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Mathématique et citoyenneté

   La journée mondiale de Philosophie a lieu tous les 19 novembre de chaque année. En cette année 2009, le thème retenue a été :’’ Philosophie et Citoyenneté’’
 Le choix d’un tel thème a ainsi donné l’occasion de se permettre une certaine extension de la réflexion à d’autres disciplines. C’est de cela qu’on pouvait se permettre, par analogie, d’analyser le thème : ’’MATHEMATIQUE ET CITOYENNETE’’.

 La question de l’éducation est une donnée en générale assimilable à celle de la formation pluridisciplinaire des individus devant présider aux destinées des sociétés qui les forment. Que ce soit dans l’éducation de base, l’éducation familiale, l’éducation morale, spirituelle ou intellectuelle, n’est-ce pas toujours le même objectif, celui de façonner un profil donné de citoyens ?

 Dans ce dernier contexte en particulier, presque autant qu’à l’image des autres, les ingrédients de base sont voulus assez variés, dans ce but final d’une citoyenneté digne et exemplaire.

 De la Philosophie à la Mathématique en passant par les sciences sociales, humaines, juridiques, politiques ou physiques, par exemple, le spectre de ces divers catalyseurs se veut assez large.

 C’est dont logiquement que l’on est en droit de considérer, entre autres, la problématique ‘’Mathématique et Citoyenneté’’, dans le but d’examiner si la Mathématique peut être d’un apport quelconque à l’édification du citoyen, et de quelle manière, dans l’affirmative.

 Afin d’analyser cette dynamique, il peut s’avérer utile de dégager à priori pour chacun des deux concepts ici en présence, les traits de comportements et les facultés humains inhérents à son essence, autrement dit, comment appréhender la citoyenneté, et, qu’est-on en droit d’attendre du Matheux, en terme de tempéraments ou d’attitudes humaines ? Et enfin sur la base des deux catégories d’éléments recensés, l’on peut enfin apprécier, si c’est le cas, comment les caractères issus de la Mathématique peuvent induire ceux relatifs à la Citoyenneté.

 

 La Citoyenneté, état de citoyen, pourrait également être comprise au sens du degré de responsabilité d’un individu face au respect des institutions et des lois de son pays.

 Cette notion assez palpable est perceptible au quotidien par des caractéristiques telles que : le patriotisme, le loyalisme, le sens du devoir envers la nation, le respect de la chose publique, le souci de l’intégration nationale, l’exercice du droit de vote, le respect de l’hygiène et de la salubrité publique, le souci de l’intérêt général, le paiement des contributions à l’Etat, le souci de la bonne gouvernance, le respect de l’autre, etc.

 Cette énumération, bien sûr partielle, étant donné, quelles sont ensuite les valeurs essentielles que la Mathématique peut induire en l’homme ?

  Hormis sa nature de science hypothético-déductive, la Mathématique est aussi caractérisée par son profond symbolisme, son abstraction, et plus essentiellement son esprit de rationalité. 

 Et sur le plan humain ensuite, y aurait-il quelques particularités comportementales caractéristiques du Matheux ?

 A cette interrogation, et en situation idéale, la pratique permanente et soigneuse des Mathématiques devrait inculquer progressivement quelques vertus indéniables en l’homme.

 L’exactitude mathématique, associée au principe intellectuel de contradiction des idées oblige souvent le Matheux à s’incliner de façon muette et sans détour possible, face à un contre-exemple à lui brandit par un tiers ; l’habitude à de telles confrontations finit par développer chez l’individu le sens de l’humilité.

 De plus, en raison de sa réputation de discipline redoutable, ajoutée à son aura de matière élitiste, le choix des études mathématiques est un pacte définitif avec le travail. Cette abnégation continue finit le plus souvent par faire des Matheux des travailleurs opiniâtres. Et comme tels ces derniers choisissent bien souvent le travail aux loisirs, autant qu’ils sont de la catégorie de ceux qui privilégient l’utile à l’agréable, en simples et pacifiques bâtisseurs.

