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Mourir debout

La déshumanisation des soins, depuis que l’hôpital a priorisé l’aspect comptable au détriment du besoin d’écoute réclamé par les mourants, a fait de ses patients des clients potentiels et des testeurs de nouveaux produits pour les laboratoires à profits. Une grande partie du corps médical l’ayant par ailleurs accepté de fait, par indifférence ou profit, piétine ainsi le fameux serment d’Hippocrate. Cette médecine du respect, de la tendresse, de tous ces petits soins qui donnent le sentiment intime de se sentir encore humain et dont la valeur est sans prix, même si ce monde l'a oublié ou ne l’a pas compris, a disparu noyée dans les tableurs financiers et étouffée sous les spéculations boursières.

 A ce jour la fameuse loi Leonetti vous donne le droit de mourir dans la solitude et la souffrance. Oui, je dis bien solitude et souffrance par l’arrêt de l’acharnement thérapeutique, qui en soit est une bonne chose, mais vous laisse partir à petit feu, à doses palliatives, shooté à fond. Nous vous interdisons ainsi de mourir conscient et nous vous refusons le choix de l’heure de votre mort. La sédation, c'est le laisser mourir sans soin, prolongé dans un coma artificiel qui peut durer plusieurs jours voire semaines et, ne parlons pas de ce document bidon nommé : « Directives anticipées » Honoré selon le seul avis des médecins. Etrange et triste agonie. Impossibilité au patient en fin de vie de dire adieu aux siens qui ne savent pas combien de temps durera l'agonie et l’heure précise du départ afin de lui tenir la main.

 De quels droits interdisons nous à un être humain qui, cerné par les lois toute sa vie, exige la liberté du choix de sa fin de vie, de sa mort intime. A la naissance, là où vous n’avez pas eu le choix, on vous aide bien à vivre alors, pourquoi au choix de votre mort, on vous interdit l’aide à mourir ? La personne en fin de vie qui réclame cette aide ne demande pas une loi qui impose, mais une loi qui propose, un choix possible. Une loi qui rende ses droits au patient. Libre à chacun de le refuser pour lui-même, mais quelle est cette morbide audace et quelle est cette prétention que d’imposer à tous un refus ? Malheureusement, les lobbies pharmaceutiques et les dogmes religieux font pression et imposent encore leur loi dans ce domaine et non que faire de l’avis du peuple. Proposez donc un référendum sur le sujet et vous verrez la levée de boucliers de ces corporations qui perdraient une partie de leur chiffre d’affaire et de ces religions persuadées que seule leur vérité est la bonne et de fait, imposable à tous. Là où certains intégristes y voient un meurtre ou un suicide assisté pour les plus réservés, je n'y vois là qu'un incroyable et courageux geste d'amour.

 Il faut protéger et assurer les volontés de la personne en fin de vie. Chacun sa dignité, elle ne juge pas la votre, ne jugez pas la sienne. Si elle n’a pas eu le choix de naitre, ne lui volez pas son choix de mourir. Il faut aussi cesser cette ignoble hypocrisie qui fait que des médecins, par leur immense humanité, acceptent à la demande de leur patient d’abréger ses souffrances quand celui-ci n’a pas les moyens de le faire lui-même et qui, se retrouvent jugés comme de vulgaires criminels. Tous le monde ou presque sait que cela se pratique et ferme les yeux en appliquant le principe perfide du pas vu pas pris. Voyez le calvaire enduré par le cas du jeune Vincent Humbert et de l'admirable courage de cette mère dont la société civile lui a refusé son aide.

http://www.ladepeche.fr/article/2006/01/03/65693-affaire-humbert-le-combat-de-marie.html

Combien de cas comme celui de Vincent Lambert, de famille déchirée, de combats inutiles et stériles, par le biais d'une loi donnant le choix, pourraient être évités.

http://www.francetvinfo.fr/societe/justice/affaire-vincent-lambert-ce-qui-oppose-l-epouse-et-la-mere_627689.html&nbsp ;

 La mort est une chose intime et unique. Laissez et aidez le mourant qui le demande partir dans la dignité, à mourir debout. Qu’il puisse éteindre sa lumière dans la sérénité entouré des siens. N'oublions jamais qu'un jour, tous ou presque tous, nous serons confrontés à la douleur physique ou morale. A cette déchéance que nous lirons dans le regard de ceux qu'on aime et de cette peine qui nous rongera à leur faire supporter ce calvaire.

