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Accueil du site > Tribune Libre > Les prix du pétrole repartiront à une hausse modérée : Pour une transition (...)

Les prix du pétrole repartiront à une hausse modérée : Pour une transition énergétique en Algérie

 « Si quelque chose égale la sobriété des Arabes, c'est leur gloutonnerieAdmirables estomacsqui tantôt ne mangent pas de quoi satisfaire un enfant, et tantôt se satisfont tout juste de ce qui étoufferait un ogre ».

Eugène Fromentin Un été dans le Sahara (1857)

 

 Les experts pétroliers en tout genre et de tout poil prédisent l’apocalypse pour les pays rentiers qui ne vivent que de la rente. Ceci est vrai et il n’y a pas à être devin pour le prédire. Dans cette réflexion nous allons planter le décor de l’état des lieux de la scène pétrolière et pourquoi subitement après des années de matraquage sur le décli du pétrole de peak oil en vuex tu en voilà on nous annonce qu’il ne faut s en faire, le pétrole coulera à gogo pendant de longues années, du fait disent encore les spécialistes, de plusieurs facteurs qui sont la réalité des fondamentaux actuels en oubliant de dire qu’ils sont manipulables.

Etat des lieux de la scène énergétique mondiale 

  Le monde consomme environ 15 milliards de tonnes équivalents pétrole ( tep) toutes énergies confondues soit environ 2 tep/habitants et par an. Nous trouvons des pays qui sotn autour de 8 tep/hab/an/an ( 20%de la consommation mondial) alors qu’il fut uen époque où elle avoisinait les 40 %, Nous trovuons la Chine avec 1,7 tep/hab/an. Nous trouvosn les roitelets du Golfe avec plus de 10tep/hab/an ; l’Algérie dix fois moins (1tep/hab/an et les pays du Sahel avec moins de 2OO kg de éptrole /an. 

Justement s’agissant du pétrole nous serions autour de 93,5 millions de barisl/jour notamment parce que l'offre, dont la surabondance est une des causes de la chute des prix,  L'AIE, qui défend les intérêts des pays consommateurs, avait annoncé à 57,4 mbj. Et lz production de l l'Opep a dépassé le plafond officiel de production de 30 mbj pour se placzer autour de 31, 7 milliobns de barils/jour/ Devant uen situation économique des grands consommateurs, morose, l’offre estde loin supérieur à la demande d’au moins 2 milmlions de barils.jour. Sans compter le retour de l’Iran avec 500.000 puis 1 million de barils /jour, celui de l’Irak, de la Libye car malgré le chaos dans ces pays le pétrole coule à flot . les puis sont autrement plus sécurisés que les personnes. Si on ajoute enfin, le bradage du pétrole par Daech ( amalgamé avec les bombardements) Daech arriva à écouler le pétrole syrien sans problème et les acheteurs occidetaux qui ont toujours deux fers au feu , bombardent d’un côté et achètent de l’autre grâce notamment à des intermédiaires.. 

  En clair d’après ces paramètres la chute du pétrole n’est pas prête de s’arrêter et plus de la moitié de la rente pétrolière espassédans la poche des pays consommateurs. Un pays comme la France a fait des economies de 25 milliards de dollars qui ont été pour elle une bouffée d’oxygène qui lui a permit d’atténuer la colère de Bruxelles du fait que son déficit est autour de 4% du PIB Dans cette affaire Les recettes pétrolières peuvent permettre d'acheter la paix sociale mais, avec un prix du Brent qui est passé de $115 par baril en juin 2014 à $43/b à présent, soit une chute de 63%, cela devient mission impossible pour de nombreux pays. L'Algérie a des réserves de change très importantes mais elles sont en train de diminuer rapidement puisqu'elles étaient de $160 milliards à la fin mars 2015, contre $195 milliards un an auparavant. Les pays du Golfe jouent sur le temps long quitte à ruiv ner les autres pays en défendant « d’hypothètiques parts de marché » . Il en est de même pour la Russie qui subit La chute des cours du brut, et des prix du gaz naturel indexé sur le pétrole brut.

