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Accueil du site > Tribune Libre > On ne change pas le monde avec seulement de l’indignation (...)

On ne change pas le monde avec seulement de l’indignation !

« Nous sommes les 99 %» s'écriaient les contestataires américains le 17 septembre2011. « Nous n'avons rien pendant que l'autre pour cent a tout » s'exclamaient les protestataires. « Occupons Wall Street » répondaient d'autres encore. Ces cris d'indignations ont raisonné comme un tonnerre dans le ciel des États-Unis. Ailleurs dans le monde, le 15 octobre des hommes et des femmes, par centaines de milliers, marchaient pacifiquement contre les marchés financiers, les banques, les gouvernements qui désormais ne les représentent plus. Ils se présentent eux-même comme les héritiers des révolutionnaires égyptiens. Ils sont « tous unis pour un changement global ». Quelles que soient les formes et les dimensions que prend ce mouvement dans chaque pays, la contestation du capitalisme est planétaire. Il reste maintenant à transformer l'indignation en révolte et la révolte en révolution. Il ne s'agit pas seulement d'améliorer la société capitaliste pour la rendre supportable, mais de l'abolir.

Les révoltes dans le Monde arabe, en Europe, aux États-Unis, au Canada, en Australie etc. sont le produit de la lutte des classes imposée par le capitalisme lui-même à travers le monde. Au Nord comme au Sud de la planète, nonobstant des conditions matérielles d'existence très différentes d'une formation sociale à l'autre, c'est toujours une petite minorité, la bourgeoisie, qui exploite et domine l'immense majorité de la population. Le slogan des contestataires américains « Nous sommes les 99 %» illustre bien cette situation de conflit de classes. Même si le mouvement aux Etat-Unis n'est qu'à ses débuts, il fait déjà preuve d'une certaine maturité politique en s'attaquant au symbole du capitalisme comme le montre le nom même du mouvement « Occupons Wall Street ». Wall Street est le centre du capitalisme mondial et son symbole le plus visible contrairement à la finance internationale qui, elle, reste abstraite pour la plupart des citoyens. Dénoncer Wall Street, les guerres impérialistes et la crise économique avec ses cortèges de millions de chômeurs, de précaires, de sans abris etc. inscrit d'emblée le mouvement dans une perspective et dans un combat progressistes.

Il faut donc marcher main dans la main avec les “indignés” contre la bourgeoisie. Toute contestation de cette classe sociale et de son système, même symbolique, constitue un pas en avant sur le chemin de l'unité dans l'action.

Mais l'indignation, quelles que soient d'ailleurs sa force et sa sincérité, ne permet pas de bouleverser radicalement la société capitaliste. Il ne s'agit pas seulement de mener un combat pour améliorer momentanément les conditions d'existence des travailleurs et des salariés en général pour rendre la société capitaliste supportable, mais de lutter pour une nouvelle société. La tendance générale du capitalisme n'est pas d'améliorer ces conditions, mais de les dégrader. Les politiques de “rigueur et d'austérité” imposées par la bourgeoisie ne font que préparer d'autres crises plus violentes et moins prévisibles avec toutes les conséquences terribles pour les travailleurs. Or les “indignés” avouent eux-mêmes que leur mouvement n'est pas « une révolution, mais plutôt une évolution » (1). « Nous ne sommes pas contre le système, c’est le système qui est contre nous ! » dit un slogan des « indignés » qui reflète bien cette position ambiguë qui consiste à dénoncer les conséquences du capitalisme tout en acceptant le système qui les engendre !

L'indignation s'apparente ici davantage à une revendication morale que politique. On fait appel en quelque sorte à la classe dominante pour améliorer la situation sans vraiment la remettre radicalement en cause. On s'indigne contre le chômage de masse, contre les marchés financiers, contre les inégalités, contre la corruption des dirigeants etc., sans réellement mettre en exergue les fondements matériels dont ils sont le reflet. L'indignation, comme la morale, n'a pas d'autonomie ; elle est intimement liée au système capitaliste qui la produit. C'est le capitalisme en crise profonde qui a donné naissance au mouvement des « indignés ». Ce n'est pas un hasard si le Mouvement est apparu d'abord en Espagne, au Portugal, en Grèce et en Italie c'est à dire dans des pays ravagés par la crise, conséquence directe d'un système aux abois. En Espagne par exemple, le chômage a battu tous les records : 21,2 % de la population active (près de 5 millions d'hommes et de femmes) et 46,2 % des jeunes de moins de 25 ans sont privés d’emploi ! 2 millions de chômeurs ne touchent aucune prestation. La grande misère ronge des millions d'espagnols alors que la crise est loin d'être terminée (2). La situation de la Grèce est encore pire ! Et ce n'est certainement pas avec l'indignation et les “assemblées populaires” que l'on mettra un terme à cette souffrance infligée par la bourgeoisie à des millions d'hommes et de femmes dans toute l'Union Européenne.

