• dimanche 27 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Tribune Libre > Nationalisons les artistes !
0%
D'accord avec l'article ?
 
100%
(28 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Nationalisons les artistes !

Alors que l’HADOPI vient d’être adoptée par le parlement et le sénat, sous réserve de quelques légères égratignures par le Conseil Constitutionnel, l’ADAMI et la SACEM sortent du bois pour nous expliquer que cette loi ne règlera pas le problème de la baisse de rémunération des artistes. Nous y voilà, et il n’aura manifestement pas eu besoin de beaucoup de temps pour que les appétits législatifs du monde de la musique n’apparaissent au grand jour.

HADOPI a été commenté à l’extrême ici ou ailleurs, pas besoin de revenir sur le fond de cette loi stupide. Il faut, maintenant, passer à la suite et tenter de voir comment la sphère artistique va pouvoir trouver son chemin et sa rémunération dans ce monde dématérialisé. Passons rapidement sur la légende urbaine qui veut que la baisse du « piratage » va doper les ventes. Penser que quelqu’un qui téléchargeait illégalement va se précipiter à la FNAC pour acheter des CD une fois que sa connexion internet lui sera coupée confine à la pathologie. Déjà, s’il arrive à pardonner aux artistes français d’avoir poussé à l’adoption de la loi, ce sera un moindre mal (Mais il est assez probable que ces derniers se soient coupés de leur base et qu’ils le paient au prix fort dans les années à venir)
 
Pour comprendre la problématique de la rémunération de la musique à l’ère de la dématérialisation, il faut prendre en compte, deux notions d’économie adaptées à la musique sur internet :
 
- La non-rivalité : Elle définit la possibilité de copier une œuvre à l’infini, sans coût supplémentaire, tout en permettant parallèlement la consommation payante par d’autres.
- La non-exclusivité : Elle définit la possibilité d’accéder à une œuvre par plusieurs moyens, dont certains sont gratuits pour l’utilisateur final et néanmoins légaux. On peut citer Deezer pour illustrer la partie « gratuite » avec tous les logiciels existant qui permettent de l’enregistrer.
 
La conjonction de ces deux notions dans la vie de la musique sur internet amène à une situation incontournable : un morceau de musique numérique est disponible aujourd’hui gratuitement, pour tous, partout et légalement. Sa valeur tend inéluctablement vers zéro. La musique est, d’ores et déjà, gratuite pour l’utilisateur sur internet. Et cette gratuité (légale) n’apporte quasiment pas de rémunération pour les artistes (20€ pour 20.000 écoutes sur Deezer par exemple). Ca, c’est un fait qu’aucune loi ne pourra changer. Les sociétés de gestion des droits d’auteurs et d’interprètes l’ont bien compris. Elles montent aujourd’hui au créneau pour faire passer l’idée qu’il faudra rapidement envisager un mode de rémunération complémentaire pour combler cette perte irréversible. Et pour eux, la solution est simple : taxer les F.A.I au titre de la copie privée, de la même manière que les supports de stockage numérique. In fine, il s’agit donc de taxer l’internaute.
 
Nous voilà, tout doucement et à dose homéopathique à la logique de la licence globale. Une musique gratuite, déjà disponible sur internet, associée une taxe sur l’abonnement. Tous les cris des uns et des autres n’y auront rien changé, on y va tout droit. Et si on y rajoute les innombrables autres taxes qui atterrissent déjà dans le panier de « la création artistique » on peut estimer que les artistes musicaux sont bien en voie de la nationalisation.
par Olivier from Madinina mardi 19 mai 2009 - 18 réactions
0%
D'accord avec l'article ?
 
100%
(28 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Mougeon (xxx.xxx.xxx.83) 19 mai 2009 12:38
    Mougeon

    En ce qui me concerne depuis l’HADOPI :

    artistes du Show-business = BOYCOTT

    Je n’ai plus aucune envie d’acheter leurs produits, je ne prends plus aucun plaisir à les écouter, voir même à les entendre.

    Mon avenir musical se fera sans eux...

    Heureusement la relève est la avec la Musique LIBRE qui ne demande qu’à être écoutée. Voici quelques liens qui regroupent des milliers de vrais Artistes :

    http://www.dogmazic.net/index.php?o...
    http://rezal404.org/wikini/wakka.ph...
    http://www.jamendo.com/fr/albums
     

  • Par trevize (xxx.xxx.xxx.205) 19 mai 2009 12:58

    Bonjour,
    il ne faut pas tout mélanger, la SACEM et ses amis veulent taxer les FAI, mais c’est loin d’être une licence globale : cette taxe ne donnera pas le droit aux internautes de télécharger de la musique. Les maisons de disque veulent le beurre l’argent du beurre, le c** de la crémière, son fond de commerce, la pâture et le troupeau !

    C’est inique, quand on réclamait la LG, on nous a dit :
    -c’est nul, on va pas créer une nouvelle taxe
    -il sera impossible de répartir équitablement l’argent récolté
    -c’est un délire communiste de faire payer tout le monde pareil alors que tout le monde ne "consomme" pas la musique de la même façon
    -etc.

    et maintenant, on s’aperçoit que c’est tout simplement de l’avarice et de l’égoïsme : ça les dérange plus de récolter l’argent de la taxe, mais pas question de laisser l’utilisateur télécharger la musique sans payer.

    Au passage, je signale que les FAI paient déjà une taxe pour la copie privée

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox