• dimanche 21 mars 2010
  • Agoravox France Agoravox.com Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Tribune Libre > Nicolas Sarkozy : la perversion narcissique
13%
Article intéressant ?
 
87%
(39 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Ecrire un commentaire
  • Marquer et partager

Nicolas Sarkozy : la perversion narcissique

Les principaux critères diagnostiques du trouble de la personnalité narcissique veulent que le patient présente au moins cinq des symptômes suivants :
  • le sujet a un sens grandiose de sa propre importance (par exemple, surestime ses réalisations et ses capacités, s’attend à être reconnu comme supérieur sans avoir accompli quelque chose en rapport) ;
  • est absorbé par des fantaisies de succès illimité, de pouvoir, de splendeur, de beauté, de perfection, ou d’amour idéal ;
  • pense être « spécial » et unique et ne pouvoir être admis ou compris que par des institutions ou des gens spéciaux et de haut niveau ;
  • montre un besoin excessif d’être admiré ;
  • pense que tout lui est dû : s’attend sans raison à bénéficier d’un traitement particulièrement favorable et à ce que ses désirs soient automatiquement satisfaits ;
  • exploite l’autre dans les relations interpersonnelles : utilise autrui pour parvenir à ses propres fins ;
  • manque d’empathie : n’est pas disposé à reconnaître ou à partager les sentiments et les besoins d’autrui ;
  • envie souvent les autres, et croit que les autres l’envient ;
  • fait preuve d’attitudes et de comportements arrogants .
Notre patient, Nicolas Sarkozy, entre largement dans cette catégorie décrite, entre autre, dans Wikipédia où l’on lira la définition suivante  : La perversion narcissique est une tendance à utiliser l’autre pour se faire « exister plus. »
 
Mais au-delà des symptômes qui renvoient à l’infantilisme du Président de la République – impossibilité de se mettre en retrait, cette façon de bousculer tout le monde pour se faire remarquer au premier rang, ces yeux qui s’allument à la vue d’un beau joujou, tel le stylo Mont-Blanc qu’il empoche en Roumanie, cette façon de dire : « Regardez-là ma meuf, z’en avez une comme ça vous ? » – la forme même de son discours est fortement empreinte d’une structuration narcissique.
 
Lors de sa dernière prestation télévisée avec Michel Denisot sur Canal+, le Président n’a pu s’empêcher de poser cette fausse question qu’il ne cesse décliner rituellement d’un discours à l’autre en arborant le sourire satisfait de celui qui piège son auditoire :
 
« Voudriez-vous que je reste à mon bureau, les bras croisés, à ne rien faire ?
Une phrase qui souligne un activisme sans actes et que le Président accompagnera en croisant les bras. La parole donc et le geste qui met en scène la dénégation de cette parole. Comme s’il se contemplait dans l’admiration de celle-ci qui, effectivement, interdit toute contradiction de « bon sens. »
 
D’ailleurs le « journaliste » n’est choisi que pour son silence complice, il est censé « figurer » le spectateur qui ne peut répondre mais n’a d’autre choix que d’acquiescer. L’interviewer n’est alors plus que le miroir de la parole présidentielle, miroir et écran dans lequel le Président ne dit rien, n’informe pas mais se regarde et se montre. La parole présidentielle se fait exhibitionniste. L’écran de télévision est cet espace d’auto admiration dans lequel le spectateur, le « citoyen » dépossédé est réduit à un silence complice : la forme mime le ton d’un débat qui nous impliquerait et rythme un discours qui, ainsi, incarne l’apparence de l’action.
 
Or Narcisse n’agit pas. Agenouillé devant son miroir, dans la contemplation de lui-même, il est imperméable au monde et aux autres. Sauf à être admiré.
Sans doute est-ce pour cela que, paradoxalement, tout le sarkozisme repose sur la communication : l’art du faux dialogue.
 
 Ce n’est plus la propagande, injonctive, qui vous somme d’ adhérer mais une séduction fondée sur cette absence de réalité de l’Autre réduit au fantasme d’un simple spectateur. Un Autre déchu de toute citoyenneté, définitivement exilé du champ politique.
 
 On comprendra mieux alors pourquoi il n’y a pas un discours sarkoziste mais dix, qui se superposent au gré du temps et de son interlocuteur imaginaire : un discours pour l’électeur d’extrême droite, le lendemain un autre pour celui de gauche et un autre jour pour l’écologiste.
 
