• mardi 9 février 2010
  • Agoravox France Agoravox.com Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Tribune Libre > Louis Rossel, un officier de la Commune
Non 6%
Article intéressant?
 
Oui 94%
(136 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Ecrire un commentaire
  • Marquer et partager

Louis Rossel, un officier de la Commune

En ces jours anniversaires de la Commune de Paris, voici le récit d’un personnage atypique de la Commune, un personnage essentiel qui malheureusement n’a jamais eu sa place dans les manuels d’histoire.

Le fait pour un brillant officier de l’armée régulière de rallier la Commune et ses insurgés est le genre d’acte que le pouvoir ne souhaitait pas relayer jusqu’à une époque récente.

C’est dommage pourtant, car son exemple est essentiel : Louis-Nathaniel Rossel avait décidé de suivre sa conscience plutôt que d’obéir à certains hommes. Aujourd’hui, c’est toujours un exemple à suivre : rester honnête avec soi-même et sa conscience, ne pas se dévoyer pour l’intérêt de certains contre l’intérêt général.

Ennemi des révolutions, les circonstances m’avaient jeté dans une révolution ; haïssant la guerre civile, je m’étais engagé dans la guerre civile ».

Cette phrase de Louis-Nathaniel Rossel traduit bien le caractère a priori paradoxal du ralliement de ce jeune officier protestant rigoureux à la Commune de Paris.

Pourtant, cela s’explique assez aisément par son caractère profondément républicain, sa sensibilité pour les classes dominées et pour la justice sociale.

Louis-Nathaniel, né en 1844, est issu d’une grande famille de Saint-Jean du Gard et de Nîmes dont les membres sont des propriétaires, facturiers de laines, négociants, magistrats ou maire

Ce sont des protestants cévenols, et ce point est selon moi un élément tout à fait déterminant de sa personnalité. En effet, ce protestantisme emporte avec lui un ensemble de convictions et de principes.

Les Rossel font partie de ces protestants qui ne furent rendus à la liberté religieuse et politique qu’à l’époque de Louis XVI et qui avaient puisé dans une persécution séculaire la force de braver toutes les rigueurs de la loi, aimant mieux disaient-ils, obéir à leur conscience que d’obéir aux hommes.

Louis-Nathaniel Rossel fait de brillantes études à Saint-Brieuc, Mâcon, Nîmes, au Prytanée Militaire de la Flèche, à l’Ecole Polytechnique puis à l’école d’application de Metz d’où il sort second avec le grade de lieutenant dans le corps de génie.

En 1867, il entre en relation avec Jean Macé qui venait de créer la Ligue de l’Enseignement et commence l’enseignement de cours de grammaire. C’est ici qu’il a ses premiers véritables contacts avec des ouvriers. Il s’aperçoit que ceux-ci ne profitent pas pleinement des cours car comme il le dit : « On leur a appris à lire (...) mais non pas la manière de s’en servir ».

Travaillant dur et impressionnant ses proches par son ingéniosité, le jeune officier ne tarde pas à se faire remarquer. Pourtant Rossel ne semble guère attaché à l’armée de l’époque et il n’hésite pas à la critiquer dans des articles de presse, mais toujours de façon très constructive et argumentée.

En juillet 1870, lorsqu’il apprend que la guerre vient d’être déclarée à la Prusse, Rossel accourt à Paris pour obtenir du service actif, mais ses démarches restent infructueuses.

A la nouvelle des premiers désastres, Rossel conçoit un plan de défense dont il adresse l’exposé au journal le Temps. Son écrit est extrêmement lucide et est rempli de prédictions.

Sur le plan stratégique, il faut d’après lui appeler tout le pays aux armes, et organiser une immense levée en petites bandes qui auraient agi séparément, les corps d’armées réguliers ne devant faire que soutenir l’action toujours engagée par les partisans. On le constate aisément, Rossel s’inspire pour cette démarche de la « guerre des Camisards » dans les Cévennes, à laquelle certains membres de sa famille ont participé.

Quelques jours après, il est appelé à Metz avant que cette ville ne soit investie. Caractère entier et résolu, profondément patriote, il ne peut voir sans une profonde exaspération la façon dont le maréchal Bazaine conduit les opérations militaires.

Très vite il ne lui est plus possible de douter que, soit par l’ineptie, soit par la trahison de son chef, ce qu’il suppose franchement, l’armée de Metz, et au-delà la France, marche à sa perte.

La trahison de Bazaine - et d’ailleurs d’autres généraux également - dont je parle serait celle de capituler dans le but de restaurer en France un ordre moral conservateur voire une monarchie, et d’empêcher tout avènement d’une république plus moderne, la meilleure forme de régime politique pour Rossel.

