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Mali : une crise gérée par les Africains ?

Et si les processus politiques régionaux africains, souvent décriés, étaient en train de faire la preuve de leur efficacité ? Face à la crise malienne, le continent africain a fait preuve de maturité politique, en s'adressant fermement et d'une seule voix, aux putschistes. Les pressions exercées par la Cedeao et l'Union africaine ont peut-être permis d'éviter le pire.

En s'adressant avec fermeté aux acteurs du putsch anti démocratique de Bamako, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), actuellement présidée par le président ivoirien Alassane Ouatara, et la Commission de l’Union Africaine (UA), dirigée par Jean Ping, ont prouvé que les Africains comptent désormais prendre leur destin en main. Cette unité des pays africains aura permis de faire céder la junte et d'éviter un nouveau bain de sang.

C'est en tout cas l'opinion de nombreux observateurs de l'Afrique, qui estiment, à l'image du fondateur du New York Forum Africa, Richard Attias, que "les organisations intergouvernementales du continent sont de plus en plus incontournables dans la gestion des crises politiques (...) et se révèlent des outils de médiation précieux lorsqu'il s'agit de débloquer des situations politiques complexes". Cette intervention conjointe de l'UA et d'un organisme régional est une bonne nouvelle pour le continent et atteste que les médiations régionales, notamment menées par des personnalités respectées du continent, s'avèrent plus efficaces que les efforts de la communauté internationale.


Qu'il s'agisse du monstre technocratique tentaculaire que sont devenues les Nations Unies (où l'efficacité n'est que bien rarement au rendez-vous), les velléités des anciennes puissances coloniales (France et Grande-Bretagne en tête) d'entretenir leur pré carré, ou les visées impérialistes des Etats-Unis voire désormais de la Chine, les médiations des pairs africains enregistrent régulièrement de biens meilleurs résultats.

L'émergence d'une Afrique politique qui inquiète à Londres, Paris ou Washington. Les grandes capitales occidentales sont déstabilisées par cette diplomatie régionale que la Cedeao ou l'UA mènent aux quatre coins du continent. Et ce n'est pas un hasard si le ministre français des Affaires Etrangères, Alain Juppé, a participé en personne au sommet extraordinaire de la Cedeao sur le Mali au début du mois. L'occasion de soutenir l'initiative régionale... mais peut-être aussi de garder un oeil sur l'intervention menée par MM. Ouattara et Ping.

Mais l'activisme de la Cedeao ne doit pas en rester là. Le nombre de défis à relever est incroyablement élevé en Afrique de l'Ouest et plus globalement à travers le continent. Qu'il s'agisse de la situation au Nord du Mali ou de la Guinée-Bissau des dossiers restent sur la table de la diplomatie africaine.

 




par Etienne Marlles jeudi 26 avril 2012 - 7 réactions
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