomb et une mauvaise foi que seul sont capables de mettre en scène ces personnalités. Tout cela bien évidemment sous couvert d’une fausse innocente. Ce qui aura pour conséquence de « sidérer » la victime de cette jouissance perverse (avant d’en connaître les expressions cliniques répandues, je la qualifiais de « sourire sardonique »).

      Bref, il faut le voir pour le croire et une fois n’y suffit pas. C’est un des premiers nœuds gordiens que les victimes de ces individus doivent affronter pour réussir à se faire comprendre, mais c’est loin d’être le seul.

      Je vous suis parfaitement dans la suite de votre message et en particulier pour ce qui est de la critique que vous portez à la psychanalyse, mais justement, et c’est l’un des grands mérites de Paul-Claude RACAMIER, et l’une des raisons pour lesquelles il est si décrié, même par ses pairs : il a su créer une brèche dans la doctrine pour sortir la psychanalyse du divan et la confronter aux réalités du terrain. En ce sens, il est l’un des plus grands précurseurs du renouveau de cette discipline et si son courant de pensée connaît les affres des critiques de certains conformistes (qui se sont endormis sur leur divan), il a su tracer une voie dans laquelle s’engouffrent désormais de plus en plus de praticiens. J’en discutai encore récemment avec une professionnelle, psychologue clinicienne de formation psychanalyste, qui critiquait cette appellation et qui n’a pas pu tenir longtemps ses positions face à l’évidence de ses carences.

      Je vous rejoins également sur les paradigmes psychanalytiques que dénoncez, mais sans les renier pour autant (je dois justement ce changement d’opinion aux théories de P.-C. RACAMIER, qui m’a un peu réconcilié avec cette pratique), il y a bien d’autres théories qui, selon moi, suppléent (parfois en la complétant) la pratique psychanalytique, comme par exemple dans les théories dîtes « intégratives » ou « psychodynamiques » qui tentent de regrouper les connaissances des théories de l’attachement, systémiciennes (analyse transactionnelle et systémique) et intrapsychiques (psychanalyse) avec les apports des neurosciences et de la biologie humaine. Quand je dis que c’est tout un programme…

      Juste une remarque pour finir ce long message. La théorie de la double contrainte telle que théorisée par G. BATESON reste parfaitement valable, sauf que de son temps la double contrainte n’incluait que des messages verbaux permettant de disqualifier son interlocuteur, et que désormais nous comprenons mieux l’impact de cette rhétorique dès lors que l’on y inclut la communication non-verbale, car il y a tant de façon de transmettre l’information qu’une analyse plus approfondi était nécessaire pour en saisir toutes les subtilités qui n’ont sûrement pas fini de se révéler à nous.

      N’oublions pas que pour la physique quantique tout n’est qu’information smiley !


    • Spip Spip 10 décembre 2012 11:22

      Idem pour moi, il y a des apparentements qui tuent...


      • lionel 10 décembre 2012 11:37

        MERCI à l’auteur pour cet article qui contribue à une analyse objective de notre problème. Article essentiel. Merci Wesson pour votre analyse de la couverture de ce torchon qu’est le nouvel obs’.


        • JL JL 10 décembre 2012 11:43

          Bien vu Wesson.

          Si l’auteur veut parler ici des pervers narcissiques, et seulement de ça, il doit demander à Agoravox de supprimer cette image. Personnellement, ce genre de procédé (la couv de l’Obs et ceux qui la reproduisent) m’écœure.


          • lionel 10 décembre 2012 13:02

            Bien que je ne soutienne pas Melanchon, je partage votre indignation quand à l’illustration choisie par l’auteur. En revanche, pourquoi l’enlever alors que nous avons eu l’intelligence de déjouer la manipulation ? collectivement, au delà de nos divergences...


          • Ronald Thatcher Ronald Thatcher 10 décembre 2012 16:16

             smiley

            les groupies sont outrées ?
            demandez au bureau de la propagande de photoshoper la 1ère de couv comme du temps du maquillage de négatifs en URSS, ou mieux mettez-y une photo de Marine LePen tout en gardant l’accroche, parce qu’avec des gus comme vous, elle ne peut que monter. Bon courage.


