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Accueil du site > Tribune Libre > Non Monsieur Hollande, Vous Ne Serez Pas Le Prochain

Non Monsieur Hollande, Vous Ne Serez Pas Le Prochain

Et voilà. C’est reparti comme en 1995. Ou comme en 2007. Et allez savoir si ça ne finira pas comme en 2002 ; mal. Oh bien sûr, pour le moment, il ne semble pas y avoir péril en la demeure. François plane encore dans les sondages. Mais je crains que ça ne dure point. Que le soufflé retombe. Lentement. Mais sûrement. Et là : adieu Berthe. Terminus pour le PS.


Jospin II.jpgPourtant ça se présentait bien, voyez. Mais ça, c’était du temps où DSK était le champion du PS. Qu’il écrasait tout. Et la primaire. Et la présidentielle. Dans cette configuration, le député de Corrèze, il était à son aise. Dans la peau qui lui sied : celle du challenger. Il était, ce brave homme, téméraire, loser magnifique, qu’allait s’opposer au Big Boss, le grand manitou du FMI, DSK et toute sa clique. Je m’en pourléchais d’avance… Ah, me disais-je, c’est une chance ! Enfin (peut-être) nous allons y avoir droit, au socialisme. Enfin, oui, nous aurions le choix.
Hollande représentait, alors, une alternative. Une possibilité. Une île.

Oh bien sûr, je n’étais pas dupe, j’ai de la mémoire, je n’ai pas oublié que François, il a tout voté, et des deux mains, s’il vous plaît : Maastricht et tutti. Et, concernant le fameux Traité pour une Constitution Européenne, comme Jospin, comme Royal, il fut un fervent défenseur du « Oui ». Alors que Mélenchon, non... Mais, le temps passant, les alliances allant, venant, et puis aussi, la solitude, tant de paramètres, la crise notamment, la mondiale, bref, je pensais que cet homme, Hollande, avait pris la mesure. Qu’il l’avait fait, pour de vrai, cette fois, l’inventaire.

J’avoue, je me suis trompé. Et dans les grandes largeurs.

Nonobstant, qu’on ne s’y trompe pas. L’homme est brillant. Si loin de cette image que d’aucuns lui collent. Des ignorants pour la plupart. Des paresseux, il va de soi. De ceux qui gobent les images médiatiques, sans jamais en vomir. Des perroquets. Des inutiles.
Oui, je l’affirme et le maintiens, François Hollande est un homme politique de qualité. Ni Flanby. Ni transparent. Redoutable, assurément... Mais peu importe. Ce serait une perte de temps que de le démontrer par A+B. Et puis, désormais, ça ne sert plus à rien. L’affaire étant entendue. Hollande a rompu. Le socialisme, vous n’en verrez pas la queue. Rien. Zéro...
Autant le dire, c’est un gâchis. Et il est, ce gâchis, impardonnable et scandaleux.

Ce DSK, mazette ! Il nous aura bien pourri la vie. Et, si ça se trouve, c’est loin d’être fini. J'vous le dis, on n’est pas à l’abri d’une révélation bien embarrassante. Pour le PS, exclusivement. Mais n’anticipons pas. Laissons le temps, cet acide, faire son œuvre… 
Toujours est-il que, tant qu’il était là, DSK, il y avait un espoir. Et cet espoir, c’était François. Car il était l’opposant. Il était l’anti-DSK déclaré... Et puis, boum, patatras, le grand argentier se fait salement serrer... Comme disent les journalistes, ces gens qu’ont tellement d’imagination qu’ils emploient toujours les mêmes mots, toujours les mêmes expressions, « les cartes sont rebattues ».
D’une certaine façon, oui. Mais pas pour le meilleur. Non : pour le pire. Car, brutalement délesté de son adversaire, François, alors, se perd. Il erre comme une âme en peine... Que dire ? Que faire ? Qui affronter, désormais, sur le terrain des idées ?... Aubry ? Laissez-moi rire !...
C’est plus une primaire, le grand beau match pour la présidentielle, non, c’est un congrès du PS qui se dessine. Une histoire de motions. Ni plus, ni moins. Il ne reste plus qu’à habiller cette affaire, la maquiller, pour que ça ne se voie pas trop, que l’illusion soit parfaite.

DSK, ou plutôt la chute de DSK, a tué Hollande. Net. C’est à partir de ce point, mai/juin 2011, que tout part en vrille. Que l’homme se rétracte. Retrouve ses mauvais réflexes de premier secrétaire. Qu’il remise par devers lui son socialisme. Non pas qu’il était flamboyant, son socialisme, faut pas pousser non plus ; le PS, on le sait, le socialisme, c’est plus sa tasse de thé depuis lurette. C’est d’ailleurs la raison essentielle, principale, de ses échecs successifs aux dernières présidentielles. Dix-sept ans que ça dure. A croire qu’ils sont aveugles et sourds. Ou pétris de trouille.

Orphelin de l’homme qu’il rêvait d’affronter, Hollande se délite. D’une certaine façon, Aubry, n’a pas eu tort, en employant cette expression, vacharde, mais qui fit mouche, celle de « gauche molle ». Certes, c’était comme qui dirait l’hôpital qui se foutait de la charité, tant, tout bien pesé, à quelques détails insignifiants près, Aubry, c’est la même crémerie, les mêmes ficelles, la même politique : c’est du fade. Et si peu de gauche.

Or donc, voilà Hollande qui nous la joue raisonnable, crédible, et surtout : prudent. Moins je me mouille, mieux ça sera. D’autant que l’industrie sondagière est avec lui... Ah, ces sondages, mais quel cancer ! On ne dira jamais assez, à quel point, ils sont les ennemis du débat politique, des idées, de la démocratie. Mais passons… Et entrons dans le vif. C’est-à-dire, à ce qui, inéluctablement, va conduire, cet homme, François Hollande, à la défaite. Une de plus.

