Eh bien moi, je crois à la réalité de ce sondage, et il prouve que la
majorité des français commencent à penser plus loin que le bout de leur
TF1 ou de leur Figaro :
voici ce que j’écrivais à mes correspondants favoris hier, relayant
l’excellent article de Mike Whitney, qui vous fera mieux comprendre la
niaiserie de vos adhésions à la presse aux ordres des multinationales :
Tandis que la meute hypocrite se rue à l’assaut de la bête
traquée, tandis que je me trouve à mon corps défendant, et pour une
fois, aux cotés de BHL qui a ce matin sur France Inter défendu son ami
courageusement, et vigoureusement, tandis que le monde découvre
l’horreur, la tartuferie, l’hypocrisie et le pharisianisme de la
« justice » à l’américaine, qui traite un homme innocent puisque pas
encore jugé comme une bête de cirque et le plus vil des assassins, et le
jette en pâture à une presse déchaînée, voici quand même un sursaut de
vigilance, de justesse d’analyse, en un mot d’intelligence dans ce monde
de crétins, avec Mike Whitney : l’aboutissement est que
c’est maintenant John Lipsky,
l’ancien vice chairman de la
banque
d’investissement JP Morgan, et numéro 2 du FMI, qui prend la tête de
cette organisation, laquelle va pouvoir retourner à ses pratiques
criminelles d’asservissement des pays pauvres, sans les états d’âme de
cet emmerdeur socialiste de DSK.
Le chef du FMI attrapé dans un piège à miel
Par Mike Whitney
url de l’article original :
http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=24784
Traduit de l’anglais par Résistance 71
Je n’ai aucun moyen de savoir si la femme de
ménage de 32 ans qui
prétend avoir été attaquée et forcée de pratiquer une fellation sur la
patron du FMI Dominique Strauss-Kahn, dit la vérité ou non. Je vais
laisser cela à la meute hurlante des médias qui a déjà assumée son rôle
de juge, jurés et exécuteur des hautes œuvres. Je dirai simplement que
toute cette affaire est glauque, tout comme l’affaire Spitzer. Spitzer,
si vous vous rappelez, était le plus gros adversaire de Wall Street et
un candidat favori pour diriger la SEC (NdT : la commission de la
sécurité des échanges de Wall Street, le régulateur des échanges, le
shérif de Wall Street), une position qui lui aurait été comme un gant.
En fait, il ne fait aucun doute pour moi que si
Spitzer avait été
nommé à la tête du SEC, la plupart des plus gros banquiers
d’investissement à Wall Street seraient en train de confectionner des
plaques d’immatriculation et des chaussures à semelles de corde dans des
pénitenciers fédéraux au jour d’aujourd’hui. Il y avait donc beaucoup
de raisons de filer Spitzer, de savoir tout ce qu’il faisait et de voir
quel type de fange il était possible d’utiliser contre lui. L’ancien
gouverneur de New York rendit le travail facile à ses ennemis en
engageant les services d’une prostituée de luxe du nom de Ashley Dupré
pour une partie de jambes en l’air à l’hôtel Mayflower. Quand la
nouvelle fut répandue, les médias descendirent sur Spitzer comme un
nuage de locustes se répandant sur chaque détail salace de l’affaire
avec ferveur. Pendant ce temps là, les escrocs de Wall Street purent
soupirer de soulagement et retourner à ce qu’ils font le mieux : tondre
les investisseurs et voler les particuliers de leurs économies amassées
durant une vie.
Strauss-Kahn a aussi des ennemis haut-placés, c’est pourquoi toute
cette affaire pue jusqu’aux cieux. Premièrement, Strauss-Kahn était le
candidat probable du parti socialiste français qui aurait
vraisemblablement fait face à Sarkozy dans les élections présidentielles
à venir. Le patron du FMI avait dans aucun doute un avantage sur
Sarkozy qui a été diminué par un nombre de scandales personnels et une
chute dans les sondages.
