Mitterrand observe un devoir de réserve dans la polémique entre Ndiaye et Raoult
C’est un silence éloquent. Qui ne dit mot consent. Ce silence tranche avec de récentes déclarations du ministre. On se souvient que Frédéric Mitterrand fut prompt à soutenir la cause de Roman Polanski.
Aujourd’hui il défend du bout des lèvres Marie Ndiaye. La lauréate du dernier prix Goncourt vient d’être attaquée par Eric Raoult.
Dans un communiqué adressé au ministre de la culture, le député UMP de Seine Saint-Denis vient de rappeler l’écrivain à un hypothétique devoir de réserve.
Le ministre, qu’on dirait gêné aux entournures, reste étonnamment discret sur cette affaire. Est-il le ministre de tous les artistes ou seulement de quelques-uns ?
Minimum culturel syndical, hier, après les réactions du député Eric Raoult : « Le Prix Goncourt est une entreprise privée, tout à fait remarquable a expliqué Frédéric Mitterrand sur Radio France Isère. Donc, les écrivains qui reçoivent le Prix Goncourt, et Marie Ndiaye est un grand écrivain, ont le droit de dire ce qu’ils veulent. Par ailleurs, Eric Raoult, qui est un ami et un homme très estimable, a le droit lui aussi en tant que citoyen, voire en tant que parlementaire, de dire ce qu’il pense ».
Moi, personnellement, j’aime cette sobriété, ce côté net et sans bavure. Je le préfère au baroque larmoyant dont Frédéric Mitterrand a fait preuve il n’y a pas si longtemps lors de sa défense hâtive de Roman Polanski. Cependant on se demande pourquoi, soudain, il y a deux poids deux mesures. Comme s’il ne fallait pas entraver la parole de Raoult en service commandé à la manière d’un Lefebvre. Plus c’est gros plus ça passe, mais faut bien lubrifier avant.
Le lendemain du jour anniversaire de la chute du mur de Berlin, la veille de l’Armistice, Eric Raoult déclare la guerre. A l’Allemagne ? Non, à la littérature. Enfin, c’est plus compliqué que ça : à Marie Ndiaye, l’auteur de Trois femmes puissantes (Gallimard), lauréate du dernier prix Goncourt.
Comme souvent chez les guerroyeurs enthousiastes, Eric Raoult aime la castagne, mais ne sait pas vraiment pourquoi. Pour le plaisir, sans doute. Trop de réflexion tue la réflexion et Eric Raoult, député UMP de Seine Saint-Denis (et vice président de l’Assemblée nationale), n’est pas une « tarlouze », mais un homme d’action qui aime l’ordre (en langue de bois cela signifie, comme dit son ami Dominique Paillé, qu’il est « entier »). Par exemple Eric Raoult apprécie les régimes stables : Israël (il est président de l’Association des élus amis d’Israël) et la Tunisie (il est aussi Président du groupe parlementaire d’amitié France-Tunisie). Deux pays en paix avec eux-mêmes. Qu’importe le prix à payer pour les populations.
L’ordre et la stabilité il l’apprécie aussi chez lui. Je veux dire chez nous. Par exemple il n’y a pas si longtemps il souhaitait rétablir la peine de mort (pour certains criminels seulement). Eric Raoult qui jadis ne voulait pas de logements sociaux dans sa ville, préférait que les taxes municipales servent à payer les amendes compensant le manque d’HLM. Eric Raoult manie l’aphorisme : « Dès qu’il y a un enfant, il faut un papa et une maman », a-t-il déclaré un jour. Ou bien : « On ne peut pas, dans les écoles de France, être partagé entre d’un côté le voile et, de l’autre, le string. Ces tenues ne seraient même pas permises dans une discothèque ! ».
Alors bon, ce n’est pas une moricaude qui va lui donner des leçons de France. Le 10 novembre, il s’échauffe contre Marie Ndiaye qui déclare dans les Inrockuptibles : « Je trouve cette France-là monstrueuse. Le fait que nous (avec son compagnon, l’écrivain Jean-Yves Cendrey, et leurs trois enfants – ndlr) ayons choisi de vivre à Berlin depuis deux ans est loin d’être étranger à ça. Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy, même si j’ai bien conscience que dire ça peut paraître snob. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité… Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux. Je me souviens d’une phrase de Marguerite Duras, qui est au fond un peu bête, mais que j’aime même si je ne la reprendrais pas à mon compte, elle avait dit : “La droite, c’est la mort.” Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d’abêtissement de la réflexion, un refus d’une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n’a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n’a plus ».
