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Michel Barnier ou l’art de se tirer une balle dans le pied

Dans une tribune publiée sur le Huffington Post, Michel Barnier et Tonio Borg, respectivement Commissaires européens au Marché intérieur et à la Politique des consommateurs, tirent la sonnette d'alarme. Leur postulat est simple : en Europe, 58 millions de personnes n'ont pas de compte en banque. Parmi elles, 25 millions souhaiteraient pouvoir en ouvrir un. Des chiffres suffisamment élevés pour prendre le problème à bras le corps, tenter de trouver des solutions. Une démarche noble, pourtant entravée par des à-côtés incompréhensibles. Explications. 

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la politique conduite par Michel Barnier est pétrie de paradoxes. La plupart des résolutions énoncées dans sa tribune sont frappées au coin du bon sens. Il faut, en effet, faciliter l'accès de tout un chacun à l'ouverture d'un compte, favoriser la concurrence entre banques pour que le consommateur puisse la faire jouer, encourager la transparence des établissements bancaires sur leurs tarifs, rendre moins ardues les procédures de clôture de comptes... En un mot comme en cent : redonner son libre-arbitre à un consommateur trop souvent détroussé à son corps défendant.

Dans cette litanie de bonnes nouvelles vient pourtant se glisser un élément dissonant. Alors qu'il s'investit corps et âme dans la lutte contre l'excès de frais bancaires, Michel Barnier s'attaque en parallèle aux commissions d'interchange. Ou comment se tirer une balle dans le pied.

L'interchange représente les frais dont doivent s'acquitter les commerçants lors de chaque transaction par carte. Il s'agit du modèle économique principal de ce genre de paiements. Les supprimer ou les réduire d'un côté reviendrait, par un effet de bascule, à en transférer le poids d'un autre. Autrement dit, si les commerçants payent moins, les banques des consommateurs augmenteront mécaniquement le coût des cartes bancaires. C'est ce qui s'est passé en Espagne, où une réduction de 57% des commissions d'interchange a entrainé une augmentation de 50% des cotisations consenties pas les utilisateurs. Aberrant.

Animé de bonnes intentions, Michel Barnier souffle le chaud et le froid. A force de vouloir plaire à tout le monde, il propose des solutions nuisibles à chacun. A terme, la diminution de l'interchange pourrait en effet avoir des répercussions négatives sur les commerçants eux-mêmes, en dissuadant le consommateur d'utiliser sa carte bancaire et donc, dans une certaine mesure, d'acheter. Un manque de cohérence d'ensemble qu'il serait de bon ton de rectifier au plus vite. 


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3 réactions à cet article    


  • Lieutenant X 23 mai 2013 15:06

    Si seulement ce n’était que ça.


    • rugueux 23 mai 2013 22:07

      Barnier né à La Tronche n’en est pas une !

      Il n’a jamais travaillé de sa vie, député à 27 ans il n’a jamais quitté la politique, et n’a jamais assumé aucune responsabilité...Qu’une crêpe comme lui soit commissaire européen en dit long sur le sérieux de l’UE...

      58 millions d’européens n’ont pas de compte en banque mais seulement 25 millions veulent en avoir un..Déjà 33 millions s’en foutent...Alzheimer ou roms le compte en banque les laissent indifférents...25 millions en veulent un...et moi je veux une Ferrari..Et alors ? Entre vouloir et pouvoir il y a monde !
       Bienvenue dans la réalité....

      Tu demandes à un traîne-savatte roumain ou tunisien s’il veut un compte bancaire il te dit oui....juste normal !

      Les commissions d’interchanges c’est juste le prix, minime, que paye un commerce pour avoir un paiement sécurisé fiable à plus de 99,999%, pratique, rapide et efficace...C’est normal qu’il le paye...Vouloir en transférer le coût au consommateur est une escroquerie pure...

      D’autant plus le seul autre moyen de paiement aussi, en fait plus fiable, est le cash..et le cash c’est maintenant interdit au-delà de 3000 euros...


      • spartacus spartacus 24 mai 2013 09:40

        Et en plus il a déclaré qu’il souhaitait une politique moins « libérale »

        Avec 57 % du PIB de dépenses publiques.
        Avec 100% des partis politiques Keynésiens
        Avec de l’interventionnisme étatique dans tout.
        Ceux qui savent ce qu’est réellement le libéralisme se marrent.

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chrisgalond


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