Notre messagère à tous, de la lumière et de l'amour, après avoir planté sa petite graine et assisté à sa croissance, avec les petites sœurs qui, dans votre combat, vous ont rejoint, est repartie. Confiant le soin d'étancher la « soif » que Dieu avait de l'homme à travers un incommensurable don : les missionnaires de la charité.
À l'aube d'une humanité au bord du vide qui la menace, ne sachant pas comment le combler. Conformément à mes semblables, j'ai trop souvent tendance à désespérer. Il est pourtant des moments, où...au cœur de mon métier...de votre chemin je me rappelle, de vos paroles je me nourris.
À travers ces lignes, je place avec ceux qui voudront bien les lire, sur votre mémoire, quelques bougies.
Ce 05 septembre 1997, vous nous avez laissé l'empreinte ardente, d'un enseignement que seule la mère aimante donne à ses enfants.
En suivant ces paroles du Christ, prononcées lors de votre béatification par Jean paul II vous avez ouvert la voie :
« "Celui qui voudra être le premier parmi vous, sera l'esclave de tous" (Mc 10, 44). Ces paroles de Jésus aux disciples, qui ont retenti il y a peu sur cette place, indiquent quel est le chemin qui conduit à la "grandeur" évangélique. C'est la route que le Christ lui-même a parcourue jusqu'à la Croix ; un itinéraire d'amour et de service, qui renverse toute logique humaine. Être le serviteur de tous ! ».
C'est en éclairant le monde de blanc et de bleu qu'une toute petite Dame illustra ces paroles : car la grandeur de son œuvre rayonne encore et rayonnera toujours.
C'est au cœur d'un monde où des hommes naissent déjà bannis, que vous avez montré qui étaient les plus petits. Illustrés par l'ampleur de votre tâche, ils vous incarnent désormais, et c'est dans les yeux de ceux que personne ne regarde, que l'on pourra toujours vous rencontrer.
Du fond de ma vie que je ne trouve jamais assez dorée, de temps en temps, revient à ma mémoire, ce que vous nous avez enseigné :
Vous avez offert le rire, à ceux qui n'ont aucune raison, de ne serait-ce, que sourire.
Qui laviez les plaies et souillures d'être qui ne sont plus rien, en partageant leur froid, leur nuit, leur abandon : la plus inestimable tâche. Vous mêlant à eux dans leur soif d'amour : la seule véritable conquête.
Qui n'avez jamais ôté la moindre parcelle d'humanité, jamais jugé le plus vil, vous contentant de lancer des rappels, relents de vérités.
Qui avez partagé le sort des déshumanisés dans le dénuement de leur existence.
Qui viviez dans la nuit de ces corps jugés sans âmes, dans les pas du Christ sur son chemin de croix.
Pas une hésitation à acquérir de nouveaux savoirs pour l'offrir à ceux qui n'existaient presque plus.
Votre regard se posait sur les plus vilaines blessures, les plus avilissantes faiblesses avec la bienveillance d'une mère.
Comme cette douce flamme vous assistiez les pires tourments des mourants, soutenant leurs âmes meurtries, réchauffant leurs cœurs déchirés.
Comme un berger pleinement conscient de l'importance de sa tâche, même dans le froid, au cœur de la nuit, jamais vous n'avez lâché le lampion qui aidait les peinés, les perdus, à ne pas s'égarer.
Pourtant vous avanciez, vous, en faisant face, sans la moindre faiblesse, au froid le plus vif, à la plus dense obscurité.
La lumière à rayonné à travers vous pour réchauffer la misère, sans jamais atteindre le terrible froid qui vous assaillait.
Aujourd'hui, le guide nous a quitté, mais son flambeau continue de rompre les ténèbres tout autour de la planète, tant par l’œuvre immense laissée, que par l'insondable amour qui l'alimentait.
