Le Président du RCD algérien vient d’adresser un message de soutien au CNT .
Le contenu de ce message ne fait que confirmer le ralliement de ce Parti à l’OTAN,mais il contient en plus une menace adressé au peuple lgérien,contre son indépendance nationale et son unité
Des forces politiques politiques qui prennent leurs ordres à l’ Elysée et au Quartier général de l’OTAN voudraient plonger l’Algérie dans le chaos et la guerre civile
dans la synergie des efforts
communs.
LETTRE AU CONSEIL NATIONAL DE TRANSITION LIBYEN
A mesdames et messieurs les membres du Conseil National de Transition
Chères sœurs, chers frères,
En tant que patriotes algériens luttant pour la promotion
démocratique de leur pays, nous vous réitérons notre entière solidarité.
Auparavant, nous avons affirmé notre soutien aux manifestants tunisiens
et égyptiens. Aujourd’hui nous ne cessons de crier notre indignation
devant la barbarie qui frappe les citoyens de Syrie et du Yémen. Votre
combat, le notre et celui que mènent simultanément tous les peuples du
sud renvoient à la même problématique et tendent aux mêmes objectifs
nationaux et régionaux : libérer nos pays respectifs de systèmes
politiques dominés par des sectes militaires violentes, corrompues et
sans perspectives et les engager dans des projets où le citoyen serait à
la fois l’arbitre et l’acteur du destin collectif. Seuls des dirigeants
autistes refusent de voir que, dans nos pays aussi, l’histoire
citoyenne est désormais en marche.
Au-delà de notre zone, les Iraniens et les Ivoiriens avaient
courageusement affronté, avec des fortunes diverses, les despotes qui
les écrasaient en toute impunité.
Partout, et tout en se battant sur le terrain algérien, notre parti
s’est spontanément positionné du côté des révoltés et s’est démarqué du
pouvoir algérien qui, lui, s’est systématiquement aligné derrière les
dictateurs. En effet, les maîtres d’Alger, reniant les valeurs et les
principes qui ont mené à la libération de notre peuple, ont soutenu et
/ou soutiennent les tyrans de Téhéran, d’Abidjan, de Tunis, du Caire, de
Tripoli, de Sanaa, de Damas ou de Khartoum.
Pour l’heure, les Libyens sont en passe de régler trois problèmes fondamentaux auxquels sont toujours confrontés les Algériens :
1- Abattre une dictature militaire de plusieurs décennies ;
2- Amener les anciens notables du régime les moins compromis à
assumer leur responsabilité historique en s’impliquant dans
l’insurrection citoyenne ;
3- Fédérer des sensibilités politiques diverses dans un mouvement alternatif démocratique.
Dans ces conquêtes du peuple libyen, les patriotes algériens trouvent
à la fois une source de satisfaction et d’espérance. Nous saluons un
peuple frère qui a brisé les chaînes de l’arbitraire et nous suivons
avec attention ses évolutions dont nous ne manquons pas de tirer des
enseignements utiles à notre combat, ce qui est en même temps une façon
d’en élargir la portée au sous continent nord-africain. De ce fait, nous
nous sommes toujours fait un devoir de répercuter la bravoure des
combattants libyens tout en dénonçant et condamnant la répression dont
ils sont victimes à travers nos réseaux relationnels tant nationaux
qu’étrangers.
Chères sœurs, chers frères,
Convaincus que nous sommes condamnés à vivre dans l’intelligence et
la solidarité, nous considérons de notre devoir, eu égard à ce que nous
avons enduré, de vous faire part des écueils que peut rencontrer une
révolution succédant à un ordre politique archaïque qui s’est donné le
temps et les moyens de déstructurer et de stériliser la société.
En octobre 1988, la jeunesse algérienne a exprimé radicalement, et
dans le sang, son rejet d’un système politique équivalent à celui qui
vous a endeuillé pendant 42 ans. Faute de cadres et de stratégie
adéquats, le pouvoir en place a pu récupérer la situation à son profit
et manipuler une ouverture politique et médiatique dont l’Algérie et son
voisinage paient toujours les conséquences.
Le RCD enregistre avec satisfaction les premières déclarations des
instances de la révolution libyenne qui en appellent à la sérénité et la
tolérance, invitent à s’interdire le recours à la vengeance tout en
œuvrant avec détermination à libérer leur nation des entraves du passé.