          • Philippe VERGNES 11 décembre 2012 09:50

            L’image a simplement été choisi pour illustrer l’exemple que je donne d’un grand média qui ose faire les gros titres avec ce genre de sujet. C’était une première pour un hebdomadaire à grand tirage et ça à le mérite d’être souligné. Cet article étant apolitique, une simple lecture vous aurez permis de le déduire facilement, d’où ma simple question qu’appelle votre réaction : ressentez-vous le même écœurement vis-à-vis des personnes qui prennent plaisirs à détruire autrui juste pour le simple fait d’en tirer un avantage narcissique ?

            Et si oui, que ressentez-vous donc envers les personnes qui assistent à ce genre de spectacle en restant les bras croisés à ne rien faire où à se contenter de geindre dans leur coin tout en prenant bien soin que ce genre de problème ne leur tombe pas dessus quitte à enfoncer la victime encore plus ?


          • JL JL 11 décembre 2012 12:01

            "L’image a simplement été choisie pour illustrer l’exemple que je donne d’un grand média qui ose faire les gros titres avec ce genre de sujet."

            Non ! L’hebdomadaire en question s’y connait autant que vous en en matière de manipulation. Il ose, oui, mais les cons ça ose tout, c’est bien connu.

            Vous parlez plus bas de la triade : perversion ; narcissisme ; manipulation.

            Concernant la manipulation, je n’ai donc rien de plus à ajouter, l’exemple que vous donnez est flagrant.

            Sur le narcissisme : évidemment qu’il y a des gens qui ont un ego sur-développé. Cela n’en fait des pervers narcissiques au sens que vous décrivez, que si cet égo s’est développé sur une idée fausse et s’ils sont manipulateurs : par exemple, le Christ qui, si l’on en croit la Bible, se prenait pour le fils de dieu, mais n’était pas manipulateur, ne peut donc pas être classé dans la catégorie des pervers narcissiques.

            Pour en revenir à la manipulation dénoncée ici, à savoir le rapprochement que fait l’Obs : les hommes politiques de talent sont naturellement narcissiques et manipulateurs. Mais peu d’entre eux sont pervers narcissiques.

            Je crois pour ma part, que la théorie du ruissellement est une théorie typiquement perverse au sens que Freud donne de la perversion et que je résume en substance : une croyance erronée mais qui qui fait tellement de bien à celui qui y croit que ça détermine toute son existence.


          • Christian Labrune Christian Labrune 11 décembre 2012 13:31

            @Ronald Thatcher

            Vous êtes probablement un rationaliste et vous êtes tout à fait imperméable à la dimension du sacré. Il y a des figures auxquelles on s’identifie et qui deviennent supra-humaines. Ce fut le cas pour Napoléon, Adolf Hitler, Staline, Mao, Castro et bien d’autres.

            Certaines interventions qu’on a pu lire sur AgoraVox, concernant le tribun populiste, étaient de l’ordre de la pure dévotion. L’image proposée par l’auteur au début de cet article devient donc aussi choquante et blasphématoire, pour beaucoup, que les caricatures de Mahomet.

            Pour bien comprendre ces sortes d’attitudes, il faut toujours relire l’ode à Staline de Paul Eluard ; elle est le modèle archétypal de ces sortes d’agenouillements.


          • Philippe VERGNES 11 décembre 2012 14:11

            @ Christian Labrune,

            Dommage que l’on ne puisse pas plusser +++++ smiley !

            Quelqu’un m’avait déjà auparavant conseillé la lecture de cet ouvrage, j’en prend note.

            Mais il y a aussi une explication très neurologique à ce genre de réaction qui est en parfaite adéquation avec le sujet. Si le temps me le permet, je développerais un peu plus tard ce point-là en répondant à JL dont la réaction tient plus du registre de l’émotionnel (pure dévotion) que du rationnel.

            "L’image proposée par l’auteur au début de cet article devient donc aussi choquante et blasphématoire, pour beaucoup, que les caricatures de Mahomet« . C’est totalement ça : réaction émotionnelle ( »circuit court« ou »voie périphérique« de la prise d’information qui s’oppose au »circuit long« ou »voie centrale« ). Ce sur quoi joue désormais la majorité des discours politiques, fabriquant ainsi des »dévots" prosélytiques qui vont se charger de porter le glaive à la place du tribun.