Les dangers des énergies non conventionnelles

 On présente l’exploitation démesurée des gaz de schiste et pétrole de schiste comme étant un nouveau graal qui permet de ne plus parler de la tendance lourde prévue par King Hubbert du déclin irréversibles du pétrole. Nous ne connaissons pas les vrais réserves des pays de l’Opep on ne peut se fier qu’à ce qu’ils déclarent et on dit que le plus grand gisement saoudien est sur le déclin à moins de financement massif, ce qui ne peut se faire avec des prix actuels. De plus la bulle des pétroles et gaz de schiste va arriver car , malgré le black out il est impossible que cela continue avec les dégâts faits à l’environnement On ne peut pas nier cela car les dangers du forage des pétroles et gaz de schiste sont toujours là . Il y a toujours une opacité dans les produits injectés dans la récupération des eaux usées contenant les produits chimiques et même les conséquence sismiques. Dans l'Oklahoma, par exemple, le nombre des tremblements de terre a fait un bond de % en 2015 par rapport à un an plus tôt, atteignant un total de 881, avec d'une magnitude de 3 ou plus. Pour toutes ces raisons, il est mathématiquement impossible que les producteurs américains de plus en plus ruinés acceptent cela. Il est donc nécessaire d’atteindre un prix d’équilibre autour de 60 $ avec une croissance continue du prix. 

Le maitre du Jeu : Les Etats Unis

Chacun sait que les Etats Unis plus grands consommateurs de pétrole et de gaz, détenant la monnaie suprême : le dollar sont au cœur de la problématique de tout ce qui touche au pétrole , de rationnel , d’irrationnel ( politique) de scientifique , d’économique. En fait tout doit être fait pour que les approvisionnements ne faiblissent pas à un prix étudié compatible avec ce qu’ils veulent bien payer. On dit par exemple, que les prix sont maintenus à un certain niveau pour ne pas ruiner les petits producteurs américains, mais il faut croire que le gouvernement des Etats Unis a trouvé le moyen de compenser leur perte par l’achat d’un pétrole bradé à l’extérieur. Cependant on assiste à quelque chose de nouveau, la production décline.

Pour Gérard Vespierre : « Les producteurs américains devant la chute des cours mondiaux créée en partie par l'accroissement de leur production de pétrole de schiste, ont commencé par réduire le nombre de puits en exploitation, de façon spectaculaire, comme le nombreuses de foreuses est passé de 1600 à moins 800 . La courbe de production américaine, après avoir atteint le niveau record de 9,61 Millions de barils jour en juin, a finalement commencé sa baisse ce même mois. Mais, alors même que l'Agence américaine de l'information sur l'énergie annonçait une poursuite de la baisse de production américaine et un passage sous la barre des 9 Millions de barils début 2016, la production américaine, contre toute attente, et toujours dans un marché mondial excédentaire repartait à la hausse.... en repassant au-dessus des 9,2 millions de barils. Les Etats-Unis ont commencé à augmenter leur niveau de stock au-delà de sa valeur moyenne dès le mois de janvier 2015. En 4 mois les stocks américains sont passés de 380 millions à 490 millions de barils.... ! Plus de 25% d'augmentation ! Sans cette mise en stock, le cours du baril remonté à plus de 60 dollars en mai 2015 n'aurait pas dû revenir à ce niveau. 100 millions de barils sur environ 100 jours ouvrables, cela correspond à l'approvisionnement de 1 million de barils par jour au-delà des besoins .... soit un peu plus de 1% de la consommation mondiale... (1)

 En fait les prix du pétrole n’ont jamais reflété les fondamentaux du marché, l’offre la demande, la main invisible d’Adam Smith et une main manipulatrice. La création de l’AIE qui défend les intérêts des pays occidentaux industrialisés sert justement à créer des stocks de sécurité de trois mois qui permettent dit-on de réagir en temps de crise en ne coupant l’approvisionnement, en fait ces stocks sont surtout là pour créer une abondance artificielle qui, le cas échéant le marché pour déprimer les prix du pétrole. On le voit actuellement avec les stocks américains qui n’ont jamais été aussi élevés. Les Etats Unis ont stockés en l’espace d’une année ( crise) plus de 100 millions de barils amenant à des stocks qui frisent les 500 millions de barils soit près d’un mois de consommation. Un pétrole acheté à moins de 40 $.