Nicolas Sarkozy s’agenouillera devant n’importe quel discours pour peu que celui-ci le rende admirable. C’est moi, moi, moi. Avant Obama ou Merckel, Moi !
Cette « communication » est donc un leurre qui vous incite à entrer dans l’espace présidentiel. L’intimité qu’il feint de vous faire partager n’est rien d’autre que son plaisir solitaire.
 
Le sarkozisme, maladie infantile du néo-libéralisme ?
 
www.nouvelhermes.blogspot.com
 

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Obtenez votre badge pendant 6 mois.

Achat immédiat par SMS ou TEL
1
2
Envoyez CODE par SMS au 81038 3.00 € / SMS Appelez le 08 99 78 18 94 1.91 € / appel
3

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • vote :
    Par Bardamu (xxx.xxx.xxx.109) 19 décembre 2009 09:50

    Excellente analyse !... vous avez fâché l’internaute du dessus qui, quant à lui, serait bien plus atteint du syndrome dit "de la m.... dans les yeux" pouvant s’accompagner de cet autre dit "du miel dans les oreilles" !


    Bien évidemment, le pitre qui nous gouverne est-il atteint de cette maladie-là !
    Combien de fois, historiquement, des gouvernants sous le coup de belles pathologies en ont bénéficié dans l’exercice de leur pouvoir !
    Quand, dans le même temps, ces mêmes maux peuvent desservir le quidam.
    Oui, la pathologie peut être une arme, et, dans un monde de fous, la folie devient alors un atout pour qui est reconnu par ses pairs.
    Sinon, a contrario, elle sera un sacré handicap pour le petit, le dépossédé !
    Ainsi, avec les Napoléon, Hitler, Bush... que de fadas !

    Sarkozy n’a aucun surmoi, cette instance psychologique qui participe du scrupule, de la morale, de l’éthique !
    Il est proprement désaffecté, rien ne le touche !
    Sauf à se reconnaître en la "chose", quand elle s’appelle Carla, par exemple, et qu’elle le renvoit à sa propre image, selon un "Effet miroir" !

    Il a ce qu’on nomme un faux-self, notre petit président, une personnalité caméléon, capable de s’habiller de tous les caractères, de toutes les opinions.

    J’irais même plus loin en prétendant que le lourd cortège obsessionnel qui péniblement l’envahit -tics de toutes sortes, gestuelles répétées jusqu’à l’ivresse- n’est là que pour le protéger de plus graves atteintes psychologiques : paranoïa ou schizophrénie !

    Son activisme est la preuve d’un caractère instable, et son addiction dans le travail pourrait en d’autres cas trouver terrains moins favorables : le jeu, la drogue...
    En fait, le pouvoir est pour lui une chance, car s’il avait dû subir de graves frustrations, notre bonhomme aurait pu tourner au serial killer.

    Il en présente toutes les caractéristiques latentes qui, ici contenues et sublimées, font dire de lui qu’il est un véritable "tueur" en matière politique :
    -insatisfaction permanente ;
    -impulsivité ;
    -manque total de scrupules ;
    -tendance à chosifier les êtres ;
    -grand charisme -les gens étant fascinés par ces êtres égocentrés, gourous de sectes et autres manipulateurs !
    -narcissisme pathologique -ou culte du soi-, participant de blessures affectives profondes précédemment vécues : chez Sarko, un complexe d’infériorité ravageur ; en son enfance, une mère pas vraiment maternelle et un père peu scrupuleux et pour le moins absent.
    Bref, je pourrais continuer ainsi indéfiniment, le garçon ayant même inspiré un universitaire qui l’a érigé en modèle psychologique intéressant à enseigner à ses étudiants -on le comprend !

    Pour poursuivre, on peut affirmer qu’en sa folie ce grand névrosé a plutôt réussi !
    Sinon, il aurait eu plus de chances de faire la une des faits divers que celle des journaux people !
    Quant à l’internaute précédent, comment justifier pareil aveuglement, sinon en constatant qu’il est simplement sarkozyste, notre intervenant, et que le sarkozysme n’est rien moins qu’un aveuglement.

    D’ailleurs on constatera la hargne du sarkozyste à défendre son petit maître, sans jamais avancer un seul argument tenable, mais que des vues péremptoires, catégoriques, sans fondements.
    Le sarkozysme est l’instrument du "riche" et par définition le riche n’a pas à se justifier, les apparences, ces signes extérieures de richesse, lui servant d’arguments : "je suis reconnu socialement donc je suis pleinement" -drolatique cogito !
    Pourquoi ?
    Car c’est la dialectique de tout tartufe que celle-ci très cher, qui hurle lorsqu’il se sent démasqué !
    Ah, pauvre sarkozyste, voué à toujours plus se tromper !

