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Liposuccion pour la Grèce

Ca y est, les Grecs savent maintenant à quelle sauce ils vont être mangés.
Ils vont devoir rembourser 110 milliards d’euros que l’Europe et le FMI leur prête, à un taux de 5%.
 
Mais il faut y regarder de plus près.
Les premiers intéressés sont l’Allemagne et la France, dont les banques ont prêté déjà plusieurs milliards à la Grèce, et qui voudraient bien récupérer ces dettes.
D’après la BRI (Banque des règlements internationaux) les banques françaises sont exposées pour 79 milliards d’euros, et les banques allemandes pour 43 milliards. lien
 
 
Or, laisser la Grèce dans l’impasse, plongeait celle-ci dans une quasi faillite, signifiant que les banques françaises et allemandes pouvaient faire une croix sur l’argent prêté.
En accordant ce prêt à la Grèce, les banques françaises et allemandes espèrent donc pouvoir récupérer leurs prêts antérieurs.
Pourtant la messe n’est pas dite, et le peuple grec ne semble pas prêt à se laisser punir si cruellement pour des fautes dont seuls des politiques et des banquiers se sont rendus coupables. Lien
 
Ils sont déjà trois citoyens à avoir payé de leur vie la contestation qu’ils font du plan d’austérité qu’on leur propose.
D’autant que le taux de 5% qui est imposé à la Grèce manque de fraternité, lorsque l’on sait que pour prêter ces milliards, la France a emprunté à un taux de 2%. lien
 
Elle espère faire donc une bonne affaire sur le dos de la détresse grecque, ce qui est d’une moralité discutable.
Certains économistes pensent que la meilleure solution serait pour la Grèce de quitter la zone euro, de retourner à leur monnaie initiale, de la dévaluer et de revenir éventuellement au sein de l’Europe lorsque la situation sera normalisée.
 
Sortir donc de l’euro serait une solution bien moins pénalisante, pour les Grecs d’autant qu’une dévaluation de la monnaie nationale pourrait être de nature à relancer la croissance, rendant le pays plus compétitif, mais cela ne permet plus à la Grèce de rembourser ses dettes.
Comme la France est le pays le plus exposé, cette nouvelle perte (79 milliards) serait de nature à porter le coup de grâce à notre pays, qui serait à son tour pris dans la tourmente.
 
Comme l’a rappelé Nicolas Baverez, la France n’est pas en bonne position. lien
 
Il rappelle : « un taux de chômage supérieur à 10%, une perte de contrôle des finances publiques qui fait de la France le premier emprunteur d’Europe, en 2010, avec 454 milliards d’euros, devant l’Italie (393 milliards) l’Allemagne (386 milliards) et le Royaume uni (279 milliards) » lien
 
Malgré les tentatives gouvernementales qui tentent depuis la fin de l’année de faire croire à une embellie pour 2010, la réalité est beaucoup moins affriolante alors que nous approchons la moitié de 2010. lien
 
La dette française est beaucoup plus importante que la dette espagnole.
Pour la Grèce la date butoir est le 19 mai, date à laquelle elle doit rembourser 8,8 milliards d’euros.
Beaucoup ont tenté de minimiser la situation de la Grèce, puisque dans le fond, elle n’est que 3% du PIB de la zone euro.
Comme le fait judicieusement remarquer l’anthropologue, sociologue, et économiste Paul Jorion, on avait fait de même pour les « subprimes ». lien
 
Paul Jorion est l’auteur d’un livre (la crise du capitalisme américain 2004) dans laquelle il annonçait déjà la crise des « subprimes ».
On connait la suite, et la profonde crise qui en est née.
Paul Jorion rappelle que tout est parti des agences de notations privées, dont on peut discuter l’impartialité.
On peut découvrir son analyse sur cette vidéo.
 
Sa conclusion faite le 10 avril était sans appel :
« C’est trop tard pour la Grèce : les gens qui nous dirigent ne prennent pas les décisions qu’il faut, et en tout cas ils ne les prennent pas dans les temps ou il faudrait qu’ils interviennent ».
Paul Jorion affirme que ce jour là (le 10 avril) il fallait réagir dans les 48 heures pour espérer sortir de la crise.
Or, il a fallu près d’un mois pour qu’une décision soit enfin prise.
Pour Jorion, c’est trop tard.
Or, si par hasard, le peuple grec refuse l’aide européenne, et provoque la démission du gouvernement, c’est la France, l’Espagne, le Portugal, et l’Italie qui se trouveront directement dans la ligne de mire, provoquant à terme l’éclatement possible de la zone euro.
Sommes-nous déjà au milieu d’un jeu de dominos qui s’écroulent les uns après les autres ?
Bien malin qui pourra le prédire, car comme disait mon vieil ami africain :
« Avec quoi pourrons nous laver l’eau sale ?  »
 
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Les réactions les plus appréciées

  • Par alberto (xxx.xxx.xxx.101) 6 mai 2010 11:39
    alberto

    Bonjour, Olivier :

    Pour ce qui est d’eau sale, c’est peu dire !