Le sang (français) de Raoult ne fait qu’un tour (de France ?). Tous à Berlin ! s’écrie-t-il en armant son chassepot. Calme-toi, lui lance Corinne, sa femme (qui l’avait prévenu de la sortie il est vrai « snob » et un « peu bête » de la lauréate du Goncourt), calme-toi mon rat, la Ndiaye a dit ça avant de recevoir le prix. C’est vrai. Eric Raoult fait semblant de ne pas remarquer que la date de l’interview accordée par Ndiaye à l’hebdomadaire débranché datait du 30 août et que la remise du prix Goncourt, lui, ne datait que du 2 novembre. Ça change tout, non ?
Non. Car il adresse hâtivement un comminatoire communiqué à Frédéric Mitterrand : « Monsieur Éric Raoult attire l’attention de M. le ministre de la culture et de la communication sur le devoir de réserve, dû aux lauréats du Prix Goncourt ». Petite réflexion personnelle : « le devoir de réserve, dû aux lauréats du Prix Goncourt » , cette phrase ne signifie rien. Ou alors, si je comprends bien, Eric Raoult devrait être plus réservé envers Marie Ndiaye. Poursuivons : « En effet, ce prix qui est le prix littéraire français le plus prestigieux est regardé en France, mais aussi dans le monde, par de nombreux auteurs et amateurs de la littérature française ».Note en bas de page : « regardé » ? Je croyais qu’il était lu. Je comprends mieux, maintenant… Reprenons : « A ce titre, le message délivré par les lauréats se doit de respecter la cohésion nationale et l’image de notre pays ». Note en bas de page : sans doute Eric Raoult fait-il ici référence à Alphonse de Chateaubriant (avec un t), Henri Béraud ou René Benjamin ?
La suite, maintenant : « Les prises de position de Marie Ndiaye, Prix Goncourt 2009, qui explique dans une interview parue dans la presse, qu’elle trouve "cette France [de Sarkozy] monstrueuse", et d’ajouter "Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux", sont inacceptables. Les propos d’une rare violence, sont peu respectueux voire insultants, à l’égard de ministres de la République et plus encore du Chef de l’État. Il me semble que le droit d’expression, ne peut pas devenir un droit à l’insulte ou au règlement de compte personnel. Une personnalité qui défend les couleurs littéraires de la France se doit de faire preuve d’un certain respect à l’égard de nos institutions, plus de respecter le rôle et le symbole qu’elle représente. C’est pourquoi, il me paraît utile de rappeler à ces lauréats le nécessaire devoir de réserve, qui va dans le sens d’une plus grande exemplarité et responsabilité. Il lui demande donc de lui indiquer sa position sur ce dossier, et ce qu’il compte entreprendre en la matière ? ».
Un écrivain, sauf s’il est payé par le gouvernement, ne défend qu’une chose : l’expression. Et puis c’est quoi, les couleurs littéraires de la France ? Le pays de Marie Ndiaye, ce n’est pas la France, l’Allemagne ou le Sénégal, mais la littérature. Raoult en est encore au Tour de France de deux enfants. Il aurait mieux valu que Marie Ndiaye glisse sa tirade dans la bouche d’un des ses personnages. Puisqu’Eric Raoult regarde les livres au lieu de les lire cela nous aurait épargné de grotesques chamailleries. Il est vrai que de nos jours l’écrivain doit tout faire lui-même : écrire et assurer sa promotion. Un écrivain qui parle, à l’instar d’un homme politique, ne dit pas toujours des choses sensées. Il faut savoir leur pardonner.
Chaque année Louis XIV versait à Corneille 2000 livres de rentes, à Perrault 1500 et à Molière 1000 (seulement 600 à Racine). Cela obligeait les gens de plume à un devoir de réserve certain envers le prince. En contrepartie ils pouvaient travailler sereinement. Depuis, la littérature est entrée dans l’ère libérale, c’est l’éditeur qui paye, mais il faut payer de sa personne pour vendre. Cette privatisation ne devrait pas déplaire à Eric Raoult qui semble pourtant regretter, curieux anachronisme, l’époque où l’écrivain était au service du parti. « Mais le poète n’a pas à entretenir chez autrui une illusoire espérance humaine ou céleste, ni à désarmer les esprits en leur insufflant une confiance sans limite en un père ou un chef contre qui toute critique devient sacrilège ». Eric Raoult n’a peut-être pas lu - seulement regardé ? - Le déshonneur des poètes, de Benjamin Péret.