Pour quelle(s) raison(s), dites-moi, le peuple français, accorderait, dans sa majorité, suffrages au candidat du PS ?
Si c’est pour se débarrasser de Sarkozy, c’est trop court. Je veux dire : c’est insuffisant. Et d’ailleurs, ça ne suffira pas.
Pourquoi (pour être plus clair) le peuple enverrait-il à l’Elysée un homme qui ne représente pas une alternative, mais juste : l’alternance ?

Mais le peuple s’en moque de l’alternance, Monsieur ! Lui, ce qu’il veut, c’est une autre politique.
Ce que veut le peuple, c’est une alternative, vraie, réelle. C’est un homme, une équipe, qui se lèvent, fièrement, et disent « non » ! Non à la finance et son diktat, non aux banquiers, non à ce système injuste qui nous broie, qui fait de nous des numéros, des moins que rien.
Ce que veut le peuple, c’est le changement, et en profondeur.

Nous ne voulons pas un Zapatero, un Papandréou, de ces socialistes de pacotille qui ont plié sous la loi des marchés, ont fait subir à leurs peuples des plans d’austérité, que même un Reagan, que même une Thatcher, n’auraient jamais osé appliquer !
Nous voulons que la France soit le fer de lance du « Non » et de la Résistance !
Nous voulons que la France soit le premier pays d’Europe à proposer une autre réponse. Pour une autre vie.
Et parce que vous n’êtes pas cette réponse, Monsieur Hollande, parce que, tout comme vos camarades Zapatero, Papandréou, vous n’êtes pas socialiste, Monsieur Hollande, vous ne serez pas le prochain Président de la République Française.

Pourtant, vous aviez un boulevard devant vous. Une chance même. Elle porte un nom : la crise. Car oui, c’est une chance. C’était l’occasion, ou jamais, de porter sur le devant de la scène, haut et fort, de nouvelles idées, de nouveaux projets, une alternative.
Mais non, vous restez engoncé dans votre centre. Etriqué. Mimant Mitterrand ; François malheureusement, pas Danielle !
Mais si vous l’aviez fait, l’inventaire, alors vous sauriez !
Si vous aviez pris la mesure, alors, vous sauriez !
Mais non, vous n’avez rien travaillé, rien compris. Rien entendu.

Mais Monsieur, si Jospin a perdu en 1995, puis en 2002, ce n’est pas à cause de Chevènement, de Taubira, c’est juste que les Français n’en voulaient pas. Et vous savez pourquoi ? Parce que la politique qu’il portait, le projet qu’il défendait, n’étaient pas socialiste. Parce que, comme vous, il a joué au centre. Et Royal, c’est pareil. Dix-sept ans que ça dure. Avec une gifle, une monumentale, le fameux 21 avril... Jamais, n’est-ce pas, vous n’avez compris, véritablement, ce qu’il s’était passé cette année-là ? Le pourquoi. Or, c’est du limpide. C’était un cri. Un appel. Vous nous avez abandonnés, que ça disait…

Vous savez, les types de droite (Sarkozy, par exemple) ils sont vraiment de droite ! Et c’est pour ça qu’ils gagnent les présidentielles.
Mais vous, les socialistes, le peuple le voit bien, que vous n’êtes pas vraiment de gauche. Il sait, le peuple, du moins il a une idée, de ce que c’est le socialisme. C’est précis comme terme. Comme doctrine. Comme concept. Politiquement, économiquement, socialement, ça fait sens. Le peuple, c’est peut-être une masse, la plèbe infâme, n’est-ce pas, mais faut pas lui raconter des salades. Il préfèrera toujours voter pour un type qui est vraiment de droite que pour un type qui se dit de gauche, mais qui ne l’est pas vraiment. Logique, non ?... Eh si !... Parce que : un type de gauche qui n’est pas vraiment de gauche, c’est quand même, un peu, un type de droite, non ?
Alors autant voter pour l’original, vous ne trouvez pas ?

Le-Cauchemar-Français.jpgNon Monsieur Hollande, vous ne serez pas le prochain. Comme Jospin, comme Royal, vous ne passerez pas. Et pour les mêmes raisons. Ou quasiment... Elle est pliée, l’affaire. Il reste trop peu de temps, pour tourner casaque, se faire socialiste. Mais ce sera votre faute. Pas la nôtre. Ah, ne venez surtout pas, au printemps prochain, nous faire la leçon, la morale, ou je ne sais quoi. Ce serait bien malvenu…

C’est le petit, le Nicolas, qui va rempiler. Cinq ans de plus, et allez donc !... Que voulez-vous que j’vous dise ?... Que ça me fait plaisir ? Du tout ! J'vous prie de me croire… Ceci dit, cette nouvelle défaite sera peut-être, et enfin, la bonne. Celle qui mettra un terme à ce parti qui se dit socialiste. Ce qui est, convenez-en, une imposture grand format… Ah, si seulement vous aviez eu ce courage, ou cette honnêteté, de débaptiser votre parti, de virer ce terme que vous usurpez depuis tant d’années, celui de socialiste, alors oui, ce serait différent. Qui sait, même, si vous n’auriez pas trouvé une majorité ! Mais là, vus le contexte, les enjeux, les souffrances, le dépit, le ras-le-bol, et surtout, considérant l’imposture, Zapatero, Papandréou, cette Internationale socialiste qui n’a de socialiste que le nom, non, vous ne passerez pas ! Parce que vous n’êtes pas une alternative. Or, c’est d’une alternative que le peuple français a cruellement besoin. Et l’Europe aussi.

Vous savez, Monsieur Hollande, pour moi, la politique, ce n’est pas une affaire de supporteurs. Je n’en ai cure de crier, bêtement, le 6 mai prochain « On a gagné ! » sous prétexte que je suis de gauche. Moi, ce que je veux, c’est gagner véritablement. Avec une politique de gauche. Pas un truc à la petite semaine, qui ajuste à la marge. Autant voter Bayrou, dans ces conditions, non ? Du reste, c’est bien ce que le PS est devenu, en réalité : un MoDem bis. Une petite chose sans envergure, sans moelle, sans fierté.

