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Les psychiatres derrière le drame de Laetitia

Dysfonctionnements ? Certainement. Mais les dysfonctionnements ne sont pas ou l'on croit. Ils ne sont ni dans l'exécutif, ni dans le judiciaire. Ou plutôt, ils sont dans l'inaptitude du judiciaire et de l'exécutif à analyser le problème de la récidive.

Car la récidive, la plupart du temps n'en n'est pas véritablement une. Les criminels récidivistes sont souvent dans un engrenage qui fait qu'ils passent de petits délits à des crimes odieux.
 
On peut se poser la question de savoir s'il faut les relâcher, mais bien-sûr, il n'y a aucun moyen de savoir s'ils vont récidiver, voire empirer dans l'échelle du crime.
 
La "solution" qu'on a plusieurs fois promue à l'attention de l'exécutif et du judiciaire, c'est le dépistage psychiatrique. En France, les méthodes nord américaines de dépistage psychiatrique ont fait leur apparition. Le système est basé sur des statistiques. Le condamné est noté sur une échelle de la récidive. Une mauvaise note et vous êtes un récidiviste. Une bonne note et vous n'en êtes pas un. Qu'est-ce qui fait votre note : eh bien par exemple si vous avez quitté vos parents avant 16 ans on vous ajoute 2 points (en fait 5, car si ce n'est pas le cas vous en perdez 3) sur une échelle de 0 à 40. A plus de 30, vous êtes un psychopathe récidiviste… Moi, jeune et précoce ayant quitté le domicile familial à 15 ans et demi, j'ai déjà perdu 5 points, ce qui me rapproche déjà un peu de la psychopathie…
 
Un apôtre de la méthode, Alexandre Barrata, psychiatre en en hôpital psychiatrique à Sarreguemines, en Moselle, défend la méthode en déclarant  : "Aujourd'hui, les experts se basent sur ce que le détenu leur raconte. Ils se fient à leur intuition. Aussi y a-t-il souvent des contradictions entre les différents rapports d'expertise sur une même personne." Il a raison sur ce point. Quiconque a déjà suivi une affaire judiciaire dans laquelle interviennent des experts psychiatres sait qu'il peut y avoir des divergences diamétralement opposées d'un rapport à l'autre. La psychiatrie n'ayant rien de scientifique, c'est selon l'opinion du psychiatre. Mais est-ce pour autant qu'une méthode d'évaluation systématique basée sur des critères absolument arbitraires doit être utilisée ? Certainement non. Le systématique n'est absolument la garantie de fiabilité recherchée.
 
Mais avant même de se poser la question du dépistage et de l'évaluation de dangerosité, on devrait se poser la question de la cause. Et de l'aptitude de la psychiatrie à faire quelque chose pour améliorer le criminel, et l'aider à se réformer.
 
Or, il est plutôt effrayant de se pencher sur les cas de meurtres gratuits, et de découvrir les véritables résultats de la psychiatrie en la matière. 
 
Danièle Mercier, bénévole en prison depuis 10 ans qui vient de sortir le livre "On tourne en Rond", déclarait récemment : "La prison est le cache-misère d'un certain nombre d'échecs : de la famille, de l'école, de l'intégration. Elle montre aussi l'incapacité du système psychiatrique à soigner des malades mentaux."
 
Si nous prenons le cas de Tony Meilhon, qui a fait tant de bruit et a créé de tels conflits à l'échelle nationale récemment, on découvre dans le rapport de l'Inspection des services pénitentiaires les petites lignes suivantes : "il a été suivi par un infirmier psychiatre d'octobre 2003 à la mi-2005", "Il voit un psychiatre depuis 2006. Nous pensons que ce dernier suivi explique pour beaucoup la très notable évolution positive dans son comportement au cours de ces derniers mois"
 
Tony Meilhon n'avait jamais commis de crimes comparables à celui qui couta la vie à la jeune Laetitia auparavant. Il y a quelques mois, j'avais dressé la liste de tous les crimes gratuits et horribles des dernières années (je vous conseille de la consulter ici), pour montrer que chacun des criminels concernés sortait d'un traitement psychiatrique. Je pourrais continuer chaque mois à augmenter cette liste, tant cela se confirme pratiquement à chaque fois. On sait aujourd'hui que les traitements par neuroleptiques détruisent la raison des patients, ont des effets de déclenchement de comportements violents, favorisent le passage à l'acte.
 
Le cas de Tony Meilhon semble confirmer une nouvelle fois ce point. Ce n'est qu'après son passage par la psychiatrie qu'il devient fou et capable de commettre de telles atrocités.
 
Les conflits entre les magistrats et le gouvernement n'auraient aucun lieu d'être, si on isolait réellement la source de la récidive, la source de l'escalade criminelle, la source de la création de malades mentaux capables de commettre les crimes les plus atroces sans raison objective.
 
Les juges eux-mêmes devraient se poser des questions quand ils voient l'un d'entre eux mettre fin à ses jours comme l'a fait Philippe Tran Van en septembre dernier. Différents articles (comme ici) racontaient que pour sa famille, "dans les 6 mois précédant son suicide, il avait changé". Or c'est justement 6 mois avant son suicide qu'il a commencé à être suivi psychiatriquement et à prendre des antidépresseurs. Et un mois avant son passage à l'acte, il avait été interné une semaine en hôpital psychiatrique.
 
Il est donc nécessaire de se poser une bonne fois pour toute la question de la dangerosité de la psychiatrie, et d'inclure comme premier critère de dépistage de la dangerosité psychiatrique le fait que le détenu ait été ou non suivi par un psychiatre. Si c'est oui, je lui rajoute 30 points d'office…



par Roseau (son site) lundi 21 février 2011 - 44 réactions
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  • Par Walid Haïdar (---.---.---.5) 21 février 2011 10:57

    Article qui aborde un sujet intéressant mais qui manque tout de même de références étayant son propos.