 Quand je ne serai plus là, lâchez-moi la main et laissez-moi partir car j’ai tellement de choses à faire et à voir. Ne pleurez pas en pensant à moi. Soyez reconnaissants pour les belles années pendant lesquelles ensemble nous nous sommes aimés. Vous ne pouvez que deviner le bonheur que vous m’avez apporté. Je vous remercie pour l’amour que chacun m’a démontré mais maintenant, il est temps pour moi de voyager seul. Pendant un court moment vous pouvez avoir de la peine cependant la confiance vous apportera réconfort et consolation. Nous ne serons séparés que pour quelques temps, laissez les souvenirs apaiser votre douleur. Je ne suis pas loin et la vie continue. Si vous en avez besoin, appelez-moi et je viendrai et même si vous ne pouvez me voir ou me toucher, je sera là n'en doutez point et si vous écoutez votre cœur, vous sentirez clairement la douceur de l’amour que je vous apporterai. Quand il sera temps pour vous de partir, je serai là pour vous accueillir, absent de mon corps mais présent avec Dieu. N’allez pas sur ma tombe pour pleurer, je ne suis pas là, je ne dors pas, je suis les mille vents qui soufflent, je suis le scintillement des cristaux de neige, je suis la lumière qui traverse les champs de blé, je suis la douce pluie d’automne, je suis l’éveil des oiseaux dans le calme du matin, je suis l’étoile qui brille dans la nuit. N’allez pas sur ma tombe pour pleurer, je ne suis pas là, je ne suis pas mort, je suis la vie qui vous entoure...

 Merci à toi lecteur qui a offert ces précieuses minutes de ton temps à me lire.

Ci dessous, le lien d'un émouvant poème d'une lycéenne de 3eme.

http://www.admdblog.fr/Poeme-d-une-lyceenne-sur-le-Droit-de-Mourir-dans-la-Dignite_a2039.html

 


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67 réactions à cet article    


  • petit gibus 5 avril 2016 12:04
    « mais quelle est cette morbide audace et quelle est cette prétention que d’imposer à tous un refus ? Malheureusement, les lobbies pharmaceutiques et les dogmes religieux font pression et imposent encore leur loi »

    Tu poses la bonne question
    et apporte la bonne réponse

    • Fergus Fergus 5 avril 2016 12:55

      Bonjour, Gabriel

      J’approuve totalement ce texte dans sa dimension de respect et de compassion pour les personnes en fin de vie qui connaissent une grande souffrance physique ou psychologique.

      Dernièrement, j’ai vu le film de Stéphane Brizé « Quelques heures de printemps » (2012). Ce film met en scène une femme qui, accompagnée de son fils, choisit de mourir dans la dignité en Suisse avant que la maladie ne la diminue et ne la dégrade de manière tragique.

      C’est très exactement le choix que nous ferons, mon épouse et moi, si nous sommes confrontés à la même situation de maladie irréversible. Et tant pis si cela choque quelques bons apôtres de ce site dont la compassion est soluble dans la psychorigidité religieuse.

      Merci à vous.


      • jujubes 5 avril 2016 13:11

        @Fergus . entièrement d’accord avec vous, fergus, mais jusqu’à présent cette option n’est limitée qu’à ceux qui en ont les moyens .

        même la fin de vie est à 2 vitesses .

      • foufouille foufouille 5 avril 2016 13:41

        @Fergus
        « choisit de mourir dans la dignité en Suisse avant que la maladie ne la diminue et ne la dégrade de manière tragique. »
        c’est à partir de quel type de handicap ou maladie que l’on devient indigne ?


      • Ar zen Ar zen 5 avril 2016 13:51

        @foufouille

        Faire dans son froc sans le savoir et puer la pisse ! Une vraie déchéance !


      • Gabriel Gabriel 5 avril 2016 13:59

        Bonjour Fergus,

         

        Ce choix n’est pas facile à faire et aider l’être aimé à partir, c’est terrible. Les plus grands actes d’amour sont parfois les plus difficiles à accomplir....


      • petit gibus 5 avril 2016 14:07
        @jujubes

        Et oui

        Fin de vie à 2 vitesses
        Justice à 2 vitesses
        Education à 2 vitesses
        Santé à 2 vitesses....