Qu’est-ce qui vous distingue, au demeurant, de Sarkozy ? Hormis la personnalité, et deux ou trois détails sans grande importance ; sans grande importance parce que ça ne changera rien à notre quotidien. Nous vivrons toujours aussi chichement, voire aussi mal.
Et puis, aussi, je voulais vous dire : ce peuple, celui du bas, vous l’avez définitivement abandonné, Monsieur. Il n’est pas venu voter, d’ailleurs, pour la primaire citoyenne. Y’avait pas lerche d’ouvriers, d’employés, n’est-ce pas ? Ce sont les cadres supérieurs qui votent pour vous, désormais. Les urbains. C’est ça la gauche ? C’est ça notre avenir ? C’est Jack Lang, encore ?... Ah non ! Non Monsieur, vous ne passerez pas. Vous ne serez pas le prochain. Profitez bien de cet instant, où les sondages vous font roi. Profitez, ça ne durera pas. Vous savez, les printemps sont parfois, souvent, meurtriers…

Allez donc vous faire cuire un œuf chez Terra Nova. Chez Fouks. Chez qui vous voudrez. On s’en moque. Mais vous ne passerez pas. Vous ne serez pas le prochain. Juste le suivant. Après Jospin et Royal. Quelle tristesse… Vous aviez, crise aidant, un boulevard pour qu’enfin, le socialisme naisse. Gâcher une chance pareille, une telle opportunité, c’est vraiment impardonnable, Monsieur.
Vraiment impardonnable.


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135 réactions à cet article    


  • devphil30 devphil30 29 novembre 2011 09:27

    Bonjour Philippe Sage,


     Je suis hélas en parti d’accord avec vous quand j’ai entendu l’appel de Hollande au centre , j’ai pensé la même chose que vous.

    Dans la démarche , il est normal qu’il pense à faire appel aux forces de gauche et même du centre gauche si cela existe pour appuyer le deuxième tour mais il faut le faire entre les deux tours et non pas avant.
    Il faut Monsieur hollande que vous prouviez par votre programme et les résultats du premier tour que vous êtes une force politique afin de rassembler.

    J’ai indiqué que je suis hélas d’accord avec vous mais ne négligeons pas l’importance de l’aversion envers sarkozy.

    Quand à dire que les socialistes n’existent plus , oui il faut alors parler de parti de centre gauche mais il est un fait que la mondialisation et les prises de position européenne ne facilitent pas la mise en oeuvre d’un programme de gauche.

    Mitterrand le dernier et le seul président de la république socialiste , j’espère que non 

    Philippe 



    • impertinent3 impertinent3 29 novembre 2011 10:16

      Et si, tout simplement, le PS n’avait pas envie de la victoire ?

      Parce que l’état de la France laissé par Sarko est désastreux, s’il ne s’agissait que de la perte du triple A ce ne serait rien.
      Regardez autour de vous, regardez la dégradation des services publics : hôpitaux, police, justice, éducation, etc.
      Pas besoin de grandes phrases, il suffit d’ouvrir les yeux, de comparer avant Sarko (avant 2002) et maintenant, de comparer avec les pays voisins qui subissent aussi la crise, la Belgique par exemple, qui même sans gouvernement fait mieux que la France. Ce qui prouve en passant, qu’il vaut mieux ne pas avoir de gouvernement qu’un gouvernement nommé par Sarko.

      Alors, il est possible que les socialos se disent que seul Hercule pourrait envisager de nettoyer les écuries et qu’ils n’ont pas envie de s’y coller.
      Ils ont peut-être l’intention de laisser le responsable s’ébattre lui-même dans le merdier qu’il a fabriqué.

      L’exemple de Papandréou, qui n’est en rien le responsable du merdier grec leur sert peut-être de leçon. Ce n’est pas le Pasok a fait les entourloupes grecques mais la droite, par contre c’est la gauche et Papandréou qui en ont pris plein la gueule lorsqu’il a fallu tenter de réparer les dégâts.


    • Fergus Fergus 29 novembre 2011 10:25

      Bonjour, Impertinent.

      Si, le PS veut la victoire. C’est vital pour lui car un nouvel échec, en l’état actuel d’excerbation du désir d’alternance, entraînerait ipso facto un éclatement de ce parti, et tous les caciques la savent.

      Qui plus est, quelle que soit la situation du pays, les politiques souhaitent toujours être élus, la faute à l’hypertrophie de l’ego qui les caractérise tous, peu ou prou.


    • impertinent3 impertinent3 29 novembre 2011 12:06

      Serait-ce une mauvaise chose que l’éclatement du PS ?

      Peut-être l’occasion de rebâtir un parti qui mérite vraiment le nom de socialiste, un parti véritablement social-démocrate, au sens où l’entendait R. Luxembourg.

      Après tout, le PS actuel s’est construit sur les ruines de la SFIO.
      .


    • dom y loulou dom y loulou 29 novembre 2011 14:09

      si vous deviez avoir raison, impertinent, alors vous auriez rapidement, comme l’Italie et la Grèce, un tsar-commissaire catapulté depuis Goldman Sachs sans être élu, pour « sauver » la France du malheur dans lequel ils plongent toute l’Europe et le monde entier.


    • DSKprésident 29 novembre 2011 16:19

      Sarkollande !
      Voter pour sioniste de droite ou sioniste de gauche ?

      40 ans qu’ils organisent la mise sous tutelle de la France par les marchés financiers, l’Europe et l’Otan ou la politique guerrière et raciste d’USrael...

      facisme de gauche ou facisme de droite ?

      Cruel dillemme pour les moutons de la France qui n’ont pas fini d’être tondus. 


