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Les voleurs de temps - 2 - Les addictions chronophages

La meilleure méthode pour gagner du temps, c’est de ne pas en perdre. Mais certaines de nos manies, de nos habitudes bien ancrées dans notre quotidien nous accaparent un temps précieux.
 
Partie 2 : Comment fuir ces addictions "tueuses de temps" ? 

« Encore une ! S’il te plaît ! La der de der, j’te jure ! ». Et le joueur, collé sur son jeu en réseau depuis 4 heures déjà, entame une partie, la dernière… qui sera suivie d’une autre encore plus ultime… prélude à la suivante… encore et encore. Une grande marque de console de jeux ne faisait-elle pas suivre son nom du slogan « ... C’est plus fort que toi ! » On ne pourrait être plus clair.

— « Sophie, pose ce téléphone, tu va te griller la cervelle à rester ainsi l’oreille collée à ton portable ! »

« Mais maman, ça fait seulement 5 minutes que je parle avec Annie… Et puis d’ailleurs, ma batterie est presque plate, je n’en ai plus pour longtemps »

« Ah oui ? Ta nouvelle batterie d’une autonomie de 8 heures de parole qui était chargée à bloc ce matin ? »

— « Si tu allais terminer tes devoirs, Popol ? »

— « Mais maman, je regarde les experts ! je ne veux pas rater la fin. »

— « Bon, mais quand l’épisode est terminé, tu fais tes devoirs, ok ? »

— « Mais maman, après cet épisode-ci, il y en a deux autres et ensuite deux épisodes de Lost. Tu ne voudrais pas élever un ignare, non ? On ne parle que de ça à l’école. »

Voilà 3 petits exemples très parlant sur ce que peuvent être des addictions. 3 exemples parmi des dizaines, centaines et milliers. 

Certains joueurs invétérés passent plus de 18 heures par jour (vous avez bien lu, ce n’est pas une faute de frappe) pour leur dépendance. Les forfaits mobiles explosent à transmettre des choses tellement insignifiantes. La télévision aligne depuis des décennies des légions d’adolescents avides de connaître la suite de leur série si palpitante.

Le but n’est pas ici de condamner cette assuétude en tant que telle, mais de mettre en évidence l’impact que cela aura sur l’utilisation du temps disponible dans une journée. Si le but de votre vie est de confronter Goldorak à Conan le Barbare et prouver à des milliers d’autres joueurs que ce monde virtuel est votre terrain de chasse, ou si vous désirez décrocher un doctorat en étude comparée des séries à psychologie d’action, tout en créant les chroniques téléphoniques de la future star du mobile, pourquoi pas. Chacun est libre de consacrer son temps, sa vie, à réaliser son objectif, quel qu’il soit.

Mais les buts dans la vie sont souvent tout autre. La grande vérité dans tout cela, c’est que le temps n’est pas élastique, qu’il ne s’achète pas, et que l’on doit faire des choix. Mais encore faut-il être libre de choisir et quand on parle d’addiction, il est bien entendu très difficile de restreindre le temps passé à ces occupations irrésistibles. La pulsion est trop forte, on se trouve toutes les excuses du monde, mais on se consacre coûte que coûte à son petit péché mignon. 

Tôt ou tard, la victime addictive se rend bien compte qu’elle est happée par cette envie irrépressible et que cela l’empêche de faire son travail, remplir ses obligations, ou même, tout simplement de vivre, car dans les cas les plus graves, ces addictions peuvent provoquer l’isolement total de la victime. Mais le fait de s’en rendre compte ne suffit hélas pas à éviter de succomber à la tentation.

Prendre conscience de sa dépendance, c’est bien, mais comment s’en sortir ?

Il n’y a pas de miracles, tout comme les fumeurs et les alcooliques, la victime d’un comportement addictif doit, pour reprendre sa vie en main, passer par une série d’étapes incontournables : 

1) Comme dit plus haut, il faut d’abord avoir conscience de son état.

2) Il faut avoir la volonté de s’en sortir.

Sans ces deux étapes primordiales, il est pratiquement impossible d’espérer reprendre le contrôle de soi.

3) Il faut ensuite identifier les mécanismes menant à l’addiction. Quand est-on tenté ? Dans quel contexte ? En quel endroit ? Y a-t-il des heures précises ? La présence de certains proches (dé)favorise-t-elle le comportement ?

4) On commence par tester sa résistance. Le test est simple : on se place dans le contexte propice à son addiction et on essaie de résister, par exemple une heure. 

5) On teste ensuite son indépendance lorsqu’on est loin du contexte provoquant le comportement.

6) Éclairés par les résultats des deux points précédents, on peut mettre en place une stratégie de régression addictive plus ou moins rapide en fonction de la réelle dépendance. Cette stratégie consiste en la mise en place de recettes toutes simples, mais auxquelles il faudra se plier. Certaines recettes sont communes et d’autres spécifiques à l’addiction que l’on veut enrayer. Mais elles s’apparentent toutes à une sorte de sevrage, en autorisant dans un cadre très strict le comportement coupable dans une proportion qui diminue régulièrement tout au long de la méthode. Certains « trucs » bien pensés, des astuces éprouvées rendent la tâche plus aisée et surtout, les résultats plus fréquents.