L’autre grand paramètre qui perturbe conjoncturellement le temps long du pétrole est l’arrivée des gaz de schiste et des pétroles de schiste. C’est uen réalité les rentiers de l’ Opep n’ont jamais peru la réalité du danger en prenant les précautions de se discipliner pour ajuster les quotas en laissant place au pétrole de schiste qui est conjoncturle ce qui aurait permit de stabiliser les prix Les Etats Unis annoncent même qu’ils vont exporter du pétrole. C’est plus un coup psychologique qu’une réelle certitude, ce qui a eoncreplus fragilisé les prix.

 Dans le même ordre de la débâcle des producteurs américains et dans une contribution de Réseau International nous lisons : « Deux choses deviennent claires quand on analyse la santé financière de la production d’hydrocarbures aux États-Unis : 1) le secteur n’est pas du tout homogène, il présente un large éventail de santé financière ; 2) une partie du secteur semble agonisante, les bouées de sauvetage pourraient inclure des capitaux propres venant des marchés publics, des ventes d’actifs, des private equity ou des consolidations. Si tout le reste échoue, le Chapter 11 [équivalent américain des tribunaux de commerce, NdT] pourrait être nécessaire. Voilà l’évaluation de Citi sur la révolution du schiste en Amérique, que les Saoudiens ont désespérément tenté d’écraser depuis plus d’un an maintenant. Comme Citi et d’autres l’ont noté, un an ou deux après que nous avions longuement discuté de cette question, les producteurs non rentables aux États-Unis sont presque entièrement dépendants des marchés de capitaux pour leur survie. « Le secteur du schiste est maintenant financièrement sous stress-tests, exposant le secret caché du schiste : de nombreux producteurs de schiste dépendent d’injections du marché des capitaux pour financer leur activité courante, car ils ont dépensé sans compter leur trésorerie jusqu’ici », a écrit CitiGroup en septembre ».(2)

 « Bien sûr, tout cela fonctionnait bien dans un environnement caractérisé par des prix du pétrole brut relativement élevés et une politique monétaire ultra accommodante. Le coût du capital était faible et les investisseurs affamés de rendements étaient indulgents, permettant à l’industrie pétrolière des États-Unis de maintenir le forage et le pompage longtemps après qu’elle aurait du être en faillite. Maintenant, c’est selon l’adage il faut payer les pots cassés. Dans le sillage de la hausse de la Fed les High Yield[hauts rendements, NdT] capotent [ils ne sont plus refinançables, NdT] et comme UBS l’a noté au cours de l’été, « les industries liées aux matières premières pèsent 22,8% du total de l’indice du marché High Yield sur une base nominale pondérée ; les secteurs les plus risqués, concernés par un éventuel défaut pèsent 18,2% de l’indice et incluent les producteurs de pétrole et de gaz (10,6%), de métaux, les mines (4,7%) et les services autour du pétrole dont les industries d’équipement (2,9%) ». (…) L’Irak pompe à des niveaux record, l’offre iranienne est prête à se déverser sur les marchés à partir du mois prochain et l’OPEP a une politique complètement décousue. En outre, les producteurs vont aller au maximum de la limite du nombre d’emplois qu’ils peuvent supprimer et de la réduction des dépenses en capital ( C’est incontournable : les faillites arrivent. Comme le note la Fed de Dallas dans ses dernières perspectives trimestrielles sur l’énergie, les risques de faillites sont maintenant à leur plus haut niveau depuis la crise et les choses semblent sombres pour l’avenir ». (2)

Le prix du pétrole est bas ? C’est pourtant sa fin. 

Cette boutade est là pour signaler que normalement quand une ressource est rare, elle devient chère. Le tort des spécialistes de l’énergie est de ne pas considérer que les fondamentaux du pétrole. Ce n’est pas vrai ! les décisions quat au niveau des prix ne se décident pas techniquement par le simple jeu de l’offre et de la demande mais par un certain nombre de mécanismes qui ont permit par exemple, la création politique de l’AIE comme l’avait promit Kissinger en 1974 : Dans dix ans disait il, il n’y aura plus d’Opep », l’histoire lui a donné raison. On attend toujours l’annonce du décès de l’Opep. L’autre exemple est celui des gaz et pétrole de schiste qui n’auraient pas pu se développer aussi spectaculairement- nous verrons plus tard les dégâts causés à l’environnement- si la FED américaine avait augmenté les taux d’intérêt comme elle s’est décidée à le faire récemment.