    • bigglop bigglop 29 novembre 2011 19:03

      Bonsoir à tous,

      Merci Philippe pour ce constat « raisonnable » sur les choix de campagne du candidat Hollande. Il a rendez-vous avec la Commission (Barosso) à Bruxelles et très certainement la rassurer avec des mots comme « rigueur », « économies », « désendettement », bref avec un discours « social-démocrate » qui est périmé même en Allemagne. Ce sera la poursuite de la politique actuelle mais avec un tube de glycérine et surtout sans réelle vision politique à moyen, long terme. Merkel soutenu par Monti, Draghi a obtenu ce qu’elle voulait, a fait coucher à ses pieds le roquet NS qui pour la 4ème ou 5ème fois affirmait, à l’issue du G20, avoir sauvé l’Europe, l’Euro, le Monde.

      Mais ce sont les citoyens qui sont les perdants

      Merkel a gagné son pari, à savoir, lancer la Braderie de l’Eurozone, de l’Union Européenne en faveur de ce que l’on appelle généralement et par facilité, les marchés financiers, avec une BCE qui rachète de la dette souveraine plus ou moins pourrie sur les marchés primaire et secondaire devenant une Bad Bank (en contradiction avec tous les traités) en attendant de la transférer au FESF, ce qui limitera dès maintenant les possibilités d’intervention du Fonds.
      En effet, elle a obtenu ce qu’elle exigeait depuis toujours :
      Une modification radicale, profonde du Traité de Fonctionnement de l’Union Européenne (TFUE) donc du Traité de Lisbonne.

      Mais cette modification du traité se fera en dehors de tout cadre référendaire européen, en utilisant l’article 48 du TFUE (Traité de Fonctionnement de l’Union Europe Européenne).
      Ce procédé avait déjà été utilisé le 16/12/2010 par le président du Conseil Européen, Herman Von Rompuy pour l’accord du 11/03/2011, par amendement de l’article 136 du TFUE et de l’instauration d’un mécanisme permanent, le FESF et le MES, le 11 juin 2011.
      Des sanctions automatiques ou décidées par la Commission sur plainte d’un état pour non respect des engagements budgétaires.

      Créer un mécanisme permanent de sauvetage.

      Une règle d’or des 3% et de 60% du PIB, tout en sachant que cette règle définie lors du traité du Maastricht n’a jamais été respectée (même par l’Allemagne, qui prévoit d’augmenter son déficit en 2012) reposait sur les éléments suivants :

      Les taux de 3% du déficit, et de 60% pour la dette sont le résultat d’un calcul représentant une situation d’équilibre : si un État a une dette de 60% du PIB, un déficit de 3% du PIB et une croissance du PIB de 5% (en € courants) alors la dette de cet État reste stable à 60% du PIB (même si cette dette augmente en valeur absolue).

      "En juin 1981 qu’il était chargé de mission à la Direction du Budget du ministère des Finances, l’économiste Guy Abeille raconte avoir été mandaté avec son chef de bureau de l’époque Roland de Villepin d’établir un critère économique utilisable par le Président Mitterrand dans ses discours. Faute de mieux, Abeille et Villepin proposent alors ce critère relativement simple basé sur un ratio déficit/PIB qui, du propre aveu d’Abeille, « ne mesure rien » et sur une norme (3%) qui « n’a pas d’autre fondement que celui des circonstances » (le déficit budgétaire de l’époque atteint déjà presque 2% du PIB)".

      In fine, la création d’une Europe Fédérale gérée par une techno-structure ultra-libérale, totalement anti-démocratique qui organisera, contrôlera les budgets de tous les états européens avec un pouvoir de sanction exorbitant.

      Sachant que les textes votés par nos parlementaires sont à 70, 80% la mise en conformité de directives européennes, rajoutez le vote d’une Loi de Finances, d’une révision de la Loi de Finances N-1, imposée de l’extérieur et vous aurez le solde de ce qui restera notre souveraineté

      Dans leur grande majorité, les citoyens ne croient plus aux « politiques », à la « cuisine », aux programmes « soupes » électoralistes mais continuent à voter pour le moins pire.

      Une mesure de salubrité publique et citoyenne : interdire les partis politiques, leur idéologie et appeler à un Comité de Salut Public.

      Quelques pistes :
      Constitution :
      une nouvelle Constitution issue d’une Assemblée Constituante et d’un référendum
      Pour les grandes décisions économiques, sociales, financières, juridiques, vote référendaire,
      le parlement n’ayant qu’un rôle technique de conseil et de mise oeuvre des décisions.
      Mise en pratique des référendums régionaux et locaux

      Elections :
      Casier judiciaire vierge
      Publication de l’ensemble des revenus élargie, du patrimoine et % détention de capital d’entreprises, SCI
      Absence de conflit d’intérêt
      Un mandat unique non renouvelable et sans cumul

      Proportionnelle intégrale

      Référendum à mi-mandat de l’action du Président de la République et de son gouvernement 

      Finances Publiques :
      Renégocier les Traités Européens pour « casser la dictature des marchés » et la création d’une Banque centrale citoyenne avec la capacité de créer la monnaie et dirigée par des organisations syndicales, de consommateurs, des collectifs. Les « experts » financiers n’auront qu’un rôle de conseil technique.
      Contrôle des mouvements de capitaux (spéculation)
      Renégocier la dette publique par un audit sur la dette « indûe » ou l’effacer, purement et simplement en accord, si possible, avec les autres états européens.
      Réformer la fiscalité, notamment l’IR, CSG, CRDS (cf Thomas Piketty Pour une révolution fiscale)

      Justice :
      Indépendance des Procureurs de l’exécutif
      Renforcement du rôle des Juges d’Instruction
      Réformer les différents codes, notamment sur les infractions politico-économiques et financières qualifiées de crime relevant de la Cour d’Assises.
      Suppression des juridictions d’exception comme la Cour de Justice de la République.
      Responsabilité pénale du Président de la République, de son gouvernement, des conseillers pendant la mandature
      Modifier les critères de l’immunité parlementaire, des élus sinon la supprimer

      Création d’une Université de la République donnant une formation pour exercer les mandats, à tous les citoyens de toute origine et condition

      Et il reste bien d’autres champs à explorer


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 29 novembre 2011 19:13

      @ Fergus.