« Il y a beaucoup de souffrance dans le monde, énormément. Et la souffrance matérielle, c'est souffrir de faim, souffrir d'être sans abri, souffrir de toutes sortes de maladies, mais je persiste à croire que la plus grande souffrance, c'est d'être seul, de se sentir mal-aimé, de n'avoir simplement personne. J'en suis venue à me rendre de plus en plus compte que la pire souffrance que puisse vivre un être humain, c'est de n'être pas désiré. »
« Le manque d’amour est la plus grande pauvreté. »
« La solitude et le sentiment de n'être pas désiré sont les plus grandes pauvretés. »
« Si tu juges les gens tu n’as pas le temps de les aimer. »
« Ne laissez personne venir à vous et repartir sans être plus heureux. »
« Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire. »
Mère Téresa.
Vous aviez mis en garde les pays « riches » sur leur égoïsme grandissant, la froide et ténébreuse solitude qui s'abat sur un nombre croissant de cœurs.
Votre appel a-t-il été entendu ?
En tout cas, du futur j'entends encore vos paroles, alors que les structures se multiplient et les rues s'emplissent, pour accueillir dans nos pays riches, aussi, des êtres dont personne ne veut plus.
Comme des champignons, les signes que des semblables sont rejetés, déshumanisés, face à la plus effroyable douleur morale : coupés de tout contact affectif, prolifèrent.
Les hommes s'amputent des leurs, pour mieux pouvoir se considérer.
Les hommes seraient-ils en train de confondre votre lampion bienveillant avec l'éclat de pièces dorées ?
Aurions-nous oublié ce que vous nous disiez : c'est dans le don de soi que l'on trouve le plus d'amour ? Que c'est dans le pardon, la bienveillance que l'on ouvre le cœur de l'autre à la lumière qui nous éclaire en retour ?
Que ce n'est pas en s'entourant d'un confort toujours accru, en peignant nos âmes d'or et d'argent, à travers de faux statuts, de vaines breloques, en vénérant du papier glacé et des veaux de diamants, que nous pourrons remplir cet affreux vide qui nous habite et vers lequel on se précipite, mais en regardant les plus pauvres, les plus meurtris, les plus faibles, ceux qui ne font rêver personne, avec le même regard qu'une mère pour son enfant ?
Que le plus affaibli n'est pas un réceptacle de ce que nous ne voulons pas en nous, ce que nous n'acceptons pas chez nous, mais bel et bien un semblable avec lequel il y a tant de choses à partager ?
Que les faiblesses des autres ne sont pas des recoins où cacher les noirceurs de nos propres âmes ?
Qu'aider n'est pas vivre à la place de l'autre, en le niant, en lui volant tout ce qui l'a toujours défini ?
Que lorsque l'on décide d'éclairer, de soutenir le rejeté, le délaissé par tous, on doit se contenter de tenir le lampion pour adoucir son parcours douloureux, mais en le laissant cheminer en tant que lui ?
Que manipuler des corps meurtris, sur la voie de la défaite doit se faire avec la même douceur qu'une caresse sur la joue d'un nouveau né ?
« Si jamais je deviens sainte – je serai certainement une sainte des « ténèbres ». Je serai continuellement absente du Ciel - pour allumer la lumière de ceux qui sont dans les ténèbres sur terre- » Paroles de Mère Teresa.
Alors que l'homme aborde un chemin inconnu, qu'un nombre grandissant d'êtres apeurés cherchent un guide, une étoile...il y a des années....vous nous avez quittés, pourtant, et je tenais à le rappeler, votre lampe brille toujours, sur le chemin de l'humanité...
Vos compagnes, les sœurs de la congrégation que vous avez créée, continuent votre route en éclairant toujours le chemin dans l'obscurité.
Un être qui prend soin des délaissés, dont l'âme encore habitée d'orgueil oublie trop souvent de regarder l'étoile, que depuis 60 ans, pourtant, vous nous montrez.
Site officiel :
http://www.motherteresa.org/french/layout.html
Site du Vatican :
http://www.vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_20031019_madre-teresa_fr.html
homélie lors de la béatification :
http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/homilies/2003/documents/hf_jp-ii_hom_20031019_mother-theresa_fr.html

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