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Accueil du site > Tribune Libre > Les profs de langue découvrent que l’anglais est imposé (...)

Les profs de langue découvrent que l’anglais est imposé !

Et que les autres langues sont marginalisées, leurs enseignants bientôt obligés de se reconvertir dans une autre matière, devenant bicompétents comme d’autres sont bisexuels, à la recherche de leur identité scolaire, avec le vague sentiment d’avoir été floués.

En réponse au « plan d’urgence pour les langues » (on se demande où est l’urgence !), diverses associations de défense de la langue française ont publié un communiqué commun, intitulé
« Les associations de défense du français répondent à N. Sarkozy ... »

Il y est reconnu, du bout des lèvres que l’anglais est parfois ( !) imposé :

« En effet, faute d’une véritable politique en faveur de la diversification de l’enseignement des langues étrangères, ces mesures vont se traduire par une place toujours croissante de l’anglais dans l’enseignement au détriment des autres langues étrangères, cette langue étant majoritairement choisie par la plupart des élèves, voire imposée de fait.  » (c’est moi qui souligne)

Il ne leur a fallu que quatre ans... Trêve de mauvais esprit, l’ambigüité bien française (car c’est tout de même l’ex-langue de la diplomatie...) vient du fait qu’il y a réellement plusieurs langues à l’école primaire, mais jamais de choix !

Mais du moins la dérive du gouvernement et du ministère est-elle enfin reconnue pour ce qu’elle est : une politique volontariste en faveur de l’anglais, hypocrite et inavouée :

« Donc, par défaut, par lecture inverse, tout le monde aura compris que la fausse grande ambition pour les langues affichée par le Président de la République visait d’abord l’anglais. »

C’était évident depuis longtemps, et une anecdote rapportée l’an dernier par
Le Point (18/12/2008 N°1892 p.11
par Hervé Gattegno, Fabien Roland-Lévy) mérite toujours d’être connue :

"En anglais SVP !
Étonnement des éditeurs de quotidiens et magazines français présents à l’Élysée le 12 décembre, dans le cadre des états généraux de la presse. La trentaine de participants, réunis autour du conseiller Nicolas Princen, ont été surpris que les débats se tiennent en anglais alors que tout le monde était français à l’exception de Josh Cohen, dirigeant de Google News, venu de New York, et de Mats Carduner, patron de Google France."

Le ridicule ne tue pas encore et ne tuera jamais personne, heureusement ! Certains conseillers du Président se soucient visiblement peu de ses déclarations. »

Il ne s’agit pas d’anti-américanisme, mais d’un choix nécessaire entre diversité linguistique et tout-anglais, d’une réflexion sur la place du français dans l’Europe, et une réflexion la communication entre Européens, sur l’esprit européen.
 
— La traduction ne peut se concevoir pour chaque citoyen, elle serait possible (quoique structurellement difficile, coûteuse et complexe) au niveau administratif de l’UE, pour tous les documents et réunions, toutes les coopérations, à la condition expresse qu’on le veuille vraiment.

— Le plurilinguisme a prouvé qu’il conduisait au tout-anglais - tout simplement parce que c’est une vue de l’esprit : combien de nos dirigeants maîtrisent deux langues étrangères ? Et ils prétendent amener tous nos lycéens de terminale à des qualifications que peu d’universitaires possèdent ! C’est totalement absurde, démagogique et irrationnel. En outre, deux, si la première c’est l’anglais, ça veut dire à fond sur l’anglais et des bribes de la deuxième langue étrangère... Pourquoi apprendrais-je l’allemand (ou le français) si tout le monde parle anglais ? Voilà ce que chaque Européen se dira, avec raison.

— Restent donc pour l’UE l’anglais d’une part, financièrement, humainement et politiquement injuste, très difficile et phonétiquement irrationnel - et l’espéranto d’autre part, peu connu mais conçu pour la communication, infiniment plus simple, plus rapide à apprendre, donc démocratique, efficace, équitable car demandant un effort voisin à tous les Européens.

Il n’y a pas photo : si l’on raisonne en économiste ou en industriel, après étude de marché et tests comparatifs, c’est l’espéranto le plus adapté, le meilleur rapport résultat/investissements, et de loin.

