Des gens doués et talentueux, ça se répère très vite. En photographie, c'est très vite une évidence. Vous feuilletez les infos, et très vite vous retombez invariablement sur ce qui est le bon cliché, le seul immédiatement parlant, l'image qui vous explique tout, bien mieux qu'un long baratin. Moi-même verbeux, je prends toujours grand soin de choisir la bonne image dans mes articles, histoire de les résumer. C'est pourquoi, très vite, je suis retombé sur un talent-né, celui de Rémi Ochlik, qui est souvent revenu ces derniers mois pour illustrer l'actualité avec des images fortes, très fortes. Un jeune homme bourré de talent, qui en prime possédait une rare particularité : à l'époque du numérique roi, il s'est longtemps obstiné à travailler avec un appareil devenu rare de nos jours : un argentique, un reflex Olympus OM-1, celui, qui, dans les annés 70 avait séduit par sa petite taille, face au lourdeur Nikon F... un appareil hors du temps que lui avait offert son grand-père. Ce jeune homme magnifique, qui venait juste de se voir décerné un prix qui était synonyme de bien d'autres à venir, vient d'être tué en Syrie, victime de sa soif de vouloir inlassablement témoigner, et sa brutale disparition me ravage : à force de croiser tous les jours ses magnifiques photos, il m'était devenu si familier, ce fils de la photographie engagée. Je souhaite que la France lui rende l'hommage qu'il mérite, et qu'on donne au plus vite son nom à un prix photo, pour perpétuer son talent par personne interposée, comme on lui avait accordé à Lille en décembre dernier le prix Jean-Louis Calderon, mort comme lui lors d'un conflit (grand reporter, il est mort écrasé par un char en 1989 à Bucarest). La France, aujourd'hui vient de perdre son enfant prodige de la photographie... Et c'est une perte terrible. Disparaître ainsi à 28 ans seulement est une peine immense, pour tous les amoureux de la paix, dont il faisait indubitablement partie.

Le meilleur moyen de le saluer étant de montrer l'étendue de son courage et de son talent, je vous propose simplement de feuilleter une galerie de quelques-uns de ses clichés, qui, je l'espère, vous montreront l'étendue de la perte qu'est l'annonce brutale de sa disparition. C'est la jeunesse qui fait la grandeur d'un pays, dit-on : le thionvillois avait sévèrement relevé le niveau, depuis son apparition en 2004.

lauréate du World Press Photo 2012 : quand les photos deviennent symbole.

Un des premiers reportage de Rémi : Haïti en 2004 : la chute d'Aristide. Les êtres humains ne valent plus rien, on les jette à la décharge, et on scalpe les ennemis en pleine rue. C'est avec ce reportage choc qu'il se fait engager comme photographe. A l'époque, il n'a même pas encore fini ses études !

Les émeutes du choléra et de sa rumeur en Haïti : les mouvements de foule, chose la plus délicate à photographier ou filmer.

Haïti, terre d'une extrême violence (2010).

Congo (République Démocratique), entre Goma et Kibati en novembre 2008 : les guerres, ce sont aussi des milliers de réfugiés.

Reportage à Haïti ? Pas du tout : Rémi avait pris cette photo à La Courneuve, en novembre dernier ! Photo parue dans Paris-Match.

Savoir saisir le moment où tout bascule : un policier tunisien rejoint les manifestants, en tenant un enfant dans ses bras. Une autre photo symbole.

Février 2011 ; en prenant une consœur en photo, il nous fait comprendre le danger pour les photographes à rendre compte des événements.

Libye : un des clichés qui lui fait obtenir le prix Calderon à Lille en décembre dernier : le sort des mercenaires de Kadhafi.

L'un des squelettes des mercenaires carbonisés du dernier convoi de Kadhafi.

C'est lui qui prend la photo du cadavre de Kadhafi ramené dans une chambre froide. Il est l'un des premiers à pourvoir accéder à l'endroit. C'est à lui aussi que l'on doit la photo du "fameux" pistolet d'or de Kadhafi.
L'adresse de la poignée de collègues et amis de Rémi dont Christophe Bertolin et Grégory Boissy les deux autres membres fondateurs :
http://ip3.photoshelter.com/page1
Laissez-leur un message de réconfort, ils sont aujourd'hui dans une peine immense. Je leur adresse personnellement mes plus sincères condoléances.
http://ip3.photoshelter.com/contact
Toutes les magnifiques photos de Rémi Ochlik sont visibles ici.

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jeune retraité de l'Education Nationale (PEGC) et du privé très (très) actif.
Voir ses articles, sa fiche et ses statistiques@Momo la Saumure de l’Elysée cessez de m’insulter, photographe aigri et raté ; (...)
04/03 17:45 - henry_jacquesça ne prouve rien. Манипулятор
04/03 12:30 - ЕкатеринаSelenaOndirigneeVous êtes allé vérifier Antarès ! Ouf ! ça datait de 2009 ! Vous avez eu peur hein ? (...)
04/03 12:26 - ЕкатеринаSelenaOndirigneeContinuez de supporter aveuglément la politique dévastatrice d’ingérence française qui (...)
03/03 19:18 - moriceIl est tout de même étrange que vous n’abordiez jamais des sujets tels que la présence de (...)
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