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Accueil du site > Tribune Libre > Loi sur la prostitution : chronique d’une victoire annoncée

Loi sur la prostitution : chronique d’une victoire annoncée

La proposition de loi relative à la lutte contre le système prostitutionnel arrive en fin de parcours législatif. Enfin ! pourrait-on dire. Car il aura fallu plus de deux ans, depuis son premier examen à l'assemblée nationale, pour qu'elle soit soumise à un ultime vote. Étonnant, alors que la cause défendue aurait dû faire consensus. Pourquoi tant d'avis divergents, notamment sur sa disposition principale, la pénalisation du client ?

La proposition de loi sur la prostitution s'appuie sur le rapport des députés Leroux et Olivier : un long inventaire des différentes législations dans le monde, une compilation d'études sur les conséquences de la prostitution, des statistiques internationales et françaises. Et un pays érigé en exemple : la Suède, premier pays à avoir voté la pénalisation du client. Ce rapport est plutôt fourni, mais il souffre toutefois de quelques lacunes : des pays ne sont pas étudiés (comme la Nouvelle Zélande), confusion entre corrélation statistique et causalité, presque rien sur la clientèle, très peu de place laissée aux prostituées défendant leur métier.

Malgré tout, il a conduit à la proposition de loi visant à lutter contre le système prostitutionnel, dont la pierre angulaire est la pénalisation du client, inspirée du modèle suédois. Le rapport en fournissait une justification, et le vote aurait du se passer sans grande opposition. Mais la France reste la France, et la proposition de loi, chatouillant l'esprit frondeur et libertaire qu'on connait aux français, a réveillé bien des passions.
Les débats au sein de la commission en charge du dossier, à l'assemblée nationale, dans la société civile, chez les prostituées, ont montré que la proposition de loi n'allait pas de soi. Faut-il s'en étonner face au simplisme des propositions qu'elle contient, et des positions qu'elles sous-tendent ? Présenter tous les clients comme des pervers, et toutes les prostituées comme des victimes, était au mieux le résultat d'une certaine paresse intellectuelle, au pire la traduction d'une vision doctrinaire.

Car on ne peut que regretter l'absence de mise en perspective de la prostitution dans le contexte français : que cela plaise ou déplaise à nos députés, il y a deux formes de prostitution. D'abord la prostitution imposée, qui relève de la traite des êtres humains. Ensuite la prostitution choisie, qui relève du travail sexuel.

Bien sur que non s'exclameront les plus farouches défenseurs de la pénalisation du client ! Et pourtant si. C'est écrit dans le rapport de Mme Olivier : en France, 20 à 25% des prostitués sont des indépendantes. Leur activité relève évidemment du travail sexuel, pas de la traite des êtres humains. Peu importe, pas de marchandisation des corps en France hurleront les mêmes députés clientophobes !

Et pourtant (bis), s'ils connaissaient mieux la France qu'ils sont censés représenter, ils découvriraient les différentes facettes du travail sexuel, dont la principale : la pornographie, secteur oh combien florissant, et légal. Cette activité a pourtant des usages bien pires que la prostitution : peu d'usage du préservatif, chosification de la femme, mise en scène de pratiques plutôt "exotiques", entre autres.

Une rapide recherche sur internet permettrait à nos députés de découvrir qu'un des plus gros sexshop de France, qui a pignon sur web et sur rue, revendique à lui seul plus de 5000 DVD X. Ils y découvriraient aussi des films présentant des pratiques qu'aucune prostituée n'accepterait. Des pratiques qui feraient passer 50 nuances de grey pour une bluette romantique pour adolescente pré-pubère. Un seul exemple : en France, à Paris ou ailleurs, en 2016, le quidam peut tranquillement et légalement acheter en boutique, virtuelle ou physique, des DVD de zoophilie.

Pendant qu' à l'assemblée nationale, les députés partisans de la pénalisation du client donnent des leçons sur la marchandisation du corps de la femme, l’État prélève 20% de TVA sur chacun de ces 5000 DVD vendus, par des boutiques bien françaises, inscrites au registre du commerce et des sociétés. Peu importe qu'il s'agisse de zoophilie ou d'autres pratiques bien plus dégradantes que la prostitution. Les indignations seraient-elles solubles dans la TVA ?

