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Livre numérique : quand les éditeurs nous prennent pour des imbéciles

Récemment le groupe Hachette, au travers de la société Carbone 4, a rendu publique son empreinte carbone, c’est-à-dire l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre dans le cycle de vie des livres édités par le groupe en France. Il est de 178 000 tonnes de CO2 pour 163 Millions d’exemplaires publiés, soit en moyenne un peu plus de 1 kg par ouvrage fabriqué.

La même société (Carbone 4) a mesuré l’empreinte carbone des lecteurs électroniques. A défaut de chiffres réels pour ces produits, la société s’est basée sur les chiffres de consommation et d’assemblage des ordinateurs produits par l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). D’après leurs calculs, les lecteurs électroniques auraient une empreinte carbone de 240 kg au cours d’un cycle de vie porté à seulement 3 ans, soit 80 kg de CO2 par lecteur. La conclusion du département communication de Hachette Livre, par la voix de son directeur, Ronald Blunden, est la suivante : nos livres papier sont moins nocifs pour la planète que les lecteurs électroniques.

Cette piètre manœuvre du plus gros éditeur de France est consternante et pathétique. Non seulement, les soixante quatre pages du rapport de Carbone 4 demeurent confidentielles, mais Blunden ne donne à la presse (Livre Hebdo, La Tribune.fr) que quelques éléments dénués de substance et très loin d’une vision écologique du métier du livre. D’autre part, on regrettera que l’étude ait été réalisée par une société, certes spécialisée, mais de parti pris, puisqu’elle supervise le comité de veille écologique de Nicolas Hulot, lui-même édité par Ronald Blunden chez Calmann-Levy. On regrettera enfin que l’étude ait totalement exclu l’activité fascicule du groupe Hachette qui n’aurait pas manqué de faire grimper tant la note que l’empreinte carbone de ce dernier. Mais le problème réel de ce rapport est bien la partialité des propos et une certaine forme de propagande contre la dématérialisation du livre.

Si le pilonnage (gaspillage courant et destructeur) a été inclus dans les principaux champs d’investigation de Carbone 4, aux côtés de la consommation d’énergie des locaux commerciaux, les déplacements des collaborateurs, la diffusion, la production et la distribution physique, le rapport ne porte que sur l’empreinte carbone, c’est-à-dire la pollution de l’atmosphère au CO2. Et bien que l’empreinte carbone du groupe soit, comparativement, le quart de celle d’une industrie lourde, elle reste deux fois et demi celle des services de télécom qui seront sans aucun doute le modèle de base de la diffusion/distribution/production des livres numériques. D’autre part, l’étude n’inclut aucune recherche sur les pollutions autres que le CO2, comme les procédés de production industrielle du papier, des encres d’imprimerie, des rotatives et machines d’impression, des machines de reprographie et de leurs composants (qui sont de plus en plus utilisés sur les tirages limités et spéciaux)... Normal, dans le domaine de l’impression industrielle, le nombre d’agents chimiques nocifs sont pléthoriques.

Mais la mascarade ne s’arrête pas là. Les chiffres avancés par le rapport Carbone 4 sur l’empreinte carbone des livres papiers sont annuels. Ils ne tiennent pas compte des ventes, mais des ouvrages publiés. Ce qui signifie que l’année suivante, ça recommence. Non sur de nouvelles références, mais sur une majorité écrasante de rééditions et de réimpressions, dont une grande part proviennent de la destruction et reconstitution de stocks. Ce qui veut dire tout simplement que la même référence ne cesse jamais d’être réimprimée, encore et encore, produisant plusieurs fois son empreinte carbone, ad nauseam. Et c’est d’autant plus vrai des ouvrages du domaine public qui continuent d’être imprimés massivement pour être insérés dans les programmes scolaires aux côté de manuels renouvelés selon des cycles très courts (4 à 5 ans).

