M. Chistophe BARBIER est journaliste et directeur de la rédaction de l’Express.
Je découvre sur Agoravox TV l’article relatant sa grosse prestation de stigmatisation des obèses, particulièrement navrante, assortie de réactions révoltées ! J’ai envie de rajouter une épaisseur sur la tartine de déconfiture à partager avec l’élite du pays, pour inciter à réfléchir à la manière d’alimenter le stress et de générer la souffrance dans le peuple.
Le stress est la cause de bien des crises de boulimie manifestant aussi le désespoir, la colère ou l’impuissance à se défendre, chez ceux qui n’arrivent pas à le gérer autrement, tout en le subissant. Ainsi la sensibilité corporelle se trouve-t-elle exacerbée, à effet grossissant chez les plus vulnérables. Ils peuvent compenser ainsi l’incapacité à réagir autrement.
La maigreur de "l’argumentation" du journaliste apparaît pour le moins "famélique". Les "raisons" invoquées sont "lyophilisées", "emballées sous vide" spirituel, quand il s’agirait de faire payer deux fois la place dans l’avion aux obèses "manquant de volonté pour maigrir", pendant que selon lui, "les vrais obèses" méritant sa considération, si je le suis, serait alors "repérés "et "protégés", "favorisés", "aidés".
L’anorexie de la pensée humaniste, bienveillante et solidaire de ceux qui souffrent, sans discrimination, suppure son pathos humiliant, dégoulinant de certitudes et de stéréotypes . Mal dégrossi, l’argumentaire, "méritocrate" et sélectif , est débité "au hachoir", avec des petits gestes secs. Le visage est tendu, le ton est trop "haut" pour être sincère, encore moins posé, manquant de coeur. Sauf, toutefois, soyons juste, "en faveur des obèses qui n’y sont pour rien", méritant alors "la docte considération" ! Cela même au détriment de ceux qui ne mériterait plus que la lourdeur d’un mépris écrasant, "puisqu’ils sont entièrement responsables de leur poids", ceux-là ! Certes, mais seraient-ils "coupables" et "condamnables à la discrimination EXPRESS" du directeur de la rédaction, pilote d’un avion en perdition, survolant les réalités dans la brume ?
En réalité, le propos "un tantinet" méprisant au sujet "des gros" ne rend service à aucune personne qui souffre de surpoids, encore moins à celles et ceux qui pourraient avoir à en souffrir un jour, ni à ceux qui peuvent encore craindre une "rechute". Chaque personne se trouvant "trop grosse" ou étant "à risque" (même des gens maigres peuvent encore se trouver "trop gros)" ne devrait plus regarder l’autre qu’en "chien de faïence", dès lors que "l’obésité légitime" discrimine "l’obésité coupable" selon l’avis du "fin psychologue" BARBIER ! Ceci une fois que celui-là a fait sa grossière sélection, à la louche !
Le paternalisme et l’infantilisme ne sont-il pas ici la recette surannée d’un journalisme "à la papa", mortifiant, dépassé, prônant l’exclusion et la discrimination ? La pédanterie ne caractérise-t-elle pas ceux qui "se la pètent grave" du haut de leur position privilégiée, ne pouvant pathologiquement s’empêcher d’avoir une opinion sur ce qu’ils ignorent, manifestement ? Sommes-nous vraiment ici en présence d’une volonté saine d’informer, de partager humainement une opinion, de créer le débat sur le sujet ?
Ne sommes-nous pas ici témoin d’une pathologie de la communication culpabilisante, souillant plus encore l’image déjà dévalorisée de ceux qui ne méritent plus que la stigmatisation... du père fouettard ? Ce qui en dit long, ce que l’on savait pourtant déjà, sur les éducations aliénantes de la psychorigidité élitiste, "méritocrate", écrasante des plus "faibles" dans leur situation pourtant défavorisée, "puisque vous ne valez rien", ou "si peu" tant que vous n’avez pas obéi au rigorisme normatif en vigueur ?
Il ne s’agirait plus, au fond, que de l’opinion de Monsieur " j’ai-un-avis-sur-tout", profitant de la fenêtre privilégiée que la notoriété confère. Rigoriste, le propos apparait "obèse" dans son arrogance, "anorexique" dans le manque d’humanisme et de respect le plus élémentaire. Ne parlons surtout pas de sensualité, de rondeur, d’amour, de respect de ceux pour lesquels on ne véhicule que le besoin de stigmatiser la forme, le poids, la manière d’être au monde, l’existence...