Car comment l’État peut justifier cela ? Au nom de la liberté de création artistique ? On attend avec impatience Mme Pellerin, ministre de la culture, venir expliquer à l'assemblée nationale qu'il s'agit juste de cinéma. Car non, ces films, où les pratiques ne sont pas simulées, ne sont pas de l'art, juste du cochon. Au nom de la liberté individuelle des acteurs et actrices ?

C'est le grand paradoxe de cette proposition de loi : elle vise à pénaliser le client, sans interdire aucunement la prostitution. Tout simplement car l'interdiction de se prostituer est rendue impossible par la jurisprudence européenne : celle-ci a au contraire affirmé à plusieurs reprises le droit des femmes et des hommes à disposer d'eux mêmes, fut-ce pour exercer un travail sexuel, pornographie ou prostitution.

La France s'apprête, en votant la pénalisation du client, à contourner cette liberté : la prostitution restera juridiquement légale, mais sera empêchée par la chasse au client. Une liberté dont on empêche l'exercice est-elle encore une liberté ? C'est l'aboutissement d'une logique liberticide, portée par des courants néo-féministes bien mal inspirés : alors que le féminisme défend la liberté et la responsabilité des femmes, le néo-féminisme veut pouvoir dire ce qui est possible ou pas. Et placer les femmes en liberté surveillée.

Étonnamment, cette liberté n'a jamais vraiment été discutée lors des débats, alors qu'elle sera une victime collatérale de la pénalisation du client. Elle n'a pas été discutée car les tenants de la pénalisation du client ont systématiquement amalgamé prostitution choisie et prostitution contrainte. La réalité, un peu plus complexe que cela, fut mise de côté au profit du dogme : tous les clients sont des coupables, toutes les prostituées sont des victimes. Dogme simpliste répété ad nauseam.

Quelques députés courageux ont tenté de questionner les motivations des clients. Ils n'ont reçu pour réponse qu'un recadrage courtois mais ferme. La doxa n'autorise pas à parler de ça. Et pourtant, parmi les clients, combien d'hommes simplement en mal de compagnie, un peu trop seuls depuis trop longtemps ? Des "sans-calins". Pas des pervers, contrairement aux acheteurs de certains DVDs "spéciaux" (mais eux ne risquent rien, l’État apprécie même leur contribution aux finances du pays).

Alors que les immigrés clandestins sont devenus des "sans-papiers", passés du statut de coupable à celui de victime, les tenants de la pénalisation s'apprêtent à faire de ces "sans-calins" des coupables. Peu importe qu'ils recourent aux services de travailleuses du sexe indépendantes. Privilège du camp du bien de désigner les coupables et les victimes.

Ce faisant, on a assisté à un numéro de minimisation assez extraordinaire : sur les plateaux télé, à la radio, dans les journaux, les zélateurs de la pénalisation n'ont eu de cesse de minimiser l'effet de leur loi. Nous cherchons juste à responsabiliser le client disent-ils. Une responsabilisation pour le moins pénible : passage au tribunal, humiliation publique par les éventuelles associations parties civiles, amende de 1500€, inscription au casier judiciaire. Et si cela ne suffit pas, stage de ré-éducation. Une responsabilisation façon Pol Pot en quelque sorte. Ou la novlangue à l’œuvre.

Orwell a prédit la puissance des mots et de leur dévoiement, au profit d'une ré-écriture du réel. On assiste à une sorte de détournement du pouvoir législatif en faveur d'une construction sociétale dont vont faire les frais les clients mais aussi les prostituées indépendantes, égratignant au passage leurs libertés individuelles. Les travailleuses du sexe indépendantes, vent debout contre cette proposition de loi, ont bien vu le danger : après les avoir empêcher de disposer d'elles-mêmes à leur guise, à quelle liberté s'attaqueront nos députés ?

