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Accueil du site > Tribune Libre > Les rois, les marchands et les serfs

Les rois, les marchands et les serfs

Il y a bien longtemps existait un royaume où se cotoyaient les rois, les marchands et les serfs. Les rois gouvernaient dans l’intérêt des marchands et les marchands reversaient une partie de leurs profits à une royauté bien engraissée. Les serfs eux, assuraient la culture du blé, la transformation du blé en pain et le service du pain aux rois et marchands. 
 

Un jour, las du labeur pénible qui leur était infligé, les serfs décidèrent de se révolter.

Constituant la masse la plus importante du royaume, la situation devenait incontrôlable, les rois et marchands risquaient de perdre leur situation avantageuse. 
 

Tous se réunirent afin d’échanger sur l’avenir du royaume : 

Les serfs : Nous, les serfs, nous nous levons tôt le matin pour travailler durement, sans jamais récolter les bénéfices de notre travail. Nous avons à peine de quoi manger, de quoi nous vêtir, un toit pour nous réfugier, le reste nous est confisqué par les marchands et les rois qui ne font que s’enrichir sur notre dos. Nous voulons notre liberté, nous exigeons notre émancipation !

Les rois : Bien. Comme vous voudrez. Nous vous rendons votre liberté.

Les serfs : Nous ne serons plus obligés de cultiver le blé pour vous ? 

Les rois : En effet, vous serez libres.

Les serfs : Nous ne serons plus contraints de transformer le blé en pain pour les marchands

Les marchands : Qu’il en soit ainsi.

Les serfs : Plus besoin non plus de vous servir le pain à table ? 

Les marchands et les rois : Plus de tout cela, vous êtes désormais libres. Qu’allez-vous faire maintenant ?

Les serfs : Nous allons nous reposer un peu après tant d’années de servitude. 

Les rois : Bien mais où ? Vous êtes désormais libres, mais il va falloir vous assumer seuls. Vous allez devoir payer un loyer pour rester ici ou bien nous verser une compensation pour jouir du droit de propriété.

Les serfs : De l’argent ? Mais nous n’en avons pas… 

Les marchands : Vous n’avez jamais épargné durant votre vie ? 

Les serfs : Eh bien, non. 

Les rois : Soit, il faudra alors travailler pour en gagner. Que savez-vous faire ?

Les serfs : Nous savons cultiver la terre pour en faire du blé, transformer le blé pour en faire du pain et servir le pain à celui qui en demande.

Les rois : Parfait ! Nous les rois avons de l’argent à donner à ceux qui cultiveront nos terres, fabriqueront nos pains et nous les serviront. Vous n’aurez qu’à travailler pour nous.

Les serfs : Vous nous logerez donc ? 

Les rois : Pas sans le versement d’un acompte pour votre loyer !

Les serfs : Mais nous n’avons pas cet acompte ! 

Les marchands : Nous les marchands pouvons vous prêter cet acompte en l’échange de 20% d’intérêts. Nous pouvons aussi vous prêter de quoi vous vêtir et vivre sous un toit modeste, en contrepartie d’un endettement à vie.

Les serfs : Je crois que nous n’avons pas le choix. Nous accepterons donc de travailler pour les rois et règlerons notre dette aux marchands. 



C’est ainsi que dans cette contrée, les rois sont devenus de grands propriétaires, les marchands de grands banquiers et les serfs des citoyens, résidents fiscaux, surendettés et asservis par l’argent.


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20 réactions à cet article    


  • etrange etrange 27 janvier 2014 10:35

    SUPERBE ! Merci ...C’est pour cela que l’on se dit, aussi, que si les serfs ne se décident pas un jour à faire rouler tous chefs, royaux et marchands, afin de jouir du monde et de la vie sans avoir à payer indument « son loyer » et ses « 20% d’acompte » ad vitam aeternam, il sera esclave à jamais ! 


    • etrange etrange 27 janvier 2014 10:37

       « ...que si le serf ne se décide pas un jour... »


    • oncle archibald 27 janvier 2014 10:44

      « si les serfs ne se décident pas un jour à faire rouler tous chefs »

      Vous voulez dire « faire rouler dans la sciure la tête de tous les chefs » n’est ce pas ? 