Au moment de la capitulation, il parvient à s’échapper de la cellule où l’avait enfermé Bazaine et déguisé en paysan, il parvient à traverser les lignes allemandes.

Il gagne la Belgique où le premier, dans le journal l’Indépendance belge, il proteste contre la conduite du maréchal à travers deux articles, il fait un court voyage à Londres où se trouve sa mère, puis rentre en France et se rend à Tours pour se mettre à la disposition du gouvernement de la Défense.

Il est rapidement nommé Colonel auxiliaire et directeur du génie au camp de Nevers. Avant de partir, Rossel rencontre Léon Gambetta et lui remet un rapport sérieux proposant des possibilités de reconduite du combat. Léon Gambetta est séduit mais n’a que peu de poids et ne donne pas suite.

Rossel remplit encore toutes ses fonctions, qu’il juge à juste titre quasi-inutiles, lorsqu’il reçoit la nouvelle de l’insurrection qui vient d’éclater à Paris. Nous sommes le 18 mars 1871.

Dès le lendemain, il écrit au ministre de la guerre : « j’ai l’honneur de vous informer que je me rends à Paris pour me mettre à disposition des forces gouvernementales qui peuvent y être constituées. Instruit par une dépêche de Versailles rendue publique aujourd’hui, qu’il y a deux partis en lutte dans le pays, je me range sans hésitation du côté de celui qui n’a pas signé la paix et qui ne compte pas dans ses rangs de généraux coupables de capitulation. »

Comme les 107 qui ont voté contre les conditions de paix, c’est-à-dire la gauche, Rossel n’accepte ni la défaite, ni le gouvernement réactionnaire. Il part donc dès le 19 mars à Paris.

A peine arrivé, il se met en relation avec les membres du comité du 17ème arrondissement, est présenté au comité central siégeant à l’Hôtel de Ville et reçoit immédiatement le commandement de la légion du 17ème arrondissement.

L’opinion publique soutient largement Rossel. Le masque sévère de cet officier de 27 ans, brisant sa carrière militaire pour se jeter dans Paris révolutionnaire, son renom d’intégrité, les souvenirs de sa conspiration contre Bazaine et son évasion de Metz plaisaient.

Dans la nuit du 29 au 30 avril, à la suite de l’évacuation du fort d’Issy qui est une conséquence d’une attaque des troupes du général Faron, la Commune destitue le général Cluseret, qu’elle regarde comme incapable et désigne pour le remplacer au Ministère de la guerre.

Rossel est chargé de l’initiative et de la direction des opérations militaires pendant que le Comité central de la garde nationale doit s’occuper des différents services de l’administration de la guerre.

Rossel donne à la résistance contre l’armée de Versailles une vraie impulsion et pour ne négliger aucune énergie, fait appel aux femmes qui le remercient de son attitude.

Mais Rossel se trouve bientôt en butte à l’hostilité de certains membres du Comité du Salut Public et notamment de l’anarchiste Félix Pyat, à cause de la discipline que veut imposer le nouveau délégué à la Guerre. Une discipline pourtant indispensable pour faire face à une armée régulière très bien équipée et bien plus nombreuse.

Pyat l’accuse pourtant d’aspirer à la dictature, alors qu’au contraire Rossel s’y refuse largement bien que certains l’y poussent. Rossel demande donc lui-même sa destitution.

Après la prise du Moulin Saquet et celle du fort d’Issy par l’armée de Versailles le 8 mai, Rossel qui a donc vainement essayé d’organiser 7 000 hommes - sur les 12 000 qu’il devait avoir - pour débloquer le fort, se sent pris d’une colère violente et écrit cette dépêche qu’il fait aussitôt afficher à 10 000 exemplaires dans Paris  : « le drapeau tricolore flotte sur le fort d’Issy ».

Le journal officiel de la Commune essaye de démentir cette nouvelle ; mais la population apprend bientôt que Rossel a dit vrai.

Alors, des bruits de trahison ayant été propagés contre lui par Pyat et Miot qui exigent en vain son arrestation, il envoie sa démission à la Commune, dans une lettre où il expose la situation et les entraves de tout genre qu’il rencontre dans l’accomplissement de ses fonctions.