Les démocrates nord-africains sont persuadés que cette lucidité sera
rapidement et résolument prolongée par la volonté d’instaurer un climat
politique où la liberté, la transparence et la loi permettront à votre
pays de se doter d’institutions effectivement représentatives et où tous
ses fils pourront s’exprimer, défendre leur opinion et inventer la
nouvelle Libye.
Avoir saisi que l’on ne substitue pas un régime politique sectaire ou
autoritaire à la dictature témoigne de votre conviction que les forces
du renouveau doivent innover et savoir faire preuve d’humilité et de
générosité. Nous le savons tous, en Libye comme ailleurs, la seule
alternative à Kadhafi et tous ses comparses c’est la démocratie.
Notre soutien à votre mouvement est un devoir, votre réussite est un
acquis national d’autant plus mérité qu’il a été chèrement payé. Il
demeure pour nous qu’au-delà de considérations domestiques légitimes,
l’aboutissement de votre combat est un investissement régional qui nous
concerne tous.
Oui nous devons renverser les dictatures, oui nous devons construire
des sociétés de justice et de liberté régies par des Etats de droit
mais, pour y parvenir au mieux et au plus vite, nous sommes mis en
demeure de faire de sorte que chaque libération nationale serve l’autre
pour garantir un développement démocratique régional. Jusque là, dans
notre histoire, chaque colonisation a fait le lit de la suivante. Nous
pouvons inverser cette loi de la malédiction et nous avons, aujourd’hui,
la responsabilité de faire de chaque avancée nationale une pierre
angulaire qui renforce et s’articule avec toutes celles qui portent
notre avenir commun.
Chères sœurs, chers frères,
En avril 58, les dirigeants marocains, tunisiens et algériens réunis à
Tanger déclaraient d’une même voix que les indépendances de leur pays
devaient naturellement se parachever dans la construction d’une
Fédération des Etats nord-africains. C’est cette ambition qu’il nous
échoit de concrétiser dans la foulée des dynamiques de liberté qui
déferlent sur nos contrées. C’est dire que si des circonstances
politiques nous obligent encore à lutter séparément, nous devons, sous
peine de retomber dans des errements suicidaires, avoir toujours à
l’esprit qu’il n’y a d’issue durable à nos luttes que dans la synergie
de nos efforts. A l’UMA, ce syndicat d’autocrates, nous devons opposer
les solidarités convergentes sans faille de nos mouvements.
ll y a un demi-siècle, l’Algérie pouvait se poser comme repère
structurant dans le mouvement de décolonisation qui a émancipé tant de
peuples. Ce capital et ce rôle ont été dilapidés par un système arrogant
et prédateur. Aujourd’hui, c’est l’exploit libyen qui s’impose à nous
comme exemple pouvant et devant continuer d’inspirer nos luttes,
notamment en Algérie.
En effet, à l’inverse de la Tunisie ou de l’Egypte qui se vivent
depuis longtemps en tant qu’Etat-nations constitués, l’Algérie et la
Libye sont de jeunes créations dans lesquelles se sont agrégées des
collectivités diverses que vous avez eu, en ce qui vous concerne,
l’immense mérite, de comprendre, de ménager et de rassembler. Autre
similitude : l’Algérie et la Libye ont été asservies par des systèmes
politiques militaristes, inconséquents et incultes. Ces rapprochements,
entre autres choses, font que votre combat nous parle plus que d’autres.
Politiquement, la traduction de votre soulèvement en projet
démocratique et social est le meilleur message d’espoir que vous pouvez
délivrer à votre pays et, au-delà, à tout notre environnement
géopolitique.
Ardemment souhaité et attendu par tous les fossoyeurs de nos destins,
l’échec vous est tout simplement interdit. C’est pour cela que nous,
patriotes et démocrates algériens, nous nous permettons d’être plus
exigeants envers vous qu’avec d’autres.
Chères sœurs, chers frères,
Vous avez fait le plus dur, vous êtes condamnés à réaliser le plus
juste. L’Histoire nous offre l’occasion de conjuguer nos espérances.
Vous le savez, il y a longtemps que le RCD travaille au rassemblement
des forces démocratiques de notre région.Avec nos fraternels sentiments.
Alger le 26 août 2011
Saïd Sadi. Président du RCD