
Mon cher Président,
je vous fais, selon la formule consacrée, une lettre.
En ce dimanche 6 mai 2012, les Français viennent de vous accorder leur confiance, mais ils ignorent presque tout de cet homme, d'apparence si affable, qu'ils viennent de nommer à la tête de l'État. Or, il me paraît important de savoir qui vous êtes.
Vous faisiez depuis longtemps partie du paysage politique, mais pour la première fois, vous vous placez au premier plan. Avec votre prédécesseur, il n'y avait pas de surprises. Quand on connaissait le personnage, son équipe, son programme, on savait à quoi s'attendre. Avec vous, c'est très largement l'inconnu.
Vos proches disent que vous n'avez pas changé depuis que vous voulez devenir président. Tantôt souriant, tantôt impassible et impénétrable. L'air rond et rassurant, mais aussi lisse, et donc difficile à cerner. Parfois affable, parfois hautain, un visage tranquille pour un homme politique ordinaire soudain propulsé à la tête de l'État. Certains craignent que ce ne soit un masque. J'ai remarqué que vous aviez rompu avec la tradition, en abandonnant toute au rose dans vos meetings et vos affiches. C'est à se demander si vous n'avez pas abandonné les fondamentaux de votre parti. La conquête du pouvoir vous aurait-elle déjà transformé ?
Un homme modéré et plein d'humour
Tous les sondages vous donnaient gagnants depuis six mois. On espérait tout de même plus : un petit 53%, comme le gagnant en 2007. Vous avez eu plutôt le score de Mitterrand en 1981. Un bon augure, me direz-vous...
On a tout de même constaté une baisse de votre score en cours de soirée. J'ai bien cru à un moment que vous alliez repasser sous les 50% et qu'on verrait votre avion faire demi-tour au-dessus de Paris ! Heureusement, non...
Et finalement, de Tulle à la Bastille, la fête fut fort réussie.
Néanmoins, vous le sentez bien, l'heure n'est pas à la fête. C'est la crise, les gens sont inquiets... Les réjouissances vont être de courte durée.
Drôle de candidature, tout de même. Personne ne vous connaissait de telles ambitions il y a encore un an. Vous faites mentir la règle qui veut qu'on ne devienne Président qu'après s'y être préparé pendant des années, parfois des décennies, et avoir essuyé des revers cuisants, des échecs dont on croit ne jamais se remettre. Votre élection vous a été servie sur un plateau d'argent. Certains vous vont en vouloir mais au moins, vous paraissez tout à fait fringant pour attaquer un mandat de crise.
Vous êtes quelqu'un d'assurément sympathique, équilibré. Votre victoire, à elle seule, assainit l'atmosphère, après cinq ans d'une politique proprement sinistre. L'horrible clique des ministres sortants va être bientôt remplacée par de bons vieux cadres de parti à l'ancienne, avec leur langue de bois ronronnante d'énarques doucereux... J'imagine qu'avec vous, les conseils des ministres vont être très techniques, du genre relecture de l'alinéa 5 sur le budget prévisionnel et les indexations différenciées sur l'inflation anticipée... Prévoir les cachets d'aspirine, cela risque d'être moins facile à traiter qu'une loi sur les délinquants et les immigrés !
Vos discours ne provoquent pas l'enthousiasme. A Tulle, vous avez commencé par parler réduction du déficit, pour n'en venir qu'après à la fraternité et la dignité humaine... Essayez tout de même, une prochaine fois, de parler à vos concitoyens avant de faire des promesses aux créanciers du pays !
En tant qu'orateur, vous semblez vite au-bout de vos forces. Vous manquez encore de "coffre" : dès que vous haussez la voix, on sent que vous criez. Votre carrure et vos gestes ne semblent pas encore au point pour soulever les foules. Votre visage paraît trop tendu, votre voix est trop rauque. Vous semblez mieux calibré pour négocier dans un bureau doré que pour jouer les tribuns. Demandez donc à Mélenchon de vous donner des cours !