      Faut-il, comme vous le dites, voter, fût-ce en traînant les pieds, pour Hollande afin de virer Sarkozy ? Je ne crois pas. Je pense que la solution serait que ce ne soit pas Hollande au deuxième tour contre la Droite, mais un homme du Centre droite, concrètement sans parti et donc offrant l’espoir d’être au dessus des partis. Asselineau, Villepin, Dupont-Aignant...

      POURQUOI ce serait souhaitable.

      Parce que Hollande n’a simplement pas la stature d’un président et que les Français le savent. Au moment de vérité, ils voteront pour l’autre...

      Parce que ca donnerait le coup de grâce au PS, permettant de le mettre au chemin et de  laisser à un vrai parti de gauche l’espace qu’il occupe inutilement dans le placard des vieilles politiques 


      Parce que le zeitgeist n’est pas favorable présentement à la Gauche et qu’il serait plus habile de regler pour une gouvernance du Centre, même un peu à droite, que de se retrouver avec une Droite revendiquée qui se radicalisera inévitablement avec la crise.

      Parce le clivage gauche-droite traditionnel est devenu ridicule. Il y a désormais le 1% d’en haut contre les 99% d’en bas et il faut viser un large consensus sans étiquette pour remettre les pendules à l’heure. Il faudrait donc placer le débat non pas en termes de gauche vs droite, mais en termes France vs Atlantisme banksteriste. 
       
      Pourquoi ce serait POSSIBLE

      Parce que la conscience de l’appartenance au 99% brise les loyautés désuètes envers les partis traditionnels... qui disent tous la meme chose, c’est a dire RIEN.

      Parce que la crise crée une demande pour des solutions DIFFERENTES et de nouveau visages. Un espoir d’honnêteté et de force tranquille. 

      Parce que l’internet rend les communications plus faciles et que les opinions deviennent plus volatiles : 50% des Québécois ont changé d’opinion en deux semaines ! Les Français ne resteront plus longtemps engoncés dans une structure partisane du siècle dernier et des habitudes politiques de la Troisième République


      Le modèle politique changera par le vote en 2012... ou il est probable que la rue le changera à sa maniere avent le prochain rendez-vous 

       Pierre JC Allard





    • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 29 novembre 2011 23:07

      Bonne nouvelle, et sur le site de France Soir, s’il vous plaît  :

      « Tout ce qui monte redescend. Malgré le petit mieux de sa cote de popularité dans les dernières enquêtes d’opinion, Nicolas Sarkozy ne bénéficie pas d’embellie en termes d’intentions de vote. A cinq mois de l’élection présidentielle, seuls 36% des Français le voient réélu, d’après un sondage Ipsos publié ce mercredi sur le site du Point. »

      Lien, ici.


    • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 29 novembre 2011 23:10

      Suite, pour le plaisir :

      « Voilà de quoi rafraichir l’atmosphère à l’Elysée, où l’on se réjouit ces derniers temps d’un écart de popularité resserré avec François Hollande. La déclaration de candidature du président suffira-t-elle à inverser la tendance ? » Sondage réalisé les 10 et 12 novembre.

       smiley


    • Jánošík Jánošík 30 novembre 2011 07:26

      Entierement d’accord. Papa le grec en a pris plein la gueule aors qu’il n’a ete elu que fin 2009, soit bien apres le debut de la crise....

      Alors finalement, pour Hollande, il vaut mieux rester a Tulle, plutot que de se faire, lui aussi, casser la gueule apres quelques mois et voir revenir une droite triomphante, du genre « On vous l’avait bien dit ! » Laissons le se faire re-elire et voir enfin une VRAI Gauche se constituer ! On peut rever !


    • Fergus Fergus 30 novembre 2011 09:05

      @ Pierre Allard.

      Il n’y a aucun espace sérieux pour un candidat du centre actuellement en France, sinon comme faiseur de roi au 2e tour.

      Mais en admettant qu’un tel candidat existe, et je ne vois pas qui (pas même Bayrou), il aurait alors toutes les chances de l’emporter au 2e tour, et ce n’est pas le moindre paradoxe du système français. Cela dit, il serait probablement réduit à un rôle modeste car le véritable homme fort serait alors le champion du camp vainqueur des législatives.

      Bonne journée.


    • geo63 29 novembre 2011 09:57

      Des mots, encore des mots...La réalité de la France est un peu plus complexe que cette analyse ne le laisse entendre, enfin me semble-t-il avec un vécu qui commence à la fin de la dernière guerre.... 

      Maintenant si Hollande n’est pas élu, il évitera une sacrée merde et comme je le considère avec bienveillance, je n’en pleurerai pas.

      S’il est élu...il sera au pied d’un mur gigantesque. Cette analyse il la fait tous les jours, j’en suis sûr car il possède une réelle intelligence politique. Croyez-vous que les forces de l’argent qui gouvernent la planète, c’est évident, lui laisseront un instant de répit pour mettre en place un système plus juste s’il ne s’appuie pas sur un consensus assez large ? 


      • oncle archibald 29 novembre 2011 10:41

        Je crois comme vous que François Hollande est un homme très intelligent et qui connait très bien la politique. Cependant réussira-t-il à éviter, s’il est élu, d’assumer une alternance qui va gérer tant bien que mal la situation ? Simple alternance ou alternative efficacement novatrice ? Je ne crois pas que la France seule soit de taille à assumer une véritable alternative. Il faudrait une volonté forte et à l’échelle de l’Europe pour que cela puisse se produire, et donc cela me parait utopique. Toutefois, même dans les hypothèses les plus néfastes, je pense que Hollande ferait un meilleur Président que Nicolas Sarkozy, ne serait-ce que parce qu’il organiserait une collecte de l’impôt moins injuste.


