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Mme Bettencourt en tennis, Claire Chazal en hauts talons : la puissance de la métonymie

Les affaires auxquelles est mêlé le nom de Mme Bettencourt, une des premières fortunes de France, deviennent un cas d’école pour illustrer les deux variétés d’information dont on méconnaît trop souvent l’irréductible différence : l’information donnée qui n’est pas fiable pour être livrée volontairement par l’émetteur parce qu’elle sert ses intérêts ou du moins ne leur nuit pas, et l’information extorquée qui, elle, est plus fiable, car,obtenue à son insu et/ou contre son gré, elle peut lui être nuisible.

Une information extorquée obtenue par enregistrements clandestins
 
Dans ce cas d’espèce, l’information extorquée est celle des entretiens confidentiels entre Mme Bettencourt et son gestionnaire de fortune qu’un de ses maîtres d’hôtel a enregistrée à son insu et contre son gré pendant un an, de mai 2009 à mai 2010 (1). La fille de Mme Bettencourt qui prétend que sa mère n’a plus toute sa tête pour gérer sa fortune, a transmis les enregistrements à la justice. Et, curieusement, le site Médiapart et l’hebdomadaire Le Point ont pu en avoir aussi connaissance à quelques jours du procès intenté pour abus de faiblesse par la fille à un photographe mondain bénéficiaire heureux des largesses de sa mère.
 
Cette information extorquée divulguée a eu un premier effet sans doute escompté : le procès du photographe mondain a été reporté sine die, le 1er juillet 2010, dans l’attente d’un examen de ces enregistrements. Ceux-ci révèlent, en effet, une Mme Bettencourt sous influence qui se fait dicter ses décisions : divers dons à des personnalités politiques, déplacement de comptes à l’étranger, possibles fraudes fiscales, relations avec un ancien ministre du budget, M. Woerth. Les extraits rendus publics font entendre une vieille dame acquiesçant à tout ce qui lui est proposé.
 
Une information donnée livrée au « 20 heures » de TF1
 
L’information donnée est, au contraire, celle que TF1 a livrée, le 2 juillet 2010, au cours de son « 20 heures », en diffusant une interview de Mme Bettencourt par Claire Chazal réalisée le 30 juin.
 
- Les idées reçues de l’information indifférente
 
D’un côté, on voit une journaliste attachée à ses feuillets pour interroger Mme Bettencourt sur les différentes affaires où son nom est cité. De l’autre, on entend une milliardaire faire face avec philosophie aux avanies qui l’assaillent, en puisant au réservoir des idées reçues de l’information indifférente dont la fonction est de ne nuire à personne et de faire diversion.
 
Souffre-t-elle de ce qui lui arrive ? Évidemment, « c’est même déprimant ! » La jalousie de sa fille ? Elle la comprend puisqu’elle a été, elle-même, jalouse de son père. Des évasions fiscales ? Mais les activités de l’Oréal sont internationales et c’est important pour la France ! Une enquête de l’administration fiscale ? Mais qu’elle fasse son travail ? Les enregistrements clandestins ? Il faut s’y faire. « On est en République ». « Je ne vais pas faire la révolution », dit-elle. C’est vrai, qu’y gagnerait-elle de plus que ne lui donne déjà la République ? Des pressions du photographe mondain sur elle ? Aucune ! Elle espère même rester son amie ! Ses dons généreux ? On peut donner sans compter, non ?
 
La journaliste a ainsi permis à Mme Bettencourt de répondre avec placidité aux questions en apparence délicates qui lui étaient posées. Mais pas question de pousser son interlocutrice au-delà du seuil de l’information indifférente derrière laquelle elle se retranchait. L’interview paraît avoir été précisément circonscrite comme un sketch où questions et réponses ont même pu faire l’objet de répétitions.
 
- Le stéréotype de la milliardaire contredit
 
La mise en scène des protagonistes n’a pas été moins soignée. Le décor choisi baigne d’abord dans une vive lumière : murs et mobilier sont de couleurs très claires ; rien d’un cabinet obscur à meubles sombres patinés par les siècles, symbole de dissimulation : ici, on n’a rien à cacher, clame silencieusement le décor  ! Tout luxe ostentatoire a ensuite été écarté : sous deux cadres aux murs d’un angle de salon, canapé au fond avec, devant, sur un tapis peut-être en rotin roturier, une table portant une lampe fantaisie et deux fauteuils en vis-à-vis où les deux femmes conversent. Ni hauts plafonds, ni lambris, ni lustre de cristal. Cette sobriété inattendue contredit le stéréotype de la milliardaire vautrée dans le luxe. On append en début d’interview que Mme Bettencourt a souhaité recevoir la journaliste dans une de ses propriétés, en Bretagne : elle est située, précise Le Figaro, à l’Arcouest. Breton soi-même, on peut ajouter que c’est le village de l’embarcadère pour l’île de Bréhat, près de Paimpol, sur une des côtes rocheuses, semées d’îlots, les plus ravissantes des Côtes d’Armor.
 