Raoult considère donc que Marie Ndiaye, l’auteur de Trois femmes puissantes, est la représentante de la culture française dans le monde (en plus de représenter le commerce du livre). Ça serait, à l’en croire, une idiote utile qui en ces temps identitairement corrects symboliserait le mieux la « race française », c’est-à-dire, comme disait Bardamu, « ce grand ramassis de miteux dans mon genre, chassieux, puceux, transis, qui ont échoué ici, poursuivis par la faim, la peste, les tumeurs et le froid, venus vaincus des quatre coins du monde. Ils ne pouvaient pas aller plus loin à cause de la mer. C’est ça la France et puis c’est ça les Français ».
Ce n’est pas son Goncourt que Raoult reproche à Ndiaye, ce qui n’aurait constitué au final qu’une vaine attaque de plus contre cette récompense de fin d’année. Il lui reproche d’avoir trahi un territoire, une terre, qu’il estime être la sienne. Il ne manquerait plus qu’il la fasse breveter, la France. Que Sarkozy, Besson, Hortefeux et Raoult soient Français, passe encore, c’est dans la logique de cette introuvable identité, mais qu’ils ne viennent pas nous donner des leçons de France. Que la France soit défendue par de tels baltringues, c’est douloureux. Qu’en outre ces esprits calculateurs nous imposent le devoir de dénicher le génie de la France jusque dans le Goncourt, ce beaujolais nouveau littéraire, les bras m’en tombent.
Oui, en dehors de leurs livres, les écrivains devraient savoir se taire. Voyez Céline (soyez sans crainte, je ne le compare nullement à Marie Ndiaye), génie et crapule, extrêmement Français dans les deux cas. Eh bien, le génie ne lui a pas suffi. Il lui fallait aussi en rajouter une couche avec des idées, ces idées qu’il trouvait vulgaires, ces idées sans spécialités, les mêmes que manient avec tellement de brio les Raoult, les Besson, les Hortefeux…
Marie Ndiaye a demandé l’arbitrage de Frédéric Mitterrand afin que ce dernier mette un terme à cette grotesque mascarade. On est pour l’heure sans nouvelle du ministre de la culture. Pas d’impatience : on sait qu’il soutient promptement les artistes dans le malheur. Avec un bémol : Sur Radio France Isère, il a expliqué hier qu’il n’avait pas « à arbitrer entre une personne privée qui dit ce qu’elle veut dire et un parlementaire qui dit ce qu’il a sur le coeur ». C’est envoyé.
Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.
Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.
Les réactions les plus appréciées
Par Paul Cosquer(xxx.xxx.xxx.178)12 novembre 2009 10:32
Eric Raoult est pour un droit de réserve applicable à tous les artistes. La preuve ? Les propos de Marie Ndiaye ont été tenus AVANT qu’elle n’ait reçu le Goncourt. Ce n’est donc pas en tant que lauréate du Goncourt qu’elle s’est exprimée ni qu’elle est mise en cause par le ministre mais en tant qu’artiste.
Attention ! Qui dit devoir de réserve pour tous les artistes dit sanctions applicables. Mais le ministre de la culture, lui, il s’en fout. Marie Ndiaye n’est pas une amie proche du pouvoir ni une de ses amis proches...
Par Traroth(xxx.xxx.xxx.100)12 novembre 2009 12:27
Cette histoire, avec la défense ignoble de Ben Ali de la semaine dernière, met Raoult en première ligne. Traduction : Lefèbvre est définitivement grillé et il fallait un remplaçant comme éructeur public. Bon débarras, en tout cas !
Visiblement, Raoult voit la France comme une espèce d’organisation militaire, où il ne veut voir qu’une seule tête, en bon caporal-chef. Ce qui est drôle, c’est qu’il ne remarque pas que sa sortie est précisément le type de chose que dénonce Ndiaye. Il n’aurait pu donner d’illustration plus éclatante de son propos !
Par Paul Cosquer(xxx.xxx.xxx.178)12 novembre 2009 10:52
Normal : en démocratie, quand un ministre prétend faire taire un artiste, si ce dernier a de l’honneur, il ne se renie pas. Marie Ndiaye s’est contentée de confirmer ses propos : c’est de la réserve ! Moi, j’en aurais rajouté à l’attention de Monsieur Raoult.