        Allez encore un petit effort medames messieurs nos législateurs
        pour permettre et maintenir...
        les discriminations fondées sur les castes

        Et nous pourrons bientôt atteindre le niveau d’organisation
        idéal de la société indienne smiley

      • Fergus Fergus 5 avril 2016 15:32

        Bonjour, foufouille

        Ar Zen t’a répondu en citant des manifestations de la déchéance. Mais il en est d’autres, tout aussi éprouvantes pour l’entourage que pour soi-même si l’on a encore sa conscience. C’est cela que ma femme et moi refusons, et nous ferons tout pour ne pas vivre cet enfer, ou en faire supporter le poids à nos proches. A cet égard, l’on peut regretter que la France ne sache pas faire preuve de la même humanité que la Suisse.


      • foufouille foufouille 5 avril 2016 15:54

        @Ar zen
        donc un paraplégique est indigne.


      • Fergus Fergus 5 avril 2016 16:06

        @ foufouille

        Tu confonds indignité et déchéance.


      • foufouille foufouille 5 avril 2016 16:23

        @Fergus
        c’est la réponse de ar zen. je vois pas trop la différence entre déchéant et indigne.


      • Ratatouille Zoblard le terrible 5 avril 2016 18:29

        @Ar zen
        c’est parce-que tu ne connait pas le bonheur de chier dans sont froc.. smiley


      • foufouille foufouille 5 avril 2016 19:35

        @Zoblard le terrible
        c’est pas génial mais pas mortel.


      • Ar zen Ar zen 6 avril 2016 09:50

        @foufouille

        La déchéance d’une personne est un état qui se caractérise par une diminution progressive de ses capacités intrinsèques (brusque dans le cas d’un accident de la vie). Ainsi, une personne âgée qui ne peut plus maîtriser ses sphincters, ou un paraplégique, puisque c’est le cas que vous évoquez, connaissent une déchéance de leur être. En revanche « être indigne » est du domaine du jugement. Vous jugerez « indigne » un comportement au regard de règles de vie communément acceptées. Dans le cas du handicapé ou de la personne âgée, il n’y a rien de volontaire dans leur comportement. C’est un accident terrible de la vie ou la vieillesse qui les a conduit vers cette déchéance de leur être. Nous devons de la compassion à ces personnes et nous devons les assister. Il n’empêche que, même le handicapé ou la personne âgée parlent de « déchéance » de leur personne. ils ne sont,ni les uns ni les autres, indignes, mais constatent la déchéance de leur être.


      • Gabriel Gabriel 7 avril 2016 09:13

        @Ar zen
        Bonne explication et excellente définition qui devrait finir par faire comprendre à notre ami foufouille que nous savons faire la différence et que les amalgames ne servent jamais la vérité. Merci à vous.


      • foufouille foufouille 5 avril 2016 13:39

        "Combien de cas comme celui de Vincent Lambert, de famille déchirée, de combats inutiles et stériles, par le biais d’une loi donnant le choix, pourraient être évités.« 
        mauvais exemple car il a rien écrit. donc il faut l’euthanasier car il coûte cher à son assurance voiture et est inutile.
        il suffira juste de répéter aux malades ce genre de choses. merde, c’est déjà courant de la part des bonnes gens de la droite libérale. »c’est courageux ( de crever en travaillant )"


        • foufouille foufouille 5 avril 2016 13:46

          @foufouille
          j’ai confondu avec une autre future victime d’euthanasie. il a juste subi un lavage de cerveau.
          « tétraplégique, muet, quasiment aveugle » et il écrit un livre.


        • Gabriel Gabriel 5 avril 2016 14:05

          @foufouille

          Ce qui est humain, c’est de laisser le choix à chacun de disposer de sa propre fin. Ce qui est amour, c’est l’assistance et l’aide que l’on apporte à celui qui l’a réclame. Je ne juge pas votre choix et respecte vos convictions, essayez de faire de même pour ceux qui pensent différemment et là, ensemble nous en sortirons grandi.