      • lambda 29 novembre 2011 11:11

        @ oncle Archibald

        ce que vous proposez est le choix enrtre la peste et le choléra

        Il est temps que les peuples sortent de la voie des partis et prennent en main leur avenir - et ça, ça ne passe pas par l’élection de Sarkozy ou Hollande


      • oncle archibald 29 novembre 2011 11:29

        Si vous êtes pour la démocratie vous admettrez qu’il faut que le peuple désigne un représentant pour accomplir un programme convenu avant l’élection .. Qui pensez vous capable de « prendre en mains l’avenir des Français » et pour mettre en oeuvre quel programme ?


      • lambda 29 novembre 2011 11:45

        @ oncle Archibald

        Hélas, aucun leader représentatif des intérêts des peuples ne se dégage actuellement des terrains politiques, mais est ce une raison pour continuer encore et encore de cautionner par nos votes la peste ou le choléra ?

        Nous sommes à une époque charnière de la société - bien malin est celui qui pourrait dire aujourd’hui quelle est la bonne voie - — la seule chose que l’on sait c’est que il nous faut combattre ceux qui nous asservissent, c à d l es oligarchies financières qui ont pris le pouvoir à travers l’Union Européenne en ce qui nous concerne

        Notre salut passera par l’Union Sacrée des peuples, mais pour cela faut il encore qu’ils aient compris dans leur majorité le système

        C’est pour cela qu’il faut remettre en cause le vote qui ne sert que de caution à une démocratie inexistante













      • oncle archibald 29 novembre 2011 14:33

        Ça n’est pas le vote qu’il faut remettre en cause c’est le contenu des programmes. Et puis il faut donner aux citoyens le pouvoir de virer le personnel politique en cours de mandat s’il ne respecte pas le programme annoncé. 

        Ce serait à la fois l’exercice de la vraie démocratie et l’obligation pour les politiques de s’engager sur des promesses qui nous conviennent, sinon ils n’auront pas notre voix, mais il faudrait aussi qu’ils s’engagent sur des programmes qui soient réalisables, sinon ils seront virés à mi-mandat sans possibilité de se représenter à la prochaine .. Mis au piquet pour un délai d’au moins une mandature .. 

        Vraiment je crois qu’obliger les politiques à être sérieux est une nécessité pour que la démocratie puisse continuer à vivre. Je suis sûr que si l’enjeu n’était plus de gagner les élections mais de réaliser le programme annoncé cela changerait tout ...

      • JL JL1 29 novembre 2011 10:12

        Bonjour Philippe Sage,

         

        je suis 100 d’accord avec cet article.

        Ce matin, JL Mélenchon redisait encore son écoeurement devant cette alliance avec Bayrou faite au mépris de toutes les valeurs de gauche.

        Pour moi, il est clair que, s’il est au second tour et s’il n’a pas fait alliance avec Mélenchon (donc contre Bayrou), je ne me déplacerai pas sinon pour voter blanc !


        • Fergus Fergus 29 novembre 2011 10:27

          Bonjour, JL1.

          D’accord sur tout, sauf sur la dernière ligne. Mais cela vous regarde évidemment. Cela dit, il faudra alors assumer le fait d’avoir favorisé la réélection de Sarkozy.


        • lambda 29 novembre 2011 11:15

          ^ Fergus

          le temps est venu de ne plus cautionner l’un ou l’autre des grands partis - on a vu et subi leur politique et dans ces conditions il n’y a pas de choix à faire entre Sarkozy ou Hollande - Ces deux là servent les mêmes intérêts


        • Fergus Fergus 29 novembre 2011 11:28

          Bonjour, Lambda.

          Je connais ce discours par coeur : c’est très exactement celui du NPA, de LO et d’une partie des militants du FdG.

          OK, tournons le dos aux grands partis. Mais pour que cela puisse avoir un effet, il faudrait réussir à en convaincre une grande partie de nos concitoyens, des millions de Français ! Et c’est là que se pose un énorme problème : car ceux qui auraient intérêt à faire cela pour faire exploser le système sont précisément les victimes de ce système. Or les pousser vers l’abstention, en l’état actuel des forces en présence, revient évidemment à s’allier avec les plus cyniques : tous ceux qui, à droite, n’ont pas d’états d’âme et voteront sans barguigner pour leur champion dans le seul but de sauvegarder leurs intérêts ou par aveuglement culturel.

          C’est en cela que les gens de gauche les plus convaincus que le système est pourri risquent malheureusement de se faire les alliés d’un type comme Sarkozy.

          Reste le Grand soir, mais combien d’années, combien de décennies faudra-t-il encore l’attendre ?

          Cordialement.


        • roro46 29 novembre 2011 11:29

          Et si c’était l’alliance Hollande / Bayrou qui, plutôt, pourrait être à l’origine de la réélection possible de sarkozy ?


        • lambda 29 novembre 2011 11:56

          @ Fergus
          je partage votre avis sur l’état de soumission par facilité et manque d’esprit critique de la majorité des gens qui iront voter
          Nous sommes de plus en plus nombreux à connaitre les dessous des constructions dites « légales » qui ont permis aux Banksters de contraindre les états au point d’abandonner leur souveraineté et il faut que les gens comprennent que ce n’est pas un hasard, mais qu’il s’agit de l’application d’un plan qui pour l’Europe a été déclenché par la Construction de l’union Européenne par R. Shumann (associé à la CIA) et Monnet
          Pompidou et Giscard et Delors ont fait le reste

          C’est à nous qui avons connaissance de ces faits anti-démocratiques, à les faire connaitre autour de nous

          Actuellement, le « bouche à oreille » sur ce sujet fonctionne très bien et les gens prennent de plus conscience d’où viennent les coups mais ne sont pas encore prêts à abandonner le vote


        • Fergus Fergus 29 novembre 2011 16:18

          @ Lambda.

          OK pour ce travail de prosélytisme.

          Mais ne vous faites pas d’illusion, le délai sera beaucoup trop court d’ici à la présidentielle pour modifier des décennies d’habitudes électorales. Se reposera alors la question que je ne cesse de soulever : celle du choix versus le non choix au 2e tour si le duel proposé est Hollande contre Sarkozy. Que faire, sachant que le non choix avantagera forcément Sarkozy et contribuera à enfoncer encore plus les classes populaires dans la mouise ?

          Bonne fin d’après-midi.


        • roro46 29 novembre 2011 16:33

          « sachant que le non choix avantagera forcément Sarkozy »

          Par quelle magie avantagerait-il donc UNIQUEMENT sarkozy ?


        • Fergus Fergus 29 novembre 2011 17:45

          Bonjour, Roro.

          Il ne s’agit pas de magie. On parle de gens de gauche : en n’allant pas voter au 2e tour, ils laissent évidemment le champ libre aux électeurs de Sarkozy.


        • Salade75 29 novembre 2011 18:36

          Bonjour Fergus,
          Vous partez du principe que le ’moins pire’ est mieux que le ’pire’.
          Mais d’autres avis sont possibles.
          Le « moins pire » conduit à la désespérance et à la résignation que l’on ressent bien actuellement dans l’opinion.
          Le pire a l’avantage de peut être conduire à la révolte, et on peut rêver à plus.
          Or je partage le point de vue de l’auteur quand il dit qu’il y a des citoyens qui ne veulent pas d’alternance, mais qui veulent une alternative que n’offre pas F. Hollande.
          En conséquence, je préfère essayer de contribuer à faire exploser le système en ne votant pas si la configuration NS/FH se produit, plutôt qu’à le cautionner en votant pour n’importe lequel des deux.


        • lambda 29 novembre 2011 19:19

          @ salade 75

          Merci citoyen - d’opter pour le non- vote - nous sommes de plus en plus nombreux mais incompris et peu reconnus de la majorité
          Je fais une différence entre le non- vote et l’abstention - Malheureusement ça tombe dans le même panier lors des résultats


        • Richard Schneider Richard Schneider 29 novembre 2011 21:54

          @ Fergus, bonsoir,

          Nous sommes dans une royauté-républicaine. La Ve, c’est ainsi qu’elle a été conçue, veut que ce soit le Peuple qui choisisse directement le Monarque qui va le diriger, maintenant, pendant cinq ans. Les programmes des partis politiques passent au second plan, ce qu’à part Mitterrand (qui venait de la droite), aucun leader de la gauche n’a vraiment assimilé.
          Si « on » ne veut plus de Sarkozy, il faut voter pour le candidat le plus à même de le battre. Ni JLM, ni EJ, ni FB n’occupent cette posture. Même si Hollande est loin d’être le candidat idéal, il est le mieux placé.
          Je n’ai pas mentionné MLP. Elle est en effet la clé de la prochaine échéance. Elle peut très bien refaire le coup de son père - soit dans un sens, soit dans l’autre. La force du FN, c’est qu’il a récupéré, depuis près de vingt ans, les voix du PC. Or, aujourd’hui, contrairement à Mitterrand, Hollande n’a aucune chance récupérer cet électorat - Sarkozy, si. Il lui faut donc ratisser au Centre (l’électorat de Bayrou). Or, pour récupérer ces électeurs, il ne doit pas trop se rapprocher de l’extrême-gauche : il ferait fuir les centristes.
          Si les 12-15% des électeurs de EELV et de JLM (+Poutou), ne se reportent pas sur Hollande et que les centristes votent en masse pour Bayrou (12-15%), le socialiste sera en grande difficulté : rien ne dit que MLP ne dépasserait pas alors le score de son père et ne se retrouve au 2e tour face à Sarkozy qui gardera, quoiqu’il arrive, son « socle » de 25-28%.
          Certes, ce sera la fin du PS. Ce sera aussi la fin de la Gauche pour de longues années. Ce n’est pas en cinq- dix ans que les classes populaires rejoindront un Parti de Gauche-gauche, type PG (PC) ou EELV. L’alternance suivante opposera en 2017, Copé (?) - Bayrou(?) ou ... MLP. À moins d’une très utopique révolution - qui n’est pas prête de voir le jour !
          Maintenant avec la Crise, tout peut bien entendu être bousculé - mais pas au profit de la Gauche (voir ce qui s’est passé en Espagne).
          Bonsoir,
          RS

        • Fergus Fergus 30 novembre 2011 09:14

          Bonjour, Salade.

          « Le pire a l’avantagde de conduire à la révolte », écrivez-vous. Sans doute, mais cela peut prendre énormément de temps, le temps pour le pouvoir de droite favorisé par cette attitude périlleuse de détruire tout ce qui peut l’être des services publics et des acquis sociaux.

          De plus, nul ne sait jamais ce qui peut sortir d’un révolte : le meilleur, peut-être, mais aussi le pire sous la forme d’une dictature. C’est donc un pari dangereux.


        • Salade75 30 novembre 2011 14:16

          Fergus,
          Vous avez raison de dire que le pari est dangeureux.
          Mais le choix n’est pas entre empêcher le nivellement de notre société par le plus bas mondial et prendre un risque, mais seulement entre ralentir ce nivellement et prendre le risque que du chaos naisse quelque chose de plus juste.