Tout ceci pour dire que la croissance a une limite non pas physique uniquement mais obéit à des mécanismes qu’un spécialiste du pétrole Mathieu Auzanneau expose : « Et si nous atteignions les limites de la croissance économique ? écrit –il  : les cours très bas du pétrole rendent impossible les investissements nécessaires pour puiser dans les réserves encore disponibles. Le moteur de la croissance, l’énergie fossile, va donc bientôt caler. Entraînant la chute de l’économie. De lourds nuages s’amoncellent (encore) au-dessus de l’économie mondiale. Tandis que des experts de la Banque des règlements internationaux s’inquiètent de l’avenir d’un monde « dans lequel les niveaux d’endettement sont trop élevés, la croissance de la productivité, trop faible, et les risques financiers, trop menaçants », la banque britannique HSBC constate tout simplement :« Nous sommes déjà en récession. » (3)

« L’alternative à laquelle le capitalisme mondial paraît voué se résume ainsi : soit la bulle gigantesque de la dette explose d’elle-même ; soit elle explose à cause d’une remontée des taux d’intérêt ».(3)

Faisant un parallèle avec l’étude de Denis Meadows il écrit que l’on pourrait avoir l’inverse des causes des limites de la croissance. : « Et si l’actuel ralentissement de l’économie était en passe de révéler les « limites à la croissance » annoncées dans le rapport du club de Rome de 1972 ? On a souvent considéré qu’une limite à la croissance devrait se manifester par une hausse sans fin des cours du pétrole et des autres grandes matières premières. Au contraire, les limites de la croissance pourraient être révélées par un prix des matières premières trop bas, c’est-à-dire par une demande globale trop faible pour que reste rentable l’extraction sans cesse plus coûteuse des flux de matières requis par la croissance. Un prix trop bas, autrement dit, pour financer la nécessaire quête de nouvelles sources intactes de pétrole à très grande profondeur au large du Brésil ou sous le pôle Nord, ou bien encore pour financer le déploiement massif des énergies renouvelables ».(3)

« À mon sens, poursuit il, le symptôme décisif est précisément cet effondrement du prix du pétrole brut, passé depuis l’été 2014 de plus de cent dollars à une cinquantaine de dollars seulement. Si, en dépit d’une croissance chinoise que l’on croyait encore être fulminante, les cours du brut étaient capables de chuter autant, cela voulait forcément dire que nous étions en train d’entrer dans une nouvelle ère d’abondance énergétique et matérielle. Aux yeux des économistes, tout dès lors redevenait possible, sinon envisageable. Grâce à la fracturation hydraulique et aux hydrocarbures de schiste, Preuve était faite que la technologie était capable d’à peu près n’importe quoi. (…) »

Mathieu Auzanneau rapporte que la chute des prix ne touche pas que le pétrole , ce sont toutes les matières premières qui sont concernées : « Si l’effondrement des cours du brut est un symptôme décisif de l’état réel de l’économie, il n’est pas pour autant isolé. Car outre le pétrole, ce sont les cours de toutes les grandes matières premières industrielles qui ont chuté, signe évident du ralentissement de l’activité industrielle chinoise et mondiale, et non du début d’une nouvelle ère d’abondance. La grave crise dans laquelle l’effondrement des prix du brut plonge l’industrie pétrolière mondiale promet d’avoir de graves conséquences sur le futur de l’économie de croissance toute entière. Les investissements dans les pétroles non-conventionnels et extrêmes (sables bitumineux canadiens, pétroles de schiste aux États-Unis, puits offshore ultra-profonds au Brésil, forages en Arctique), censés suppléer le pétrole conventionnel, sont à peu près à l’arrêt aujourd’hui. Et si les cours ne remontent pas, le déficit d’investissements finira aussi par avoir un lourd impact sur les grands producteurs de pétrole conventionnel, dont beaucoup – Venezuela, Mexique, Algérie, Norvège, Indonésie, Gabon, etc. – se trouvaient déjà dans l’incapacité de maintenir leurs extractions lorsque le prix du baril planait à plus de cent dollars ».