        • Fergus Fergus 5 avril 2016 15:41

          @ Foufouille

          Je note aussi que parmi les plus fervents défenseurs de l’acharnement thérapeutique et du maintien en vie de malades réduits à un état végétatif figurent, le plus souvent pour des convictions religieuses, des personnes qui ne sont gênées, ni par les interventions militaires en territoire étranger, ni par l’exploitation éhontée de travailleurs pauvres dans des conditions honteuses, ni même par la présence de tant de SDF dans nos rues, et cela malgré ces mêmes convictions religieuses.


        • foufouille foufouille 5 avril 2016 15:56

          @Gabriel
          je suis pour mais les assos vont dans l’autre direction, euthanasie sans ton accord.


        • foufouille foufouille 5 avril 2016 15:59

          @Fergus
          tu as aussi les gens qui aiment simplement la vie car après tu as plus rien.
          chez les euthanasistes, tu as beaucoup de nazis libéraux voulant euthanazier tous les inutiles comme en 33.


        • Gabriel Gabriel 5 avril 2016 16:01

          @foufouille
          Je suis d’accord avec vous dans la mesure ou si la personne en fin de vie fait son choix, il faut que cela soit contrôlé et entouré. Il n’est pas question de faire n’importe quoi et interdire les dérives malsaines qui n’ont rien à voir avec la volonté du mourant qui est la seule valable. 


        • foufouille foufouille 5 avril 2016 16:21

          @Gabriel
          ben c’est pas le cas. le mec qui avait une SEP avait peur de la mort mais s’est fait eutthanasié après bourrage de crâne.
          le docteur bonnemaison n’a pas été condamné pour meurtre.


        • alinea alinea 5 avril 2016 14:00

          C’est curieux Gabriel, qu’est-ce qui vous arrive ? Mais que se tissent ces liens invisibles et qui réchauffent et qui allègent...
          Nous avons artificialisé la naissance, plutôt que l’assumer, nous avons étouffé la souffrance ; aujourd’hui nous nous laissons voler notre mort mais nous n’avons plus de gratuité pour nous accompagner.
          Nous sommes sensés mourir à notre heure, et de bien des façons ; nous sommes sensés naître à notre heure. Aujourd’hui, les femmes programment leurs grossesses, en accord ou non avec leur conjoint, et le médecin programme l’heure de la naissance, en accord avec son planning.
          Nous avons accepté l’artifice comme un progrès, nous en vivons les limites.
          On trouvera la solution, mais, je suis convaincue que comme nous ne pouvons choisir le moment de notre naissance, nous ne pouvons choisir l’heure de notre mort ; ce serait mélanger des choses incompatibles : la vie et le mental.
          On dit que comme on vit on meurt, c’est d’autant plus vrai aujourd’hui.
          Il nous faut juste mourir quand on est prêt.


          • Gabriel Gabriel 5 avril 2016 14:20

            Bonjour Alinéa,

            Suite à une origine, un départ, je n’ai qu’une intime conviction mais, j’en conviens, une intime conviction ne fera jamais une vérité universelle. Aussi je me garderai bien de l’imposer et c’est pour cela que je réclame une liberté de choix pour chaque individu. Certains pensent que la souffrance et la déchéance doivent être subies. Est ce là une preuve de courage  ? D’autres pensent que le courage, c’est de partir digne au yeux des leurs en pouvant leur dire adieu. Encore une fois, de grâce et par respect pour le voyageur sur le quai de l’ultime gare, laisser le choisir l’heure de son train... 


          • petit gibus 5 avril 2016 14:23
            @alinea

            « 
            je suis convaincue que comme nous ne pouvons choisir le moment de notre naissance, nous ne pouvons choisir l’heure de notre mort »

            J’te comprends pas très bien !
            Tu es pour ou contre
            cette liberté de choix d’une fin de vie
            digne et personnelle ?