De plus, le risque d'une précarisation accrue des prostituées est grand. De nombreux acteurs de la société civile et institutionnels ont alerté sur cette question. L'ONU, Amnesty International, la commission des droits de l'homme, le défenseur des droits, Médecins du monde. Tous se sont montrés défavorables à la pénalisation du client. Comme la famille Badinter, des associations d'aide aux prostituées, et même des mouvements féministes. Ce ne sont pourtant pas des prostituteurs en puissance. Mais peu importe, les députés promoteurs de la pénalisation du client restent arcboutés sur leur convictions. Nietzche disait : "les convictions sont les ennemis de la vérité". A méditer par nos députés.

On ne peut non plus passer sous silence l’ambiguïté de cette proposition de loi : alors que les clients se voient infligés une peine par la justice, rien de plus n'est prévu pour les proxénètes. Prétendre lutter contre la prostitution sans porter un minimum d'attention aux réseaux criminels organisant la traite d'êtres humains est-il bien sérieux ? Coupable renoncement de députés pour qui les proxénètes ne feraient pas partie du système prostitutionnel ?

Proxénétisme international évidemment facilité par la construction européenne. Les promesses de sécurité et de prospérité sont aujourd'hui battues en brèche, le rêve européen tourne au cauchemar. En ce sens, les deux seuls piliers de la monnaie unique et de la libre circulation ont constitué une formidable opportunité pour les réseaux mafieux. Nos politiques imaginaient-ils sérieusement que l’internationale criminelle resterait bien sagement dans ses frontières de l'époque ?

Les faiblesses de la sécurité en Europe sont apparues cruellement en 2015, surtout en France. De nouvelles lois, particulièrement intrusives, ont du être votées pour faire face à la menace terroriste. Ces lois s'appliquent aussi à la délinquance organisée. Donc au proxénétisme. Par rapport à 2013, la proposition de loi sur la prostitution s'inscrit, de fait, dans un contexte nouveau : les forces de police disposent aujourd'hui de moyens sans précédent pour traquer le crime organisé. Pourtant, certains députés continuent à vouloir pénaliser le client coute que coute.

Alors de deux choses l'une. Soit ils ne croient pas aux lois contre le terrorisme, qu'ils ont eux-mêmes voté. Auquel cas les français doivent s'attendre à de nouveaux attentats sanglants. Et de nouvelles victimes. Soit ils sont convaincus de l'efficacité des lois qu'ils ont voté et des moyens alloués à la police. Auquel cas ils démontrent le dévoiement de leur combat en une dérive liberticide visant à empêcher les femmes et les hommes de disposer d'eux-mêmes. Prémices à la création d'un ministère des bonnes mœurs et de la morale ?

Il y aurait encore beaucoup à dire sur cette proposition de loi, très critiquable sur bien des aspects. L'égalité homme/femme par exemple, citée à moult reprises par les défenseurs de la proposition de loi. Alors qu'elle est loin d'être acquise, mais pas dans le sens où on l'entend habituellement : en France, si aucun homme ne peut imposer la maternité à une femme, une femme peut imposer la paternité à un homme. L'affaire Dati/Desseigne en est la couteuse illustration (près d'un million d'euros à la charge de M. Desseigne). Ou comment transformer une juste cause en slogan vide de sens.

Malgré toutes ses faiblesses, tous ses amalgames, toutes ses atteintes aux libertés, il ne fait guère de doute que les députés voteront, comme un seul homme, la proposition de loi en l'état. Ils s'inspireront ainsi du modèle suédois, oubliant que la Suède a le triste privilège d'être le deuxième pays au monde où se produisent le plus de viols. Il donneront raison aux plus ardents défenseurs de la pénalisation, pour qui les clients sont tous, sans exception, des pervers et des coupables. Ils accepteront de donner une nouvelle définition au mot "responsabilisation" : nom féminin, consistant à passer au tribunal de police et payer une amende de 1500€. Ils oublieront le slogan d'une précédente campagne du gouvernement : mon corps, mon choix, mon droit. Si la liberté, dont celle des femmes à être des travailleuses du sexe, n'a pas de prix, ils en donneront un cout : 1500 € à la charge du client. Ils exposeront au grand jour leur surdité, refusant d'entendre et d'écouter les travailleuses et travailleurs du sexe qui ne manqueront pas de manifester lors du vote, revendiquant leur liberté à disposer d'eux-mêmes. Ils renonceront, tout à leurs contradictions, à poursuivre davantage les vrais coupables, proxénètes et mères maquerelles. Ils choisiront de pousser dans la précarité les prostituées indépendantes, qui, comme tout un chacun, ont aussi des factures à payer. Ils entérineront le caractère respectueux et absolument pas dégradant de la pornographie (accessoirement très utile aux finances publiques).