- La puissance de la métonymie : les tennis de Mme Bettencourt 
 
Les costumes, eux-mêmes, ont été méticuleusement pensés pour la puissance de la métonymie et du symbole. Des plans d’ensemble et d’abord le tout premier ont veillé à mettre en évidence dans un contraste violent une confrontation inattendue entre les pieds de Mme Chazal cambrés sur de hauts talons et ceux de Mme Bettencourt emprisonnés dans une paire de tennis à semelle compensée. Qui donc des deux est la milliardaire ? pourrait-on se demander. Non ! Mme Bettencourt n’est pas en concurrence avec Mme Chazal. Elle peut se permettre d’apparaître dans le simple appareil qui lui chante : elle restera Mme Bettencourt.
 
En revanche, quelle information entend-elle livrer dans cet accoutrement singulier ? L’image d’une vieille dame en parfaite santé. La preuve ? Elle chausse des tennis, métonymie offrant un effet dont la cause est la pratique du sport. Celle-ci est en même temps le symbole d’une hygiène de vie qui la maintient en forme physiquement et mentalement. "À fond la forme", dit le slogan d’une chaîne de distribution d’articles de sports. Cette image sportive de Mme Bettencourt vise donc à effacer celle de cette femme affaiblie sous influence, au filet de voix étranglé que trahissent les enregistrements extorqués.
 
- Deux autres métonymies et un contraste contradictoires
 
Deux autres métonymies, toutefois, peuvent nuire à cette image construite de toutes pièces : Mme Bettencourt est adossé dans son fauteuil à un coussin de secours qui la maintient, et, par contraste avec Mme Chazal qui, elle, est assise bien droite sans prothèse sur le bord du sien, son affaiblissement physique devient apparent. Une seconde métonymie tend à le confirmer : la paire de tennis blanche qu’elle porte, est si immaculée qu’elle paraît toute neuve. Ne l’aurait-elle pas chaussée seulement pour l’interview ?
 
Information extorquée et information donnée s’opposent ainsi avec netteté dans les diverses affaires où le nom de Mme Bettencourt est mêlé. La différence entre elles tient évidemment aux leurres grossiers dont est tissée ici l’information donnée et dont est exempte l’information extorquée. Une rapide observation de l’interview les décèle sans peine : ce sont, d’une part, les idées reçues de l’information indifférente qui font diversion et, de l’autre, l’uniforme sportif symbolisé par la paire de tennis qui vise à faire croire à « un esprit sain dans un corps sain » par la puissance de la métonymie et du symbole. Paul Villach
 
(1) Paul Villach, « Affaires Bettencourt et Anelka : information extorquée contre information donnée », AgoraVox, 21 juin 2010.

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Mme Bettencourt en tennis, Claire Chazal en hauts talons : la puissance de la métonymie
par Paul Villach lundi 5 juillet 2010 - 52 réactions
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  • Par Alpo47 (xxx.xxx.xxx.191) 5 juillet 2010 12:56
    Alpo47

    Merci à l ’auteur de se servir de ses compétences pour décrypter pour nous cette "scène d’actualité".
    Nous avons à faire, avec les conseils de Mme B et ceux de TF1, à des experts en communication. Il est évident que nombre d’éléments ont été introduits dans la scène pour faire passer un message.
    On peut espérer que les jours et semaines à venir nous apportent de nouvelles révélations sur les placements, jongleries, compromissions, calculs ...etc.. entre les ultra-riches et le pouvoir.... et que Villach continuera de les décortiquer pour nous.

     Il est grand temps que les yeux s’ouvrent sur la réalité de notre société.

  • Par le-Joker (xxx.xxx.xxx.65) 5 juillet 2010 12:39
    le-Joker

    Quand vous aurez la couleur des culottes Paul vous nous tiendrez informé du leurre métomachinchose qui vous encombre la carafe. Si si n’hésitez surtout pas ça sera au moins curatif pour vous.
    Merci d’avance.

  • Par Professeur Eckhart Von Treelok (xxx.xxx.xxx.31) 5 juillet 2010 20:33
    Professeur Eckhart Von Treelok


    Et bien, très cher et éminent confrère, vous me voyez ravi de vous revoir à nouveau et de nouveau parmi nous : je me réjouis à l’avance du débat auquel aujourd’hui hic et nunc vous nous invitez : après donc nos vives discussions en matière de leurrologie bovicognitive, un débat plus posé et donc moins agité sur la martinologie teenienne, aujourd’hui donc cher Pr. Villach vous nous invitez à réfléchir sur la savatologie élitéenne dans une perspective leurrobovidique ! Bravo Maestro ! Il fallait oser, et à nouveau comme de nouveau, vous démontrez que vous êtes LA référence inconnetournable en la matière !