Mettant en garde que le pétrole sera de plus en plus difficile à trouver, plus de gisements super-géants ou même géants, il écrit : « Tel est le fond de la question du « pic pétrolier ». En bref, (1) si les investissements s’arrêtent aujourd’hui, la production chutera demain, et surtout (2) tenter de maintenir cette production deviendra de plus en plus coûteux, nécessairement. Pour quelle raison ? À cause d’un tropisme bien naturel : ce que n’est qu’une fois que l’on a cueilli les plus beaux fruits à portée de main que l’on se résout à risquer chaque année des dizaines de milliards de dollars pour aller forer au-delà du cercle polaire ou jusqu’à dix mille mètres sous la surface des flots, et pour fracturer les roches mères et excaver les sables bitumineux avec une intensité et sur des superficies toujours plus phénoménales ».(3)

« Il cite trois indices d’une telle éventualité : 1. Les majors occidentales du pétrole sont en déclin. Faute d’obtenir des retours suffisants sur leurs investissements, la plupart des grandes compagnies pétrolières occidentales ont décidé simultanément, début 2014, de réduire leurs investissements dans la production six mois avant la chute des cours du brut, alors même que le baril se maintenait depuis quatre ans au plus haut. À l’instar du groupe français Total, depuis le milieu des années 2000, ces pétroliers se sont en effet avérés incapables de maintenir leurs extractions de brut, en dépit d’un accroissement historique de leurs efforts d’investissement rendu possible par une envolée non moins historique du prix du baril » (3). 

« 2. Le pétrole russe est menacé de déclin. Par une dépêche laconique en 2014, toujours avant la chute des cours, le Kremlin mettait en garde contre une imminente chute « attendue » de la production russe d’or noir » (3). 

« 3. Derrière le miracle des gaz et pétroles de schiste, la politique de la FED, la Banque centrale des États-Unis. Last but not least, la plupart des experts s’accordent à considérer que le boom du gaz et des pétroles de schiste n’aurait pas eu lieu sans la politique monétaire plus qu’accommodante mise en place par la FED, en réponse à la crise de 2008. Il se trouve que la chute des cours du baril coïncide aussi bien avec le début de retour à la normale décidé par la Banque à l’automne 2014, qu’avec le coup d’arrêt du boom des hydrocarbures de schiste. Les pétroles de schiste étaient jusqu’alors considérés comme la forme de pétrole non-conventionnel la plus prometteuse (car la moins chère) pour compenser le déclin de nombreuses importantes sources de pétrole conventionnel parvenues « à maturité ». La planche de salut est en fait une planche à billets, et elle s’avérerait pourrie si elle ne pouvait perdurer que dans le contexte de politiques monétaires exceptionnellement généreuses » (3).

« La crise de 2008, conclut-il , dite crise des subprimes, a coïncidé avec l’atteinte du record absolu des cours du brut, et avec le plafonnement jugé depuis irrémédiable de la production mondiale de pétrole conventionnel (…) Depuis les années 1970, l’étalon-or a été supprimé, remplacé dans sa fonction par le pétrodollar. Les subterfuges monétaires mis en place en réponse à la crise de 2008 auraient dès lors servi à masquer l’avènement des premières limites à la croissance. Jusqu’à l’automne 2014 (c’est-à-dire jusqu’au début de la fin de la politique d’« assouplissement quantitatif » de la FED et jusqu’à la chute concomitante des cours du baril), ces subterfuges auraient permis au prix du pétrole de se maintenir au niveau très élevé nécessaire au financement du développement très coûteux de nouvelles sources de carburant, indispensable afin de compenser le déclin de quelques-unes des plus grandes zones traditionnelles de production de pétrole « facile » ». (3) 

Baisse ou hausse : évolution du pétrole en 2016

 Tout d’abord, et pour abonder dans le même sens que Mathieu Auzanneau, il est indéniable que l’activité de forage a diminué partout et surtout aux Etats Unis . L’industrie ne peut pas continuer avec un cout de baril aussi faible de plus il compromet le recours aux énergies renouvelables malgré les prouesses technologiques. L'Opep a publié son World Perspectives du pétrole 2,015 (WOO)  L'Opep ne voit pas les prix du pétrole redevenir à trois chiffres dans les 25 prochaines années,  Le groupe prévoit que les prix du pétrole à la hausse par une moyenne d'environ 5 $ par année au cours de cette décennie, atteignant seulement 80 $ le baril en 2020. De là, il voit le prix du pétrole monte lentement, atteignant 95 $ le baril en 2040. Le monde va consommer un supplément de 6,1 millions de barils de pétrole par jour d'ici à 2020. Mais la demande ralentit la croissance de la suite : 3,5 mb / j entre 2020 et 2025, 3,3 mb / j pour 2025 à 2030 ; 3 mb / j pour 2030 à 2035 ; et enfin, 2,5 mb / j pour 2 035 à 2040. Les raisons en sont multiples : ralentissement de la croissance économique, la baisse des taux de la population, et, surtout, l'efficacité et le changement climatique efforts pour ralentir la consommation. Bien sûr, certains pourraient faire valoir que même cette estimation - que le monde consommera 110 mb / j en 2040 » (4) 