Si l’on raisonne en termes militaires, la guerre des langues, c’est l’anglais qui l’emporte, de très, très loin.

Le choix de la force ou le choix de la raison...

Cette contestation de l’hégémonie de l’anglais n’est nullement de l’anti-américanisme
, ni un avis partagé uniquement par des espérantophones convaincus :

Hubert Vedrine,
dans un entretien avec le Nouvel obs cette semaine (5-11 novembre), parle de l’identité française, et nous encourage à ne pas céder à l’auto-dénigrement, au masochisme :
 "Il nous faut réapprendre à nous aimer, trouver enfin point d’équilibre sans une glorification anachronique du passé (Louis XIV, Napoléon, la patrie des droits de l’homme...) en refusant l’idée que nous ne serions plus qu’une puissance moyenne condamnée à raser les murs sans rage expiatoire."

Dommage qu’il ne parle pas une fois de la question de l’anglais dans l’UE, au sujet de laquelle il dit pourtant :
"Et je ne suis pas sûr que les Européens, malgré tous leurs atouts, aient l’énergie mentale pour constituer un des pôles de ce monde et cesser d’être une succursale du système américain."

Rappelons que par les accords Blum-Byrnes, en 1946, en échange de l’annulation de la dette et un nouvel emprunt, la France a accepté des quotas de films américains, ce qui a favorisé l’implantation de la culture américaine, et a grandement ouvert la voie à son hégémonie actuelle.
Non que je n’aime pas "Desperate housewives" ("Beautés désespérées"), "Stargate" ou autres séries (j’ai un faible pour la SF). Ils font du super-boulot, mais le fait est là : l’UE administrative est anglophone de fait, le français est en déclin, on organise des filères spéciales anglophones pour Erasmus mundus (autant d’étrangers qui ne viendront pas étudier en français) ; Sciences-PO vient de le rendre obligatoire, il est imposé à l’école primaire et souvent en 6e, faute de choix. Mon épicerie vent des « pocket bag » plutôt que des sacs de poche...

Les profs de langue et les associations signataires du communiqué demandent donc, à juste titre, une clarification entre le tout-anglais et la diversité linguistique, entre l’anglais imposé et le choix, mais sans aller jusqu’à imaginer la liberté totale de choisir sa ou ses langues étrangères, pourtant possible et relativement simple à l’heure des technologies de la communication.

Comme la nouvelle lubie du président est l’enseignement de matières scolaires dans une langue étrangère, idée saugrenue hélas partagée par certains profs de langue dans l’esprit du « toujours plus » (plus de postes, plus d’heures, plus de voyages linguistiques, moins d’élèves), ils demandent aussi le maintien de toutes les disciplines fondamentales en français.

On croit rêver ! Ils ont déjà accepté que l’histoire et le sport soient anglicisés, offerts en sacrifice au nouveau Moloch  ?

L’historie dérangerait-elle les dirigeants, parce qu’elle analyse l’impérialisme politique ou culturel ? Mais le sport, alors ? Ah oui : des lycéens trop en jambes risqueraient de manifester dans les rues de Paris dès le printemps !

Non : ce sont toutes les disciplines qui doivent être enseignées en français, et pas seulement les fondamentales !

Et quelle honte ! A quel renoncement en est-on arrivés qu’il faille supplier notre président pour que les matières scolaires importantes échappent à l’anglicisation ?! Demande-t-on que les ministères importants demeurent francophones ? Euh... mauvais exemple, la Défense et les Finances étant déjà plus que partiellement anglophones...

L’UE n’ose toujours pas affronter ouvertement la question de la tour de Babel, de la communication, ni en débattre au grand jour, expliquer aux Français que le prix à payer pour la construction européenne, c’est le déclin du français et la toute-puissance de l’anglais.
Cela dit, le débat commence petit à petit à poindre le bout de son nez :
dîner-débat le 17 novembre, sur le thème « Faut-il parler anglais pour être européen ? », avec la participation entre autres de Quatremer, journaliste de "Libération" spécialisé sur les questions européennes.

Mais à ce rythme-là, quand le débat aura atteint le Parlement européen, nos bébés liront déjà Shakespeare sur leur « netbook » !
 