Par Paul Cosquer(xxx.xxx.xxx.178)12 novembre 2009 10:32
Eric Raoult est pour un droit de réserve applicable à tous les artistes. La preuve ? Les propos de Marie Ndiaye ont été tenus AVANT qu’elle n’ait reçu le Goncourt. Ce n’est donc pas en tant que lauréate du Goncourt qu’elle s’est exprimée ni qu’elle est mise en cause par le ministre mais en tant qu’artiste.
Attention ! Qui dit devoir de réserve pour tous les artistes dit sanctions applicables. Mais le ministre de la culture, lui, il s’en fout. Marie Ndiaye n’est pas une amie proche du pouvoir ni une de ses amis proches...
Par Paul Cosquer(xxx.xxx.xxx.178)12 novembre 2009 10:52
Normal : en démocratie, quand un ministre prétend faire taire un artiste, si ce dernier a de l’honneur, il ne se renie pas. Marie Ndiaye s’est contentée de confirmer ses propos : c’est de la réserve ! Moi, j’en aurais rajouté à l’attention de Monsieur Raoult.
Raoult, qui semble incapable d’écrire une phrase correcte, est évidemment sans intérêt. Je trouve merveilleuse, cependant, la riposte de MN « J’aimerais beaucoup que Frédéric Mitterrand intervienne dans cette histoire puisque c’est à lui que M. Raoult s’est adressé, et nous donne son avis sur le devoir de réserve des Prix Goncourt et même tout simplement des écrivains ». La parfaite peau de banane devant ce type qui déshonore la France et à l’on tarde trop à donner ses huit-jours.
Par oeil-de-lynx(xxx.xxx.xxx.225)12 novembre 2009 17:26
Monsieur Allard, je ne trouve pas notre ministre de la culture bien sympathique, mais je me demande pourquoi vous en faites votre tete de turc, alors qu’il y en a tellement d’autres à esquinter ?
Par LE CHAT(xxx.xxx.xxx.148)12 novembre 2009 10:51
Eric Raoult veut une Goebbels attitude de tout le monde , les écrivains , les artistes , tous doivent travailler au rayonnement du sarkozisme triomphant sur le monde !
Par Paul Cosquer(xxx.xxx.xxx.178)12 novembre 2009 11:11
La chanson de Fernandel qui correspondrait bien au prince Jean, c’est "On m’appelle Simplet".
Mais Voris ne parodie pas des chansons connues, il en crée de nouvelles, ce qui est plus dur. Des parodies, ça se fait à la pelle mais sur Jamendo ça ne passerait pas à cause des droits d’auteur.
Mitterrand est doublement gêné : d’un côté, il devrait condamner les scandaleux propos d’un ami du pouvoir, ce que manifestement il répugne à faire ; de l’autre, il devrait sortir du silence où le maintient une présumée pédophilie pas forcément utile de remettre en lumière à l’approche des régionales. Résultat : il se tait lâchement !
Par appoline(xxx.xxx.xxx.48)12 novembre 2009 12:20
@ Ferus,
Oh mais c’est l’histoire de la grenouille à grande bouche, ça correspond tout à fait. Mitérrand casse avec sa voix de castra les oreilles de son entourage mais émet quelques parôles du bout des lèvres quand il a eu compris qu’il allait se faire bouffer tout cru.
Et puis, pour une fois qu’on trouve quelqu’un qui dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, on ne va pas se plaindre, un goncourt en plus. Il est sûr que l’UMP et son représentant ont dû l’avoir en travers de la gorge, mais ils ne récoltent que ce qui’ils ont semé et à grandes poignées ; domage qu’il n’y ait pas plus de réactions de ce type.
Nous avons déjà bénéficié d’une personne disant TOUT HAUT CE QUE NOUS PENSERIONS tout bas Même qu’il s’est retrouvé au deuxième tour des présidentielles, en 2002
C’est peut-être la grande raison d’exister pour AgoraVox : Disons le nous même
Démonstration par l’absurde : Le QCM restreint ; sous forme de ’’Qui à dit ?’’ C’est parti...
"N’oublions pas que les trois valeurs de la France sont le Travail, la Famille et le Pays" (sic) A) Philippe Pétain B) Jean-Pierre Raffarin
"Ceux qui m’ont fait ça finiront sur des crochets de boucher" (sic) A) Adolf Hittler B) Nicolas Sarkozy
"Enfermons leurs progéniture dans les camps de (d)rétention au nom du regroupement familial" (En substance, cette fois-ci, j’en conviens) A) Maurice Papon, à Bordeau (Bien avant Charonne) B) Eric Besson, à Paris (Bien avant quoi, au risque ?)