    En Europe le linge sale se lave au vu de la terre entière avec des ingrédients pas très propres...

    Car ce que je voudrais que tout le monde sache, c’est que la dette grecques est principalement due à des achats d’armements vendus par la France grâce à des prêts octroyés justement par les banques françaises. (J’ai cru entendre qu’ainsi la BNP, notamment, est exposée à plus de 8 milliards vis à vis de la Grèce !)

    Alors qu’en est-il des peuples là-dedans ?

    Qui a vu des manifs en Grèce pour solliciter de leurs gouvernants des achats d’armes ?

    Les grecques ont voté pour des gens qui leur promettaient la Lune et qui, une fois élus, ont fait leurs propres ( à l’eau sale) affaires en achetant des armes aux français et aux allemands, en n’oubliant surtout pas de toucher au passage les dessous de tables qui vont avec..

    Ce système perdure depuis la chute des colonels, alternativement entre Pasok et Néo-Démocratia (droite et gauche ont tous acheté des armes pour toucher les commissions qui vont avec) et aujourd’hui on demande au populo de se serrer la ceinture !!!

    Gageons que le fric a depuis longtemps quitté la Grèce pour des eaux...moins sales !

    Bref, tout ça pue et est bien dégueulasse...

    Bien à vous.

  • Par Alpo47 (xxx.xxx.xxx.7) 6 mai 2010 11:43
    Alpo47

    Peu de solutions dans le système actuel, je le crains...

    Soi nous soutenons et nous endettons/affaiblissons nous même, soit laissons tomber et subissons un "effet domino" en voyant nos propres systèmes être attaqués à leur tour.
    Les pays sont tombés dans le piège du "système". Celui ci tire les ficelles, notamment au travers des agences de notation et des grandes banques d’affaire, pour créer le chaos.

    Il y aurait bien des moyens d’y échapper, d’ailleurs tout le monde les connait, mais il n’y a aucune chance qu’ils soient utilisés : Changer les règles, notamment en récupérant le droit régalien des Etats à "battre monnaie", laisser le sytème bancaire s’effondrer et lui substituer un autre mode de financement dépendant des Etats.

    Qui osera en parler ?
    Je crains qu’il n’y ait personne, tellement économistes et politiques sont inféodés au système.
    Seuls les peuples le peuvent encore, notamment en ayant d’abord recours à la résistance passive vis à vis des décisions du système.

  • Par alberto (xxx.xxx.xxx.101) 6 mai 2010 13:00
    alberto

    J’ajoute, qui corroborer ce qui précède qu’un régime militaire dit "république des colonels", en Grèce avait, au cours de l’année 1974, dans le but de se maintenir au pouvoir, et redorer son image auprès de l’opinion, déclenché une guerre pour tenter de prendre le pouvoir à Chypre voir à réunir l’ile à la république grecque.
    La Turquie prétextant protéger une importante communauté turque dans l’ile est intervenue militairement : l’affaire s’était interrompue sous la pression de l’ONU et les combats avaient cessés, chaque partie restant sur ses positions. Et depuis, l’ile est séparée en deux...
    Depuis cette époque une psychose de conflit est entretenue en Grèce vis à vis de la Turquie.
    Notons que ces deux nations font partie de l’OTAN !
    Bref, depuis cette époque, la Grèce continue de se surarmer en vue d’une guerre improbable, dépensant à tour de bras des sommes considérables que s’empressent de leur prêter les banquiers de la terre entière, mais surtout français et allemands...
    Ces achats d’armes arrangent donc beaucoup de monde : les industriels français qui les fabriquent, les banquiers qui prêtent avec intérêts, les politiciens grec et français qui empochent commissions et rétrocommisisons : ce qui fait madame que votre fille est muette !!!

    Le peuple grec gueule, pourtant je ne suis pas sûr qu’il sache toute la vérité.

    Bien à vous.

  • Par alberto (xxx.xxx.xxx.101) 6 mai 2010 14:09
    alberto

    Oui, Olivier, j’ai entendu hier Costa Gavras s’exprimer sur le sujet : édifiant !

    Ainsi va le monde : on disait "autrefois les parents boivent et les enfants trinquent", formule relookée aujourd’hui "les politiciens s’engraissent, et le peuple se serre la ceinture" !

    Bien à Toi.

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