Comment donc monsieur Christophe BARBIER, va-t-il s’y prendre pour faire le tri sélectif entre les obèses qui le sont "pour des raisons indépendantes de leur volonté, victime de leur situation", selon lui, et ceux qu’il présente comme "des fainéants de l’effort à fournir pour perdre du poids", ainsi "intégralement responsables de ce poids" et limite "coupable de ne rien faire" ? Se dessine en filigrane, très maladroitement je le crois les méthodes d’une époque pas si lointaine où les juifs subissait une autre sélection inhumaine.
Le journaliste m’apparait ici comme la victime de son incapacité à discerner , dans sa diatribe provocatrice, à quel point elle peut être blessante humiliante et apparaitre "cruelle", dans le manque de recul évident sur lui-même. La distanciation est inexistante, relativement à un besoin de stigmatiser "les obèses", à "ce qu’il faudrait faire", selon on ne sait quels critères de sélection ne pouvant qu’être partiaux et dangereux, pour distinguer "les victimes" des "responsables". Tout serait-il aussi simple ?
Se profile ici l’ombre menaçante d’une sorte de "milice médicale", coercitive, à la solde des lobbies non moins agressifs qui passeraient pour "victimes de ceux qui abuseraient du surpoids par manque de volonté" ! "Milice" destinée à faire le tri sélectif, (beurk !) entre "les bons, à choyer", et "les mauvais, à exclure et à flageller " ! Pourquoi pas "à transporter dans la soute avec les animaux", tant que l’on y est !? Qui va, selon ce journaliste, définir les obésités "congénitales" (je le cite), de celles qui se résumeraient à une simple question de "vouloir changer d’attitude", et de s’en donner les moyens ?
Au fond, "l’obèse et le gros" apparaissent ici comme les boucs émissaires des handicapés qui s’ignorent, quand ils ne regardent plus l’extérieur que par le petit trou de la serrure du coffre fort dans lequel ils sont cloitrés.. Pour ceux-là, seuls ne compteraient plus que l’avidité, la rapacité, le fric et le prix fort à faire payer à ceux qui ne sont pas dans la norme rachitique des "bien-pensants" qui s’imaginent "qu’ils font le monde", avec leur pognon culte !
Certes, il faut rentabiliser le coût du transport dans l’aviation, mais si c’est au prix d’une société intolérante, discriminante et barbare, il me semble que ce sera économiquement catastrophique, au bout du compte. Nous savons bien historiquement le prix de l’inhumanité ! Les derniers avions construits ont-ils tenu compte des réalités pour prévoir des sièges handicapés ? La réaction de Madame Catherine Lemoine, présidente de l’association d’obèses Pulpe Club, dans sa lettre ouverte au journaliste, pose en rondeur et avec souplesse les termes de ce qui devrait conduire à la reconnaissance du handicap et la solidarité à manifester collectivement. Elle invitant rondement le directeur de la rédaction de l’Express à faire "des titres obèses" sur le sujet.
La pensée inégalitaire peut être lourdement pesante, dans l’avion en pilotage automatique qui conduit la société individualiste "au crash", boursier de préférence ! Pas de parachutes dorés pour l’énorme majorité de ceux qui se prennent les débris de la gabegie élitiste grossière sur l’existence entière, dans la précarité, la pauvreté, la perte ou le manque d’espoir ! Il n’a même pas émis l’idée, pourtant en cours, que les normes de l’aviation ne sont tout bonnement plus adaptées à l’évolution alimentaire de notre société industrielle, ni a celle de la carrure et de la taille des gens !
Il ne parle surtout pas des lobbies capitalistes qui fabriquent aussi la "mal-bouffe", bourrée de saloperies chimiques, tant "alimentaire" que "médiatique", d’ailleurs. Ce qu’il faut avaler de couleuvres, en terme d’alimentation intellectuelle qui se voudrait peut-être "spirituelle" venant des "élites", peut donner à réfléchir sur la maladie de société. Autant de facteurs de stress, de causes de malaises, de mal-être et de maladies, du coeur, (au sens propre et figuré), de l’esprit, de l’âme et du corps, intimement liés.