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65 réactions à cet article    


  • ARMINIUS ARMINIUS 17 novembre 2009 11:13

    La suprématie de l’Anglais s’est imposée d’elle-même dans un contexte économique dominé par les américains ; le fait que la Chine soit maintenant appelée à devenir leur principal challenger et que d’autre part les « latinos » soient en train de devenir majoritaires aux Etats-Unis contribue à faire bouger les lignes...mais l’Anglais ( ou du moins tous les sabirs qu’il recouvre) restera encore longtemps la langue essentielle de communication donc un« mal » nécessaire...
    Maintenant pour les apprenants qui se posent la question de l’utilité d’une autre langue, cela dépend bien sûr de leur projet professionnel. Il sera donc bon d’apprendre l’Espagnol si on a un projet vers les E.U, le Mandarin si on compte saisir les opportunités futures et l’Allemand si notre projet se limite à l’Europe...car n’oublions pas que l’Allemagne est notre premier partenaire économique et que l’Allemand est la langue la plus pratiquée en Europe, avec 81 millions de natifs...Ajoutons à cela qu’à cause d’une importante dénatalité, l’Allemagne commence à avoir du mal à compenser les départs en retraite et commence sérieusement à manquer d’ingénieurs et...d’enseignants. On assiste aussi, en France,à une brusque poussée de la demande en professeurs d’Allemand, conséquence parallèle ,hélas, à la poussée du chômage : cette langue étant devenu un plus sur le CV des demandeurs d’emploi. Si vous êtes dans ce cas pous pourrez aussi mentionner « Esperanto » dans langues parlées,lues, écrites...ça fera joli et personne ne viendra vérifier !


    • zvalief 17 novembre 2009 11:50

      tout à fait d’accord avec vous, juste vos chiffres qui sont un peu sous-estimés, car il n’y a pas que les natifs, en fait il y a à peu près 1 personne sur 5 en europe qui parle allemand.
      en ce qui nous concernent, nous avons la chance que le français possède encore pas mal de locuteurs à travers le monde (principalement en afrique), mais à cette allure on risque de ce retrouver rapidement dans la situation des pays d’europe du nord qui ont quasiment abandonné leur langues natales. peut-être devrions nous adopter une posture plus protectionniste à la manière du québec, mais il sera difficile de résisté à la suprématie de l’anglo-américain et son arrogance : j’ai remarqué que la plus part du temps que pour eux c’est aux autres de faire des efforts, quand on va chez eux on doit faire l’effort de parler leur langue (c’est normal), mais quand ils viennent chez nous c’est aussi à nous de faire l’effort de leur parler dans leur langue.


    • mimine mimine 19 novembre 2009 13:05

       vous êtes mal renseigné pour l’enseignement de l’allemand : les classes sont vides, les enseignants souvent sans poste ou en sous service, et le gouvernement cherche désespérément à sauver l’allemend pour des raisons politiques (le moteur franco allemand !) mais les élèves n’en veulent pas, d’ailleurs ce n’est pas nécessaire, les allemands parlent globalement nettement mieux que nous le sabir anglo-international. Cela dit, que ça fasse joli sur un CV, c’est sûr : l’allemand est considéré la langue des bons élèves (bien dociles au système !)


    • Krokodilo Krokodilo 17 novembre 2009 11:28

      Quand on le rend obligatoire au primaire ou à Sciences-Po, quand on préfère enseigner aux étrangers en anglais plutôt qu’en français, quand on cède sur les traductions des brevets, quand on finance une télévision en anglais qu’on ne peut même pas regarder (!), ou quand l’UE ne respecte même plus ses trois langues de travail, peut-on réellement dire qu’il s’est imposé de lui-même ?


