L’Europe se meurt de la crise. Merkel et Sarkozy, avec l’Eurogroupe [1] comme machine à exécuter dirigée par le Bilderberger Jean-Claude Juncker, n’ont cessé de brandir l’austérité et seulement l’austérité comme seule voie de sortie de crise. Et de plan d’austérité en plan d’austérité, la Grèce n’a cessé de s’enfoncer et l’Europe avec. Aucune solution, aucun frémissement de reprise à l'horizon. Les marchés financiers ont pris depuis longtemps les commandes de cette Europe-là. Seule voix à parler de croissance et de nécessaires mesures de relance : François Hollande, ce qui lui a valu railleries et mépris alors que la campagne démarrait et que rien ne laissait présager un positionnement durable de favori. Raillé pour son « manque de réalisme », son « amateurisme » lorsqu’il a évoqué la nécessité de renégocier le pacte budgétaire, il a connu de grands moments de solitude dans le concert hyper capitaliste orchestré par Merkozy.
Et voilà qu’Angela Merkel parle ce week-end de plan de relance pour l’Europe. Même si elle nie qu’il s’agisse d’une volte-face, c’en est bien une.
Les lignes ont commencé à bouger en Europe
Souvenons-nous : Le Financial Times avait déjà donné raison à François Hollande, comme l'évoque cet article, publié le 13 avril sur Agoravox. Extrait traduit :
"Le consensus politique face un tel état des lieux de la croissance ne sera pas facile à construire. Mais au fur et à mesure que les conditions économiques deviennent plus dures, les grands prêtres de l'austérité fiscale doivent nécessairement devenir plus isolés. Il est donc encourageant qu'un nombre croissant des politiciens, y compris François Hollande, le candidat au poste du président français, appelle" à une stratégie de croissance européenne ". Un tel plan doit inclure les mesures concrètes qui peuvent avoir un impact immédiat. L'Europe a trop parlé de la croissance, pendant trop longtemps et en faisant trop peu. Il est temps d'agir avant que ce ne soit trop tard."
Source : Financial Times
Désormais c’est Angela Merkel qui emboite le pas, en douceur, au discours de Hollande, qui a remis la croissance au centre des débats.
La championne de l’austérité parle de croissance

Elle, la championne de la réduction des déficits, parle désormais de croissance "Nous préparons un agenda croissance pour le sommet européen de juin", a-t-elle déclaré samedi. Selon certaines sources, des propositions concrètes pourraient être discutées lors d'un "dîner informel" des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, après le second tour de l'élection présidentielle française. Notamment, il serait question de mobiliser 200 milliards d'euros d'investissements publics et privés pour des projets d'infrastructure, les énergies renouvelables et les technologies de pointe.
François Hollande, qui a de quoi se féliciter après ces déclarations d’Angela Merkel, a déclaré "Qu'est-ce qu'elle disait encore il y a quelques semaines ? Qu'elle ne voulait même pas entendre parler de mots comme celui de la croissance, tant elle était attachée à celui de l'austérité. Ça bouge et ça bougera encore après l'élection".
Même si Angela Merkel dément avoir changé de discours, c’est bien ce qui se passe.
Hollande a encore insisté sur la nécessaire renégociation du pacte budgétaire européen. Ce à quoi Angela Merkel répond « pas question ».
Pourtant, c’est l’une des promesses de François Hollande aux français et s’il est élu, et Angela Merkel devra faire des concessions. L’Eurogroupe aussi.
Hollande ne cesse de gagner du terrain et des alliés en Europe, à l’instar de Mario Monti qui plaide pour « une évaluation plus différenciée des déficits publics des pays européens ».
Cependant, il faut voir un sens supplémentaire dans cette sortie de Merkel sur la relance, la veille des élections en France. Supputant que Hollande sera probablement le prochain président de la France, et qu'il compte déjà des alliés pour la politique européenne qu'il compte mener, Merkel ne veut pas perdre le leadership de cette Europe et anticipe son positionnement en se donnant la possibilité de dire "Mais j'y ai travaillé avant votre arrivée, à la croissance". Ainsi elle pourra faire équipe avec lui en ayant sauvé la face. Elle pourra prétendre porter le flambeau de la croissance.
Une chose est certaine cependant : La fin du règne du trio Sarkozy-Merkel-Juncker en Europe dépend du résultat des élections présidentielles en France.
Références
[1] Wikipedia eurgroupe : http://fr.wikipedia.org/wiki/Eurogroupe
[2] Réunion bilderberg 2011 : photo de JC Juncker président de l’eurogroupe
[3] Bilderberg

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02/05 23:54 - lsga
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