Vous suscitez de la part de vos partisans une adhésion de raison, comme on dit qu'il y a des mariages de raison. Symétriquement, vous suscitez un rejet modéré de la part de vos adversaires. D'ailleurs, quand ceux-ci prétendent vous détester viscéralement, leur ton paraît forcé. On sent qu'ils en font trop. Qui pourrait vraiment vous haïr ?...
On dit que vous avez de l'humour. Vous suscitez même des situations franchement comiques : Jacques Chirac, en rad'soc sur le tard, qui veut voter pour vous ! Bernadette qui refuse, qui croit jusqu'au bout en Sarkozy ! Imaginez cela : "mamie" qui part au bureau de vote avec la procuration, pendant que le pauvre Chichi reste chez lui, en charentaises devant la télé. Scène de la vie provinciale... Corrèze, terre de contrastes !
Même vos casseroles sont légères. Quand certains se traînent toute la batterie de cuisine, vous, c'est seulement quelques cuillères. Du tripatouillage dans les fédérations de votre parti, donc de la stricte tambouille socialisto-socialiste, pas de quoi en faire un drame. Quelques bulletins suspects dans les Bouches-du-Rhône, me dit-on : nous sommes loin de l'affaire Karachi, des joyeusetés de la mère Bettencourt, du Sofitel ou du Carlton... Rien que de très normal dans votre parcours politique. Votre début de mandat s'annonce sous de bons auspices : le mois de mai est riche en jours fériés et cet été nous aurons les JO de Londres. Autant dire que vous pourrez bénéficier d'un état de grâce (modérée, bien sûr) jusqu'à la rentrée. Pas d'excès, de la modération (mais pas trop)... Un Président normal ? Ce serait bien extraordinaire !
Le fossoyeur paisible du sarkozysme
Je crois me faire l'interprète de la vox populi si je vous dis que vous avez une chance insolente. C'est bien la seule chose extrême chez vous ! Vous êtes d'extrême-chance !
Des années à la tête du PS, promis à être en quelque sorte un secrétaire perpétuel, à gérer en bon père de familles réunions, congrès, motions... Vous preniez tranquillement de l'embonpoint, toujours aimable, volontiers spirituel, intelligent et doué, mais pas au point de vous rendre insupportable. Vous étiez promis à une carrière sans heurts. Mais voilà, d'un coup, un boulevard s'ouvre devant vous ! Une vraie avenue des Champs-Élysées ! Sorti de nulle part, vous voilà candidat à l'élection du candidat PS, puis candidat tout court et maintenant, élu !
Élu dans un fauteuil, l'expression était faite pour vous. C'était bien simple : votre élection n'a jamais été sérieusement mise en doute. Encore mieux : moins vous en disiez, mieux vous vous portiez. Dès que vous défendiez une position un peu tranchée, elle semblait vite contestable... Vous disiez que la finance n'a pas de visage ? Vraiment ? Vous ne pourriez pas nommer un seul fonds de pension ? Un seul spéculateur ? Un seul gros ponte du capitalisme financiarisé ?... Allons donc !... Et l'on pourrait citer d'autres exemples où votre programme paraissait hésitant, maladroit. Pendant la campagne, sur le SMIC, vous avez eu des repentirs, ainsi que sur le rôle de la BCE...
J'ai regardé en entier le débat de l'entre-deux-tours : c'est quand vous faisiez des propositions concrètes que vous étiez le moins bon. Tout ce que vous aviez à faire, c'était de signifier à votre adversaire que son temps était révolu -que ce débat constituait une passation de pouvoir. Et vous l'avez fort bien fait. Peu importait le fond. Le message est bien passé : vous veniez tourner la page de la décennie sécuritaire-bling-bling.