En décodant, entre les lignes, le propos du Directeur de "la réduction" de l’Express, il s’agirait de parler de la responsabilité de l’individu face à sa santé, de la difficulté de la prendre, de la mieux la cerner, des moyens de se dépasser dans l’approfondissement intériorisé. Les propos du journaliste, qu’il dit avoir voulu "provocateurs", ne peuvent qu’apparaître "irresponsables et inadmissibles" , en ce qu’ils provoquent de révolte. Ils manifestent plus l’intolérance et le manque de discernement à l’état brut, devant l’impuissance à alimenter sainement un débat, qu’une volonté de l’ouvrir à bon escient.
Le journal l’Express ne devrait-il pas humainement présenter des excuses publiques à tous les gros et les obèses qui souffrent tous de leur état ? Je ne saurais que trop conseiller à monsieur BARBIER de visiter le site Gros.org, Groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids, particulièrement à la rubrique Dimension sociale de la stigmatisation.
De nombreux spécialistes ont travaillé sur le schéma et l’image corporels, en ce que le corps manifeste, somatise, pour dire la vulnérabilité, le mal dont souffre aussi ce qui ne méritent surtout pas la stigmatisation. Les comportements boulimiques où anorexiques ont des causes psychologiques et physiologiques complexes, relatives à des stress, des traumatismes éducatifs, à la culpabilité, à la mauvaise image de soi, a la difficulté à percevoir la dignité de sa valeur d’être humain, surtout quant elle se trouve ainsi agressée. Il existe des morphologies "fortes, "ronde", "mince" ou "maigre", naturellement. Les causes comportementales ont aussi un rapport avec la psychologie et la force intérieure nécessaire à avoir, pour être en mesure d’affronter sa difficulté face au surpoids dans de bonnes conditions, c’est-à-dire prioritairement humaines !
La culture compétitive et guerrière, normative, aliénante d’un volontarisme forcené, permet aux plus dominateurs d’écraser les plus faibles qui subissent, dans la soumission, ou la rébellion plus ou moins larvée, parfois l’autopunition ! "La comparaison mène à la compétition et la compétition à la guerre", dit le psychothérapeute Georges ROMEY. Une guerre de l’intolérance serait ici déclarée contre "les gros", là où ils auraient surtout besoin d’être en paix et de se sentir respectés, pour s’affranchir librement et en souplesse de ce qui pèse en eux. Nul besoin d’en remettre une couche !
Qu’il existe indéniablement des efforts à faire pour améliorer sa santé est une chose. Que la personne soit à même de faire ses efforts, peut demander un travail d’introspection et d’accompagnement qui n’est pas aussi simpliste et réducteur que le simple fait de "vouloir" pour "pouvoir". La médecine est elle-même en difficulté pour apporter des solutions qui doivent avant tout s’adapter à chaque patient. Il faut aussi de la compassion, sentir l’empathie de l’accompagnant, pour être en mesure de faire confiance à celle ou celui qui pourra apporter aide et conseils humainement, la réponse appropriée à chaque cas particulier. La dialectique volontariste peut être "castratrice", lorsqu’elle fait tout les amalgame et n’opère ainsi aucune distinction un tant soit peu étayée et sérieuse. Elle sied surtout très bien à ceux qui croient avoir des leçons "d’intelligence comportementale" à donner, là où en général ils se posent comme n’ayant à "en recevoir de personne", du haut de leur "superbe"... ignorance !
Les archaïsmes patriarcaux sévissent aussi dans ces slogans vieillots, du genre suranné "quand on veut on peut", chers à la droite au pouvoir ! Celle-ci "gère" la crise en faisant grossir les portefeuilles des plus riches, pendant que maigrit à vue d’oeil le pouvoir d’achat "du bas peuple", endetté jusqu’à la moelle de plus en plus "épineuse", pour nourrir grassement les gros de la finance dérégulée ! La démocratie apparait de plus en plus "squelettique" dans le manque de respect de ses fondements humanistes, face à l’obésité élitiste technocratique qui phagocytent les pouvoirs politiques, médiatiques et autres !