On attend pour lundi prochain ,les commentaires sur le tacle de Zemmour au sujet des propos de Marie, et qui rejoindra ainsi- hélas- ceux de Raoult .....
Par Bardamu(xxx.xxx.xxx.109)12 novembre 2009 11:16
Bel article ! L’auteur me siffle -Bardamu !... donc, je rapplique. Question de politesse envers qui affiche de si bons goûts céliniens.
Sinon, en cette affaire, sommes-nous encore en présence d’un western contemporain, insignifiant réglement de comptes médiatiques !
Blessures narcissiques chez la bobo (l’écrivaine réfugiée chez Angela). Raoult, dégainant aussi vite que son maître d’armes, le Billy the Kid élyséen, petit et hargneux, expert en flingages tous azimuts. Frédo qui tient la caméra, se fait son film, comme naguère quand il les commentait d’une voix lancinante -il n’aurait jamais dû quitter cette fonction-là !
Un titre possible, donc : "Le Bon (l’écrivaine ?) -La Brute (Raoult)... et Le Truand (Frédo -qui pour une fois évite... les trous de balles)"
A la cour de Nicoléon 1er les courtisans et valets se bousculent,se déchirent,se haïssent pour être à la première place... celle de la carpette la plus servile !
Nouveau venu, le Ministre de la Culture ( ??? ) , a pour seule et unique ambition d’éliminer tous les prétendants ( et ils sont nombreux ! ) et de briller de mille éclats à cette fonction de cour !!!
Ah, ça fait du bien de lire cet article ! C’est gai, enlevé, pêchu... J’aime bien le flinguage des donneurs de leçons, étant moi même donneur de leçons à l’occasion... Ca fait pas de mal de se remettre en cause une fois de temps en temps... Cela dit, l’argumentaire d’Olivier Bailly est imparable, et si Raoult ne passe pas pour un parangon d’intelligence, Mitterrand lui, semble avoir retenu la leçon cuisante de ses mésaventures Médiatico-littéraires... (Très bon, le coup du lubrifiant !) Mieux vaut fermer sa gueule que rajouter des conneries...
d’un autre côté Mitterrand qui ferme sa gueule ça nous fait le plus grand bien. pourvu qu’aucune nécro ne soit à faire dans les prochaines semaines. SVP les célébrités : ne mourrez pas !
Par docdory(xxx.xxx.xxx.105)12 novembre 2009 12:05
@ Olivier Bailly
Ce qui me sidère , c’est que Fréderic Mitterrand ait parlé d’Eric Raoult comme d’un " homme très estimable " . On n’est jamais estimable quand, étant élu de la République, on tient ce genre de discours liberticide.
A noter qu’Eric Raoult n’en est pass à son coup d’essai , puisqu’à l’époque de l’affaire des caricatures , il avait déposé un projet de loi contre le blasphème par caricatures !
Un "homme très estimable" ne peut être celui qui maintient dans sa commune l’un des plus bas taux de logements sociaux de France avec Neuilly. Raoult est un représentant de la droite dure, quasiment au seul service du ghetto de bourgeois friqués qu’il a réussi à constituer au coeur de la Seine-Saint-Denis.
Un tout,tout,minuscule petit à franchir et bientôt E.Raoult organisera en " sa bonne ville " un autodafé des écrivains interdits commémorant ainsi le 10 mai 1933 ou à Berlin,Bebelplatz,se déroula une telle monstrueuse ignominie !
C’est vraiment scadaleux cette connerie de droit de reserve...
Je ne rappelerai qu’une seule chose qui montre qu’il dit de la merde.
Dnas 50 ans on se souviendra des livres de cet auteur, en revanche on ne se souviendra pas, du moins je l’espere, de la présidence Sarkozy et encore moins de ses ministres. On ne peut pas faire taire un auteur pour le bon vouloir d’un dirigeant.
Nous ne sommes pas sous l’occupation et, fort heureusement, le temps de Giraudoux ou Celine est révolu...
Mon cher Albatar quand vous dites : Dnas 50 ans on se souviendra des livres de cet auteur j’en doute fort, pas sûr qu’on se rappelle encore d’elle l’année prochaine !!!!
Vou sne pouvez pas evaluer la qualité de cet auteur, et le succés qu’ell aura dans 50 ans, ou alors voous avez des talents uniques sur cette planête....
Non plus serieusement, ce que vous dites est probable, mais une oeuvre artistique, et l’avis d’un auteur ne doivent pas se soumettre à un pouvoir en place, car le pouvoir change de main alors que l’art est eternel....