Peut-être que vous avez déjà donné le meilleur de vous-même lors de ce débat. Vous avez montré ce soir-là que vous pouviez tenir tête, trois heures de suite, à un homme pugnace, sans vous laisser démonter. Pourtant, vos différends avec le président sortait n'étaient pas si clairs. Laurence Ferrari et David Pujadas ont dû se forcer pour dégager clairement ce qui vous opposait. Retrait d'Afghanistan, un peu plus tôt ou un peu plus tard ; fermer une centrale nucléaire ou aucune ; travailler plus longtemps ou juste un peu plus longtemps... Vous avez su garder la même posture étonnante : sans savoir sur quel pied danser, vous n'avez pourtant pas trébuché ! Vous avez enterré, sans fleurs ni couronnes, le sarkozysme.
Le candidat de la force tranquille
Vous incarnez, trente-et-un ans après François Mitterrand, le retour de la force tranquille. L'ambition, mais tranquille. La conquête du pouvoir, sans avoir à sortir les crocs. Vous avez fait votre sillon, fermement et résolument, presque seul dit-on, entouré de quelques fidèles. Qui aurait parié un kopeck sur vous il y a deux ans ? On dirait que vous vous êtes décidé, comme l'employé loyal qui jure à sa famille qu'il va oser aller voir le patron pour lui demander une augmentation.
Vous avez bien maigri, vous portez des lunettes plus discrètes, presque transparentes. Sur votre affiche électorale, vous avez l'air de monsieur Toutlemonde. Il se dégage de votre personne un certain ennui, une impresson un peu terne... Dommage, dans la vie, vous avez l'air bien plus avenant, plus drôle. Là, on vous reconnaît mal. Vous avez une tête de papier mâché, on croirait que vous sortez d'une sieste. On croirait vous, si vous aviez mal vieilli. Mais bien sûr, cet effet est voulu : pour séduire l'électeur, il faut se rendre encore plus quelconque que l'on n'est...
Sur cette affiche, vous ressemblez à l'employé du mois, le collègue ou le supérieur compétent, bon gestionnaire, bon père de famille, bon citoyen. A bien y regarder, vous avez un sourire mystérieux, des paupières tombantes, le regard vif et un peu paternel. Large front, coupe nette. Les joues arrondis mais pas bouffies... On croirait la Joconde ! Oui, vous ressemblez au portrait le plus célèbre du monde !

L'air de rien, vous avez gommé cette image de mollesse qu'on vous reprochait. Vous êtes très fort pour gommer, du reste. On croyait l'extrême-droitisation de la vie politique inéluctable, vous avez effacé ce spectre comme on nettoie d'un coup une ardoise magique. Je me souviens d'une de vos petites phrases, d'une ambiguité savoureuse. Pressé de répondre sur les étrangers, vous avez dit : "Il y a trop d'étrangers en situation irrégulière". C'était parfait. Car les gens de droite auront compris : "Il y a trop d'illégaux en France", tandis que les gens de gauche auront entendu : "Il y a trop d'illégaux et il faut donc les régulariser". Belle rhétorique. Vos professeurs à l'ENA peuvent être fiers de vous !
Vous êtes porté, je l'ai dit, par toute une dynamique anti-sarkozyste, par un rejet de cet esprit délétère qui nous empoisonne depuis des années. Vous êtes venu ouvrir la fenêtre, chasser ces miasmes... Contre-feux sur Hortefeux ! (A votre gauche, nous sommes quelques-uns à être dégrisés depuis longtemps et même sous le coup d'une méchante gueule de bois depuis cinq ans. Pour nous, vous serez le cachet qui fait passer la migraine sarkozyste.)
Vous êtes aussi, et surtout, soutenu par tout un système. Je voyais encore récemment la couverture de Challenges, avec les nouveaux patrons décontractés à la Xavier Niel qui piaffent d'impatience. Ils vont être à la fête, au temps du capitalisme 1) social-libéral 2) décomplexé 3) à visage humain. Les indicateurs sont au vert pour vous dans le monde de l'Économie. Le Marché vous a à la bonne. Ils sont impatients de vous montrer comment on travaille avec eux.