      • french_car 19 novembre 2009 07:56

        Heureusement Krokodilo que certaines universités ou Grandes Ecoles proposent d’enseigner en anglais sinon bien peu d’étrangers ne viendraient étudier en France.
        Imaginez-vous que l’Université de Séoul ou de Tokyo ne proposent d’enseigner les statistiques qu’en coréen et japonais ? Pensez-vous qu’un seul étudiant français d’origine non coréenne ou japonaise irait y étudier ?
        L’un de mes fils qui poste ici parfois vit au Japon, a fait une partie de ses études au Japon, avait appris un peu de Japonais à l’école, je vous garantis que s’il n’avait pas été anglophone et si le Tokyo Technical Institute n’avait pas dispensé de cours en Anglais il n’aurait jamais quitté le Veme arrondissement de Paris.
        Il n’avait d’ailleurs pas été tenté de faire du japonais avant l’age de 20 ans, c’est venu comme ça, qu’on ne me dise pas que tout aurait été différent s’il lui avait été proposé à 11 ans en sixième.
        Quant à la traduction des brevets : mais comment ne pas avoir une langue de référence sur pour des textes où la moindre différence d’interprétation peut conduire à des arguties juridiques ?


      • HappyPeng 20 novembre 2009 05:46

        D’autant plus que dans ce cas et dans ce type de pays, c’est-a-dire a peu pres tout pays dont la population n’a pas un niveau « natif » en Anglais, la langue de Shakespeare sert surtout de porte d’entree pour pouvoir commencer a vivre dans une culture et a apprendre une langue que vous maitrisez mal. En effet, le niveau d’Anglais des habitants est souvent trop faible pour s’en contenter.

        Donc, c’est ouvrir une possibilite pour apprendre sur place. La seule autre que je vois c’est de pretendre qu’on peut apprendre une langue entierement en classe, comme on tente de le faire avec l’Allemand, en en degoutant des generations entieres.


      • Lucie A. Lucie A. 17 novembre 2009 11:54

        Hélas, avec le mauvais enseignement d’anglais que j’ai eu, j’ai beaucoup d’offres d’emploi qui me passent sous le nez.... Je vois donc difficilement aujourd’hui comment réussir professionnellement sans un avoir un excellent niveau d’anglais. Une autre langue est nécessaire si on souhaite avoir un vrai plus, mais sans l’anglais... impossible (malheureusement).
        Alors autant s’y mettre (cela permet d’ailleurs de promouvoir nos valeurs et notre culture, ce qui n’est pas rien) sans pour autant renoncer à défendre ardemment le français (même chez nous : savoir écrire sans fautes d’orthographe ni de grammaire n’est pas si courant que cela).


        • Mr Pigeon Mr Pigeon 17 novembre 2009 14:33

          Réponse @ Lucie A.

          On ne peux pas promouvoir le français provincial et sa culture, en parlant l’anglais ultra-libéral !

          On ne peux pas promouvoir la diversité culturelle de l’Europe des Peuples, en acceptant la langue unique et asseptisée de la dominatrice Europe de Maastricht.

          On ne peux pas promouvoir notre artisanat et notre agriculture, en se battant avec les règles misent en place pour les multi-nationales et les supermarchés.


        • Lucie A. Lucie A. 17 novembre 2009 15:29

          Certes nous ne sommes pas à armes égales pour défendre le français et l’artisanat, cependant l anglais n’a pas le monopole de l’ultra libéral ! (on peut parler français et être ultra libéral )

          Personnellement je conçois difficilement de prôner et d’encourager le français en apparaissant comme quelqu’un qui ne connait que le français (voire une autre langue mais qui a de fortes chances de ne pas être commune avec la personne avec qui je parle, vu le nombre de langues existantes sur notre chère planète) et qui par conséquent ne peut pas faire découvrir la culture française (et ce qui fait la particularité de la France et du français).
          Comment sans ce biais de communication donner le goût et l’envie d apprendre cette langue ?


        • Krokodilo Krokodilo 17 novembre 2009 16:42

          Lucie A,
          « Je vois donc difficilement aujourd’hui comment réussir professionnellement sans un avoir un excellent niveau d’anglais. »
          C’est vrai que Le Clezio aurait été bien embêté pour écrire ses romans sans son bon niveau d’anglais, ou Zidane pour gagner ses matchs... Tout dépend quel métier, et quelle activité de ce métier.


        • Polemikvictor Polemikvictor 17 novembre 2009 12:23

          Sur notre petite planete le language internationale est un sabir dérivé de l’anglais. C’est une constatation .
          On peut s’en offusquer comme de Mers el Kebir ou de Fachoda mais cela ne changera pas la face du monde.