« Mon prédécesseur, dit-il en terminant, a eu le tort de se débattre au milieu de cette situation absurde. Eclairé par son exemple, sachant que la force d’un révolutionnaire ne consiste que dans la netteté de la situation, j’ai deux lignes à choisir : briser l’obstacle qui entrave mon action ou me retirer. Je ne briserai pas l’obstacle car l’obstacle c’est vous et votre faiblesse ; je ne veux pas attenter à la souveraineté publique. Je me retire et j’ai l’honneur de vous demander une cellule à Mazan. »

Le jour même, Rossel est arrêté par ordre du Comité de Salut Public et gardé à la questure sous la garde très « souple » et très amicale de Varlin puis Gérardin.

La quasi-totalité de la presse prend sa défense. Il faut dire que Rossel défendait fortement la presse libre et avait défendu leur liberté totale alors que la majorité de la Commune avait fait interdire certains journaux.

Un accident l’empêchant de marcher, il écrit pendant la « semaine sanglante » des notes lucides sur la Commune et sur la société.

C’est en raison des écrits de cette époque que j’ai présenté au départ Rossel comme ayant une sensibilité pour les classes dominées, comme étant profondément social.

Il a ainsi pu écrire : « Qu’ont fait les classes gouvernantes en faveur des pauvres ? Qu’ont-elles fait pour rendre les impôts moins lourds à ceux qui gagnent le moins, pour faire la part à peu près égale à tout le monde dans l’immense développement de la richesse publique ? Vous ne comprenez pas qu’on fasse des révolutions ? Dites-vous. Lisez quelques lignes qui résument les produits des divers revenus du pays et vous verrez combien le législateur frappe le nécessaire des uns et épargne le superflu des autres. Les Chambres françaises ont été profondément égoïstes. Elles ont favorisé constamment leurs parents, leurs amis, leurs égaux ».

Au-delà, Rossel pensait qu’il fallait étendre le droit de suffrage à tous (et déjà il pensait aux femmes), quels que soient le sexe ou la classe, et recourir au principe de l’élection dans la plupart des domaines.

Surtout, Rossel était persuadé que les divisions sociales pouvaient être résorbées grâce à l’éducation. Il assignait à l’école un rôle prépondérant pour l’harmonie sociale et, nourrie de préceptes huguenots, il ne concevait l’instruction que comme générale, gratuite, laïque, républicaine.

Le 7 juin, Rossel est arrêté par M. Claude, Chef de la Sûreté.

Conduit à Versailles et traduit devant le 3ème Conseil de guerre, il est condamné à mort le 8 septembre. Cette sentence étant annulée pour vice de forme, il comparait le 7 octobre devant un nouveau Conseil de guerre, qui le condamne à la même peine.

Pendant ce procès tout à fait inéquitable, les témoignages de soutien et de sympathie ne manquent pas à l’égard de ce jeune officier, dont tous reconnaissent la haute intelligence et l’ardent patriotisme.

Des pétitions de Nîmes, Metz, Montauban, d’étudiants parisiens, des dames de la légion d’honneur, les appels du colonel Denfert-Rochereau - héros de la guerre -, de Victor Hugo, du Général Vergnes et des officiers du camp de Nevers, de tous les notables protestants, la demande du Conseil général de la Seine, la rencontre du père de Louis-Nathaniel avec Adolphe Thiers ne suffisent pas à changer la sentence et à obtenir sa grâce auprès de la commission des grâces.

Le matin de l’exécution, il remet à son pasteur et ami, M. Passa, une lettre qui est son testament politique : « Je vous charge si jamais le parti que j’ai soutenu arrivait au pouvoir et s’il menaçait ses adversaires de sa vengeance, de faire usage de cette lettre pour leur dire qu’à ma dernière heure, je demande instamment à ceux qui ont l’honneur de défendre la liberté, qu’ils ne vengent pas leurs victimes. Ce serait indigne de la liberté et de nous qui sommes morts pour elle. Votre ami dévoué, Louis-Nathaniel Rossel. »

Le 28 novembre 1871, à huit heures du matin, Rossel, jeune officier de 27 ans, conduit sur le plateau de Satory avec l’ancien délégué à la sûreté générale Ferré et un ancien sergent Bourgeois, condamnés à la même peine, tombe sous les balles d’un peloton d’exécution choisi parmi son régiment...

J’aurai la même conclusion qu’Hélèna Pontier Martin qui travailla sur Rossel en 1937 : Ce matin là, ce que les généraux tuèrent avec lui était précisément ce qu’ils croyaient défendre. Rossel fut un des premiers à discuter sa mission. Sa conscience l’avertit que cette mission n’était point dans une obéissance d’esclave et que l’intérêt de la patrie passait au-dessus des intérêts privés...