ça fait 25 ans qu’elle écrit qu’elle reçoit des prix, elle restera dans l’histoire sûrement plus longtemps que ce lamentable Raoult... enfin lui on s’en souviendra comme un des politicards courtisans qui sont la honte de la république
Ok ..son roman surfe sur la vague des femmes opprimées africaines..cela ne leur apporte rien mais c’est trés tendance et ça se vend bien....avec le Goncourt cela se vendra mieux
Ne pas avoir la reconnaissance du ventre est trés bien vu par les temps qui courrent...
La preuve ?.....l’intelligentsia de C’Pays l ’adule
Cariboo Mon cher Albatar quand vous dites : Dnas 50 ans on se souviendra des livres de cet auteur j’en doute fort, pas sûr qu’on se rappelle encore d’elle l’année prochaine !!!!
Il est certain que les épiphénomènes comme vous, vous vous passez du passé et de l’avenir ; votre parano tient essentiellement à exister dans le présent ; le fascisme.
Tout ce qui est excessif est insignifiant disait Talleyrand. Elle doit connaître ça, la Goncourt 2009.
Son propos est nul, au sens de sans valeur, puisqu’elle parle de la France comme pays à vivre, alors qu’elle même ne se sert de la France que comme destinée touristique au soleil du Sud Ouest où elle possède une petite villa, la malheureuse. Je ne me préoccupe pas du climat de Berlin, pas plus que du montant des impôts locaux berlinois, alors madame, gardez votre opinion pour vous, vous serez qualifiée pour en émettre une le jour où vous vivrez avec nous. Et continuez à jouer les réfugiés politiques si ça vous chante mais ne soyez pas surprise que ça ne trompe personne !
Par sisyphe (xxx.xxx.xxx.237)12 novembre 2009 16:58
Par cariboo (xxx.xxx.xxx.16) 12 novembre 12:14
cariboo Je ne me préoccupe pas du climat de Berlin, pas plus que du montant des impôts locaux berlinois, alors madame, gardez votre opinion pour vous, vous serez qualifiée pour en émettre une le jour où vous vivrez avec nous. Et continuez à jouer les réfugiés politiques si ça vous chante mais ne soyez pas surprise que ça ne trompe personne !
Mais bien sûr ! Et de Gaulle aurait dû aussi garder son opinion pour lui, de Londres, puisqu’il "n’était plus qualifié", ne vivant plus en France, n’est-ce pas ?
Il y en a qui en tiennent une sacrée couche, sous la moustache !
Les français qui n’habitent pas en France devraient donc juste fermer leur gueule sur ce qui se passe dans LEUR pays ?
En tout cas, quand on lit et entend les conneries de certains qui y habitent, on en vient à souhaiter qu’ils s’exilent, et que, pour le coup, ils la ferment ; ça rendrait l’air de l’hexagone plus respirable...
"Tout ce qui est excessif est insignifiant disait Talleyrand"
"Vous serez qualifiée pour en émettre une (opinion) le jour où vous vivrez avec nous"
Ne vivant pas avec vous je m’autorise donc à n’en pas avoir C’est peut-être mieux ainsi (J’ai horreur d’écrire des gros mots, surtout s’ils devaient être insignifiants) Dis-je
1 ) Le ministre de la culture prends position pour Raoult : tollé de nos chers ( dans tous les sens du terme) représentants de l’intelligentsia de C’Pays
2) Comme le dit (pour une fois) pertinemment Voris ; il n’est pas concerné puisque les dires de la grande écrivaine l’on étés hors contexte du Concourt.....donc pas concerné : il ne prend pas position : tollé de nos chers représentants de l’intelligentsia de C’Pays
Résultat : quoi qu’il fasse ...quoi qu’il dise : tollé de l’intelligentsia de C’Pays
Je vais finir par croire que vous ne l’aimez pas le Mitterrand félon..
Par Traroth(xxx.xxx.xxx.100)12 novembre 2009 12:27
Cette histoire, avec la défense ignoble de Ben Ali de la semaine dernière, met Raoult en première ligne. Traduction : Lefèbvre est définitivement grillé et il fallait un remplaçant comme éructeur public. Bon débarras, en tout cas !
Visiblement, Raoult voit la France comme une espèce d’organisation militaire, où il ne veut voir qu’une seule tête, en bon caporal-chef. Ce qui est drôle, c’est qu’il ne remarque pas que sa sortie est précisément le type de chose que dénonce Ndiaye. Il n’aurait pu donner d’illustration plus éclatante de son propos !