            La raison dans tous ça est sacrifiée sur l’hôtel des passions, au grand dam de ceux qui partent dans des guerres qu’il n’y a pas lieu de mener.

            Merci pour votre commentaire !


          • JL JL 11 décembre 2012 15:07

            Vergnes,

            si vous croyez que ma réaction « tient plus du registre de l’émotionnel (pure dévotion) que du rationnel », abstenez vous de me répondre : ça vous évitera de vous ridiculiser davantage.

            A bon entendeur, salut.


          • Philippe VERGNES 11 décembre 2012 15:21

            J’en prend bonne note JL « machin », mais le seul qui se ridiculise ici en éludant les questions qui lui sont posées tout en « projetant » sur autrui ses propres états d’âmes ne plaide en rien en votre faveur (la lecture de pensée que vous effectuez en m’attribuant des intentions qui semblent n’appartenir qu’à vous est une technique manipulatoire classique et courante chez les pervers).

            Que fait un manipulateur lorsqu’il est pris à défaut ? Il maugréait son fiel tout en quittant la partie, mais pas sans souhaiter avoir le dernier mot, bien évidemment.


          • JL JL 11 décembre 2012 15:57

            @ Vergnes,

            JL « machin » ? Qu’est-ce que vous voulez dire ? (*)

            Moi, j’élude une question qui m’est posée ? Où ça une question ? Vous rêvez cher monsieur, vous n’avez fait que des affirmations !

            A vous en croire, tous ceux qui ici nombreux, vous ont reproché de donner de la publicité à la farce perverse du Nouvel Obs seraient des pervers ? Pfff !

            Moi je serais un manipulateur ? Vous montrez par cette allusion, soit que vous n’y connaissez rien, soit que vous êtes malhonnête et répondez par des insultes - « c’est celui qui dit qui est ! » - à une accusation : oui, je vous accuse de manipulation, non je ne projette pas.

            Le BA-ba de la communication, c’est de maitriser ces techniques de manipulation. Je le redis : soit vous êtes un ignorant naïf, soit vous êtes un manipulateur.

            Allons un peu plus loin : vous avez précédemment écrit ici deux articles sans jamais répondre à aucun commentaire

            Le premier est relatif à la manipulation : « Campagnes électorales & manipulations », un sujet qui semble vous être familier !

            Le second est relatif à la perversion : « Harcèlement sexuel : Un Syndrome d’Aliénation Pénale » Familier aussi ?

            On y lit ceci : « Nous pouvons dès lors très bien comprendre l’embarra de nos législateurs qui, en tout état de cause, et quel que soit le texte définitif adopté, sont loin d’avoir réglé la problématique de la pénalisation du harcèlement, véritable fléau de société. »

             Je souligne : « le harcèlement, véritable fléau de société » !!!

            Le premier commentateur qui se dit consterné par cette phrase, a exprimé parfaitement la teneur de votre pensée, et une critique des plus pertinentes. Vous ne lui avez même pas répondu. Je laisse le soin aux lecteurs de s’en rendre compte par eux-mêmes, .

            (*) Le fait que vous écriviez VERGNES et non pas Vergnes me laisse le choix entre deux interprétations : soit c’est un pseudo ; soit vous êtes narcissique au delà du correct.

            Pour ce qui est de ne donner que des initiales JL, et non pas mon nom : vous conviendrez que par ces temps de « harcèlement intensifs », il est prudent de se protéger, n’est-ce pas ?


          • Philippe VERGNES 11 décembre 2012 23:17

            @ JL,

            Je suis désolé, mais après une telle démonstration d’incohérence, difficile de croire que vous ne privilégiez pas la passion sur la raison. Dois-je répondre à cette diatribe dithyrambique destinée à ne satisfaire que vous ? Car sincèrement, je ne vois pas en quoi cette discussion peut avoir un quelconque rapport avec le fond de cet article.


          • JL JL 12 décembre 2012 09:48

            Vergnes,

            Moins par moins, c’est connu, ça fait plus. La piètre opinion que j’ai de vous me permet de prendre ce jugement négatif pour un certificat de positivité.

            Ceci dit, vous n’avez rien compris à mon intervention sur ce fil, puisque vous écrivez ci-dessus : « je ne vois pas en quoi cette discussion peut avoir un quelconque rapport avec le fond de cet article. »

            Du fond dans cet article, je n’en ai guère vu et ne veux pas en voir, puisque, et je l’ai dit, je faisais du retrait de cette illustration, un préalable à toute discussion sur ce sujet.

            Dois-je conclure que vous êtes borné ?


          • lionel 10 décembre 2012 12:48

            Demosthene bonjour,


            Le pervers narcissique n’est pas une personne avec un « gros égo ». Il s’agit d’une pathologie très lourde qui a ses bases physiologiques dans le cortex frontale, (la matière grise est en moindre quantité) et dans les amygdales. Ces personnes ne ressentent aucune ampathie mais savent admirablement faire la mimique des émotions, sont manipulatrice, etc... 

            La meilleur façon de cacher leur pathologie, qui fait d’eux ce que John Lamb Lash appel des prédateurs de leur propres espèce, est d’en répandre les valeurs antinomiques et de diminuer les valeurs morales et éthiques proprement humaines qui garantissent la santé individuelle et collective.

            Le nouvel’obs est « psychopathe » ? Menteur, manipulateur, complice d’horreur de l’empire, etc...

          • Morpheus Morpheus 10 décembre 2012 15:07

            En effet, la particularité des pervers narcissique n’est pas d’avoir un ego surdimensionné, mais au contraire un insondable vide intérieur provenant d’une mésestime pathologique d’eux même qui se transforme, inconsciemment, et pour leur propre survie, en une stratégie de contrôle et de domination des autres.

            C’est la raison pour laquelle l’essentiel de leur méthode consiste à dévaloriser systématiquement leurs victimes, à les briser moralement, de sorte qu’elles perdent à la fois leur confiance en elles, qu’elles se sentent dépendante d’eux. C’est leur seul moyen pour combler leur ego déficient, pour se sentir exister. Le problème étant que le vide en eux est comme un trou noir, qui ne peut jamais être satisfait. Ce sont donc, en fin de compte, des psychopathes.

            Ils passent le plus souvent parfaitement inaperçu parce que n’ayant aucune forme d’éthique ou de morale, ils assimilent les codes sociaux qui leur permettent de se fondre dans la société, mais ils ne s’en serve que comme justification : ils ne les respectent pas, mais s’en servent à la fois comme masque social, comme justification de leur attitude, et comme arme pour briser leurs victimes. Cela leur assure, dans la majorité des cas, le regard bienveillant de la plupart des témoins, qui trouvent, sans avoir observé leur action dans leur ensemble, qu’ils agissent « normalement », dans le respect de codes sociaux considérés comme normaux.

            Un autre mot pour définir les pervers narcissiques : vampires. Car leur manière de nourrir leur manque à être est de se nourrir, littéralement, de la vitalité de leurs proies, qui le plus souvent sont, au départ, des personnes enjouées, simples, bienveillantes et pleines de vie.

            Bref, ce sont des parasites dangereux, qu’il n’est presque pas possible de soigner de leur pathologie, parce que jamais ils ne la reconnaisse (comme les psychopathes). Et le hic, c’est qu’ils sont de plus nombreux parce que le monde dans lequel nous vivons est dominé par des psychopathes qui imposent leur idéologie fondée sur les mêmes pathologies. Ces vampires sont le symptôme d’une maladie sociale qui nous vient de nos maîtres. On n’est pas sorti de l’auberge rouge...

            Morpheus


          • alinea Alinea 10 décembre 2012 18:03

            Je vous plusse Morphéus


          • alinea Alinea 10 décembre 2012 18:08

            Morphéus : dommage que vous ne soyez pas venu sur mon article à l’époque ; je viens d’y retourner et la plupart des commentaires me font encore tressaillir !!


          • Philippe VERGNES 10 décembre 2012 21:51

            @ Morpheus,

            Absolument rien à redire à votre commentaire, ni même la comparaison entre les pervers narcissiques et les psychopathes qui ne se distinguent uniquement eux que de par le contexte dans lequel les uns et les autres ont été étudiés.