Et ce sera une grande victoire. Une victoire à la Pyrrhus.


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49 réactions à cet article    


  • tashrin 2 février 12:17

    très bon article, merci


    • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 2 février 12:26

      Les vraies « pétasses » sont au pouvoir !


      • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 2 février 12:33

        « Pour que point l’on ne voie
        Le sourire entendu
        Qui fera de vous et moi
        De très nobles cocus
        Pour nous faire oublier
        Que les putains les vraies
        Sont celles qui font payer
        Pas avant mais après

        Pour qu’il puisse m’arriver
        De croiser certains soirs
        Ton regard familier
        Au fond de mon miroir
        Ton regard familier
        Au fond de mon miroir
        Ton regard familier
        Au fond de mon miroir. »


        Jacques Brel
        L’air de la bêtise

        • Jeussey de Sourcesûre M de Sourcessure 2 février 12:40

          Toujours la même confusion :

          On prétend lutter contre la prostitution comme on prétend lutter contre la drogue, en punissant deux fois celui qui s’est déjà fait rouler.
          Les trafiquants et les proxénètes ont suffisamment de ressources pour arroser toute la chaîne des moralisateurs du dimanche, du bas au sommet de la pyramide juridico-administrative.

          • Shawford Shawford 2 février 12:44

            @M de Sourcessure/Joel de Rosnay

            Quand vous vous regarderez en face cerveau droit/gauche, vous vous trouverez beau, vous me trouverez enfin moins con ce jour là, et ça fera plaiz smiley


          • Alren Alren 2 février 12:43

            Tout ce que dit l’auteur de l’article est incontestable.

            J’ajouterai ceci, plus terre-à-terre :

            Bien évidemment les prostitué(e)s indépendant(e)s voudront continuer de vivre de leur activité.

            À l’heure d’internet il sera facile - cela existe déjà pour la prostitution de luxe - de fixer des rendez-vous clandestins avec leurs client(e)s grâce au web.

            J’ai mis des « e » entre parenthèses car, outre les homosexuelles, il y a celles qui ont recours à des gigolos. Seront-elles pénalisées ?

            Les adhérents de clubs de rencontres à visée uniquement sexuelle, seront-ils (elles) regardé(e)s comme des client(e)s ?

            La police qui a autre chose à faire et dont les effectifs ont été « dégraissés » par Sarkozy, aura-t-elle le droit d’espionner les communications internet, violant ainsi le secret des communications, qui est un droit fondamental reconnu de longtemps comme absolu pour le courrier postal ?

            Et puis si, par espionnage illégal, la police a vent de plusieurs rendez-vous clandestins dans une ville, mettra-t-elle, la police de cette ville, une équipe de deux ou trois officiers de police pour appréhender chaque coupable ? (Il faudra alors sérieusement renforcer les effectifs et abandonner la lutte contre le trafic de drogue et les autres délits et crimes comme le viol par exemple.)

            Ou bien y aura-t-il des « arrêtés pour l’exemple » comme il y a eu des « fusillés pour l’exemple », pris au hasard ou choisis selon certains critères ?

            Cette loi imbécile sera inapplicable !