Mais si Strauss-Kahn a été piégé, cela fut sans doute fait par des
membres de la coalition des banques occidentales, ce groupe porcin de
l’ombre qui s’auto-gère et dont les politiques ont maintenu la plus
grande partie de l’humanité dans des états variés de pauvreté et de
désespoir ces quelques derniers siècles. Strauss-Kahn s’était quelque
peu émancipé de la “ligne du parti” ces derniers temps et était en train
de changer la direction du FMI. Sa conversion sur la route de Damas a
été endorsée par l’économiste progressiste Joseph Stiglitz dans un
récent article intitulé : “Le changement d’horaire du FMI” (NdT : “The
IMF’s switch in Time” en anglais), dont voici un extrait :
“La réunion annuelle de printemps du FMI fut remarquable au point de
noter l’effort du Fond de se distancier de ses tenets établis depuis
longtemps du contrôle des capitaux et de flexibilité dans le marché du
travail. Il apparait qu’un nouveau FMI ait émergé, graduellement,
précautionneusement, sous la houlette de Dominique Strauss-Kahn.
Un peu plus de 13 ans plus tôt, à la réunion du FMI à Hong Kong en
1997, le Fond avait tenté d’amender sa charte afin d’acquérir une plus
grande marge de manœuvre pour pousser les pays à la libéralisation du
marché des capitaux. Le timing ne pouvait pas être pire : la crise en
Asie du Sud-Est était en train de bouillir sur le coin du feu, une crise
qui était essentiellement le résultat de la libéralisation du marché du
capital dans cette région qui, en accord avec son haut ratio d’épargne,
n’en avait nul besoin.
Cette poussée avait été préconisée par les marchés financiers
occidentaux, et leurs ministères des finances qui les servent si
loyalement. La dérégulation financière aux Etats-Unis fut la cause
principale de la crise financière globale qui a érupté en 2008 ; la
libéralisation financière et du marché des capitaux partout ailleurs a
aidé à propager ce traumatisme “made in USA” à travers le monde. La
crise a démontré que des marchés libres et non régulés ne sont ni
efficaces, ni stables.” (“Le changement d’horaire du FMI”, Joseph
Stiglitz, Project Syndicate)
Ainsi, Strauss-Kahn était en train d’essayer de faire bouger les
banques dans une direction plus positive, une direction qui n’aurait pas
demandé que les apys laissent leur économie ouverte à tous les vents
des ravages du capital étranger qui s’engouffre rapidement, gonflant les
prix et créant des bulles financières, et qui s’en va très rapidement,
aussi rapidement qu’il est venu, laissant derrière lui, la désolation du
chômage galopant, d’une chute drastique de la demande dommestique, des
industries handicapées et une profonde récession économique.
Strauss-Kahn s’était positionné sur un chemin plus “doux, plus
gentil”, un chemin qui ne forcerait pas les leaders étrangers à
privatiser les industries d’état ou à écraser leurs syndicats du
travail. Bien sûr, ses actions ne furent pas chaleureusement reçues par
les banquiers et les industriels qui regardent le FMI comme le
légitimeur de leur pillage du reste du monde. Ce sont les gens qui
pensent que les politiques actuelles “sont très bien comme cela” parce
qu’elles produisent les résultats qu’ils attendent, à savoir : de plus
gros bénéfices pour eux-mêmes et plus de pauvreté pour les autres.
Voici encore un extrait de Stiglitz, cette fois-ci donnant le “baiser de la mort” à son ami Strauss-Kahn :
“Strauss-Kahn est en train de prouver qu’il est un patron perspicace
du FMI… Comme Strauss-Kahn conclut dans son discours à la Brookings
Institution peu avant la réunion récente du FMI : ‘Ultimement, l’emploi
et les équités construisent des blocs de stabilité et de prospérité
économiques, une stabilité politique et la paix. Ceci tient à cœur au
mandat du FMI et doit être placé au cœur même de l’agenda politique.”
Très bien. Alors, maintenant, le FMI va devenir un agent de la
redistribution de la richesse… pour “renforcer le marchandage collectif,
restructurer les emprunts, restructurer les impôts et les politiques de
dépense pour stimuler l’économie aujourd’hui par des investissements à
long terme et pour appliquer des mesures sociales qui assureront une
opportunité réelle pour tous” ? (d’après Stiglitz)
Bonne chance avec cela.