Nous traiterons dans d’autres articles des addictions les plus fréquentes et des astuces à utiliser pour combattre chacune d’elle, le propos du présent texte se limitant à présenter cette catégorie de Chronophage (mangeur de temps).

Mais retenez ceci : dans l’ordre de priorités d’une personne voulant mieux gérer son temps, la toute première chose à prendre en compte est la présence ou non d’un comportement addictif.

En effet, il serait stupide de chercher à gagner une demi-heure par jour par une meilleure organisation, si vous gaspillez quotidiennement 5 heures ou plus dans une occupation vulgairement qualifiée de « sale habitude ».

Sylvain Hope

Pour plus d’info sur la gestion du temps et les voleurs de temps :
http://www.gagner-du-temps.eu

par Inside Jewel (son site) samedi 26 décembre 2009 - 5 réactions
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  • Par Micromegas (xxx.xxx.xxx.189) 26 décembre 2009 23:43
    Micromegas

     Cher Halman. Je vois que comme le précise notre ami, Chronophage est le terme utilisé pour ce qui bouffe notre temps. Non pas que le temps nous est acquit, mais plutôt la façon de s’en servir à bon escient. Comment  ? Surement pas à jouer plus de 15 heures de jeux vidéo par jour. Cela tient de l’absurde de penser que ces jeux virtuels sont une échappatoire qui peuvent régler des problèmes dont l’individu veut se préserver. Qui plus est, en fuyant une réalité certes pas vraiment attractive pour quelques-uns, mais pas au point de la supplanter pour les jeux, télé, ou encore plus bêtement par le téléphone. Il y a tellement à faire, si vous saviez...

    "Les jeux électroniques en ligne au tissent des liens sociaux entre joueurs, font élaborer des stratégies psychologiques avec les autres, bien plus facilement que dans la vie courante" 

     C’est la phrase qui retient toute attention je trouve. Si vous voulez tisser des liens, je vous conseille de sortir de chez vous, il y a tellement à voir. Dépasser la névrose est beaucoup plus fructueuse que de s’embourber dans le virtuel.

  • Par amipb (xxx.xxx.xxx.23) 27 décembre 2009 09:27
    amipb

    Tisser des liens sociaux avec des jeux vidéo, beau paradoxe. Chacun reste donc chez soi pour tisser un lien social. C’est un peu comme remplir son estomac avec de la nourriture virtuelle.

    Et ceux qui n’ont pas de jeu vidéo ne rencontreront jamais ceux qui passent leurs journées devant un écran. Belle rupture sociale en vérité.

  • Par Inside Jewel (xxx.xxx.xxx.240) 26 décembre 2009 14:33

    Bonjour,

    "...la vie courante si peu passionnante, voire même décérébrante et pathologique..."
    Si votre vie est peu passionnante, ne généralisez pas. Et posez-vous la question du cercle vicieux : la vie n’est pas belle, donc on joue, donc on s’isole des réalités de la vie, donc on est de moins en moins adapté au vrai monde, donc le monde dégoûte de plus en plus, donc on a envie de jouer d’autant plus...

    Sachez que les "No Life" qui s’enfoncent dans leur dépendance à l’extrême finissent dans la déprime les poussant parfois au suicide. Ce n’est pas en se déconnectant du monde que l’on peut s’y faire une place.

    Pour un psychiatre qui utilise le jeu comme moyen thérapeutique (et croyez-moi, ils ne poussent pas leurs patients à passer 18 heures par jour devant leur jeu), il y en a mille autres qui vous mettront en garde contre les méfaits des abus.

    Et là, je dois vous dire qu’une partie de mon texte vous a échappé :
    "...Le but n’est pas ici de condamner cette assuétude en tant que telle, mais de mettre en évidence l’impact que cela aura sur l’utilisation du temps disponible dans une journée..." et
    "...Chacun est libre de consacrer son temps, sa vie, à réaliser son objectif, quel qu’il soit..."

    Comme EN TOUTES CHOSES, seul l’excès est nuisible. le fait de jouer est normal et même sain (je SAIS pertinemment que jouer fait partie intégrante du processus d’apprentissage et que cela dénote un esprit curieux et une volonté de challenge), mais poussé à l’excès il ne permet tout simplement pas de vivre. Comme trop manger... trop fumer... trop boire... trop bais... oui bon smiley

    Vous dites : "...ceux qui n’y connaissent rien parce qu’ils ne pratiquent pas..."
    Désolé de vous décevoir, mais je joue, moi aussi. J’adore ça, et je détiens même certains records... Mais je limite mon temps au jeu, pour ne pas que ça me bouffe tout mon temps, toute ma vie. Oui, vous vous trompez, en terme de jeux, vous avez affaire à un connaisseur, pratiquant. Et justement, je sais à quel point il faut prendre garde pour ne pas se laisser happer par le côté grisant...

    Vous dites : "...Les jeux électroniques en ligne au tissent des liens sociaux entre joueurs, font élaborer des stratégies psychologiques avec les autres, bien plus facilement que dans la vie courante..."
    Dites-moi, si vous étiez dans le monde de Matrix, vous préféreriez donc vivre écervelé dans un monde imaginaire créé pour vous séduire ? Ou indépendamment des machines, dans le vrai monde, aussi horrible soit-il ?

    Chacun son choix.

    Bien cordialement

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