      Ces putains de marchands, malins comme des singes, poussèrent le peuple des serfs devant eux pour aller se saisir du roi et de la reine qui les traitaient de haut. Ils lui firent faire tout le sale boulot, compris de faire rouler dans la sciure la tête des souverains.

      Puis après avoir un temps laissé retomber le soufflé, ils se choisirent un petit caporal Bonaparte pour remettre un peu d’ordre dans tout ce bordel, parce quand même non ? On va pas se laisser faire par des serfs quand on a le pognon ... Ah Misère ! 

    • Xenozoid Xenozoid 27 janvier 2014 10:53
      N’est-ce donc pas assez que vos prédécesseurs, pour la plupart d’infâme mémoire, nous aient légué la monarchie, l’agiotage et la guerre, sans que vous nous léguiez la nudité, la famine et le désespoir ? Faut-il que les royalistes et les modérés, sous prétexte de la liberté du commerce, dévorent encore les manufactures, les propriétés, qu’ils s’emparent du blé des champs, des forêts et des vignes, de la peau même des animaux, et qu’ils boivent encore dans des coupes dorées le sang et les larmes de citoyens, sous la protection de la loi ?
       

      • JL JL 27 janvier 2014 10:55

        Je crois que vous avez oublié une toute petite chose : la force armée, qui est au roi ce que la poule est à l’œuf.


        • Hecetuye howahkan Buddha Marcel. 27 janvier 2014 10:55

          je trouve ce teste valable pour une maternelle sans élèves...et sans instit...

          il est dit :

          Les serfs : Je crois que nous n’avons pas le choix. Nous accepterons donc de travailler pour les rois et règlerons notre dette aux marchands.

          l’auteur fait parler le serf dit il ,mais c’est en fait le maitre déguisé en serf qui tient ce propos.....

          l’auteur prends le lecteur pour un abruti congénital en voulant nous faire croire que une pyramide sociétale ou une vraie pyramide se construit par le haut, et que l’argent peut tout, alors que l’argent n’a jamais fabriqué la moindre chose.....

          ce sont des gens qui travaillant ensemble ont tout fabriqué, petit à petit, c’est alors que le voleur est arrivé et depuis 5000 ans dirige cette planète....

          la responsabilité de ceux qui produisent réellement réside dans le fait d’être divisé les uns des autres....

          car la haut, les voleurs ont compris une seule chose de plus que les esclaves : c’est le collectif uni , soudé qui prime...le jours ou le peuple voit cela..les tetes vont tomber mais plus pour refaire la meme chose....

          toute forme de pouvoir sera alors suspecte....


          • Raphael 27 janvier 2014 15:32

            Je crois que vous vous torturez l’esprit en voulant me prêter une attention que je n’ai pas.


            Ce texte est un trait d’humour visant simplement à montrer que ceux qui nous gouvernaient avec autorité il y a des siècles n’ont pas changé mais ont juste appris à s’adapter et évoluer.

            Bien à vous,

          • Raphael 27 janvier 2014 15:42

            Une intention* ;)


          • Hecetuye howahkan Buddha Marcel. 27 janvier 2014 18:14

            alors je l’ai pris au mauvais degré, ce que d’autres ont du faire aussi....

            salutation...sympa de répondre dans ces conditions smiley


          • Gabriel Gabriel 27 janvier 2014 11:21

            Le serf s’aperçut soudain que sans son travail les marchands n’avaient plus rien à vendre et les dirigeants plus rien à diriger alors, plutôt que de faire couler le sang par une violente révolution, il décida de rester coucher et de ne plus aller au travail pendant plusieurs semaines. Le pays se paralysa, le gouvernement sous la pression des marchands pria le serf de reprendre son travail mais le serf ne voulait plus de ce gouvernement et de cette république pourrie qui chaque jour, sous prétexte de modernisation, supprimait ses droits et le rendait de plus en plus esclave des marchands. Il réclama une véritable démocratie ou les élus seraient contrôlés par le peuple souverain durant toute leurs mandatures et seraient évincés et jugés par le peuple si ils trichaient, volaient, mentaient ou faisaient passer les biens privés avant les biens de la collectivité. Ainsi naquit un pays qu’on nomma utopie.