 Dans le même temps, l'Opep a également émis une mise en garde dans son rapport Elle recommande des investissements massifs dans l'exploration et la production qui seraient encore nécessaires pour répondre à la demande sur le long terme. L’Opep estime 10 milliards de $ seront nécessaires au cours des 25 prochaines années pour assurer un approvisionnement suffisant de pétrole. Dans une conclusion similaire l'Rystad énergie basé à Oslo a récemment conclu que l'état actuel de l'offre excédentaire pourrait être "bouleversé au cours des prochaines années." Du fait d’une coupe drastique dans les dépenses qui se traduira par une pénurie dans un quelques années ».(4)

 Cependant Les analystes prévoient un rebond du prix en 2016, les traders ne sont pas d'accord. L'excédent de pétrole atteint aujourd'hui 2 millions de barils par jour. Si les niveaux de pompage actuels ne bougent pas, il n'y a aucune raison que la situation évolue argumentent les traders. Pour rappel Il y a un an, après la division par deux en six mois du prix du pétrole, les analystes prédisaient une remontée des cours en 2015 alors que de nombreux traders vendaient le baril à découvert. La suite des événements a donné raison aux traders puisque les cours ont encore baissé d'un tiers cette année. Mais aujourd'hui, le scénario se répète : les analystes prévoient un rebond pour 2016 alors que les positions à découvert sur les contrats à terme du pétrole américain ont atteint début décembre un niveau record. La divergence entre analystes et traders tient aux hypothèses choisies en matière de réponse des producteurs à l'excédent de pétrole actuel sur le marché mondial, qui atteint deux millions de barils par jour (bpj) selon certains analystes. Nombre de ces derniers s'attendent à un rebond des cours fin 2016, ce qui permettrait au cours moyen du baril sur l'année de s'afficher en hausse, grâce à la diminution des pompages, notamment aux Etats-Unis, une partie des producteurs baissant les bras face à l'accumulation de leurs dettes et à la baisse de leurs recettes ».(5)

 La dernière enquête Reuters, réalisée auprès de 31 analystes, montre qu'ils tablent sur un cours moyen de 57,95 dollars le baril pour le Brent l'an prochain, soit plus de 20 dollars au-dessus du cours actuel. Et la plupart restent convaincus que la baisse de la production finira par favoriser un retournement du marché au cours de l'année qui vient. Dans le même temps, les analystes disent que la deuxième moitié de l'année pourrait rebondir. 

Une guerre des prix entre l’Arabie Saoudite et l’Iran

 Que font l’Arabie Saoudite et ses satellites ? Elles misent sur le volume et pense encore parts de marchés croyant naivementà la fois discipliner les récalcitrants de l’Opep, garder ses parts en missant sur le volume. Résultat des courses la conjoncture actuelle est totalement différente et cela va encore durer. Cela va durer jusquà ce que le prix de l’extraction soit supérieur au prix où est actuellement bradé le pétrole 

Sur le front pétrolier, écrit Jean Michel Bezat du Monde la République islamique pourrait jouer l’apaisement. Elle sait que pour la concurrencer sur le marché européen, les Saoudiens consentent des rabais sur leur brut. La National Iranian Oil Company (NIOC) a commencé à le faire aussi en prévision de ses livraisons ». (6)

 Jean Michel Bezat rapporte les propos d’un responsable iranien à l’agence Reuters « Nous ne voulons pas déclencher une sorte de guerre des prix, a déclaré Mohsen Qa :msari. Nous serons plus subtils dans notre approche et nous pourrions augmenter notre production progressivement », estimant qu’« il n’y a plus de marge pour pousser davantage les prix à la baisse ». Un geste d’apaisement peu coûteux, selon certains experts pétroliers, qui assurent qu’il faudra un an au moins à l’Iran pour retrouver la production de 3,8 millions de barils qu’elle avait avant l’embargo de 2012 ».(6)