Pouvez-vous imaginer une seconde à quel point ce genre de discours
énerve les pontes du fric à tout va ? Combien de temps croyez-vous
qu’ils vont rester à ne rien faire devant ce piège à rat avant qu’ils ne
décident que Strauss-Kahn a besoin de vacances définitives ?
Pas bien longtemps, j’en suis sûr.
Analysez ceci venant de World Campaign et jugez par vous-même si
Strauss-Kahn est devenu un “boulet” qui doit être éliminé afin que les
affaires d’extraire la richesse des gens les plus pauvres de la Terre
puisse continuer en paix :
“Pendant des décennies, le FMI a été associé par les activistes
anti-pauvreté anti-faim et pour le développement du tiers monde comme la
vitrine de tout ce qu’il y a de mal dans la gestion fiscale du monde
par sa frange la plus riche, particulièrement concernant les nations les
plus pauvres avec ce qui apparait être une vision uni-dimensionnelle de
politiques fiscales de serrage de ceinture comme étant le prix
d’obtention des ses prêts et une philosophie économique du compte-goutte
qui a traditionnellement aidée les élites riches et puissantes à
maintenir le statu quo alors qu’une vaste majorité grandissante
demeurait pauvre et sans pouvoir. Avec un monde de plus en plus en
révolution à cause de ces réalités, après la crise financière globale,
la régulation et autres politiques qui ont fonctionné lors de la
dernière grande dépression ayant été largement abandonnée, le directeur
de gestion du FMI Dominique Strauss-Kahn a fait d’excellentes
observations sur la façon dont le FMI et le monde se doivent de changer
leur politique.
Dans un article aujourd’hui du Washington Post, Howard Schneider
écrit qu’après le crash de 2008 qui a amené de nouveau vers certaines
régulations de compagnies financières et de l’implication du
gouvernement dans l’économie, pour Strauss-Kahn “le travail est à moitié
fait”, alors qu’il a amené le FMI à repenser fondamentalement sa
théorie économique. Dans de récentes remarques, il a donné une large
vision des conclusions atteintes : "La régulation des marchés par les
états doit être plus importante, les politiques globales se doivent de
créer une distribution plus équitable des richesses ; les banques
centrales ont besoin de faire plus pour prévenir que les prix des
emprunts et des biens ne gonflent trop rapidement. ‘le mouvement va
basculer des marchés vers les états" a dit Strauss-Kahn dans une adresse
à l’université de Washington la semaine dernière. ‘La globalisation a
apporté beaucoup, mais elle a aussi un côté obscur, un grand fossé qui
se creuse toujours plus entre les riches et les pauvres. Clairement,
nous avons besoin d’une nouvelle forme de globalisation pour prévenir
que cette “main invisible des marchés” à laquelle on a laissé beaucoup
de liberté, ne devienne ‘un poing invisible’.”
(Link— http://wcampaign.org/issue.php?mid=625&v=y )
Répétons : “… repenser fondamentalement la théorie économique… (une
meilleure) distribution des revenus… (plus) de régulation des compagnies
financières… Les banques centrales doivent faire plus pour prévenir
l’augmentation trop rapide des prix des emprunts et des biens…”
Vous vous moquez de moi ? Relisez ce passage encore et encore et je
pense que vous tomberez d’accord avec moi que Strauss-Kahn a signé son
propre arrêt de mort.
Il n’y aura aucune révolution au FMI. C’est du pipeau. L’institution a
été créée avec l’intention claire d’escroquer les gens et elle a fait
un super boulot en ce domaine jusqu’ici. Il n’y aura pas de changement
de politique non plus. Pour quelle raison ? Pour avoir les banquiers et
les rats obèses de l’industrie soudainement développer une conscience et
qu’il décident de prêter main forte à l’humanité souffrant depuis si
longtemps ? Allons, allons, soyons réalistes !
Strauss-Kahn a rompu les rangs et s’est aventuré en terrain inconnu.
Voilà pourquoi il a été piégé et écrabouillé comme un insecte.
(Note de l’auteur : Strauss-Kahn a été remplacé à la tête du FMI par
son numéro 2, John Lipsky, l’ancien vice chairman de la banque
d’investissement JP Morgan. Comment le trouvez-vous ce “changement
auquel on peut croire” ?…)