          De plus, je ne suis même pas sincèrement convaincu que l’avènement de FH au palais ralentisse réellement quoique ce soit : 
          - Les nationalisations, c’est quand même majoritairement les « socialistes » !
          - La mise sur un piédestal de la bourse pour développer le « petit actionnariat », c’est les « socialistes ».
          - La schizophrénie du petit salarié (ou fonctionnaire) actionnaire qui veut que d’autres salariés soient licenciés pour que le cours et le rendement de ses misérables actions montent, puis qui hurle au scandale quand c’est à son tour de payer les conséquences de sa stupidité ... c’est encore les « socialistes »...
          - Maastricht, Amsterdam, Nice, Lisbonne, l’Euro, l’entrée dans l’UE de pays d’économies trop différentes, la validation d’un système de gouvernance non démocratique, .... à chaque fois ils étaient soient à la manoeuvre, soit 100% solidaires quel que soit l’avis des peuples ...
          - Aujourd’hui le nucléaire, les interventions militaires à hue et à dia, les OGM, ... aucune position affirmée donnant à penser qu’ils ont envie de favoriser les peuples plus que les marchés

          ... alors oui, je pense qu’il faut prendre le risque !


        • roro46 1er décembre 2011 09:51

          Bonjour Fergus,
          vous dites :
          "Il ne s’agit pas de magie. On parle de gens de gauche : en n’allant pas voter au 2e tour, ils laissent évidemment le champ libre aux électeurs de Sarkozy.« 

          J’avais bien compris votre propos, mais vous aurez sans doute aussi deviné le mien... smiley
          En tant qu’électeur de sensibilité de gauche, je ne me reconnais pas du tout dans la candidature de François Hollande ; mais pas du tout, hein !
          Si donc, d’aventure il se retrouve au 2ème, et sarkozy avec lui, je n’en favoriserai pas un plus que l’autre en votant blanc, car je ne suis potentielement électeur d’aucun des deux.
          J’en ai un petit peu assez de vm’être fait balader par le PS à chaque fois que j’ai voté pour eux, en toute bonne fois. Ce que nous vivons actuellement, nous le devons autant aux compromissions passées du PS qu’aux agissement de la droite.
          Non, la frontière entre les deux est bien trop ténue pour que j’y vois suffisamment de différence me permettant de m’engager plus vers l’un que vers l’autre.
          Aussi, je voterai à gauche au 1er tour, et ma fois si la gauche n’est pas présente au second, et bien je voterai blanc.
          Un critère de plus : il est totalement hors de question que je glisse dans l’urne le nom d’un candidat qui ne s’engaera pas clairement à la sortie immédiate du nucléaire (par »immédiate« , j’enttends »qui déclanchera immédiatement et sans délai ce mouvement")


        • Fergus Fergus 29 novembre 2011 10:19

          Bonjour, Philippe.

          Vous avez raison sur le fond, et c’est la raison pour laquelle je ne voterai pas Hollande au 1er tour de la présidentielle. Mais il est une chose que vous négligez : la sociologie politique. Or, elle n’est actuellement pas favorable du tout à un affichage à gauche toute. Se positionner pour Hollande sur l’aile gauche du PS, c’est courir à l’échec et ouvrir un boulevard à Sarkozy. Je n’écris pas cela comme militant de quoi que ce soit (et d’ailleurs je soutiens Mélenchon), mais comme observateur. Pour qu’un candidat véritablement de gauche puisse l’emporter, il faudrait des années de pédagogie et ce temps, personne n’en dispose plus d’ici à la présidentielle.

          C’est pourquoi, le moment venu, au 2e tour, il faudra clairement se poser la question de ce que l’on veut : soit voter, fût-ce en traînant les pieds, pour Hollande afin de virer Sarkozy et une politique toujours plus désastreuse pour la France et les Français, soit ne pas voter et augmenter ainsi les chances de Sarkozy d’être réélu.


          • kéké02360 29 novembre 2011 12:14

            C’est vraiment trop préténtieux de partir du postulat qu’Hollande sera au deuxième tour .... smiley
            Votre faite prose de droite sans le savoir smiley


          • Fergus Fergus 29 novembre 2011 12:48

            Bonjour, Kéké.

            Vous avez raison, d’habitude je mets des réserves, genre « s’il se qualifie » ou « s’il est élu ». Mais j’ai été emporté par mon élan car la question posée là était celle de l’attitude à avoir pour les gens de gauche dans le cas d’un duel Hollande-Sarkozy.


          • antennerelais 29 novembre 2011 15:29

            Bonjour Fergus, vous dites :

            « Se positionner pour Hollande sur l’aile gauche du PS, c’est courir à l’échec et ouvrir un boulevard à Sarkozy. [...] Pour qu’un candidat véritablement de gauche puisse l’emporter, il faudrait des années de pédagogie et ce temps, personne n’en dispose plus d’ici à la présidentielle. »

            Exactement, on ne saurait mieux dire !


          • deovox 30 novembre 2011 02:11

            personnellement j’ai du mal à imaginer hollande festoyant au fouquet’s le soir de sa victoire à la présidentielle, s’augmenter dans la foulée de 170%, partir sur un yacht a 500000$ la semaine etc etc. si je vais voter ça sera pour ne pas revivre ce cauchemar. même si tout le monde sait que le sauveur de la france n’est pas né, que hollande ne changera rien à la méta-crise, un peu de dignité à la tête de l’état ça fera du bien.


          • _Ulysse_ _Ulysse_ 29 novembre 2011 10:53

            Effectivement, il sera pas président, faudrait déjà qu’il dépasse les 2% LOL smiley

            http://resultatselections-2012.over-blog.fr/

            Alors les socialistes ? Ils sont tous morts ou quoi ?


            • cubrad 29 novembre 2011 11:43

              Je crois que le prochain président est celui du grand démantèlement. Un peu comme ce qui va se passer en Espagne, à l’occasion d’un changement de pouvoir, le nouveau responsable peut prétendre qu’il n’a d’autre choix qu’une politique d’austérité au vu de la situation qu’on lui a laissé. Il pourra plus facilement faire passer la pilule pour les casses sociales et la destruction de ce qu’il reste du service public, conformément au souhait du dogme néo-libéral en place dans les institutions européennes.

              De ce point de vue, Hollande est mieux placé que Sarkozy, ce dernier risque de violemment cristalliser les oppositions à la future politique de « rigueur ».

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