Je regardais aussi le dernier film de Pierre Carles, dans lequel il analyse comment tous les grands journaux ont construit votre personnage, depuis que leur idole DSK a laissé un grand vide dans leur coeur... Maurice Szafran avouant sans détour que tous les éditorialistes, qui sont "plutôt de droite", vous soutiennent... Je pense aussi au Nouvel Obs qui a flingué sans relâche Mélenchon pour vous complaire, à Libération qui fait croire à ses idiots de lecteurs que vous êtes vraiment de gauche... Ils ont tous contribué à fabriquer votre personnage.
Un consensuel qui ne se laisse pas faire
Plus généralement, vous avez su faire des faiblesses qu'on vous prêtait les forces qu'on va vous reconnaître. D'indécis, vous allez devenir rassembleur. De léger et moqueur, vous allez devenir séducteur (ça marche déjà depuis longtemps avec les journalistes, que vous vous êtes mis dans la poche). De consensuel, vous allez apparaître roublard, dans le bon sens du terme, c'est-à-dire bon négociateur. De membre du club du Siècle, vous allez devenir la coqueluche du Tout-Paris et du monde des affaires à l'international. L'agréable convive va savoir comment servir la soupe aux uns et aux autres... Il y a là un effet d'adhésion, ou d'illusion collective. On prête au chef des qualités qu'il fait semblant d'avoir et à force, il finit par les acquérir réellement. Le regard des gens vous transforme.
Vous vous êtes montré intraitable avec le front de gauche, avec cette morgue typiquement énarque. Vous avez snobé, comme depuis toujours, Jean-Luc Mélenchon. Et le pire, je vais vous dire c'est que vous avez eu raison -dans votre logique de futur gagnant et socialiste consensuel. Vous avez eu raison de ne jamais vous "compromettre" avec ce "rouge" ! C'est très fort. C'est ce qu'on peut appeler, en un sens, le "réalisme social-démocrate" !
A droite, il y a le petit Copé qui monte. Le fils naturel de votre rival vaincu, son probable successeur, qui va venir vous affronter en 2017. Lui va être coriace, teigneux comme c'est pas permis. Là encore, il se pourrait qu'il se heurte à votre impassibilité sympathique.
Mais moi, j'en suis sûr : vous allez les désarçonner tous, gauche, droite, centre, avec cette technique parfaitement rôdée, made in PS : faire des mesures de droite avec un vernis de gauche ; libéraliser en ailleurs l'air de préserver les acquis sociaux. Symbole de cela, cette mesure symbolique de réduire votre "salaire" de 30%... oui, mais compte tenu des +170% que s'était accordés le président sortant ! Le centre-gauche, ce sont des mesures de droite avec une petite modération pour faire passer la pilule. On a du mal à être pour, mais on ne peut pas vraiment être contre. Très très fort...
Je suis même sûr que vous allez en remontrer à quelques dirigeants étrangers, d'Europe ou d'ailleurs, qui croient qu'ils vont taper sur l'épaule du petit Frenchy et rire de vous dans votre dos. Vous allez, mine de rien, les amener à votre avis. Ils ne vont pas comprendre ce qu'il leur arrive, quand ils vont se retrouver "hollandisés" à la sortie du G8 ou d'un quelconque sommet de chefs d'États. De la Chine aux Etats-Unis, de Norvège à l'Afrique du Sud, vous allez vous faire respecter et apprécier. Vous serez la France tranquille.
Le Président à visage humain
François Mitterrand avait dit : "Après moi, n'importe qui pourra être président." Cet air affable et bonhomme qui est le vôtre, monsieur le Président, n'est-il pas là pour confirmer que cette étrange prédiction s'est réalisée ?...
