Le soir même du jour où le jeune Mohamed Bouazizi dont l’immolation par le feu a réveillé, il y a un peu plus d’un an, les peuples arabes, provoquant des révoltes en chaîne, c’est à dire le 17 décembre 2010, le maire de Lyon présent en Tunisie participait à une séance de… karaoké en compagnie de Pierre Ménat ambassadeur de France de l’époque. C’est le site tunisien Kapitalis qui a rapporté ce fait dans son édition du 2 janvier 2012.
Dans le même temps ou presque, Michèle Alliot Marie, en vacances… et pour affaires, rappelons-le, survolait le sud tunisien avec son compagnon (le ministre français actuel Patrick Ollier, défenseur de Kadhafi en son temps) et de ses parents, à bord de l’avion personnel d’un proche du dictateur local (Ben Ali), « évadé » depuis en Arabie Saoudite... à bord du même appareil.
La soirée chantante du sénateur socialiste a été évoquée dans l’entretien accordé au correspondant parisien du site par Mathieu Magnaudaix, co-auteur avec Lenaïg Bredoux, de « Tunis Connection, Enquêtes sur les réseaux franco-tunisiens sous Ben Ali et après… », édité par le Seuil, livre dont la sortie en librairie est pour le 5 janvier prochain 2012.
Au cours de cet entretien l’écrivain, qui est également journaliste à Médiapart, tout comme Mlle Bredoux, dit que « …dans ces réseaux franco-tunisiens n’avaient pas existé des valises pleines de billets de banque » mais, par contre avaient fleuri des invitations « tous frais payés » à séjourner à Tunis, dont auraient profité plusieurs hommes politiques et des journalistes, ainsi que de nombreux encarts publicitaires payants vantant le pays accordés à des supports comme par exemple « …Les Cahiers de l’Orient d’Antoine Sfeir ou Jeune Afrique de Béchir Ben Yamed ».
Il dit avoir interrogé plusieurs des personnes concernées sur les contacts privilégiés qu’ils avaient eu avec l’ancien pouvoir tunisien, mais rares avaient été ceux qui lui avaient répondu, « … à l’exception d’une toute petite poignée d’entre eux dont Bertrand Delanoë et Frédéric Miterrand ». Ce dernier aurait ainsi acquis sur le champ la nationalité tunisienne facilitant l’achat d’un bien dans le pays, lors d’un déjeuner avec Abdelwahab Abdallah, alors éminence grise du président Ben Ali, aujourd’hui emprisonné à Tunis dans l’attente de son procès. Il est apparu également que Jean François Copé et sa famille auraient bénéficié en 2008 de « vacances gratuites » à Tozeur et que de nombreux députés (notamment d’une banlieue parisienne) étaient des habitués du Palais de Carthage. Tout comme Imed Trabelsi, le sulfureux neveu de Leîla Trabelsi l’épouse de Ben Ali, l’était à l’Ambassade de France. Imed Trabelsi purge depuis, plusieurs condamnations à Tunis.
Le journaliste-écrivain revient également sur le télégramme adressé à son gouvernement par l’ambassadeur de France la veille de la fuite du dictateur qui indiquait que celui-ci « avait repris la main sur les évènements et que tout était sous contrôle dans le pays ».
Pierre Ménat, le diplomate en question, est aujourd’hui en poste aux Pays Bas. Son déplacement avait fait l’objet d’une lettre de protestation d’une association de la fonction mettant l’accent sur l’incompréhensible politique étrangère française de l’époque, dirigée – pendant quatre mois seulement - par ... Michèle Alliot Marie

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