L’ultime argument de la supériorité du livre papier sur le livre électronique en termes de respect de l’environnement est le mythe de la destruction des forêts. Depuis une vingtaine d’années, les grands groupes d’édition et les fabricants de papier se sont accordés sur une politique de Greenwashing (lavage en vert) de leur exploitation des domaines forestiers. Plusieurs labels, dont le FSC (Forest Stewartship Council), ont fait leur apparition pour attester du respect de l’écologie dans l’exploitation forestière. Mais en dépit de chartes éthiques, de réglementations et d’un effort de vertu, les forêts tropicales ont continuer de fondre comme neige au soleil, démontrant l’inefficacité des écolabels et surtout les défaillances dans la traçabilité des matières premières. D’autre part, la plupart de ces écolabels adhèrent aux réglementations en vigueur dans les pays d’exploitation qui acceptent de manière inégale et anarchique l’introduction de produits phytosanitaires nocifs dans les cultures d’arbres. Enfin, il y a l’introduction de l’impression asiatique pour nombre de références, notamment dans le secteur jeunesse, qui ne respecte aucune des conventions environnementales admises en Europe et aux Etats-unis.

Mais tout cela, Ronald Blunden le sait et il le dit lui-même, ce chiffre de 1 kg de CO2 par bouquin « ne veut rien dire, car nous n’avons pas de base de comparaison dans notre domaine. » (Livre Hebdo, n°767). Alors pourquoi dépenser quelques dizaine de milliers d’euros ? Pourquoi construire une communication d’influence discrète mais appuyée à l’encontre du livre électronique ? Pourquoi la faire suivre auprès de partenaires comme Bolloré Thin Paper ? Et surtout pourquoi nourrir une contre publicité vis-à-vis des lecteurs électroniques pour lesquels il n’y a ni chiffres, ni résultats, ni même de marché réel à l’heure actuelle en France ?

Je ne vais pas entrer ici dans les avantages des livres électroniques, de quelque marque qu’ils soient. J’aime les livres et le papier, mais je ne suis pas nostalgique. Il y a bien trop d’avantages à l’informatique dans tous les domaines de l’édition pour revenir en arrière. Il en va de même pour le lecteur électronique de livres. L’œuvre dématérialisée n’en est pas moins l’œuvre et le livre en papier n’a été, pendant un laps de temps assez long, que le système de conservation le plus pratique. Personne ne dit que les supports magnétiques soient meilleurs tant dans la longévité que dans l’accessibilité. Mais il faut se rendre à l’évidence, l’œuvre comme la production littéraires sont voués à devenir des objets immatériels dans le cybermonde. Alors que dire de cette résistance de la profession tant en France qu’en Europe ou aux Etats-unis ?

Il est difficile de savoir qui des fabricants de matières premières, des intermédiaires de transformation, des sociétés de diffusion et de distribution ou encore des éditeurs sont les plus réticents à la dématérialisation du livre. Il n’est pas difficile de voir que cette dernière va essentiellement profiter aux premiers intéressés et producteurs de savoir et de littérature : les auteurs. Et il n’est pas difficile de voir que tout un métier se sent menacé par la monté en puissance et l’émancipation des pourvoyeurs du produit dont ils font commerce. Mais tous les moyens sont-ils bons pour conserver l’ascendant, le pouvoir ?

L’édition française pèse près de 3 Mds d’euros de chiffre d’affaire annuel. Ce n’est pas un secteur de niche. Et son produit est injustement dévalorisé par une méconnaissance du contenu : le savoir. Il est regrettable d’en arriver à un tel poncif, mais la forme numérique des œuvres littéraires et plus généralement du savoir est une révolution au moins aussi radicale que l’a été l’imprimerie, il y a plus de cinq siècles. Tous les acteurs de l’édition le savent. Il est donc indécent, voire vulgaire, de prendre les acheteurs pour des imbéciles. Il est clair qu’à l’instar de la révolution de l’imprimerie, cette transformation de notre monde prendra quelques générations pour être complètement intégrée, digérée et que le livre devienne un objet d’art au même titre qu’une peinture, une stèle gravée, un parchemin ou un blason de chevalerie. Et contrairement à la tradition capitaliste, il ne sera pas nécessaire de sacrifier tel ou tel corps de métier sur l’autel de la modernité pour effectuer la transition vers le nouveau monde.
 
A lire :
Le livre numérique : un projet d’avenir
Des trois raisons de la disparition du livre...
 

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18 réactions à cet article    


  • Lisa SION 2 Lisa SION 2 18 juillet 2009 11:20

    Bonjour PAX,

    " Alors pourquoi dépenser quelques dizaine de milliers d’euros ? Pourquoi construire une communication d’influence discrète mais appuyée à l’encontre du livre électronique ? " Il y a bien longtemps que je ne lis ni n’achète plus de papier, beaucoup ne sont plus que des cimetières de mots comme disait si bien André Prévot. Actuellement, l’imprimerie ne sert qu’à véhiculer une propagande indécente au profit de menteurs népotistes et amis de despotes qu’encouragent le communautarime des milieux élitistes enfermés sur eux même.