 La Mathématique, par ailleurs, de part sa démarche absolument logique et rationnelle apparaît, être à l’intelligence humaine ce qu’est la lime au couteau. Et, de part cette disposition à aiguiser les intelligences, être Matheux sous- entendrait par ricochet, une bonne adaptabilité à d’autres domaines d’activités professionnelles, doublée d’un grand sens de l’organisation méthodique du travail, à condition que l’individu prenne conscience de lui-même.

 En enfin, sans bien sûr la prétention d’être exhaustif sur la problématique ici en question, l’objectivité et la rigueur mathématique permettent, en générale de produire des hommes plus ou moins intègres relativement équilibrés et mesurés dans leur gestion du quotidien.

 Voilà plus ou moins explicitées les valeurs intrinsèques de la citoyenneté d’abord, et celles de la Mathématique ensuite.

 Cette étape réalisée, libre cours est à présent donné à l’établissement d’une correspondance entre les deux classes d’éléments. Précisément dit, comment est-ce que les vertus de la Mathématique agissent-elles dans le processus de l’édification d’une citoyenneté responsable ?

 A la fin, une possibilité d’analyse consiste à dégager pour chacune des qualités mathématiciennes précédemment évoquées, son impact singulier et direct sur la citoyenneté.

 Un citoyen humble possède le sens du respect d’autrui.

 Atteindre l’état de simplicité vraie, ce qui est un niveau de conscience émérite, traduit une relative transcendance de l’instinct matérialiste caractéristique de beaucoup de citoyens, lequel instinct trahit le plus souvent la citoyenneté à travers le vol de la chose publique et plus particulièrement les détournements financiers.

 Ensuite, le travailleur perspicace et surtout méthodique est gage d’un bon rendement pour l’entreprise, ce qui contribue à la bonne gouvernance, laquelle est une autre attitude citoyenne. Mais à ce stade, beaucoup de Matheux auraient besoin encore d’être conscients d’eux-mêmes, autant que la société en générale, et l’entreprise en particulier, devraient en être averties, et surtout solliciter cette compétence matheuse. La grande adaptabilité du matheux aidant, une courte période d’imprégnation suffit en générale ici, pour que ce dernier participe à la bonne gouvernance, indépendamment du secteur d’activité considéré.

 Un citoyen mu par la raison peut susciter une repensée des lois injustes, peut juger objectivement selon les lois en vigueur, ou encore appliquer une véritable politique d’intégration nationale de toutes les composantes sociales du pays. C’est toujours par la raison que le citoyen perçoit que le port d’une carte d’identité nationale est d’abord pour son propre intérêt, même si c’est le policier qui en fait l’exigence au quotidien. C’est par elle encore que l’on réalise comment la possession d’une carte de contribuable, ou encore l’exercice du droit de vote, sont des contributions citoyennes à la bonne marche de la nation.

 Voilà ainsi développé une certaine appréhension de la problématique ’’ Mathématique et citoyenneté ‘’. Peut-être en découle-t-il des Matheux insuffisamment aptes, conformes, ou trop vertueux vis-à-vis de la citoyenneté. A la critique d’en juger. Aussi, si l’on venait à déplorer ce regard du Matheux sur lui-même, rien n’empêche la liberté de la confronter à celle d’autrui afin d’être mieux éclairé, car il va de soi que tout corps de métier reste sujet à la critique.

 D’autre part, l’apport fondamental de la Mathématique à la citoyenneté est donc surtout manifeste à travers le sens du devoir envers la nation, que ce soit via l’enseignement ou l’entreprise en général. L’adéquation dans ce dernier cas exigeant non seulement une double prise de conscience chez le Matheux et l’entrepreneur, mais aussi une formation en plus grand nombre de Matheux.

 Sans intention de développer un quelconque ’’Mathématisme’’ ici, la société ne mériterait-elle peut-être pas d’être davantage regardante face à cette catégorie d’humains ? Ou tout autant, les Matheux en société ne devraient-ils pas oser se redéfinir, tant pour la citoyenneté que pour d’autres concepts de développement ?