          • pingveno 17 novembre 2009 12:56

            Sur notre petite planète il y a un réchauffement climatique mais les grands industriels continuent de convaincre les pays les plus pollueurs de ne surtout rien faire. On peut s’en offusquer [...] mais cela ne changera pas la face du monde.

            Sur notre petite planète il y a des guerres et un pays s’est octroyé le droit d’en rajouter où bon lui semble malgré l’avis des Nations Unies. On peut s’en offusquer [...] mais cela ne changera pas la face du monde.

            Etc.


          • Polemikvictor Polemikvictor 17 novembre 2009 15:07

            a Pinkveno
            mettre au meme niveau le changement climatique ou la paix dans le monde et l’emergence d’un language commun issu de l’anglais, c’est ce qu’on appelle savoir distinguer l’essentiel de l’accessoire.


          • Krokodilo Krokodilo 17 novembre 2009 17:13

            Polemikviktor, selon vous, dans l’optique de la construction européenne, que les Européens puissent se comprendre facilement ;, et pas seulement l’élite, de préférence sur un pied d’égalité, n’est pas très important ?


          • Polemikvictor Polemikvictor 17 novembre 2009 17:53

            si bien sur et l’anglais (international) me parait etre le meilleur vecteur pour cela, n’en déplaise aux puristes ou a je ne sais quels nostalgiques


          • TSS 17 novembre 2009 18:36

            sauf que le« globish » parlé par les pays dans le monde n’est bien souvent pas compris par les

            « natives »... !!


          • Polemikvictor Polemikvictor 17 novembre 2009 18:53

            C’est pas le probleme, si le monde entier comprend cette langue sauf quelques natives, il feront un effort pour s’adapter, cela les changeras :)


          • pingveno 18 novembre 2009 14:35


            "mettre au meme niveau le changement climatique ou la paix dans le monde et l’emergence d’un language commun issu de l’anglais, c’est ce qu’on appelle savoir distinguer l’essentiel de l’accessoire."

            D’abord je n’ai aucun problème à mettre sur le même plan la recherche de la paix et la volonté d’une langue commune, tout simplement parce que bien des conflits seraient évités si on pouvait mieux se comprendre.

            Par ailleurs pour pouvoir organiser un sommet mondial comme celui de Copenhague, nécessaire pour organiser la lutte contre le réchauffement climatique, il faut bien arriver à se comprendre. Alors soit on laisse le plus fort économiquement nous imposer sa langue et on ne vient pas pleurer s’il en profite pour nous imposer ses idées, soit on consacre 80% du budget du sommet en frais d’interprétation, soit on cherche une autre solution.


          • Massaliote 17 novembre 2009 13:33

            Excellent article qui dénonce le conditionnement de la société française. Quant à l’académie nous attendons toujours que ce ramassis de gâteux monte au créneau. Ils admettent déjà n’importe quel sabir dans le dictionnaire.


            • mimine mimine 17 novembre 2009 13:36

              en tant que professeur de langue (pas d’anglais), ce genre de débat me fait bondir de la chaise :

              - avant tout il faut sortir de la conception utilitariste de l’école en général et des langues en particulier. L’enseignement des langues (comme l’école en générale) ne SERT pas à quoi que ce soit, car l’homme n’a pas à servir, l’école doit éduquer, instruire, socialiser, etc, donner les instruments pour l’intégration, ce qui n’est pas (c’est le contraire) la servitude à un système en place. D’ailleurs, c’est parfaitement illusoire et inutile d’essayer de préparer au boulot : au train où vas le développement de la réalité du monde du travail, l’école ne pourra jamais suivre (ne l’a jamais pu en réalité), le travail s’apprend quand on le trouve, pas avant ; avant on apprend à apprendre (et c’est déjà beaucoup). Et l’enseignelment professionnel est réductif, s’il oublie la culture générale.
              - apprendre les langues ne sert pas principalement à la communication utilitaire : on s’en sort très bien en Chine sans connaitre le chinois. Une langue permet de rentrer dans un univers culturel différent, d’ouvrir ses horizon à une logique différente (c’est le langage qui crée la pensée, et non l’inverse), c’est éducatif pour l’esprit critique et la formation intellectuelle. On apprendra le base de la langue nécessaire au boulot quand on aura trouvé le boulot.
              - l’anglais s’est imposé pour des raisons historiques et pratiques, on ne peut nier la réalité. Par contre les autres langues sont essentiellement préservées en tant que langues maternelles, et leur enseignement comme langues étrangères garanti la richesse culturelle européenne et mondiale. Le sabil anglo-international n’est pas une langue, mais un instrument de communication de base (qui ne permet pas de penser) et qui ne met pas en danger les langues maternelles (voir pays scandinaves).
              - l’esperanto , c’est l’équivalent (moins pratique et répandu) de ce sabir anglo-international : c’est une langue essentielle, simplifiée, sans histoire ni culture, qui ne permet pas de penser mais de communiquer : quel intérêt ?