    Actuellement, ce qui représente le mieux le courant dominant, c’est la vidéo qui ne peut pas mentir et dont l’origine vient des portables du citoyen lambda. Dans chaque site ou blog qui les engrange, on peut d’ailleurs constater que plus d’un quart parfois d’entre lles ont déjà disparues, effacées par gogol. C’est l’effet papillon, couper un arbre pour faire un bouquin, c’est participer au réchauffement planétare qui crée les tempètes qui couchent les autres arbres.

    Tout comme le chemin de fer a tué le canal, l’autoroute a tué le chemin de fer, le numérique a tué la photo argentique et tuera le livre et la revue en papier glacé ( et la pub de boite aux lettres ). Ajoutez à cela que le numérique peut très bien devenir à l’avenir bien plus durable et recyclable qu’il ne l’est aujourd’hui...


    • Pierre-Alexandre Xavier Pierre-Alexandre Xavier 18 juillet 2009 12:08

      Bonjour LS2,
      Je ne vous suis pas sur le chemin de « la vérité sort du téléphone portable ». L’image encore plus que les discours est facile à manipuler et à pervertir. Mais je vous suis sur la possibilité des simples citoyens à devenir également les témoins de l’actualité réelle, des faits qui se déroulent devant eux. Pour peu qu’ils soient suffisamment éduqués (et je choisis mes mots) et pertinents pour savoir distinguer une émeute d’une manif, un cordon de sécurité d’une bande de matraqueurs en mission, un chat d’un chien...
      Enfin, je reste persuadé que l’on peut faire évoluer un métier sans pour autant avoir à flinguer les prédécesseurs. Je sais, c’est la mode. Mais la tabula rasa a démontré sa totale inefficacité à tous les points de vue.


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 19 juillet 2009 04:39

      Bonjour PAX,

      Puis-je me permettre de rebondir un instant sur votre article précédent qui m’a échappé,mais sur le même sujet : Vous dites, 

      " il est de notoriété publique que depuis la moitié du dix-neuvième siècle, l’utilisation de l’acide et du chlore pour le blanchiment du papier a généré un volume titanesque d’ouvrages fragiles qui par alcalinisation précoce tombent en poussière au bout d’environ un siècle. " le même procédé a été appliqué aux ampoules électriques pour rendre fragile le filament inusable sans cela, et ce même procédé est encore mis en pratique sur la plus grande part des produits bas de gammes dans tous les domaines.

      Hors de ce procédé chronique dans tous les marchés, tout produit peut devenir bien plus durable et bien plus recyclable et pour un prix certes supérieur mais néanmoins raisonnable. Dans le cas des imprimantes, le prix particulier peut chuter de moitié à tous niveau et rendre encore plus obsolète le support papier tout en permettant à ceux ci d’imprimer eux même leurs lectures à moindre coût, et d’ailleurs, les prix cartouches d’ Au Champs, pour ne pas les citer, viennent de passer de vingt à douze euros cette semaine. ( M’est avis que l’encre va s’éteindre avant cent ans...)

      " l’entrée dans le monde de la paperasse, de la PLV et de la publicité de boîte aux lettres de deux milliards et demi de chinois et d’indiens posent de sérieux problèmes de production de papier... ...les pollutions générées qui étaient jusque ici tolérables du point de vue du rapport entre le prix et l’apport ne le seront plus d’une manière massive en rapport avec le point précédent. Il est évidemment déconseillé d’encourager ces peuples qui se réveillent à reproduire toute la longue chaine les erreurs par lesquelles nous avons pourri nos territoires avant les leurs, sachant qu’ils arrivent déjà à saturation dans bien des pollutions. Du numérique dépend le salut de leur environnement et par le numérique ils peuvent apprendre dès aujourd’hui les remèdes à leur empreinte carbone l 

      J’ai coutume de dire que si nous avions à produire tout ce que ces deux peuples sont amenés à consommer...mais c’est le contraire qui se produit. Voilà ce qui chagrine le plus nos législateurs hadopistes. Une dernière chose, que pèse notre culture factice face à la leur, bien moins caducque ?