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2 réactions à cet article    


  • heliogabale boug14 2 décembre 2009 13:54

    voilà un article intéressant qui engendrera peu de réactions. C’est une très bonne question que vous posez. En quoi l’enseignement des mathématiques fait de bons citoyens. Si vous permettez, on peut se demnader à juste titre si les mathématiques en elle-même permet une meilleure compréhension du monde dans le sens de l’altérité et du bien-être général.
    Plus généralement, faudrait-il introduire plus de logique dans l’enseignement secondaire ? Enseigner les bases en logique mathématique serait une très bonne chose pour le citoyen qui serait capable de mieux comprendre les contradictions dans un discours politique. Il est très intéressant de constater que les hommes politques aiment agir de la sorte :
    Ils énoncent une thèse
    Ils entament une explication de leur thèse. Sarkozy et Besancenot, par exemple, entament cette étape par un « Pourquoi ».
    Au lieu d’avancer des arguments techniques sans pour autant être inaccessible pour le citoyen lambda, ils enchaîent les exemples sortis de leur expérience.
    Ce n’est en rien une démarche mathématique, étant donné que tout objet est unique en mathématiques et qu’en général, ces objets n’ont pas de propriétés communes. C’est ainsi que de nos jours, ces façons de raisonner amène au mieux (moins bien) une certaine forme de sentimentalisme en politique (ça peut virer au sensationnel) ou au pire à la recherche d’un ennemi commun que l’on rattachera à des faits ponctuels que l’on généralisera sans pour autant faire d’études (statistiques). Sarkozy veut du chiffre, donc des statistiques mais qu’il isole de toute réalité globale.
    Les mathématiques doivent nous aider à trouver ce qui nous rassemble malgré nos particularités.


    • L'enfoiré L’enfoiré 2 décembre 2009 19:27

      @L’auteur,
       Je suis désolé, mais je ne vois pas le rapport entre les maths et la citoyenneté.
       Je dirais même que la rigueur des sciences exactes n’a rien à voir avec les sciences humaines.
       Les deux sont complémentaires, d’accord, pour construire un homme.
       Le cœur et le cerveau, l’un actionnant l’autre.
       La logique fait un peu le lien. Avec 40 ans d’informatique derrière moi, je peux dire que c’est le seul lien. Je sais où je suis et j’ai des difficultés, par exemple, à aimer à tous les coup un poème.
       Je l’ai d’ailleurs exprimé ici.

       Wiki le dit d’ailleurs : "L’expression science exacte désigne dans un même ensemble les sciences de la nature (chimie, physique, sciences de la vie...) et les sciences formelles (mathématique, informatique théorique, physique théorique...). Outre cette définition par extension (discutable), on peut donner une définition par compréhension (tout aussi discutable) : l’expression sciences exactes s’applique aux sciences pour lesquelles la notion de vérité, d’exactitude, ne pose pas trop de problèmes, car d’une part les notions de base sont bien définies et universelles (partagées par tous les chercheurs du domaine), et car d’autre part les « énoncés/affirmations/théorèmes/principes » de bases sont aisément vérifiables (via des expériences reproductibles à l’identique, via une preuve mathématique, etc.).
       D’elle pourra se greffer la citoyenneté, mais pour être dépendant ou relier, il faudrait une cause indéniable et toujours reproductive relié à l’effet. En sciences appliquées l’on quitte alors le domaine des sciences exactes. À l’inverse, de nombreuses sciences (sociologie, économie, linguistique, musicologie, ...) comportent des branches qui reposent sur des approches rigoureuses, utilisant éventuellement des méthodes comparables à celles des sciences exactes.« 

       J’ai aussi trouvé bizarre dans votre article l’utilisation du singulier et du pluriel à des moments qui ne le justifiaient pas, du mot »mathématique".
       Y a-t-il une raison cachée ?
       
       

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