Et voilà. C’est reparti comme en 1995. Ou comme en 2007. Et allez savoir si ça ne finira pas comme en 2002 ; mal. Oh bien sûr, pour le moment, il ne semble pas y avoir péril en la demeure. François plane encore dans les sondages. Mais je crains que ça ne dure point. Que le soufflé retombe. Lentement. Mais sûrement. Et là : adieu Berthe. Terminus pour le PS.
Pourtant ça se présentait bien, voyez. Mais ça, c’était du temps où DSK était le champion du PS. Qu’il écrasait tout. Et la primaire. Et la présidentielle. Dans cette configuration, le député de Corrèze, il était à son aise. Dans la peau qui lui sied : celle du challenger. Il était, ce brave homme, téméraire, loser magnifique, qu’allait s’opposer au Big Boss, le grand manitou du FMI, DSK et toute sa clique. Je m’en pourléchais d’avance… Ah, me disais-je, c’est une chance ! Enfin (peut-être) nous allons y avoir droit, au socialisme. Enfin, oui, nous aurions le choix.
Hollande représentait, alors, une alternative. Une possibilité. Une île.
Oh bien sûr, je n’étais pas dupe, j’ai de la mémoire, je n’ai pas oublié que François, il a tout voté, et des deux mains, s’il vous plaît : Maastricht et tutti. Et, concernant le fameux Traité pour une Constitution Européenne, comme Jospin, comme Royal, il fut un fervent défenseur du « Oui ». Alors que Mélenchon, non... Mais, le temps passant, les alliances allant, venant, et puis aussi, la solitude, tant de paramètres, la crise notamment, la mondiale, bref, je pensais que cet homme, Hollande, avait pris la mesure. Qu’il l’avait fait, pour de vrai, cette fois, l’inventaire.
J’avoue, je me suis trompé. Et dans les grandes largeurs.
Nonobstant, qu’on ne s’y trompe pas. L’homme est brillant. Si loin de cette image que d’aucuns lui collent. Des ignorants pour la plupart. Des paresseux, il va de soi. De ceux qui gobent les images médiatiques, sans jamais en vomir. Des perroquets. Des inutiles.
Oui, je l’affirme et le maintiens, François Hollande est un homme politique de qualité. Ni Flanby. Ni transparent. Redoutable, assurément... Mais peu importe. Ce serait une perte de temps que de le démontrer par A+B. Et puis, désormais, ça ne sert plus à rien. L’affaire étant entendue. Hollande a rompu. Le socialisme, vous n’en verrez pas la queue. Rien. Zéro...
Autant le dire, c’est un gâchis. Et il est, ce gâchis, impardonnable et scandaleux.
Ce DSK, mazette ! Il nous aura bien pourri la vie. Et, si ça se trouve, c’est loin d’être fini. J'vous le dis, on n’est pas à l’abri d’une révélation bien embarrassante. Pour le PS, exclusivement. Mais n’anticipons pas. Laissons le temps, cet acide, faire son œuvre…
Toujours est-il que, tant qu’il était là, DSK, il y avait un espoir. Et cet espoir, c’était François. Car il était l’opposant. Il était l’anti-DSK déclaré... Et puis, boum, patatras, le grand argentier se fait salement serrer... Comme disent les journalistes, ces gens qu’ont tellement d’imagination qu’ils emploient toujours les mêmes mots, toujours les mêmes expressions, « les cartes sont rebattues ».
D’une certaine façon, oui. Mais pas pour le meilleur. Non : pour le pire. Car, brutalement délesté de son adversaire, François, alors, se perd. Il erre comme une âme en peine... Que dire ? Que faire ? Qui affronter, désormais, sur le terrain des idées ?... Aubry ? Laissez-moi rire !...
C’est plus une primaire, le grand beau match pour la présidentielle, non, c’est un congrès du PS qui se dessine. Une histoire de motions. Ni plus, ni moins. Il ne reste plus qu’à habiller cette affaire, la maquiller, pour que ça ne se voie pas trop, que l’illusion soit parfaite.
DSK, ou plutôt la chute de DSK, a tué Hollande. Net. C’est à partir de ce point, mai/juin 2011, que tout part en vrille. Que l’homme se rétracte. Retrouve ses mauvais réflexes de premier secrétaire. Qu’il remise par devers lui son socialisme. Non pas qu’il était flamboyant, son socialisme, faut pas pousser non plus ; le PS, on le sait, le socialisme, c’est plus sa tasse de thé depuis lurette. C’est d’ailleurs la raison essentielle, principale, de ses échecs successifs aux dernières présidentielles. Dix-sept ans que ça dure. A croire qu’ils sont aveugles et sourds. Ou pétris de trouille.
Orphelin de l’homme qu’il rêvait d’affronter, Hollande se délite. D’une certaine façon, Aubry, n’a pas eu tort, en employant cette expression, vacharde, mais qui fit mouche, celle de « gauche molle ». Certes, c’était comme qui dirait l’hôpital qui se foutait de la charité, tant, tout bien pesé, à quelques détails insignifiants près, Aubry, c’est la même crémerie, les mêmes ficelles, la même politique : c’est du fade. Et si peu de gauche.
Or donc, voilà Hollande qui nous la joue raisonnable, crédible, et surtout : prudent. Moins je me mouille, mieux ça sera. D’autant que l’industrie sondagière est avec lui... Ah, ces sondages, mais quel cancer ! On ne dira jamais assez, à quel point, ils sont les ennemis du débat politique, des idées, de la démocratie. Mais passons… Et entrons dans le vif. C’est-à-dire, à ce qui, inéluctablement, va conduire, cet homme, François Hollande, à la défaite. Une de plus.
Pour quelle(s) raison(s), dites-moi, le peuple français, accorderait, dans sa majorité, suffrages au candidat du PS ?
Si c’est pour se débarrasser de Sarkozy, c’est trop court. Je veux dire : c’est insuffisant. Et d’ailleurs, ça ne suffira pas.
Pourquoi (pour être plus clair) le peuple enverrait-il à l’Elysée un homme qui ne représente pas une alternative, mais juste : l’alternance ?
Mais le peuple s’en moque de l’alternance, Monsieur ! Lui, ce qu’il veut, c’est une autre politique.
Ce que veut le peuple, c’est une alternative, vraie, réelle. C’est un homme, une équipe, qui se lèvent, fièrement, et disent « non » ! Non à la finance et son diktat, non aux banquiers, non à ce système injuste qui nous broie, qui fait de nous des numéros, des moins que rien.
Non Monsieur Hollande, vous ne serez pas le prochain. Comme Jospin, comme Royal, vous ne passerez pas. Et pour les mêmes raisons. Ou quasiment... Elle est pliée, l’affaire. Il reste trop peu de temps, pour tourner casaque, se faire socialiste. Mais ce sera votre faute. Pas la nôtre. Ah, ne venez surtout pas, au printemps prochain, nous faire la leçon, la morale, ou je ne sais quoi. Ce serait bien malvenu… 
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@ Philippe sage C’est sur un bilan qu’il faut le mettre en défaut. Effectivement (...)
05/12 15:04 - njama3 - Bref, les marchés nous gouvernent, décident pour nous, or donc, que faire, que choisir, (...)
05/12 13:18 - Philippe Sage2 - Maintenant, affirmer comme vous le faites que Sarkozy est « Le pire président de la V° (...)
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