          • alinea alinea 5 avril 2016 14:46

            @Gabriel
            Absolument Gabriel ; il y a que je suis pas sûre du fondement de la réalité des choix, pas sûre non plus qu’à l’heure de mourir nous soyons dans le même état d’esprit que quand nous étions pris par la vie moderne, avec tous ses abandons essentiels.
            Je ne suis sûre de rien et je ne juge pas, mais j’en ai vu mourir, et puis, il y a ce fondement philosophique que nous ne sommes plus libres, abandonnés aux autres. Ne leur demandons pas l’impossible ; qui peut tuer sur demande ? Sauf à en être convaincu soi-même, mais ce n’est plus la même histoire, « soi » interfère.
            Philosophiquement parlant, cela ne veut rien dire, faire un choix que l’on ne peut exécuter. Alors c’est une supplique, rien de délibéré.
            Il y a deux choses importantes, puisqu’il y a, au moins, deux partenaires :
            Celui qui va mourir ne meurt pas parce qu’il n’y est pas prêt, dans le tréfonds de sa psyché. C’est une évidence.
            Celui qui l’accompagne veut, lui aussi, abréger ses propres souffrances. Dernier duel. Il faut que quelque chose lâche. Celui qui reste autorise l’autre à partir ; celui qui part est apaisé, il a résolu ce qui l’empêche. Ce n’est pas forcément cette autorisation, ce peut être autre chose. La tension de votre propre souffrance peut-être... il ne faut pas reporter à demain, devant le fait accompli, le temps de l’acceptation. Ou bien un être qui manque et que l’on veut revoir ou bien ce lâcher-prise que le corps comprendra...
            Lâchez prise, n’attendez pas de manne. On ne « choisit » pas l’heure de son train, faites confiance, il viendra à temps.


          • alinea alinea 5 avril 2016 14:53

            petit gibus
            Je ne suis pour ou contre rien, n’étant pas dans la peau des autres ; mais je « sais » que notre volonté n’a que peu à voir avec la vie, la mort ; nous abordons à cette heure ce que nous avons peut-être négligé notre vie durant.
            Les gens font ce qu’ils veulent ou ce qu’ils peuvent mais la main-mise sur notre propre vie me paraît pas très humble. Il n’est pas question de courage quand on meurt, c’est juste un abandon ; le premier peut-être de notre vie.


          • Shawford Shawford 6 avril 2016 07:34

            @alinea

            eh oh là faut arrêter de fumer la moquette, la question que pose Gabriel recouvre avant tout des considérations pratiques, en clair faire face à sa souffrance, et quand on est placé devant on ne choisit donc pas, on subit... ou pas, point barre.

            Et comme je vis en ce moment même cette problématique dans ma chair, je sais désormais de quoi on parle ici même.

            Pour l’instant j’en suis juste à vomir mes tripes chaque jour à cause de la chimio et je saurai a priori fin mai si je suis en rémission ou pas.

            S’il advenait que la chimio n’aura pas marché, il sera par contre contre hors de question que je refasse une autre série de ces traitements barbares (j’étais la semaine dernière avec un mec qui en est à son 7eme cycle toujours plus douloureux et aliénant et avec toujours moins de chances de s’en sortir), et ce alors qu’on m’a littéralement vendu la chimio et ses 100% de chances de s’en sortir, aujourd’hui je suis plus qu’à 85% et je vous parle donc même pas de mai prochain.

            Alors c’est bien ici et maintenant en toute conscience et lucidité que je veux pouvoir penser à mon sort, définir comment procéder avec mes proches, car quand la souffrance sera trop forte ce sera finito et je gagnerai rien à l’affaire à être shooté et plus vraiment conscient.

            @Gabriel
            Très bel article et ce type de réflexion tombe malheureusement mais donc heureusement aussi pile poil pour moi.
            Vous terminez par un très joli texte
            Pour ma part ce que je réponds en premier à tous ceux ceux et celles avec qui je m’entretiens en ce moment dès qu’on a vient à la maladie et au manque de chance d’avoir ce cancer, c’est :
            - soit on vit bien dans un univers soumis aux lois de l’entropie et du chaos et alors je serai mal venu d’en vouloir au hasard de m’avoir refilé cette maladie, et comme donc tout ça n’a pas de sens, ce sera pas plus mal de ne plus en être.
            - soit c’est donc forcément le fruit du destin et il n’est qu’une voie possible, c’est de le vivre en essayant de voir à quoi renvoie cette épreuve.

            PS : j’eus aimé écrire un article sur cette problématique mais bon vu comme la bande d’empaffés que vous êtes tous, les modérateurs, n’avez pas permis que celui que j’avais proposé en liaison avec la chimio passe, je m’en abstiendrai.


          • Gabriel Gabriel 6 avril 2016 08:13

            @Shawford
            Bonjour à vous, toute mon amitié et mon soutient dans l’épreuve que vous subissez. Mes prières vous accompagnent dans l’espoir d’une guérison. Votre courage et votre lucidité sont pour moi une leçon de vie.