            • totor101 totor101 27 janvier 2014 12:12

              et pendant tout ce temps le serf ne mangeait plus !


            • Vipère Vipère 27 janvier 2014 13:35

              Cela n’arrivera pas Gabriel, les serfs ont des millénaires de servitude et s’accrocheront jusqu’au dernier grain de riz.

              Un état rédhibitoire ?


            • Raphael 27 janvier 2014 15:33

              Une fin alternative intéressante, qui peut très bien se produire. Tout finit un jour ou l’autre par arriver. 


              bien à vous,

            • alinea Alinea 27 janvier 2014 20:56

              Ce n’est pas une utopie, c’est une possibilité ! Les exploités ont le savoir-faire, et, qu’a-t-on besoin de plus ?


            • totor101 totor101 27 janvier 2014 12:11

              un autre oubli : les prêtres qui façonnaient les esprits pour axalter la fidélité au roi !


              • Raphael 27 janvier 2014 15:36

                C’est discutable. Si l’influence des « religions » au sens de structure étaient prépondérantes à une époque, elles seraient aujourd’hui remplacées ou complétées par le communautarisme qui prend différentes formes... 


                bien à vous,

              • Vipère Vipère 27 janvier 2014 13:32

                Excellent, merci ! smiley


                • François-xavier 27 janvier 2014 19:19

                  Ha les marchand du temple !!! ils sont vraiment très très fort, je voudrais juste dire que maintenant ils ont plus de pouvoir que le roi...


                  • claude-michel claude-michel 28 janvier 2014 08:42

                    Il ne « SERF » à rien de courir...ils partiront à point.. !


                    • Jean Keim Jean Keim 28 janvier 2014 10:27
                      Une autre vision utopiste mais humainement envisageable actuellement :
                      En voyant l’effroyable désordre dans lequel se trouvait le monde après la révolte des serfs, devant la peur panique qui taraude chaque camp vis à vis de ses adversaires, en comprenant que l’affrontement direct ne mènera nulle part sinon dans une impasse, avec son lot de morts, de misère et de ruines, les belligérants se réunirent et après les inévitables échanges verbaux stériles dictés par les ressentiments, les plus avisés proposèrent de rechercher la cause profonde de l’état du monde car après tout il résulte d’un « ordre » tacitement accepté.
                      Chacun y alla de son point de vue qui n’était que l’expression de ses opinions, de ses intérêts ou de ses croyances et bien évidemment une réflexion menée sur de telles bases ne peut pas aboutir à une vision neuves, le plus sage des hommes avisés eut une intuition fulgurante et l’exposa aux autres : depuis que le monde est monde, il est bancal, il doit y avoir un facteur néfaste, commun à tout les êtres humains, trouvons le ! 
                      Et chacun repartit de plus belle dans la rhétorique, pendant ce temps, le plus sage des hommes avisés s’étant mis en retrait du débat, observait tout ce beau monde qui s’agitait et compris la source profonde du problème, il présentait un défi que personne ne voyait et qui exigeait une réponse neuve alors que les protagonistes faisaient appel à leur mémoire pour trouver la solution mais on ne peut pas résoudre les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés (dixit A. Einstein) ; la pensée est parfaite pour résoudre les problèmes matériels du quotidien mais inadaptée pour tout ce qui exige une création pure et notamment pour répondre à un défi intégrant des désordres psychologiques.
                      Tant que nous « réagirons » ainsi, jamais nous ne sortirons du cercle vicieux dans lequel nous sommes enfermés depuis des temps immémoriaux, ce schémas est le même dans toutes les couches de la société qu’elle soit primitive ou « moderne », dans nos relations familiales, amicales, professionnelles, dans les loisirs, dans les relations entre états, bref partout et tout le temps, nous sommes le jouet d’un personnage qui n’a aucune consistance, un artefact créé de toute pièce par notre ... identification à un contenu qui a la réalité que nous lui accordons.

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Raphael


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