    Vous donnez votre avis en somme, et bien que je n’y sois pas hostile à priori, j’ai plus l’impression d’un article qui ne saurait convaincre qui que ce soit qui ne soit déjà de votre avis.

    Ce que vous dites me parle, parce que je suis moi-même sorti d’un épisode psychotique en deux temps :

    d’abord j’ai pris du Zyprexa combiné à effexor : effet direct, énorme soulagement. Je devais suivre le traitement sur une durée indéterminée, probablement à vie.
    Bien que l’effet fut radical, j’ai toujours été très cartésien, et c’est cette « foi en la raison » qui m’a sauvée plus que les médicaments.

    D’une part parce que s’il n’y avait eu QUE les médicaments et le psy, sans faire preuve d’un esprit critique acharné, j’aurais replongé dans la folie dès l’arrêt du traitement, donc j’aurais été condamné à un traitement lourd à vie. D’autre part parce que cet esprit critique savait que la magie n’existe pas.

    Autrement dit, que la fulgurence avec laquelle agissaient les médicaments sur des symptômes aussi lourds et profond, avait probablement une contre-partie. C’est pourquoi peu de temps après avoir commencé le traitement, et retrouvé un peu de confiance et de stabilité, je l’ai stoppé contre l’avis des médecins et de ma famille, et cessé de voir le psychiatre.

    Cette période a été très difficile. Le combat seconde par seconde contre la psychose a repris, même si le recul que j’avais pris durant la période du traitement m’a aidé à l’atténuer. J’ai souffert pendant près de 3 ans pour vaincre le mal qui me rongeait, mais je l’ai fait par une analyse rigoureuse, et un acharnement à comprendre la nature de ce mal, ses causes, et à pratiquer tout ce qui me permettait de m’en extraire, pour me reconstruire une vie plus saine, et toujours en m’imprégnant de l’amour de la vérité : un amour authentique et profond, une véritable foi en la vertu de repousser ce qui ne peut être vrai. Je sais que ces propos en feront rire certains, qui s’arrêteront à leur superficie.

    Et avec le recul de cette expérience, ce qu’elle m’a appris et ce qu’elle a forgé en moi, je suis intimement convaincu que si j’avais suivi un traitement médicamenteux prolongé, non seulement j’en serais encore dépendant, et dépendant à vie probablement, mais en plus je n’aurais peut-être pas détruit les germes de ce qui me rongeait, ou pas à ce point, et surtout : quels déséquilibres sont-ils provoqués par des pilulles qui font disparaître le mal comme par magie ?

    La tension (et l’attention) portée contre le mal est complètement inhibée par des médicaments qui donnent l’illusion que tout va bien (ou mieux), alors que le chaos est aux portes et guette la brèche. Alors comment savoir si la chimie grossière ne finira pas d’elle-même par fissurer l’architecture fragile de l’esprit qui habite le cerveau, cet inconnu hyper-complexe ? Que cette chimie n’affaiblirait-elle pas sensiblement, insidieusement et profondément, cette architecture ?

    En tous cas, l’enseignement général que j’ai tiré de cet épisode est aussi simple qu’implacable : sans amour il n’est rien, sans raison il ne subsiste rien.
  • Par Walid Haïdar (---.---.---.150) 21 février 2011 11:40

    Je m’insurge contre votre conclusion !


    On ne pourra jamais guérir ? c’est bien votre conclusion ? on ne pourra pas prévenir ? (vous écrivez textuellement « les politiques sont irresponsables lorsqu’ils affirment que la prévention est possible »).

    C’est vous qui êtes irresponsable sur ce coup non ?

    Il FAUT prévenir justement parce que guérir est difficile. Et il FAUT se battre pour guérir les gens parce que justement c’est difficile !

    Il FAUT remettre en question les méthodes en vigueur parce qu’elle ne sont pas satisfaisantes. J’ai pas dis tout jeter par la fenêtre, mais remettre en question.

    Enfin il faudra un jour que les tortionnaires avides de vengeance, aussi demeurés que le pauvre peuple qui venait voir pendre les boucs-émissaires des puissants, tous ceux (c’est à dire à peu près 99% de la population) qui croient en la nécessité des prisons, voire à leur vertu, nous expliquent comment ils veulent que les gens qu’on enferme entre fauteurs de troubles ressortent plus sages. Il faut expliquer cela.

    Pour l’instant, la prison, à parler de façon rationnelle, ce n’est rien d’autre qu’un cache misère qui gerbe tous les jours des gens en moyenne pires que ceux qui sont rentrés. C’est à dire que pour calmer les gens de leur peur des délinquants, on construit des usines à fabriquer pire.

    Là où les gouvernants sont irresponsables, et le peuple avec eux, c’est quand ils croient ou se font croire que les prisons sont nécessaires, que la punition est nécessaire.

    NON. La punition est sans objet. Elle est stupide. La société aura le mal qu’elle mérite tant qu’elle continuera à faire le mal et à refuser son amour à ceux qui ont fait une erreur, quelle qu’elle soit. Donne ta haine, tu le reprendra dans la gueule. Donne ton amour, c’est bien plus difficile, mais c’est la seule issue. 

    Les délinquants, il faut les aider, pas les punir, même si l’aide imposera clairement des contraintes. Mais la prévention Fergus, la vraie, c’est le partage de la prévention de l’accaparement des richesses, au premier rang desquels la connaissance.

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