            Par contre, la théorie de la perversion narcissique va plus loin que celle de la psychopathie (bien que toutes deux complémentaires) dans le sens ou la première inclus aussi la description du processus indissociable à l’accomplissement d’une perversion narcissique qui est le fameux « mouvement perversif », sujet de fond de cet article.

            Se concentrer sur la définition de l’individu, comme le font la plupart des médias qui traitent du sujet ou des intervenants dans les discussions, c’est faire abstraction des éléments les plus importants de cette théorie. Et c’est bien dommage ! (Toutefois peu surprenant).


          • Morpheus Morpheus 12 décembre 2012 14:49

            Faites-vous le parallèle entre les méthodes des PNM et les >valeurs< du >libéralisme< capitaliste qui dominent et formatent aujourd’hui nos sociétés, au point de générer un mouvement grandissant de perversion narcissique ?

            Si oui, j’imagine que vous avez fait également le parallèle entre le mode de fonctionnement et l’objet même d’une société privée à caractère marchand (ou financier) et le mode de fonctionnement des PN. Cela a déjà été fait concernant les modes de fonctionnement avec les psychopathe, et ma fois, c’est assez édifient comme parallèle.

            Une chose qui fait tilter, c’est lorsque l’on découvre le processus historique par lequel les sociétés (corporations) ont acquis le statut de « personne » au regard des lois. C’est une manipulation d’un amendement aux USA, qui donnait en fait aux noirs les mêmes droits qu’aux blancs, et qui fut détourné et manipulé par des juristes pour les appliquer aux ... sociétés privées !

            De cette manière, les sociétés - et les associés qui les avait créées - se sont déresponsabilisés des actes qu’ils commettaient au sein de la société, et ainsi se sont protégé de tout risque entrepreneurial. Le but des sociétés étant de faire du fric, peu importe les moyens ; comme il en fait toujours plus (principe de la croissance exponentielle et éternelle), la pression et l’auto-limitation disparaissent devant l’ubris de plus en plus démesurée, et on en revient aux fondement même de l’exploitation, avec des système de management par le stress, les techniques de « presse-citron », le turn-over, le flux tendu, l’externalisation, etc.

            Une société dirigée jusque dans ses moindres rouages par de telles méthodes et de tels objets, ne peut que générer un accroissement de PNM, puisque ce qui caractérise l’évolution - et l’humanité n’y échappe pas - est la loi de l’adaptation à l’environnement (et dans le cas des êtres humains, de l’adaptation à l’environnement socioculturel).

            Dans un monde gouverné par des psychopathes, pas étonnant que l’on devienne psychopathes smiley

            Cordialement,
            Morpheus


          • Philippe VERGNES 12 décembre 2012 15:19

            @ Morpheus,

            PTDR...

            "Faites-vous le parallèle entre les méthodes des PNM et les >valeurs< du >libéralisme< capitaliste qui dominent et formatent aujourd’hui nos sociétés, au point de générer un mouvement grandissant de perversion narcissique ?"

            Je fais bien plus qu’un simple parallèle... Pourquoi croyez-vous donc que je parle de ce que même les professionnels de la psychanalyse, trop centrés sur l’intrapsychique, ne connaissent pas où ont, consciemment ou pas, éludé dans la théorie de la perversion narcissique ? smiley

            "Si oui, j’imagine que vous avez fait également le parallèle entre le mode de fonctionnement et l’objet même d’une société privée à caractère marchand (ou financier) et le mode de fonctionnement des PN.« 

            Vous imaginez bien ! J’avais même pris cela comme exemple dans un article refusé par la modération : http://manipulationetlibrearbitre.blogs.midilibre.com/archive/2011/10/13/le s-emprunts-toxiques-des-collectivites-quels-risques-pour-l.html

             »Cela a déjà été fait concernant les modes de fonctionnement avec les psychopathes, et ma fois, c’est assez édifient comme parallèle.« 

            Je sais, mais comme je le répète souvent, la description (complète) de la perversion narcissique va plus loin (beaucoup plus loin) que celle des psychopathes. C’est ce que je comptais abordé dans la suite de cet article en parlant de la »pensée perverse« et des »noyaux pervers« .