            • Christian Labrune Christian Labrune 2 février 14:43

              @Alren
              Vous péchez par pessimisme : l’homosexualité, par exemple, qui est une forme de sexualité tout à fait normale et récemment promue, ne sera jamais inquiétée. C’est normal.
              Je n’en dirai pas autant de certaines perversions au nombre desquelles la masturbation ou les relations hétérosexuelles. Elles sont actuellement tolérées mais constituent quand même, dans une république rose, un véritable scandale. Il conviendrait d’y mettre rapidement bon ordre. Je n’irais certes pas jusqu’à souhaiter le rétablissement de la peine de mort, mais il y en a beaucoup, avouons-le, à qui quelques années de cabane ne feraient pas de mal. Et dans les cellules, il serait très facile d’installer des caméras pour voir ce qui s’y passe. Comme les prisons de femmes sont d’un côté et celles des hommes d’un autre, cela favoriserait tout naturellement une rééducation à la véritable normalité.


            • Olivier Perriet Olivier Perriet 3 février 11:40

              @Christian Labrune

              Ca fait un moment que je me demandais s’il fallait prendre les interventions de M Labrune au 1er ou au 2nd degré ; maintenant j’ai compris smiley smiley smiley

              Je suis un peu lent.

              Mais peut-être ai-je confondu Christian Labrune avec Werner Laferrier


            • rocla+ rocla+ 3 février 17:18

              @Christian Labrune


              Si on interdit la masturbation  que vont devenir Robert Gil et autres 
              branleurs des Droits Zacquis ?

            • sarcastelle 2 février 12:59

              La pénalisation du client est toujours discutée du point de vue de son efficacité ou non, mais cet utilitarisme est démoralisant parce qu’il dédaigne des principes plus fondamentaux. 


              L’utilitarisme érigé en valeur au mépris des valeurs fondamentale : c’est tout le sujet de La Trahison des clercs de Julien Benda, un livre à lire plutôt que mille autres. 

              Quel principe fondamental est méprisé par la pénalisation du client ? Mais l’égalité de droits entre humains et la non-discrimination pour appartenance à une catégorie donnée, parbleu ! 

              Deux majeurs consomment ensemble un acte donné. L’un d’eux est déclaré innocent et l’autre pénalement coupable. C’est en démocratie une monstruosité. Le Conseil constitutionnel ne le censurera pas, parce que même lui ne s’autorisera pas à aller contre le vent mauvais. 

              Ils sont innocents ou coupables tous les deux. Au législateur d’avoir du courage. 
              Mais non ; tout ce qu’il sait, c’est chouiner : les salauds d’un côté et les éternelles victimes de l’autre. Aussi longtemps que cela marche, pourquoi se gêner. 

              • sarcastelle 2 février 13:02

                @sarcastelle

                Correction : au second paragraphe je m’exprime mal ; lire « l’utilitarisme érigé en valeur supérieure aux valeurs fondamentales »

              • foufouille foufouille 2 février 14:05

                @sarcastelle
                « Deux majeurs consomment ensemble un acte donné »
                surtout le client, non ?


              • placide21 2 février 15:46

                @foufouille
                C’est normal ,c’est lui qui paye ,mais parfois la travailleuse du sexe y trouve bien son compte car c’est une femme malgré tout.


              • amiaplacidus amiaplacidus 2 février 12:59

                J’ai le sentiment que cette loi est un peu comme le filet fiscal : laisse passer les gros poissons mais retient les petits.
                .
                C’est à dire que le gros maquereaux trouveront toujours des ficelles pour échapper alors que les prostituées indépendantes vont morfler.
                .
                C’est un peu ce qui s’est passé en Suède, maintenant les prostituées dépendent des maquereaux qui affrètent des navires croisant à la limite des eaux territoriales et monopolise les transports des clients et prostituées, sans oublier de prendre leur large part sur les passes. Bref, avec cette loi, la situation des prostituées suédoises s’est largement détériorée, d’indépendantes, elles sont devenues quasiment esclaves.


                • Et hop ! Et hop ! 3 février 16:57

                  @amiaplacidus : Eh oui, la législation française traditionnelle punissait le proxénétisme, mais pas la prostitution.