Finalement, on peut aussi penser que Rossel incarnait à lui seul un ensemble de valeurs et de paradoxes du 19ème siècle : encore profondément rigoureux, marqué par un certain élitisme politique, il réclamait néanmoins la participation du peuple et de la classe ouvrière à la décision politique. Il souhaitait mettre en avant l’éducation universelle pour donner aux plus défavorisés les moyens de s’organiser. Il souhaitait un suffrage universel comprenant les femmes et représentant l’ensemble des catégories sociales. Rossel n’était ni véritablement un communard, ni un conservateur, il était raisonnable et réformiste. Ce jeune homme de 27 ans, peut-être encore trop jeune pour concilier ses propres contradictions, était simplement trop en avance sur temps.

 

 

Pour en savoir plus : voir l’article de Wikipedia (dont je suis le rédacteur) et le site "Louis Rossel, un officier chez les Communards"

 

 

Mots-clés

Histoire

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Obtenez votre badge pendant 6 mois.

Achat immédiat par SMS ou TEL
1
2
Envoyez CODE par SMS au 81038 3.00 € / SMS Appelez le 08 99 78 46 66 1.91 € / appel
3

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • 0 vote deja vote forum
    Par alberto (xxx.xxx.xxx.64) 29 mars 2007 11:48

    Bravo : très bel article, j’y ai appris des choses : Merci !

    Mais je crois, qu’aujourd’hui encore, il y a un tas de choses à apprendre sur "La Commune" dont l’histoire officielle n’a conservé que le souvenir d’une émeute des classes populaires parisiennes vites réprimées dans le sang par les conservateurs : ce qui est exact, mais par trop réducteur.

    Nota : cette histoire m’interesse car une tradition familliale veut qu’une de mes arrières grand-mère se faufilait la nuit par les ruelles du Près Saint Gervais pour ravitailler les parisiens assiégés derrières les "grilles" qui à cette époque séparaient Paris de sa banlieue.

    Bien à vous.

  • 0 vote deja vote forum
    Par Nicolas Cadène (xxx.xxx.xxx.153) 29 mars 2007 19:43
    Nicolas Cadène

    "Cambronne", votre propos est réducteur et erroné.

    La Commune de Paris trouve sa source dans un élan républicain se référant à la Première République et au gouvernement révolutionnaire de la Commune de Paris (1792), ainsi qu’à l’insurrection populaire de juin 1848 sous la Deuxième République et qui avait été réprimée de façon sanglante par le gouvernement instauré par la Révolution de février 1848.

    La Commune comptait autant d’anarchistes que de marxistes, de blanquistes, de proudhoniens, de socialistes radicaux, de socialistes réformistes, de républicains de toute tendance, d’indépendants. "Socialiste" signifiant ici, personnes proches de l’"idéologie socialiste" dans son sens intellectuel.

    On ne peut pas faire de rapprochement ou de comparaison avec les mouvements politiques d’aujourd’hui de façon nette et tranchée.

    La Commune de 1871 était diverse.

    N’oubliez pas que c’est aussi un mouvement qui a lancé, en premier, les grandes réformes sociales qui ont été reprises par la suite sous les Républiques.

    Merci.

  • 0 vote deja vote forum
    Par machinchose (xxx.xxx.xxx.73) 29 mars 2007 17:23

    « Qu’ont fait les classes gouvernantes en faveur des pauvres ? Qu’ont-elles fait pour rendre les impôts moins lourds à ceux qui gagnent le moins, pour faire la part à peu près égale à tout le monde dans l’immense développement de la richesse publique ? Vous ne comprenez pas qu’on fasse des révolutions ? Dites-vous. Lisez quelques lignes qui résument les produits des divers revenus du pays et vous verrez combien le législateur frappe le nécessaire des uns et épargne le superflu des autres. Les Chambres françaises ont été profondément égoïstes. Elles ont favorisé constamment leurs parents, leurs amis, leurs égaux ».

    Il y a des mots qui ne vieillissent pas.

  • 0 vote deja vote forum
    Par mafalda (xxx.xxx.xxx.250) 29 mars 2007 16:21

    Ce personnage n’a malheureusement que très peu vécu dans les manuels d’histoire, hormis pour les plus addicts de cette période qu’est la Commune. Il est louable de faire exister et revivre de tels moments de notre histoire afin que nous puissions enrichir notre mémoire individuelle, et oeuvrer pour la mémoire collective si précieuse en ce temps d’incertitude politique et sociétale.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login /mot de passe

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.

Faites un don

Réclame

Réclame

sondage

Souhaitez-vous que les auteurs des articles puissent replier sans les supprimer les commentaires qu’ils jugent abusifs dans leur fil de discussion ? (Lire l’article)


Voter

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site optimisé pour le navigateur Firefox. - Un site Infovox Network