Par sisyphe (xxx.xxx.xxx.59)12 novembre 2009 14:03
Excellent article, Olivier Bailly, qui dit avec talent tout ce qu’il y a à dire de cette sinistre pantalonnade, et de la piteuse esquivade du honteux ministre de l’acculture, qui, depuis qu’il trône dans les allées du pouvoir, s’est fait de nouveaux amis :
"Par ailleurs, Eric Raoult, qui est un ami et un homme très estimable, a
le droit lui aussi en tant que citoyen, voire en tant que
parlementaire, de dire ce qu’il pense ».
... et aussi, bien sûr, d’interpeller, donc, son ami, le ministre de l’acculture, pour lui demander "ce qu’il compte entreprendre en la matière" ; c’est à dire pour empêcher une écrivain de s’exprimer.
C’est vrai qu’on a connule touriste sexuel plus vétilleux et caracolant, lorsqu’il s’est agi de défendre un autre artiste, coupable, lui, de viol sur mineure : un délit certes bien moins grave, que de simples déclarations sur le pouvoir...
Ah, c’est sûr que ça ne se passerait pas comme ça, chez l’ami de monsieur Raoult, le bon Ben Ali...
A propos, les amis de nos amis sont bien nos amis ? Frédéric Mitterrand peut toujours aller faire un petit tour en Tunisie : je suis sûr qu’il y trouvera des éphèbes à son goût, sans que personne ne vienne lui chercher des poux dans la tonsure...
Par pigripi(xxx.xxx.xxx.136)12 novembre 2009 17:08
Il me semble que c’est Raoult qui n’a pas observé le devoir de réserve car, quand on représente les institutions de la République, comme lui, on se renseigne avant de faire une déclaration publique et le fait de ressortir des propos tenus AVANT l’attribution du prix Goncourt en faisant référence à ce même prix Goncourt est une erreur patente, une grave faute de communication.
On peut en déduire que Raoult n’était pas content de l’attribution du prix à Marie N’Diaye, qu’il avait un autre poulain, qu’éventuellement il a des actions dans la maison d’édition concurrente ou qu’il a simplement envie de taper sur du nègre estimant que la francophonie c’est l’affaire des blancs et strictement des blancs. Ce ne sont que des conjectures mais il doit bien y avoir des motifs à cet énervement subi de Mister Raoult.
Quant aux propos tenus par Marie N’Diaye, elle assume et c’est courageux. Beaucoup de français, dont moi, pensent à peu près la même chose : Sarko et sa clique sont une honte pour la France et ce sont eux qui la ridiculisent et trahissent ses institutions et sa philosophie avec leur vison à court terme, leur manque de culture et de maitrise de la langue française, les atteintes permanentes aux droits sociaux chèrement acquis, leur bling bling indécent en période de crise et leurs atteintes à la philosophie essentielle et unique de la France, la laïcité.
Ceci dit, je n’ai jamais lu Marie N’Diaye Je n’ai aucune opinion sur ses qualités littéraires et ça m’intéresserait de savoir ce que pensent ceux qui l’ont lue.
Je suis contre : fini la rigolade, sinon. Et à force de temps nous les prendrions pour des gens comme les autres. Alors que, quand même, ils font preuve d’une sacrée personnalité. C’est plus clair comme ça.
Dorénavant et depuis que Frédo c’est grillé dans l’affaire Polanski (Roman Liebling) et la mauvaise vie, il n’y a plus rien a attendre de ce type la. Il adoptera un profil bas jusqu’à son limogeage dans les bas fonds de Bangkok.
Voici ce qu’avait répondu Marie N’Diaye dans l’interview des Inrockuptibles en août 2009, avant de recevoir le prix Goncourt.
- « Vous sentez-vous bien dans la France de Sarkozy ? Je trouve cette France-là monstrueuse. Le fait que nous [avec son compagnon, l’écrivain Jean-Yves Cendrey, et leurs trois enfants] ayons choisi de vivre à Berlin depuis deux ans est loin d’être étranger à ça. Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy, même si j’ai bien conscience que dire ça peut paraître snob. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité… Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux. Je me souviens d’une phrase de Marguerite Duras, qui est au fond un peu bête, mais que j’aime même si je ne la reprendrais pas à mon compte, elle avait dit : “La droite, c’est la mort.” Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d’abêtissement de la réflexion, un refus d’une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n’a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n’a plus. »
La France est bien mal récompensée de sa propension à décerner prix littéraires et élections à l’Académie française à des francophones dont la francitude n’est que partielle.
La
France est bien mal récompensée de sa propension à décerner prix
littéraires et élections à l’Académie française à des francophones dont
la francitude n’est que partielle.
C’est quoi, ce galimatias ?
Ce n’est pas "la France" qui décerne le prix Goncourt ; c’est un jury.
Le prix n’est pas décerné à "des francophones", mais à des écrivains de langue française.
Quant à la "francitude partielle" ; c’est nouveau, ça vient de sortir, c’est génétique ?
C’est du light ? De l’allégé ? à combien de pour cent ?
Un propos qui renifle vaguement de nauséabonds relents, et qui vient justifier les dires de Marie Ndiaye ; décidément, depuis quelques temps, ça schlingue, en France...
Eric Raoult a commis une faute, celle de relier les propos de l’écrvaine métisse à son prix Goncourt. Il aurait fallu critiquer ces propos à leur parution, la liberté d’expression valant pour tous.
L’invocation d’un devoir de réserve pour les écrivains de nationalité française est une nouvelle faute. Il n’y a pas de devoir de non-connerie, sinon B.H.L. le saurait ...
Par beuhrète 2(xxx.xxx.xxx.196)12 novembre 2009 21:38
J’aurai aimé que notre ministre de la culture soit aussi indigné que lors de l’affaire polanski mais il est vrai que dans ce gouvernement de godillots on a l’indignation sélective.
Par Paul Cosquer(xxx.xxx.xxx.14)12 novembre 2009 21:47
C’est quand même encore une histoire de guerre gauche-droite qui se joue ici. Marie Ndiaye tirant sur la droite et la droite répondant de la pire des façons. Marie Ndiaye en appelle à Mitterrand-le-Petit, le prenant pour un homme de gauche, ce qu’il n’est pas et n’a jamais été semble-t-il. Mais il manque à Marie Ndiaye quelques notions de politique. Et puis, quémander un service auprès de cet homme avec ce que l’on sait de ses moeurs, enfin...
Cette guerre gauche-droite (extrêmes) me laisserait indifférent si la liberté d’expression n’était pas gravement menacée tant par le zèle d’un ministre sans envergure que par le silence coupable de Mitterrand-le-Petit.
Frédéric Mitterrand ne prend position que dans les affaires de cul. En l’espèce, s’il s’abstient, c’est probablement qu’il tient les protagonistes pour des faux-culs...
En fait, la seule chose qui intéresse vraiment le Ministre de la Cul•ture (le petit rond noir inséré au milieu du mot représente le trou de la parte qui précède), ce sont les affaires de lèche-culs. La pauvre Marie NDiaye est donc bien mal barrée...
Quand on parle avortement à l’Opinel Nous répond liberté d’expression
Quand on parle de 40 meufs insatisfaisantes qui nous font niquer la municipale Par pure insatisfaction (I can’t get no ?) Nous répond : La police, maximum respect , spéciale dédicace ! Sans trop s’inquiéter pour les 40 meufs livrées au ramble fish
Quand on nous parle de faire taire une écrivain Nous répond... Heu... Rien semble-t-il...
Dites, il ne serait pas un poil misogyne cet homme là ?
(’z’avez noté ? J’ai soigneusement évité les arts martiaux et le septième art...)
*** MESSAGE PERSONNEL
S’il-vous-plaît M. Begbeder Vous ne voudriez pas encenser la fraîcheur de l’air berlinois Comparé à l’ambiance délétère parisienne ?
Juste pour vérifier quel GENRE d’identité culturelle française on nous concocte ?
S’il-vous-plaît
*** MESSAGE PERSONNEL TERMINE
Fort heureusement, nous vivons à l’ère de la Star Academy et de PopStar Sans quoi, s’il avait du se coltiner un Hugo ou un Zola ; une Beauvoir ou une Triollet Il aurait fait bien pâle figure Le chroniqueur des glands de ce monde
Sans doute Monsieur Raoult a-t-il besoin d’exister. Homme sans talent et sans qualités, toujours à court d’imagination, privé de "destin national", ne pouvant guère espérer en politique, au mieux, qu’un mandat de maire, dans les faits, Monsieur Raoult travaille jour après jour à sa ré-élection à la mairie du Raincy en flattant les penchants xénophobes de ses électeurs (et de tout électeur ? parce que... humain, bien trop humain ce penchant ?).
Sans oublier la flagornerie auprès de Sarkozy, sans doute dans l’espoir d’une nomination à un poste de ministre…
En politique, Raoult est un homme sans courage et sans honneur.