                  Tout se passe comme si les promoteurs de cette loi avaient un intérêt à ne pas diminuer les bénéfices des proxénètes et des esclavagistes. C’est comme si on punissait les toxicomanes à la place des dealers et des gros trafiquants.

                  Rien ne peut justifier de punir l’usager d’une prostituée, en dehors de considérations puritaines. Le roi saint Louis lui-même avait dû rétablir et organiser en métier la prostitution, après l’avoir interdite.

                • Robert GIL Robert GIL 2 février 13:16

                  Et si pour supprimer la prostitution …. on l’interdisait ? Alors que la bonne question est : pourquoi la prostitution ? Et la réponse : parce que les hommes sont des cochons, ne suffit pas…voir la suite


                  • Christian Labrune Christian Labrune 2 février 14:27

                    Quand le parti socialiste, sans conteste le plus putassier que la France ait jamais pu connaître, prétend se mêler de vertu, et même de la plus petite, tout le monde devrait rigoler.
                    Ah, les sales cochons roses, avec leurs queues en tire-bouchon !


                    • pergolese 2 février 15:15

                      De toute façon, ce sera la plupart du temps impossible à prouver...

                      Une loi ridicule comme souvent...


                      • haha 2 février 15:45

                        Cette loi à pour but de pénaliser l’achat d’achat d’acte sexuel...

                        1/ Comment prouver que ce qui a été payé est l’acte sexuel en lui même ? ça parait pas facile, non ?

                        2/ On considère les prostituées sont des victimes donc subissent des viols de la part des clients, donc on sanctionne les clients puisqu’ils deviennent des violeurs aux yeux de la lois.
                        Ok pourquoi pas mais dans ce cas cela ne revient il pas à mettre un prix aux viols d’une personne ?... 1500euros.
                        N’allons nous pas vers une banalisation du viol ?


                        • placide21 2 février 15:51

                          Retenez bien les noms de ceux qui voteront cette loi liberticide pour leur prochaine présentation à des élections.


                          • MagicBuster 2 février 16:31

                            Macho : Elles en pensent quoi les femmes : Aucune solidarité féminine !!!!!


                            • meslier meslier 2 février 16:54


                              Pourchasser et punir les clients , la répression n’a jamais été une avancée sociale !!!


                              • meslier meslier 2 février 18:18

                                @meslier

                                il faut revoir le statut de la prostituée que ce ne soit plus une honte , il faut gratifier le statut de la prostituée , ce sont des travailleuses sociales qui contribuent au bienfait de l’humanité .
                                Les allemands sont moins hypocrites .


                              • Et hop ! Et hop ! 3 février 17:01

                                @meslier : Mais si, la loi pénale est presque toujours une avance sociale. En particulier l’ancienne loi qui punissait le proxénétisme, mais pas la prostituée : elle réprimait l’exploitation souvent violente des prostituée, une forme d’esclavage. 


                              • Radix Radix 2 février 17:01

                                Bonjour

                                Comme cette loi n’interdit pas à une femme d’épouser un homme riche, les prostituées vont pouvoir se reconvertir dans le plus deuxième plus vieux métier du monde : le mariage !

                                Radix


                                • Vipère Vipère 2 février 19:55

                                  Absolument pour la pénalisation du client, qui utilise les services d’une professionnelle du sexe !

                                  Cette loi va dans le bons sens. Sans client pas de prostitution et inversement !


                                  • haha 3 février 09:45

                                    @Vipère
                                    Dis comme ça oui en théorie mais mais la pénalisation des clients en pratique... c’est pas la même !
                                    Prouver que ce qui a été acheté est du sexe est d’une autre pair de manche !!
                                    En pratique, tu ne peux pas empêcher les gens de proposer d’autres services et le reste dépend du consentement de deux adultes !