              CL : il faut se battre pour garder la pluralité de l’enseignement des langues autres que l’anglais (même pour l’enseignement d’autres disciplines ), et arreter cet anti-anglicisme primaire qui ne mène à rien, la réalité est là, et niveler par le bas n’est pas un combat digne d’un esprit éduqué.


              • Freebird 17 novembre 2009 16:48

                Ben voyons ! C’est vrai que c’est tellement plus facile vu comme ça, pour vous les profs, hein ? L’école ne sert à rien, l’enseignement des langues ne sert à rien donc pourquoi voulez-vous que je me casse la santé à essayer d’être un bon prof pour vos gamins ? Autant me contenter d’être un prof minable, de toute façon ma paye sera la même et quoi que je fasse, vos gamins sortiront de l’école aussi cons que quand ils y sont entrés.

                Si l’école est aussi inutile que vous le dites, il faudra nous expliquer pourquoi on vous verse un salaire, fut-il misérable. Pas étonnant avec des profs tenant des raisonnements pareils que nos gamins ne soient plus intéressés par les études. Lamentable.


              • Krokodilo Krokodilo 17 novembre 2009 17:02

                Mimine,
                Curieux comme toute remise en question de la position ou de l’efficacité de l’anglais comme langue de communication mondiale est aussitôt taxée d’antianglicisme primaire, ou de sa variante, l’antiaméricanisme primaire. Ne serait-ce pas là un réflexe pavlovien ?

                Pour ce qui est de la distinction langue de communication, langue de culture, il est amusant de voir que, sous la force des choses, et pour se plier aux décisions politiques, la notion d’anglais de communication, naguère sacrilège dans l’enseignement, est maintenant présente dans les recommandations officielles !
                Donc, à choisir une langue de communication, ne vaudrait-il pas mieux choisir la plus efficace, en terme de temps d’étude / résultats ? Investissements / résultats ?

                « l’esperanto , c’est l’équivalent (moins pratique et répandu) de ce sabir anglo-international : c’est une langue essentielle, simplifiée, sans histoire ni culture, qui ne permet pas de penser mais de communiquer : quel intérêt ? »
                Au vu de ce passage, je vous encourage à parfaire vos connaissances à ce sujet.
                On pense dans sa propre langue, comme c’est le cas de la plupart de ceux qui ont fait anglais au lycée, même en LV1, aucune différence avec l’Eo.
                Comment une histoire d’un siècle pourrait-elle ne pas être une histoire ? Quant au vocabulaire, il est millénaire. Et pour ce qui est des langues construites, diverses langues ont connu de profondes réformes, la nouveauté vient de ce que toute la structure est construite, ce qui est effectivement révolutionnaire, une des raisons de la difficulté à l’accepter, comme ce fut le cas de toute innovation, du téléphone au micro-onde.
                Quant à la culture, mêmes réponses : elle n’existe pas, ou vous ne la connaissez pas ? Plus simplement, un phénomène culturel sans précédent (seule langue construite à avoir jamais accédé à ce niveau de diffusion et de reconnaissance) est ipso facto de la culture.
                Et le premier vecteur de connaissance des autres cultures, ce n’est pas l’apprentissage d’une langue à un bon niveau, heureusement, mais la traduction, sinon, nous ne saurions que bien pue de choses des autres…