    • Bois-Guisbert 18 juillet 2009 11:37

      Actuellement, ce qui représente le mieux le courant dominant, c’est la vidéo qui ne peut pas mentir et dont l’origine vient des portables du citoyen lambda.

      Bravo pour le tissu d’imbécilités ! Croire qu’une vidéo ne peut pas mentir démontre une splendide ignorance des méthodes grâce auxquelles on fait dire à peu près ce qu’on veut à des images, le titre lui-même étant une première mise en condition de celui qui va les découvrir. C’est d’autant plus facile que la plupart de ses « reportages » ne peuvent pas être situés géographiquement et qu’il est élémentaire de les extraire complètement de tout contexte.

      couper un arbre pour faire un bouquin, c’est participer au réchauffement planétare qui crée les tempètes qui couchent les autres arbres.

      Et affirmer cela, c’est ignorer que l’abattage d’un certain nombre d’arbres est nécessaire à l’entretien, c’est-à-dire à la santé, de la forêt. Dans un pays comme la Suisse, ce qui désespère les forestiers, c’est qu’ils ont souvent de la peine à écouler la totalité de l’abattage annuel indispensable.


      • Pierre-Alexandre Xavier Pierre-Alexandre Xavier 18 juillet 2009 12:01

        Je rejoins avec plus de nuances votre point de vue sur la vidéo. Il est facile de truquer, de monter et de faire dire n’importe quoi à une image. Je recommande l’excellent Arrêt sur image (site payant) qui livre bien souvent une contre lecture de l’information livrée sur les chaînes.

        En revanche, votre laïus sur l’entretien des forêts me fait bien rigoler. Comme si les forêts avaient eu besoin d’être entretenues pendant les milliards d’années qui ont précédé l’avènement de notre espèce... Et franchement, je ne vais pas pleurer sur le sort de la Suisse et des arbres abattus qu’elle ne peut pas écouler à pris d’or...


      • Radix Radix 18 juillet 2009 12:27

        Bonjour

        Désolé mais Bois Guisbert a raison ! Une forêt primaire peut se développer sans intervention mais en France il n’y en a plus !

        La forêt landaise a été plantées par l’homme essentiellement en pins qui servent surtout à la fabriquation du papier. De plus les résineux étant très inflamable elle nécessite une surveillance, l’entretient des coupes-feux et l’abattage régulier des arbres morts en dehors des coupes d’exploitation.

        Si l’on arrêtait l’exploitation et l’entretien de la forêt landaise elle disparaîtrait très rapidemment !

        Radix


      • Pierre-Alexandre Xavier Pierre-Alexandre Xavier 18 juillet 2009 12:39

        Salut Radix,
        J’ai bien compris, mais Bois-Vert omettait ce léger détail, d’où ma réaction et mon modeste ricanement. D’autre part, cela démontre la mascarade dont je fais état dans l’article sur le Greenwashing auquel se livrent les fabricants de papier et leurs clients.
        D’abord on massacre la forêt.
        Ça gueule...
        On reconstitue des forêts champignons où les arbres poussent vite, peu importe s’ils ne sont pas les arbres d’origine. Ce qu’on veut c’est de la matière première, pas du paysage ou de l’écosystème. Alors bienvenue les pesticides, les engrais chimiques, les sols sablonneux... Vive les résineux !
        Mais ça ne suffit pas...
        On fabrique des labels écologiques pour faire passer la pilule et expliquer la « gestion »... Les coupes obligatoires... L’exploitation en boucle...


      • Radix Radix 18 juillet 2009 13:28

        Bonjour

        "Une partie de la forêt des Landes est d’origine naturelle. Certaines zones du littoral Gascon étaient déjà boisées il y a deux mille ans et occupaient près de 200 000 Ha. On retrouvait ces massifs à proximité de Lacanau, Arcachon, La Teste de Buch, Biscarrosse et en Marensin. Les premières techniques de gemmage ont été mises au point dans ces forêts très semblables à celles que l’on connait aujourd’hui. Le pin maritime, espèce endémique, était l’essence largement majoritaire.