                                  • Olivier Perriet Olivier Perriet 3 février 11:43

                                    @haha

                                    il faudrait savoir, « une autre paire » ou « un autre manche »  smiley


                                  • tashrin 3 février 12:36

                                    @Vipère
                                    ouais c’est sûr, ca va etre efficace
                                    C’est pas comme si des clients il yen avait toujours eu, de tous temps, en tous endroits
                                    C’est pas comme si certaines personnes voulaient en toute liberté pouvoir disposer de leur corps comme elles l’entendent
                                    C’est tellement simple votre manière d’envisager les problemes, je vous envie


                                  • haha 3 février 13:28

                                    @Vipère
                                    les deux^^


                                  • JC_Lavau JC_Lavau 2 février 21:53

                                    C’est surtout une question de prix : empêcher une concurrence libre et non faussée, afin de faire remonter le prix du vagin, grâce à une pénurie savamment orchestrée.
                                    A bas l’abondance ! Vive la pénurie qui fait remonter les prix !


                                    • Pierre 2 février 22:39

                                      Ben oui, c’est la charia, version catho ! De toute façon cette clique de curés et bonnes soeurs de gauche et droite ont toutes les chances de se faire retoquer par le conseil constitutionnel puisqu’il n’admet pas en principe qu’on puisse sanctionner les clients d’une activité légale. Ajoutons que ces imbéciles connaissent mal la vie : une (dé)putée s’est écriée que même des hommes mariés étaient clients ! Cette gourde ignore que les prostituées ont sauvé beaucoup de mariages car, l’autre alternative pour les types qui pour beaucoup ont parfois besoin de changer d’air, avoir une maitresse, rien de plus radical pour casser un ménage. Bref, un autre aspect du terrorisme !


                                      • titi 2 février 22:57

                                        Les offices du tourisme d’Amsterdam et de Pattaya saluent cette décision et applaudissent !


                                        • blablablietblabla blablablietblabla 2 février 23:11

                                          dans le midi ils vont déjà à la frontière espagnole du coté de la Jonquera des prostitués y a que ça ! 


                                          • Analis 3 février 10:31

                                            Une loi carnavalesque, inspirée d’un modèle défaillant, et relevant d’un esprit clairement totalitaire, celui qui prétend décider de ce qui est bon pour quelqu’un à la place de ce dernier. La confusion entre prostitution forcée et volontaire n’est donc que de peu d’importance pour lui. On peut voir là un nouveau symptôme de la prétention de l’État à imposer des normes de santé strictes, de l’interdiction de prendre des drogues récréatives, de l’injonction au bonheur obligatoire, à bien manger ou bien vieillir, sans même parer de l’interdiction des drogues récréatives ; déviance qui touche toutes les sociétés occidentales, mais dont le danger est plus particulièrement présent en France, en raison de son culte de l’État fort. Mais dans l’aspect sexuel de la chose, il y a bien une hypocrisie particulière. Ajoutons aussi une certaine perversion d’un féminisme victimiste dans ce qu’il a de pire, et paradoxalement très mysogine ; car au fond, pour lui les femmes ne sont que des gourdes incapables de décider ce qui est bon pour elles et de disposer de leur corps. Par contre, elles le sont quand il s’agit de décider si elles doivent avorter, et sont même alors les seules à décider.

                                            Hypocrite et incohérente, donc, et sur bien d’autres points ; et de là illégitime : si on estime que la prostitution est mauvaise, pour des raisons de puritanisme, car c’est toujours pour ça qu’on la considère comme telle, alors ce sont bel et bien les prostituées qui doivent être punies. De ce côté-là, les puritains d’Outre-Atlantique sont honnêtes, ceux de France sont tout simplement bêtes.

                                            En fait, on retombe là sur le pêché de la France : il ne doit pas y avoir de marchandisation des corps, car l’argent ce n’est pas bien. On préfère favoriser d’étranges perversions, au niveau du don d’organe par exemple ; car il faut quand même avoir l’esprit sacrément mal tourné pour s’auto-mutiler ainsi. Les dons de sang et surtout de mœlle osseuse manquent ainsi gravement en France. Les puritains et pseudo-féministes français ne sont ainsi nullement moralement supérieurs à ceux des USA qu’ils décrient tant. En fait, ce qui est tabou, Outre-Atlantique, c’est le sexe, alors qu’en France, c’est l’argent. « Curieusement », nos pères- et mères-la morale sont vexés que leurs conceptions au sujet de l’ «  inaliénabilité du corps humain » (comme c’est bien écrit, digne du jargon prétentieux de la tradition juridique française, destiné à en mettre plein la vue au justiciable moyen) ne parviennent pas à s’exporter, ils ne comprennent vraiment pas pourquoi. Ils sont bien les seuls.