            Très cordialement
            Gabriel 

          • Shawford Shawford 6 avril 2016 08:45

            @Gabriel

            Merci pour le soutien smiley

            Pour revenir sinon aux relations que l’on peut avoir avec le corps médical, ce dont je peux faire témoignage c’est l’attitude exécrable consistant à vous priver de votre libre arbitre en toute circonstance, on le vit de façon on ne peut plus prégnante au quotidien de l’hôpital, tout converge vers le fait de vous priver de votre sort (en fait si vous demandez pas, vous n’obtenez aucune information sur le déroulement et la finalité du traitement ou alors c’est toujours au moment où celui qui vous pose la question sait très bien que vous avez alors autre chose à penser), il faut juste subir le cheminement commun, c’est horriblement aliénant et infantilisant.

            Très clairement on s’occupe très bien de vous (à tout le moins le personnel soignant, les internes, externes et pontes par contre, c’est en permanence la caricature de la Cour qui avance au pas de charge dans l’hospice et là je parle d’un établissement spécialisé semi artisanal ; dans les CHU c’est trois fois pire, bon c’est vrai aussi que je suis un sans dent, pas droit aux cliniques où on peut en avoir sans doute pour son argent), mais faut rester dans les clous, on sent en toute circonstance le fait que bien vous traiter, c’est pour que vous la fermiez au plus vite et que l’on puisse passer au suivant, efficacité oblige.


          • Gabriel Gabriel 6 avril 2016 09:08

            @Shawford
            Le corps médical ( Infirmières, soignants, aides- soignant) est débordé depuis qu’une bande de vautours a décidé d’enfermer les soins dans des colonnes comptables. Le but est de faire fuir les patients qui ont les moyens vers les cliniques privées ou le malade devient le client. Ainsi, le pays de Voltaire qui était, en terme de soin, un des meilleurs au monde régresse pour ne pas dire s’effondre. Il suffit d’aller dans les urgences de n’importe quel hôpital pour voir les dégâts engendrés par la rapacité et la cupidité du libéralisme. Nos chers politiques et financiers ont créé deux médecines, celle pour les riches et celle qui se démène comme elle peut pour les gueux... Heureusement qu’il y a aussi les bénévoles et les accompagnants, des gens formidables, qui tournent en hôpitaux et en soins palliatifs. Il font un travail remarquable dans l’abnégation la plus complète et, quelque soit l’heure du jour ou de la nuit, essaient toujours d’être à votre écoute. Notre société est en fin de vie et le cancer qui l’a ronge s’appelle :" Déshumanisation".


          • rocla+ rocla+ 6 avril 2016 09:25

            @Shawford


            D’ où l’ intérêt d’ être avec dents .

            Je sais c ’est con ce que je dis . 

            Mais lorsque vous êtes en face d’ une mandarine , je veux dire d’ un mandarin 
            de la médecine je veux dire d’ un ponte , vous avez affaire à un gus qui a 
            trimé des années pour réussir ses exams , ensuite il s’ établit ou travaille dans 
            un zhopital et là il turbine encore du matin au soir ou du soir au matin . 

            Et un jour ce même crack de la médecine tombe sur Agoravox et il lit et voit 
            que travailler pour la plupart est un esclavage , une exploitation inhumaine 
            de l’ homme par l’ homme , et il se dit , ou il pourrait se dire ou la pensée
             de penser mais que je suis con de me démener pour des types çacomme 
            pourrait effleurer son cerveau  de carabin qui fait des bulles dans son bain . 

            Mais sans doute mon raisonnement ne peut pas tenir dans le contexte 
             environnant des environs des endroits entourant l’ espace d’ici .


            Il suffit de naitre et devenir ayant-droit . 

          • Shawford Shawford 6 avril 2016 10:05

            @rocla+

            Yep mais on en revient à la même chose. Rien n’oblige pour autant ton ponte à être un gros connard condescendant et dédaigneux, ce qui correspond à 99% de ce que m’ont montré ces mêmes gonzes.

            Une question d’attitude, pas de principe.