        Cependant, la plus grande partie du territoire aujourd’hui occupée par la forêt des Landes était une zone humide habitée jusqu’au XIXe siècle par une population d’éleveurs ovins. Cette période de l’histoire locale représentées par des photos des derniers paysans de ce pays comme le berger landais perché sur ses échasses a été le mode de vie viable commun. Le système agro-pastoral permettait de faire vivre les familles en tirant un profit des terres de la lande, et fut pratiqué jusqu’à l’implantation massive des massifs qui signa leur arrêt de mort et leur disparition. Après plusieurs essais infructueux de valorisation alternative des terres, c’est finalement le pin maritime qui colonisera tout le plateau landais par des semis en grand nombre. Rien d’étonnant à cela puisqu’il était parfaitement adapté à ces régions"

        Extrait de Wilkipédia sur la forêt des Landes.

        La forêt primaire déjà composée de pins maritimes a été agrandie et non pas remplacée ! Elle sert à la fabrication du papier, nul besoin de faire venir du bois d’Afrique pour celà.
        Ce serait d’ailleurs stupide de faire venir à grands frais des bois exotiques pour fabriquer du papier alors qu’il y a sur-place largement de quoi suffire aux besoins.

        Le papier est une matière renouvelable, contrairement aux matériaux qui compose un ordinateur !
        Et j’ajouterais que sa durée de vie est infiniment plus longue si je me fie à ma bibliothèque !

        Radix


      • Marojejy 18 juillet 2009 12:20

        Je m’étonne de ce débat, vivant dans un pays où l’ordinateur est un privilège et l’électricité un luxe, comment pourrait-on faire changer le monde de l’édition de cette manière.

        De plus, n’y a-t-il aucune conséquence de lire des livres sur support électronique ?

        Passionné d’informatique, je passe la plupart de mes journées sur l’ordinateur... Mais jamais je ne lis un livre sur l’écran, des articles certes mais il y a toujours un livre à mes côtés, pour les pannes de courant, pour les temps de travail de nos chers PC, pour le temps qui passe tout simplement.

        De plus, je ne pense pas que ce soit l’industrie du livre, du vrai livre, qui soit à la source de la destruction des forêts pour habiter à côté des derniers reliquats restants à Madagascar et m’en occuper tant que faire se peut, nous n’avons pas de problèmes de livres ici.

        Le livre électronique existe, tant mieux, il est utile, c’est une alternative, un choix, l’encourager, c’est bien. Mais le livre traditionnel, support de connaissances pour tant de personnes, ne peut être supprimé, c’est impensable. C’est presque à la limite du péché de pays développés de s’octroyer cette pensée.

        Honnêtement, de but en blanc, et sans rien savoir, je ne sais pas ce qui peut être le plus nocif des deux, je vois simplement le côté essentiel pour des pays ’mal dotés’ d’avoir l’accès aux sources littéraires les plus diverses.

        Par contre si on pouvait éviter les catalogues, prospectus, revues publicitaires inutiles et décharger les boîtes aux lettres occidentales, sans compter la perte en paperasses, double et copie, et re-double dans les divers fonctionnements administratifs, on ne s’en porterait sans doute pas plus mal.

        Cordialement à tous,


        • Pierre-Alexandre Xavier Pierre-Alexandre Xavier 18 juillet 2009 12:43

          C’est un excellent point de vue.
          Mais je me permet deux remarques.
          La première est évidente : Internet permet à des populations exclues de la culture et du savoir d’accéder à une manne extraordinaire qu’elle peut imprimer avec les moyens du bord.
          La seconde est en creux de votre point de vue (qui reste excellent) : en conservant les réseaux commerciaux de distribution papier doublé par l’actuelle politique de propriété intellectuelle, les populations exclues de la culture et du savoir n’ont pas l’ombre d’une chance d’accéder ne serait-ce qu’aux trésors du domaine public. A eux seuls, ils combleraient les besoins de base de millions d’Africains francophones... Pour l’instant, il leur faut importer des livres et surtout... les payer.


          • Bois-Guisbert 18 juillet 2009 15:12

            « Internet permet à des populations exclues de la culture et du savoir d’accéder à une manne extraordinaire... »

            J’ai connu un coopérant qui a participé à l’introduction du web dans des régions andines : au troisième jour d’apprentissage, les tout nouveaux internautes étaient, à 90 %, scotchés sur des sites pornos.

            Alors bonjour, la cul-culture et la manne extraordinaire *mdr*


          • Bois-Guisbert 18 juillet 2009 15:14

            Et les 10 % restant se passionnent pour l’entretien et la régénération des forêts.