                                            Et dans le même temps, alors qu’on promeut une sérieuse perversion, l’homosexualité (entendons-nous bien, je n’ai absolument rien contre les homosexuels, et je suis même heureux pour eux qu’ils puissent se marier entre eux, mais l’homosexualité restera toujours d’un point de vue scientifico-médico-psychologique une déviation), pour lui plaire on va jusqu’à envisager de légaliser une forme de prostitution autrement plus intrusive et traumatisante du corps de la femme qui s’y livre, à savoir la pratique des mères porteuses, elles aussi d’ailleurs souvent stigmatisées comme des idiotes incapables de décider de ce qui est bon pour elles. Les gôchistes ridicules sont gênés quand on leur fait la remarque. Signalons cependant que certaines intégristes jusqu’au-boutistes n’ont pas peur du ridicule, quand elles le sont elles ont décidé de l’être jusqu’au bout, en exigeant que la mère porteuse le soit à titre gratuit ! Si ça, ce n’est pas de l’exploitation ! Dans ces conditions, il vaut effectivement mieux que les français continuent à aller le faire à l’étranger où ils paieront les mères porteuses ; la non-reconnaissance de leurs enfants par les autorités françaises étant désormais interdite par la cour européenne des droits de l’homme.

                                            Et je ne parle pas des contradictions au niveau de l’acceptation de la pornographie, ou même du simple rôle de mannequin ou de modèle artistique, ou pourtant là le corps est marchandé. Bientôt, c’est la profession d’actrice qui va être prise pour cible !

                                            À ce sujet, une amusante vidéo que j’avais déjà posté ailleurs (en anglais, mais facile à comprendre) : https://www.youtube.com/watch?v=n1tFbZ5kaY8

                                            J’ajouterai une autre chose : la loi a clairement un caractère xénophobe. Si sa simple discussion a pu être envisagée, c’est parce que les prostituées sont désormais majoritairement étrangères. C’est pour cette raison que la Suède est un bien pauvre exemple à suivre, car les raisons de la popularité de la loi y étaient identiques, les suédois ne se préoccupant pas du devenir d’étrangères dont ils ne souhaitaient pas la présence sur leur territoire, alors que les prostituées suédoises ne représentaient plus grand-chose.


                                            • fred.foyn Le p’tit Charles 3 février 10:31
                                              La prostitution , le plus vieux métier du monde ou le chômage n’existe pas...mais des bas du front (qui en douce vont aux putes) veulent encadrer ces dames en faisant une loi pour se donner bonne conscience après Marthe Richard (le pouf de l’époque).. !
                                              Ouvrez donc les maisons closes.. !

                                              • julius 1ER 3 février 13:39

                                                on se retrouve en pleine prohibition à l’américaine .... pénalisation, répression, et le problème est plus que jamais présent car il ne suffit pas de légiférer pour régler un problème c’est juste l’hypocrisie poussée à son paroxysme .... 


                                                 il n’y a qu’ à compter les véhicules qui font flores le long des routes pour se rendre compte que la prostitution est plus que jamais présente mais plus du tout « encadrée » c’est devenu une prostitution sauvage et c’est devenu pire qu’avant ... ...

                                                alors un grand bravo à tous ces gouvernements successifs qui n’apportent aucune solution ni proportionnée ni durable .... quel désastre !!!

                                                • rocla+ rocla+ 3 février 17:16

                                                  Qui défendra les  Droits Zacquis  des prostituées , leur 35 heures 

                                                  ainsi que leurs congés maladie leur ticket restaurant ainsi que leurs 
                                                   cotisations retraite ? les risques liés à leur métier ainsi que leur réputation 
                                                  de filles de mauvaise vie ?

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Hermes Lejuste


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