            Or tout ce que tu démontres une fois de plus, c’est donc que si t’as trimé, t’aurais le droit de chier sur les autres : faudrait donc une bonne fois pour toute arrêter d’adopter une attitude strictement aussi détestable que celle des feignasses dont tu te plains à longueur de journée ici (et sache bien que je ne les dédouane pas pour autant, c’est juste que tu vaux pas mieux)

            Arrête donc de nous la jouer père la morale dès lors même que tu mets l’humain en valeur secondaire derrière le pognon !! Car en y pensant bien pour ceux qui ont été plus gâtés par la nature ou se sont fait d’autant plus violence pour parvenir, c’est à eux d’en remontrer en terme d’exemplarité, et pas ceux qui à leurs yeux ne seraient justement que des larves : il faut avoir un tant soit peu de cohérence !!


          • Shawford Shawford 6 avril 2016 10:07

            @Gabriel

            tout est dit dit, ou plutôt juste ce qu’il fallait pour pouvoir donner ensuite l’estocade au captain smiley


          • rocla+ rocla+ 6 avril 2016 10:26

            @Shawford


            C’ est exactement le même schéma de ceux qui ont un petit pouvoir 
            de faire chier des millions de personnes en bloquant les gens sur les quais
            pour de minables petits avantages mesquins . 

            Je sais que le ponte qui s ’y croit est un âne , le cheminot qui s’y croit
             c’ est tout exactement le même connard .

            Pareil . 

          • foufouille foufouille 5 avril 2016 14:35

            deux exemples de progrès médicaux :
            en 1900, tu crèves de la moindre déchirure intestinale, en 14 un médecin remarque les blessés par balle avec les tripes à l’air survivent plus longtemps. il applique ce principe en extériorisant la partie blessé des intestins et c’est le début de la colostomie qui sauvera de nombreuses personnes.
            vers 59, on crève d’une nécrose viscérale ou d’infections internes lié à des trucs genre pancréatite aiguë. vers 90, le lavage drainage est expérimenté, gros tuyau qui te nettoie l’intérieur du pourri, mais c’est pas merveilleux car tes chances de survie sont hyper faible genre 1%.
            92, le premier chirurgien arrête mes hémorragies et autres plaies du pancréas, intestin comme il peut.
            normalement, je suis mort.
            une semaine après rechute et la totale avec hémorragies, infarctus, pancréatite aigue et nécrose un peu partout. la morphine est peu utilisé dans cet hôpital ou pas utilisable vu mon poids trop faible.
            lavage drainage avec 0% de chance de survie.
            puis nouvelles hémorragies.
            en 2010 environ, le système de lavage s’appelle irrigation et c’est 90% de chance de survie pour la pancréatite aiguë. la paralysie est en passe d’être guérissable, aussi.
            donc quand la culture de la mort ADMD sera accepté par tous ou si elle avait été accepté avant, aucun progrès n’aurait existé. une simple fracture ouvete = cimetière.
            donc les histoires de dignité n’a rien à faire dans ce genre de débat.


            • straine straine 5 avril 2016 15:06

               
              @foufouille
              Les « je suis charlot » ne voient pas en filigrane le retour de L’Âge de cristal, une fois la cérémonie publique appelée le carrousel bien établie, gageons qu’un lointain descendant de nos bisounours aura la vocation d’un Logan pour boucler ce cycle .....


            • Gabriel Gabriel 5 avril 2016 15:21

              @foufouille
              Me serais je mal fait comprendre ? Nous parlons ici des personnes en fin de vie, dont le diagnostic est confirmé à 99% et dont la médecine et la science sont impuissantes.... Qui parle de fracture ? Evidement que la médecine fait des progrès et que demain on guérira peut-être le cancer et autres maladies destructrices et c’est tant mieux, mais en attendant si je vous écoute il est hors de question que quiconque ose demander de l’aide. Donc pour ceux qui le désire, comme ici une minorité a choisi pour vous, allez mourir dignement à l’étranger mais pas devant chez elle, ça heurte sa conscience par contre, la vôtre, ils n’en ont que faire.


            • Fergus Fergus 5 avril 2016 15:44

              Bonjour, Alinea

              « Nous parlons ici des personnes en fin de vie, dont le diagnostic est confirmé à 99% et dont la médecine et la science sont impuissantes... »

              Merci pour cette réponse ; je m’apprêtais à écrire dans le même sens.

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