 Un autre phénomène aurait pu faire remonter les cours : la baisse des stocks commerciaux de brut américain, dont les chiffres ont été publiés mercredi. Lors de la semaine achevée le 1er janvier, ils ont baissé de 5,1 millions de barils pour atteindre482,3 millions de barils. (…) Ces statistiques ont été contrebalancées par celles des réserves d’essence, qui ont bondi de 10,6 millions de barils, bien plus que ne le prévoyaient les experts de Bloomberg (+ 1,8 million) et l’API (+ 7,1 millions (…) Quant au renforcement du dollar par rapport aux autres devises dans un contexte d’incertitudes économiques et géopolitiques planétaires, il pèse sur les cours du brut puisque c’est en billets verts que les investisseurs munis d’autres devises achètent du pétrole » (6).

 

Que doit faire l’Algérie ?

 L’Algérie doit s’attendre à des passages difficiles , on dit même que les Etats Unis vont exporter du gaz en Europe ce qui va impacter les marchés traditionnels de l’Algérie et il est important de comprendre une bonne fois pour toute que l’Algérie de la rente c’est fini ! Même en cas de raffermissement des prix du pétrole, il serait hautement hasardeux de bloquer la dynamique de la mise en route d’un réexamen lucide des subventions en répartissant la charge sur ceux qui peuvent et doivent supporter à savoir les classes à fort pouvoir d’achat pour qui les utilités (électricité, gaz..) ne représentent pas un poste aussi important que pour les classes à faible pouvoir d’achat

 Cela ne peut se faire que si la transition énergétique vers le Développement Humain Durable bien expliquée est mise en œuvre. Pour commencer une réduction de 20 %de la consommation est possible. Il faudra aussi faire preuve de patriotisme scientifique pour créer et importer le moins possible créer le plus possible et vivre de sa création de richesse. Amen. 

 

1.Gérard Vespierre http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/pourquoi-le-prix-du-petrole-devrait-encore-baisser-537991.html#xtor=AL-1323/12/2015

2.http://reseauinternational.net/les-faillites-dans-le-petrole-ont-atteint-leur-plus-haut-niveau-depuis-la-crise/05 janvier 2016 

3.Matthieu Auzanneau http://www.reporterre.net/Le-prix-du-petrole-est-bas-C-est-pourtant-sa-fin-Qui-annonce-la-fin-de-la 23 décembre 2015 / 

4.Nick Cunningham  http://oilprice.com/Energy/Crude-Oil/10-Trillion-Investment-Needed-To-Avoid-Massive-Oil-Price-Spike-Says-OPEC.html Lun 28 Décembre 2015

5http://www.usinenouvelle.com/article/baisse-hausse-analystes-et-traders-divises-sur-l-evolution-du-petrole-en-2016.N371390#xtor=EPR-419

6.http://www.lemonde.fr/economie-mondiale/article/2016/01/06/petrole-le-brent-a-son-plus-bas-depuis-juillet-2004_4842544_1656941.html#g9TlJMG6KeBu4hyA.99

 

Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/232966-l-algerie-ne-doit-pas-y-compter.html

 

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz


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3 réactions à cet article    


  • soi même 8 janvier 16:26

    Sur le fond l’article est intéressant, sur le symptôme de la surproduction, vous démontrez très bien plus que l’on produit sans rapport avec la nécessité réelle , plus en faite c’est l’ensemble de l’économie qui se ruine.

    Je craint que nous devons passer par cela pour en tiré des leçons pour l’avenir..... !


    • Excellent article avec des chiffres précis et officiels. Cela fait plaisir de lire un article aussi complet.

      Je mettrai un bémol sur les déclarations officielles de l’OPEP qui prêche dans un sens pour l’opinion publique et qui va dans un autre sens du côté géostratégique. Leurs prévisions du coût du baril sur le long terme est très conservatrice. Une envie de freiner les énergies renouvelables ou pour limiter les ardeurs des investisseurs futurs dans le schiste ?

      Pour l’Algérie, la vague qui arrive est énorme, mais comme vous le dites, c’est faisable. Les jeunes qui devront remplacer « les vieux » du gouvernement auront certainement cette audace. Les mêmes défis sont aussi valables pour les pays européens. Qui changera le premier ?


      • Glazecovic 25 janvier 11:30

        Merci pour cet article, très intéressant, mais de grâce relisez-vous avant de publier !
        Il est truffé de coquilles, ça en devient gênant.
         

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