Plus que votre personne, ce qui compte dans votre élection, c'est une certaine qualité d'atmosphère que vous allez changer en France. Il y a de l'espoir dans l'air. Les gens vont respirer un peu. Quand on voyait votre prédécesseur, on se crispait, on craignait le pire, une grosse colère ou une sourde menace. En vous voyant, on se détend. On se sent bien, c'est le printemps...
Vous allez être un peu débordé par ce mouvement qui vous porte et va au-delà de vous, j'en suis sûr. Ce n'est pas tant ce que vous ferez que votre présence à l'Élysée qui est un mieux. Le meilleur de votre action sera quasiment immatériel : un autre esprit dans les institutions, dans l'action de l'État ; moins d'arrogance et de culte du pouvoir de la part de vos ministres, une certaine posture de modération qui peut montrer l'exemple... Cependant, vous ne pourrez pas rester à rien faire et vous savez que vous avez tout à y perdre.
Vous serez tiraillé entre des gens puissants et arrogants, et des gens ordinaires désarçonnés par ce monde en crise. Si l'idéologie que vous défendez a encore un sens, vous devrez faire en sorte de contenir les uns tout en ne décevant pas trop les autres.
On dit, on répète que vous n'avez pas changé, que vous êtes un citoyen ordinaire. Les journalistes le martèlent mais n'arrivent pas à le prouver... On veut un président comme nous, mais pas trop non plus... On a du mal à vous situer.
Je vais vous dire : les autres aussi, l'élite, les oligarques, les patrons, ne sont eux au fond que des hommes ordinaires ! Ils ne sont pas si différents des autres hommes au-dessus desquels ils se sont élevés ! Seulement, c'est maintenant de leur monde que vous faites partie, monsieur le Président ! Et d'ailleurs, vous l'avez dit à Tulle, qu'un jour, vous aviez imaginé venir sur cette place Gambetta pour votre premier discours comme Président ! Oui, vous l'aviez imaginé ! Depuis combien de temps ? Deux ans ? Depuis toujours ? Qui peut le dire ?... N'avez-vos pas toujours appartenu à cette nomenklatura, dans laquelle vous êtes comme poisson dans l'eau, heureux, optimiste, l'oeil frais, le bon teint, bien nourri ?... Et votre rêve s'est réalisé, faisant de vous la façade respectable de ces gens sans scrupules ! Pour cela, vous avez pris le masque de l'homme moyen et interchangeable. Oui, vous avez travaillé tout ce temps à vous faire le visage du citoyen ordinaire, le portrait-robot de l'Européen lambda ! En somme, cet air bonhomme qui est le vôtre était bien celui d'un homme d'État, d'un capitaliste à visage humain ! Vous n'avez eu qu'à garder votre vrai visage pour vous en faire un masque !... Vous avez atteint une sorte de perfection dans l'enterrement de l'idéalisme. Vous n'avez presque plus rien à promettre. J'ignore si cela signifie que les gens sont moins gogos, dégrisés des belles promesses, ou si nous assistons à l'enterrement de la politique face au grand marché mondial. Peut-être bien les deux.
Vous êtes le dernier de votre genre. On touche à un point d'équilibre parfait. Il n'y a plus besoin de rien changer, maintenant. Après vous, monsieur le Président, tous les présidents seront hollandistes. Il n'y aura plus de conflits, les passations de pouvoir se feront toujours en douceur. Le protocole républicain sera respecté à la lettre. Vos successeurs seront vos clones, de gauche ou de droite ; la formule est trop bien rôdée ! Ils parleront le globish, le luxembourgeois, l'européen, le sino-castillan !... On les usinera en masse, on en mettre partout, à la tête des bureaux, des ministères, des administrations ! Ils seront à la télé, au cinéma, ils feront des vidéos de blagues avec des chats ! Ils seront partout sur Youporn, dans toutes les positions ! Et nous, nous serons tous heureux, car nous serons comme vous, des hommes normaux.

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