     

    Et bien chiche ! ce domaine est bien trop souvent laissé à des ignares pseudo-lectuels qui donc n’y comprennent rien ni n’y entendent rien et vice versa : et au vu de l’importance manifeste en dépit de la méconnaissance générale, elle aussi tout aussi manifeste, quant à la science savatologique contemporaine  : je vous remercie encore une fois très cher et estimé confrère, d’éclairer cette agora où pullulent autant crasseux ignorants qu’autres inculturés à l’hygiène encore plus douteuse ! Je salue, et nombreux sont ceux qui vous saluent avec moi, cette démarche leurrogogique en vue de restaurer quelque hygiène mentale ou autre dans cette basse-fosse virtuelle !

     

    Et étant moi-même, un spécialiste reconnu en leurrologie bovicognitive, bien entendu loin de votre niveau très cher et éminent Pr. Villach, je vous invite tout de même avec modestie humiliatoire, à vous intéresser à mon précis de métonymerie intericonicitaire en contexte merdiatique : « Techniques métonymeuses et translations intericono-vectorielles appliquées à l’informationisme vacuueux post-moderne ».

     

    Après ces hors-d’oeuvre introductatoires, je vais, comme à mon habitude, reprendre certains de vos propos et les compléter de modestes réflexions en la matière.

     

    Donc vous écrivez, très cher et estimé confrère : - Le stéréotype de la milliardaire contredit

     

    Et bien, très cher et éminent confrère, à l’évidence, vous n’avez point lu le traité d’Elitologie Grabatairienne de la non-moins éminente Cassolète de la Bourgerie, intitulé : Esthètique épidermeuse et dissimulation ergoleurrologique chez le bonobus elitus altoburgus 

     

    Ainsi, vous auriez saisi le choix de couleurs monochromatiques, et la lumineuse clarté qui chez le bonobus elitus altoburgus adulte et femelle a avant tout une dimension esthéto-dermique : le but étant de cacher la teinte grabato-jaunaire typique du bonobus elitus altoburgus en fin de vie.

     

    Quant au mobilier dépouillé et minimalatoire : il s’inscrit dans les techniques de dissimulation ergoleurrologique du bonobus elitus altoburgus (pour faire plus court, j’utiliserai dorénavant le terme plus usuel de bonobo élitéen) de son butin et cela afin de tromper son cousin le bonobus larvus gregarius ou bonobus proletarius idiotus au tempérament autant plus primitif que cleptomaniaque :

     

    les bonobos élitéens procédant dans la même logique à des migrations saisonnières vers des biotopes de type hypofiscalien plus favorables à leur éco-métabolisme particulier : l’Helvétie étant connue pour la richesse de sa faune&flore hypofiscalienne ainsi que ses nombreuses réserves naturelles favorisant le développement des colonies de bonobos élitéens migrateurs.

     

    Mais continuons, et arrêtons-nous un moment à ce passage de votre excellent essai et entrons donc directement dans le cœur du sujet, très cher et estimé Pr. Villach : soit la savatologie élitéenne ! 

     

    - La puissance de la métonymie : les tennis de Mme Bettencourt 

     

    Ici, avant de développer en matière savatologique, arrêtons-nous quelques instants sur la scène que vous décrivez et envisageant une analyse sous l’angle de la zoocio-codologie bonobique, ou codo-zoociologie bovidique (c’est selon !) et prenons comme référence la référence inconnetournable en la matière : le majestueux essai de Pompino Gobino intitulé « Codes zoociaux, hiérarchisme bonobique et lutte darwino-castique dans la famille bonobus »

     

    Il s’agit là, évidemment comme vous l’avez certainement compris, très cher et éminent confrère, d’une rareté zoociologique que de voir en direct la confrontation entre un spécimen grabato-femelle de bonobus elitus et un spécimen maturo-femelle de bonobus vulgarus : si nous avons lu avec attention Pompino Gobino, nous aurons compris alors qu’ici la femelle bonobus vulgarus est en parade séducto-frimatoire, encore empêtrée dans sa primitivité supra-beaufique : et donc elle tente naïvement d’attirer l’attention en se parant de ses plus beaux atours : la femelle bonobus elitus quant à elle, loin de ses considérations primaires s’en contrefout bien évidemment : ses migrations saisonnières vers des zones hypofiscales l’ont depuis longtemps immunisée contre le syndrôme de parvenuite ostentatif bonobique chronique.

