Nous ne sommes pas tous des Londoniens.
J’attends la volée de bois vert que ce titre me vaudra... Il n’empêche que ce n’en est pas moins vrai.
Je ne traiterai pas longuement ici des expertises, ce n’est pas de mon ressort au moment où j’écris. Je ne peux que compatir, qu’éprouver un sentiment de peine mêlé à de la colère devant une situation si horrible que seul l’homme sait les provoquer... Mais cette médiatisation orchestrée de la compassion, ce besoin de sécurisation disproportionné ne sert qu’à nous culpabiliser tous devant un phénomène que nous n’avons ni voulu ni soutenu.
Non, je ne suis pas Londonien, et pourquoi ? Parce que je n’aurais jamais voulu vivre à Londres ni même m’y rendre. Non, je ne suis pas Londonien parce que je n’aurais pas réélu un Parti qui a pour chef un des plus gros menteurs d’état que la Grande Bretagne n’ait jamais produit.
Non, je ne suis pas Londonien... Mais comme les usagers du métro à Londres, je suis une victime.
Je suis une victime des décisions politiques de dirigeants qui n’ont que faire de leurs peuples, de leurs opinions publiques hors périodes de campagne électorale. Je suis aussi la victime de George Bush, de Tony Blair, de Silvio Berlusconi, de José-Maria Aznar, etc.
Comme les centaines de milliers d’Irakiens innocents, les milliers d’Américains du World Trade Center, des centaines d’Espagnols à Madrid, je suis une victime.
Dans cette histoire, (je n’ose appliquer ici une majuscule à ce mot), je suis mort au moins quatre fois.
Je suis mort le 11 septembre 2001, je suis ensuite mort en Irak puis une nouvelle fois à Madrid. Aujourd’hui je meurs à Londres. J’étais déjà mort en Bosnie, en Tchétchénie... Alors autant vous écrire que la mort je sais ce que c’est...
On ne peut pas en vouloir à ceux qui meurent, quel que soit leurs bord, religion, ethnie... Ils sont les victimes. Les Fous de Dieu n’envoient plus depuis longtemps leurs enfants en première ligne, ils envoient ceux des autres. Quelle différence entre envoyer les enfants des autres au front selon qu’ils sont militaires ou embrigadés ? Le point commun ? Les victimes...
Je suis le point commun, c’est pour cela que je meurs aussi souvent.
Ces gens qui nous dirigent devraient mourir aussi plus souvent, ils comprendraient peut-être.
Je ne suis pas Londonien mais aujourd’hui je meurs avec eux, une fois de plus...
Je suis une victime, une de plus.
A quand le vrai décompte ?

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