    Conclusion :
    -Ainsi, seule une époque limite pouvait se satisfaire d’un président limite, borderline !
    Les modernes ont eu le chef qu’ils méritaient, à l’image de la modernité : un délirant-en-chef !
    Bon week-end, cher Hermès ! 

  • vote :
    Par NOUVEL HERMES (xxx.xxx.xxx.92) 19 décembre 2009 09:23
    NOUVEL HERMES

    J’ai un peu corrigé ce texte sur mon blog (www.nouvelhermes.blogspot.com) en ajoutant ce passage pour le moins révélateur de son émission avec Denisot : "TU es le Chef de l’Etat. Si JE n’agis pas maintenant..."
    Si ce n’est pas troublant cette façon de parler de soi en passant du TU au JE ? C’est mormal pour quelqu’un qui est censé maîtriser le discours ? Ce dédoublement n’est symptomatique de rien ?
    Et n’étant pas proche de l’idnividu, je ne pourrais pas en parler ? Interdit de parler de De Gaulle, d’Hitler ou ....parce que je ne les connais pas ? Quelle argumentation !

  • vote :
    Par armand (xxx.xxx.xxx.6) 19 décembre 2009 10:12
    armand

    "Le sarkozysme est l’instrument du "riche" et par définition le riche n’a pas à se justifier, les apparences, ces signes extérieures de richesse, lui servant d’arguments "

    Intéressante analyse, mais votre explication ci-dessus est un peu courte.
    La justification de la toute-puissance sarkozyste c’est l’élection d’un manager tout-puissant, dont le bon droit découle exclusivement de cette formule. C’est cela qui a été brandi jusqu’à l’absurdité par les défenseurs zélés (?) de Monsieur Fils.
    Pour schématiser, un chef doté d’un "projet", s’il recueille une majorité, même courte, a désormais toute latitude pour court-circuiter, voire démolir toutes les hiérarchies naturelles fondées sur l’expérience, le savoir-faire, le compétence, au profit de Sa Parole, relayée par Ses Créatures, qu’il désigne, élève et révoque en toute souveraineté.

    C’est en somme le bon droit plébiscitaire, qui a barre sur absolument tout. Et c’est malheureusement le prolongement absolu de la Constitution de la Vème République.

    J’en vois l’illustration flagrante dans les choix ministériels - quelques choix techniciens, car il faut bien que ça tourne, et une foule de non-entités sorties du néant en fonction de leur "image" et , hélas, d’une bonne compréhension de la psychologie des foules (la poopularité absurde de Rama Yade) qui ont néanmoins barre sur toute une hiérarchie qui a fait ses preuves pour en arriver là.
    De même, pour une présidence dite "de droite" le choix sans vergogne de créatures dont la moralité illustre les pires turpitudes dont un traditionaliste puisse rêver.

    Alors la psychologie spécifique de Sarkozy met en relief ce système - il est proche des "riches", les admire, voudrait en être, mais la prééminence de ces "riches" est légitimée par le plébiscite sarkozéen, brandi en réponse à toute contestation, non le contraire.

    Il ne faut pas se tromper de cible - dans ses outrances, la personnalité de Sarkozy séduit les analystes car elle est donnée en spectacle - mais c’est le système pervers de la présidentialisation à l’outrance qui pose problème. Or aucun parti politique ne la met en cause, car chacun souhaite conserver à son propre candidat, en cas de succès aux élections, le même arsenal de pouvoirs illimités.

  • vote :
    Par Bernard Dugué (xxx.xxx.xxx.206) 19 décembre 2009 11:49
    Bernard Dugué

    Bonjour,

    Vous n’êtes pas le seul à penser ainsi

    Cela fait quelques mois que je songeais à écrire un billet sur ce thème mais le sujet est tellement délicat et ardu qu’il m’aurais fallu du temps et de la patience pour développer une thèse aussi audacieuse. Bravo pour avoir essayé ! Mais attention aux danger des approches psychologisantes. Si Sarko est un PN, il relève de la psychiatrie lourde. Vous nous avez présenté un côté light du PN, celui d’exister en se servant des autres. A ce compte-là, le monde médiatique et politique dans son ensemble est PN, de Drucker à Besson

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login /mot de passe

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.

Faites un don

Réclame

Réclame

sondage

Que retenez-vous du premier tour des Régionales ?


Voter

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site optimisé pour le navigateur Firefox. - Un site Infovox Network