     

    Quant aux positions respectives : et bien à nouveau, l’attitude décontractoire de la grabato-femelle bonobus elitus en contraste avec la pause humilio-défératoire de la maturo-femelle bonobus vulgarus nous révèle selon Pompino Gobino, à nouveau : les codes zoociaux en vigueur dés lors que des espèces différentes de la famille bonobus seront confrontées : généralement face à l’attitude paisible et arrogantoire du bonobus elitus se voit opposée un ensemble de pauses humilio-défératoires chez bonobus vulgarus  : marquant en apparence sa position darwino-castique autant qu’en profondeur les pulsions darwino-elitocides qui l’habitent.   

     

    Soit poursuivons, et concluons donc par la savatologie élitéenne et sur ce qu’elle peut nous apporter dans l’analyse de ce documentaire animalier nous présentant l’interaction entre un bonobus vulgarus mediaticus et un bonobus elitus altoburgus dans son environnement naturel :

     

    La puissance de la métonymie : les tennis de Mme Bettencourt 

    Et bien, non très cher Pr. Villach il ne s’agit pas là de tennis mais d’une paire de sneakkera asiatica : ce que vous auriez su, si vous vous étiez attardé sur la lecture du Précis de Savatique Elitéenne Podogonomique encore une fois de l’éminente savatologue et fashionologue Cassolète de la Bourgerie ( à complèter avec la lecture de l’annexe Luxitude Ostentative où elle développe aussi sur les poches uro-fécales Vuitton, YSL ou D&B, ou bien encore comme présenté récemment ici-même sur AV sur les ano-plugs en diamant, ainsi que l’oralosertion rituelle de cuillères en argent chez les bonobus elitus puerilus).

     

    Vous auriez alors reconnu, alors sans l’ombre d’un doute aucun et vice-versa, une paire de sneakera asiatica luxuosa en peau de niakweï : le niakweï étant un proche cousin du bonobus larvus occidentalis : le niakweï étant connu lui sous le nom de bonobus termitius asiaticus. 

     

    Disposer de sneakera asiatica luxuosa en peau de niakweï étant selon la formule de la fashionologue Cassolète de la Bourgerie le moyen le plus incontournable pour le bonobus elitus de se conformer à l’injonction zoociale dans leur espèce du semper hype et trash, sans compter bien entendu l’incomparable et soyeuse douceur de la peau de niakweï : cette texture silkienne étant obtenue par un processus complexe allant de l’élevage de bonobus asiaticus génétiquement sélectionnés dans ce but jusqu’au sacrifice rituel, typique chez les bonobos bambouéens de rite mao-sojaïste.

     

    Sacrifice se faisant par empalement rituel sur un bambou phallomorphe et cela afin de préserver autant l’intégrité que la fraîcheur de l’épiderme du jeune bonobus asiaticus sacrifié pour cette occasion : soit les sacrifices en l’honneur de la divinité suprême du Bambouïsme : le dieu Tôwföo Söw-Jah. La récolte de l’épiderme, elle se faisant à l’aide d’un racloir en céramique ming : selon les principes établis par l’école du grand maître bambouïste Saké Sepukku ; quant au post-traitement de l’épiderme visant à assurer sa plasticité ergodermique : il se fait à base d’extraits des glandes sudatives de bonobus asiaticus pré-pubère.

     

    La finalité de l’usage de sneakkera asiatica luxuosa chez les bonobus elitus étant ainsi d’affirmer leur supériorité dans l’ordre darwino-castique en vigueur au sein des espèces de la famille bonobus : une formulation plus usuelle serait : je vous marche sur la gueule…

     

    En espèrant, que ces informations sauront vous aider dans vos recherches en leurrologie bovicognitive autant que savatologie contemporaine, veuillez agréer très cher Pr. Villach mes plus sincères salutations.

     

     Professeur Eckhart von Treelok,

    phD en Métaphysique acrobatique du Tube et Gérontochiatrie rectale, Enseignant-chercheur en Théorie de la Turpitude à l’Université de Barvard ( Etat de Xanadu) 
    Professeur honoris causeur à l’Université Alma Mateur de Shitön-Süshi (district de Makï-Saké), titulaire d’une chaire en physique des condoms à l’Université Populaire et Socialiste de Vodkagrad ( Oblast de Zubrowka)

     

  • Par JJ il muratore (xxx.xxx.xxx.239) 5 juillet 2010 15:33
    JJ il muratore

    P. L’auteur : si vous saviez le nombre de vieilles dames fortunées (très fortunées) que je connais et qui portent des tennis ! vous seriez bien obligé de réviser votre pseudo analyse.
    Au fait vous en avez rencontré vous des vieilles dames fortunées... en talon éguille ?

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