              • mimine mimine 19 novembre 2009 12:46

                je n’est jamais dit que l’école ne sert à rien, c’est le verbe SERVIR qui me gêne, et l’utilitarisme qui fait de l’homme un serf de la société, l’école doit apprendre à penser, et c’est pour cela que je souhaite être payée, pas pour dresser les perroquets comme le sous-entendent implicitement toutes les récentes (et pas si récentes) réformes de l’EN


              • Libera menso Libera menso 19 novembre 2009 14:31

                Mimine, un bon moyen de niveler par le bas c’est de proférer des mensonges.
                Dire que l’espéranto est « sans histoire ni culture » et « ne permet pas de penser » est un mensonge qui discrédite votre message qui par ailleurs méritait réflexion. Certains s’amusent à dire que les USA n’ont ni culture ni histoire sous prétexte qu’ il s’agit là d’une jeune nation. C’est bien évidemment stupide comme il est stupide de dire -en toute méconnaissance de cause- que l’espéranto qui est plus que centenaire n’a ni culture ni histoire. Tant que vous ne ferez pas l’effort d’aller plus loin que vos idées reçues je ne pense pas que vous pourrez réellement contribuer à lutter pour le plurilinguisme.
                N’oubliez pas que la fainéantise et la malhonnêté intellectuelle ne servent jamais le progrès ... 


              • Krokodilo Krokodilo 19 novembre 2009 18:06

                Mimine, si je vous suis bien, vous faites référence au débat interne de pédagogie, le cours magistral versus « apprendre à apprendre ».
                La méthode « apprendre à apprendre », laisser découvrir sur un sujet, analyser, puis corriger et:ou commenter est très longue, alors que les profs ont un temps de cours limité, et les élèves un temps d’attention encore plus limité ! De plus, aux dires mêmes d’un prof de secondaire, les classes de profs partisans de cette pédagogie sont plus bruyantes !
                A mon sens, le juste milieu est préférable, à moduler selon l’âge des élèves/apprenants, voire la matière.
                J’ajoute que, comme mes parents l’ont fait avec moi, il m’arrive de réexpliquer certaines leçons de l’école à mes prores apprenants...


              • Newby Newby 17 novembre 2009 13:55

                Plutôt que de critiquer l’apprentissage de l’anglais « imposé », ce qui aujourd’hui et pour quelques années me semble indispensable, ne serait-il pas plus judicieux que vous envisagiez une stratégie qui pourrait, à moyen terme, permettre à votre Espéranto adoré, de devenir un choix de seconde langue, en attendant de passer en première langue.


                • Krokodilo Krokodilo 17 novembre 2009 17:09

                  Newby, je transmets votre conseil à l’Education nationale, qui refuse obstinément que l’espéranto soit en option au bac, alors qu’il y a je crois la planche à voile ! Le ministère est le complice objectif du tout-anglais depuis la réfome du primaire...


                • Newby Newby 17 novembre 2009 17:20

                  Mais mon cher il ne suffit pas de transmettre à l’EN, il va falloir vous mettre au boulot « lobbying, lobbying ».

                  Au fait quel serait le terme en Espéranto pour traduire cette « horreur » de mot anglais que j’ai osé vous faire lire. smiley

                  A quand un article en Espéranto, ou mieux un site « AV espéranto », mais que fait le patron ici ????


                • Newby Newby 17 novembre 2009 17:23

                  Je pense aussi que pour la planche à voile, je ne m’avancerais pas sur l’épreuve au bac.

                  Et pour communiquer ce n’est pas encore au point. smiley smiley


                • Krokodilo Krokodilo 17 novembre 2009 17:51

                  Je crois que c’est « premgrupigo », càd. « groupage de pression » ou « groupe de pressionnage ».