            Il est clair que la »mimésis« , comme précisé par Christian LABRUNE dans un de ses commentaires, étant l’un des principes »pédagogiques« les pleins important pour l’humain, nous ne pouvons que craindre une »invasion de pervers narcissique" (à prendre au second degrés).

            Cordialement,


          • Zette 15 décembre 2012 18:08

            @ Lionel : je n’ai jamais lu au sujet de ce problème physiologique concernant les PN, pouvez-vous en dire plus ?

            Y a t-il LA perversion narcissique ou DES perversions narcissiques ?


          • voxagora voxagora 10 décembre 2012 12:38

            Les nosographies soi-disant nouvelles d’inspiration U.S. ne font que tenter de classer des comportements.

            Le but est d’arriver, in fine, à réduire tout acte, et tout être, à DEUX catégories : c’est BIEN ou c’est MAL,
            point barre.
            C’est censé dire le vrai sur tout un chacun, sur ses actes et sur son être,
            aux fins de procès devant les tribunaux, et d’étiquette sur le front pour paraître devant un juge.
            Rien d’autre.
            Alors que la manipulation est le fait de tout un chacun (là par ex je m’apprêtes à aller manipuler ma cafetière pour avoir un bon café à la fin du repas), et que ce qui compte c’est qui manipule quoi qui comment pourquoi etc etc ..
            Que la perversion est simplement le fait de celui qui ne suit pas la voie générale et peut être complètement inoffensive, ou qu’il existe des structures psychiques perverses qui ne font de mal à personne, ce qui compte étant qui fait quoi comment à qui pourquoi etc.. etc ..
            Que le narcissisme, c’est la base nécessaire de l’amour, l’amour de soi à travers l’amour de l’autre et l’amour pour l’autre à travers l’amour de soi, c’est à dire la relation d’amour originaire, imaginaire, et que ce narcissisme primordial évolue vers toutes sortes de narcissismes, des méchants et des gentils,
            et que les américains, toujours aux fins de formules pour tribunaux, 
            ont inventé le terme « estime de soi » (BIEN) contre « narcissisme » (MAL)
            alors que cela veut dire la même chose.
            Nous, on n’a pas fini de ne rien comprendre. Mais les avocats, eux, ont du biscuit pour les tribunaux.




            • alinea Alinea 10 décembre 2012 12:41

              Le pervers narcissique permanent semble être rare, pour la bonne et simple raison qu’il s’agit d’une « relation » et qu’il nous faut donc deux protagonistes « complémentaires ».
              J’ai beaucoup étudié le sujet ayant été moi-même victime d’un « pervers narcissique ». Et mon article sur « le harcèlement moral » m’a valu une volée d’injures ! Ce qui tend à prouver que j’ai le parfait profil d’une « victime » !
              En ce qui concerne le travail ( et même les couples), tous les exemples que j’ai pu rencontrer donnait la situation suivante :
              Un chef hiérarchique incompétent face à un de ses subordonnés beaucoup plus compétent que lui ; non seulement compétent mais « moral », c’est à dire consciencieux et faisant bien son travail. Cette rencontre est insupportable pour le pervers qui plutôt qu’accroître sa compétence, ou reconnaître l’autre, préfère lui faire payer la leçon que bien malgré lui le subordonné lui donne en le brimant, le harcelant , lui mettant des bâtons dans les roues pour « qu’il se casse la gueule » !... jusqu’à, si possible, le détruire psychiquement.
              C’est évidemment un vaste sujet !
              D’accord avec les autres commentaires pour l’image d’illustration !


              • lionel 10 décembre 2012 12:55

                Bonjour Alinéa,


                le problème se corse lorsque les pervers sont au pouvoir et que le protagoniste est la population. L’impunité accordée aux réseaux pédo-criminels et pédo-satanistes nous démontre par exemple que notre système politique subit l’influence totale de psychopathes et que nous en sommes collectivement les victimes. 

                Comprendre la psychopathie, c’est avoir un outil d’évaluation de ce qui est pathologique dans nos propres comportements. Cela peut prévenir une association politique, syndicale, associative d’être cooptée par une de ces personnes.