La décision, la détermination nécessaire à l’action pour gagner, peuvent aussi souffrir de la manière culpabilisante dont les pères fouettards poussent à la roue. Tant de réflexes esclavagistes démangent, à défaut d’être créatifs pour des solutions humaines. Tout ça pour se faire valoir, pour leur nombril, impuissants qu’ils sont à créer quelques valeurs humanistes pour que la société aille véritablement mieux, dans sa globalité. Ils ne font finalement que participer lourdement de son malaise, de plus en plus "balèse" , pour ne pas dire "obèse", par manque de souffle et d’esprit régénérant et revitalisant !
N’est-ce pas finalement son propre malaise, palpable dans la vidéo, que manifestent les propos du journaliste ? Il fait ensuite un parallèle révélateur avec les fumeurs, en suggérant que l’on a mis des limites "strictes" à la tabagie. Veut-il suggérer que les gros qui sont "responsables, et non "victime"", selon une vision dualiste ou n’existerait plus aucun intermédiaire, aucun juste milieu, ne sortent plus dans les espaces publiques ? Voudrait-il qu’ils aient honte plus encore de leur image ? Toutes les misères "ne sauraient exister" , du moment qu’on les cache ou les parque dans des ghettos, miroir des misères intérieures et des ghetto des systèmes de pensées cloisonnés qui les y enferment, fermant avant tout les yeux sur eux-mêmes.
Beaucoup de fumeurs on sincèrement essayé d’arrêter à plusieurs reprises avant d’y arriver pour de bon, durant de longues années. Beaucoup de fumeurs ont pris du poids après avoir cessé de fumer. Je suis personnellement passé de 83 à 110 kilos après l’abandon définitif du tabac, depuis 7 ans. Actuellement je maigris, après sept années qu’il m’a fallu pour que ma volonté soit plus forte que mon sentiment d’impuissance à y arriver, malgré moult efforts réels et sincères. Autant de temps pour réunir des conditions favorables, suffisamment sereines. Autant de temps pour trouver enfin un mode alimentaire, adapté et supportable, viable, autant de temps pour se retrouver dans sa capacité créatrice, sa liberté d’être soi-même, sans complexe. Je sais, dans mon entourage, celles et ceux qui souffrent d’un surpoids beaucoup plus important que le mien, les difficultés éprouvées lorsqu’il leur faut, de plus, subir l’agression de leur image corporelle, par des propos dévalorisants de leur dignité.
Que sait donc monsieur Christophe BARBIER des efforts intenses et répétés, fournis par les gros et des obèses qui prennent leur responsabilité sans avoir besoin d’un paternalisme condescendant sur le dos , pour perdre leur poids, sans succès, reprenant même encore plus de poids ensuite ? Ceci durant de longues années où l’échec se cristallise et l’espoir d’y arriver s’amenuise. Pendant ce temps, sévissent les "gros malades" de l’image de la "perfection" du corps. Celle qui se trouve véhiculée dans les médias complices de la pub ou l’être, féminin de préférence, "vigoureux," "langoureux", "séducteur "et "mince", n’est plus que l’objet des désirs présenté comme "la panacée", idéal illusoire déshumanisé et superficiel !
Un tel homme de valeur, respectant une éthique humaniste devrait utiliser ses compétences et sa position sociale pour aborder ses problèmes là humainement. Pour guérir de tous ses maux en douceur, la société a-t-elle encore besoin de marchands de soupes médiatiques indigestes, fumeuses, fabriquées dans les laboratoires fermés et stérilisés de la pensée unique, élitiste et paternaliste des "méritocrates" ? Ceux là peuvent aussi avoir à s’interroger sur l’anorexie spirituelle et l’obésité de l’infantilisme, si réducteur de la capacité d’autonomie des individus faisant chacun leur chemin vers leur propre dignité, en toute liberté et conscience. Faudrait-il que les marchands d’illusions descendent de l’avion dans lequel ils survole le réel. à l’aveugle. Faudrait-il qu’ils remettent les pieds sur l’humus vivifiant et revitalisant de la réalité, de la simplicité. Faudrait-il qu’ils aient l’esprit bien plus solidaire de tous, sur la terre fraternelle des humains, libres et heureux, sans avoir à changer d’apparence pour être aimés, tels qu’ils sont, dans le respect des différences.

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