          • Radix Radix 18 juillet 2009 15:48

            Bonjour Bois Guisbert

            Va donc raciste !

            T’as déjà essayé un lama ?

            Le net c’est un progrès culturel énorme aux niveau des fantasmes !

            Radix


          • Pierre-Alexandre Xavier Pierre-Alexandre Xavier 18 juillet 2009 20:44

            Et vous Bois-Gusibert, vous avez commencé par quoi ?


          • Bois-Guisbert 19 juillet 2009 08:27

            « Et vous Bois-Gusibert, vous avez commencé par quoi ? »

            La recette de la focaccia ! A une époque tellement lointaine qu’elle n’existait encore qu’en anglais... Et en une seule entrée.


          • Marojejy 18 juillet 2009 14:11

            En fait, de nombreuses bibliothèques existent, même perdues au fin fond de la brousse, que ce soit dans n’importe quel pays du monde, elles sont financées par les réseaux de l’Alliance Française, du Ministère des Affaires Etrangères (bien qu’en ce moment, les fonds aient été nettement réduits), mais aussi par les gouvernements anglais et américains. Les livres parviennent par la biais des dons, parfois par conteneurs entiers, et sont répartis à travers les pays. L’accès est abordable même pour les plus démunis, sans compter la présence de responsables / animateurs qui permettent de faire vivre ces endroits... Et forcément ces endroits sont loin de toute forme d’électricité et donc d’accès aux livres électroniques. Devrions-nous condamner cela ?

            Et l’Internet n’est que le privilège d’une classe ’aisée’ car même les cyber-cafés sont inabordables bien souvent et l’outil informatique encore d’un autre âge pour beaucoup, plus ruraux.

            Pour conclure, et en toute honnêteté, nous parlons littérature mais tous ces gens ont bien souvent des problèmes qu’ils considèrent comme prioritaires par rapport à la lecture, sur quelque support que ce soit d’ailleurs.

            On rentrerait dans une discussion sans fin si nous voulions aller plus loin et l’on s’éloignerait d’autant plus du sujet ’de base’.

            Au fond, ce n’était qu’un point du vue, tant que littérature et nature trouvent un chemin d’entente avec l’homme en toile de fond, nous pourrons tous nous satisfaire de demain. Aujourd’hui encore, les deux ont leur place. Un jour les lecteurs d’ebook feront leur apparition au grand public avec des batteries solaires et une fiabilité que ne rongeront pas les souris...


            • Pierre-Alexandre Xavier Pierre-Alexandre Xavier 18 juillet 2009 20:41

              Vous avez raison.
              Nous devrions revenir à la tradition orale et conserver les livres pour l’élite qui les lit. Après tout, tant qu’à faire dans l’humanité de la relation à la culture, vaut mieux avoir une relation directe avec les producteurs de la culture. Non ?

              J’aime beaucoup le couplet sur le livre comme dernier rempart contre l’autre monde...


            • fhefhe fhefhe 20 juillet 2009 06:29

              Le monde Occidental est « Pixélisé ».....
              En effet , sans Ecran Plat ...les Entreprises , les Citoyens « Occidentaux » seraient AVEUGLES. !!!
              En outre , la Dématérialisation des documents a déjà commencé au sein des Administrations , les Sociétés d’Assurances , les Banques etc...« Scanérisent » les documents (lettres de leurs clients surtout) pour ensuite les « E-mailer » à leur destinataires....
              90% des livres vendus sont tirés à maxi 10 000 exemplaires , les « Succés » littéraires sont des « Produits Markétés » ( Ex : La Vie de Michel Drucker...)
              Combien de temps passe un Etre humain devant un Ecran pour s’informer , travailler , se distraire et se cultiver...
              Sachant qu’un Européen passe en moyenne 3 heures devant sa TV , je vous laisse le soin de calculer le temps passé devant un Ecran d’ordinateur pour travailler , se divertir (l’industrie du jeu Electronique a dépassé en CA l’industrie cinématographique... !!) , s’informer et surtout COMMUNIQUER... !!!!
              L’informatique a enfanté une « Araignée » qui a tissé sa toile ....pour rendre obsoléte l’invention de Gutenberg....en la recouvrant dans le grenier de nos souvenirs... !!!

              Pixellement Vôtre

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