                • Krokodilo Krokodilo 17 novembre 2009 17:06

                  Alchimie, les Français sont comme tout le monde ; les plus mauvais en langue sont (en moyenne) les anglophones, et de loin. Il est vrai qu’en étant locuteurs d’une langue de grande diffusion, nous ressentons moins le besoin d’apprendre une langue répandue, mais la raison n’est pas que nous soyons mauvais, c’est une question de géopolitique de slangues en quelque sorte.
                  Quant au multilinguisme de l’UE, si vous avez compris ce que c’est, peut-être pourriez-vous nous l’expliquer. Personnellement, je ne vois qu’une Europe administrative monolingue anglophone, de l’armée au maritime, en passant par l’éducation supérieure ou même le Parlement (seul lieu où on peut encore trouver un zeste de multilinguisme).


                • Jean-paul 17 novembre 2009 15:12

                  Agoravox est aussi en anglais .


                  • Kali 17 novembre 2009 16:31

                    Article dans tribune libre, donc on peut y dire se que l’on veut même si les faits peuvent démontrer le contraire ou que les dires n’ont pas étés prouvés par des faits.


                  • eugène wermelinger eugène wermelinger 17 novembre 2009 17:55

                    et google en espéranto !


                    1. Google
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                    2. Google Annuaire - World > Français > Références > Langues > Espéranto
                      Centre multilingue d’information sur l’espéranto. Informations sur la langue internationaleespéranto, associations internationales et nationales. ...
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                    6. .........................

                  • Krokodilo Krokodilo 17 novembre 2009 18:08

                    Kali, c’est la bande à Asp : même sous la pluie, il dirait qu’on a pas prouvé par écrit que la pluie mouillait !


                  • Kali 17 novembre 2009 18:18

                    Kroko, je me suis juste permis de m’éviter de pondre un pavé montrant une fois de plus que vous disiez encore un certain nombre d’idioties. Surtout vu ce que j’ai démontré dans votre article auparavant.

                    Comme, je vous l’ai dis vous faites plus de tords à votre cause que de bien. Tout ce que vous réussissez à faire c’est de faire fuir les gens objectifs et d’attirer les anglophobes primaires


                  • Jean-paul 17 novembre 2009 19:21

                    @ Eugene
                    Vous trouverez toujours des marginaux qui iront sur google en esperanto .


                  • Krokodilo Krokodilo 17 novembre 2009 19:42

                    Qui à bien pu avoir l’idée saugrenue de vous désigner porte-parole des gens objectifs ?



                  • french_car 17 novembre 2009 17:13

                     Krokodilo je partage souvent vos points de vues mais là je ne souscris pas. L’Anglais est indispensable, une matière de base au même titre que les maths, à un niveau nécessaire et suffisant pour chaque niveau de diplôme scolaire du Brevet au Master en passant par Bac et Licences.
                    Il faut se rendre à l’évidence le Monde est une Tour de Babel et il n’est pas possible de communiquer avec son semblable sans qu’un langage commun existât.
                    3 langues s’affrontent au niveau mondial même si l’une domine largement les 2 autres :
                    - l’Anglais
                    - le Français
                    - l’Espagnol
                    La première sans doute de par la suprématie économique américaine
                    La seconde pour deux raisons - c’est la langue de la culture universelle merci le Siècle des Lumières mais aussi parce-que nous avons laissé pas mal de traces coloniales fusse en Amérique du Nord ou en Afrique mais aussi en Indochine et quelques parcelles océaniques.
                    La troisième essentiellement de par le poids démographique de l’Amérique Latine mais celà reste assez concentré à l’exception de quelques nations comme les Philippines - et le Portugais ouais au Brésil, au Cap-Vert Angola, Mozambique me répondrez-vous.
                    L’Allemand est anecdotique, il se concentre sur une zone de 1000 à 2000 km de large allant de Strasbourg à Moscou.
                    En fin de compte si vous cherchez une couverture mondiale il faut bien se résoudre à utiliser l’Anglais.
                    Vous-même médecin n’êtes jamais appelé à lire quelques articles scientifiques dans la langue de Shakespeare ?
                    Qui ne s’est jamais retrouvé en perdition à Moscou ou à Tokyo ? Le Russe ou le Japonais moyens ne parle certes guère l’Anglais plus que le Français moyen mais on finit toujours par trouver.
                    Munis de l’Anglais et du Français peu de contrées vous seront étrangères, aucun article, plan ou mode d’emploi- certes on sait ce que valent les traductions - ne vous échapperont.

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