                Bonne journée

              • lionel 10 décembre 2012 12:58

                Pour ceux qui comprennent la langue de l’empire :



                C’est un peu plus intéressant que le NO...

              • alinea Alinea 10 décembre 2012 13:00

                Lionel : fabrication du consentement, culpabilisation, déni, mépris avec, un brin de flatterie consumériste pour emballer le tout ?


              • lionel 10 décembre 2012 13:06

                Exactement. Ajoutons à cela la manipulation de l’inconscient grâce aux immenses connaissances acquises dans ce domaine et qui surclassent de loin les débuts de Bernays....


              • Philippe VERGNES 12 décembre 2012 12:15

                Bonjour Alinéa,

                J’avais lu votre article sur le harcèlement et suivi les commentaires qui en ont découlé. Il faut savoir que lorsque l’on traite ce genre de sujet, cela actionne tous les systèmes d’alarme de ce genre de personnalité qui finalement sont très « primaires » (en effet, les défenses intrapsychiques de ces individus sont si « archaïques » que c’est le nom que leur donnent les psys qui ont étudié le sujet). Vous vous exposez donc à coup sûr à affronter un « mouvement perversif ». Il faut en avoir conscience et y être préparé c’est quasi inévitable.

                Votre exemple est très parlant et tout à fait exact. Le pervers narcissique ne supporte ni la créativité, ni la réflexion : il se sent automatiquement en danger lorsqu’il doit y faire face et c’est la raison pour laquelle il tente de les détruire dès qu’elles se présentent à lui (ou à elle).

                S’il est vrai que la perversion narcissique est une relation, et même si beaucoup de spécialistes la considèrent comme une « pathologie du lien » (c’est en effet au lien que s’attaque en premier le pervers narcissique), réduire ce concept à la seule relation qu’entretiennent entre eux deux individus (non pas « complémentaire » dans ce cas de figure, mais plutôt « antagoniste » s’attirant l’un l’autre comme des aimants, et si je voulais être plus précis je dirais : « complémentaire » et « antagoniste » à la fois) revient à l’amputer de toute sa richesse. La perversion narcissique est loin, très loin de n’être que ça. D’où l’objet de cet article qui, malgré les interventions suscitées par le choix de l’illustration (j’aurais dû tenir compte du fait qu’Agoravox était un site de « règlement de compte » entre différentes opinions politiques, ce qu’en fait j’ignorais totalement avant d’en faire l’expérience), me permet de constater à quel point nous vivons dans une société « décervelée ».

                Par ailleurs, si je n’avais pas commis cette erreur pour laquelle je devrais être « crucifié », nous n’aurions pas eu droit aux interventions de Christian LABRUNE dont les explications et les références méritent un approfondissement. Cela me semble proche de l’identification projective qui est une des défenses « primaires » précitées et c’est également l’un des facteurs de régression présents dans la perversion narcissique.


              • Morpheus Morpheus 12 décembre 2012 13:50

                @ Philippe VERGNES

                D’accord avec vous concernant votre remarque à Alinea, de même que concernant votre commentaire sur les réaction de Mr Labrune.

                Si au delà de la psychologie, vous vous intéressez également à la sociologie, alors les réactions suscitées par la « maladresse » de l’illustration sont d’un grand intérêt. Cela permet de révéler le fond sociologique des acteurs de ce média interactif et la manière dont ils en usent pour exprimer leurs sentiments, émotions, idées, réflexions, sensibilités, etc.

                Au delà de l’aspect « règlement de compte », vous trouverez aussi un certain nombre de participants qui dépassent les clivages traditionnels gauche-droite (voir même, parfois, extrême-gauche-extrême droite), et qui s’affranchissent du prêt à penser partisan pour avoir, cela arrive, des échanges intéressants avec de supposés antagonistes.

                D’autre part, et je m’adresse ici aussi @ Alinea, les réactions agressives constatée sur son sujet peuvent, avec le recul, être un révélateur qui démasque les personnalités, sinon perverses, du moins narcissiques et manipulatrices. Ce peut être d’un certain intérêt lorsque l’on sait que la meilleure méthode face aux pervers manipulateurs, comme face aux trolls, c’est de les ignorer complètement.

                Cordialement,
                Morpheus

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