L'être humain, ça vous parle ?
En 2010, celle qui présidait jusqu'alors aux destinées de Miss France, Geneviève de Fontenay, claque la porte de l'organisation Miss France. Ce “comité” (devenue via les recettes publicitaires une affaire en or, au fil des années) avait été rachetée par par la société Endemol - mastodonte de la production télé - quelques années auparavant. Mise à l’écart, peu consultée, à peine nommée dans les dernières éditions 2008 et 2009, Geneviève se sent méprisée, à tort ou à raison, par ses racheteurs. Son fils Xavier, qui avait droit à cinq minutes de gloire absurde auparavant, est privé de speech (ses intervention étaient particulièrement sans intérêt cela dit) dans la version Endémol du concours. Bref, après son départ, la dame au chapeau décide de créer un nouveau comité, celui de Miss Nationale. Sur le modèle de celui de Miss France, ce concours de beauté se donne pour objet de trouver celle qui incarnera une année durant "le charme et l'élégance à la française". Barbara Morel sera la première couronnée.
Mais le géant Endémol attaque Geneviève début 2011 et par décision de justice, la contraint à abandonner son élection “Miss Nationale”. Les comités régionaux décident alors de continuer à porter son flambeau, avec un nouveau nom : Miss Prestige National. Le concours continue bel et bien, au moyen de cet artifice juridique.
C’est toutefois en l’absence assourdissante de Geneviève de Fontenay que Christelle Roca, 21 ans, Miss Roussillon, sera élue dans l’Ain Miss Prestige national 2012. A cela une raison : la procédure judiciaire opposant Endemol à l’ex-patronne des Miss France lui interdit d’y associer son image par tout moyen existant. Endémol a arrosé de courriers de mise en garde les divers partenaires de l’événement ; après la défection de Dailymotion, c’est finalement sur Facebook et le site confidentiel Mamiss2012.com que sera retransmise la cérémonie.
Revenons sur celle-ci, qui s’est tenue le 5 décembre dernier, le lendemain de la “vraie élection” présentée par l’inoxydable Jean-Pierre Foucault : deux heures et demie de show artisanal, loin des strass de TF1. Yves Derisbourg, l’ancien Monsieur Votes de Miss France, est caution de la soirée. Chargés de choisir les sept finalistes, ensuite départagés par le jury (notamment Henry-Jean Servat, Eve Angeli, Massimo Gargia), les internautes ont été, affirment les huissiers, « 1 146 602 » à voter depuis le 28 novembre. « Quelle est la vraie Miss de ce pays ? s’exclame Servat C’est une soirée faite avec le cœur et qu’on n’a pas le droit de piétiner. Il y a des huissiers qui ont interdit de prononcer ce soir le nom de Geneviève de Fontenay. Préparez les menottes, allons en prison tous ensemble et disons-le : vive Geneviève de Fontenay ! ».
Par delà ce concours d'une non-importance quasi abyssale, il y a dans ce litige toute notre société, malade, qui est résumée.

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