L'histoire nous enseigne que la bourgeoisie ne renonce jamais à ses privilèges, qu'elle n'accorde jamais rien par générosité ou grandeur d'âme et qu'elle ne recule devant rien pour sauver ses intérêts.

Évidemment, il ne s'agit pas de renoncer à la lutte pour l'amélioration de la situation des salariés dans le cadre même du système. Mais ce combat inévitable reste largement insuffisant. C'est le salariat lui-même, cette forme d'esclavage moderne, qu'il faut abolir.

C'est cette position réformiste des “indignés” qui explique, entre autres, la longue liste de soutiens hypocrites apportés au Mouvement par les porte-parole du capital. On peut citer pêle-mêle et à titre d'exemple seulement, Ben Bernanke président de la Banque centrale américaine, Jean-Claude Trichet et Mario Draghi, ancien et nouveau présidents de la Banque Centrale Européenne (BCE), Angela Merkel, Herman Von Rompuy, José Manuel Barroso et des milliardaires comme Warren Buffett ou Georges Soros qui dirige un Fonds spéculatif qui porte son nom. Même Obama disait qu'il comprenait le mouvement des « indignés ».

Par cette “sympathie” douteuse, la bourgeoisie tente de récupérer le Mouvement pour le dévier de sa trajectoire initiale et le vider de sa substance progressiste. La classe dominante peut également recourir à son arme fétiche, la répression pour empêcher le Mouvement de devenir plus combatif. Elle a déjà réprimé violemment les manifestants de la Plaça Catalunya à Barcelone, le campement d'Oakland en Californie et dans d'autres villes américaines, européennes et australiennes. En France, la police de Sarkozy réprime systématiquement les rassemblements des « indignés » et les militants sont parfois traduits devant les tribunaux (3). La bourgeoisie occidentale brutalise ainsi ses propres citoyens qui manifestent pacifiquement tout en dénonçant cyniquement les atteintes aux droits de l'homme ailleurs dans le monde !

La classe dirigeante combinera tentatives de récupération et répression pour étouffer le Mouvement ou tout du moins le canaliser.

Malgré ses faiblesses, le mouvement des « indignés » reste un événement majeur dans la lutte anticapitaliste. Il est l'expression d'une colère planétaire contre tous les symboles du système. Son mérite réside dans son existence même. Mais il doit se débarrasser lui même des tendances réformistes et petites-bourgeoises qui l'animent et le maintiennent encore dans l'illusion de pouvoir moraliser un système amoral. Il doit dépasser l'indignation pour aller vers un changement radical de la société. Il ne peut le faire qu'en s'alliant avec la classe ouvrière, seule classe réellement révolutionnaire malgré le chômage de masse et la bureaucratie des directions des partis et syndicats qui se réclament d'elle. Sinon, il restera un mouvement démocrate petit-bourgeois aspirant à moraliser et à améliorer le capitalisme avant d'être domestiqué par la classe dominante. Le capitalisme porte en lui les germes de sa propre destruction. Il a largement démontré, à travers ses crises à répétition, son inefficacité et sa dangerosité pour l'homme et la nature. Il n'a pas d'avenir. Les travailleurs et les laissés-pour-compte du monde entier doivent s'unir pour hâter sa disparition.

Mohamed Belaali

http://belaali.over-blog.com/

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(1) Voir l'entretien d'Ignacio Sierra, porte-parole du groupe Democracia Real Ya accordé au journal algérien El Watan reproduit par le site « Poètes Indignés » http://poetesindignes.wordpress.com/2011/07/22/%C2%ABles-indignes-refusent-le-pacte-de-l%E2%80%99euro%C2%BB/

(2) http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/10/24/la-grande-misere-avance-a-grands-pas_1593031_3214.html#ens_id=1268560

(3) Onze « indignés » jugés par le TGI de Paris Le 31 octobre 2011 pour avoir "décollé" la vitre d'un fourgon de police dans lequel ils pénétraient après une manifestation le 19 septembre.


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63 réactions à cet article    


  • Traroth Traroth 7 novembre 2011 13:15

    Toujours les fauteurs de division...

    Oyez, braves gens, Gélone va vous dire qui il faut haïr aujourd’hui !


  • Traroth Traroth 7 novembre 2011 15:28

    @Gélone : les gens comme vous, quand ils voient un groupe de personne, essayent toujours de le diviser en groupes plus petits en les dressant les uns contre les autres. Et ça, c’est bien de la haine !


  • Traroth Traroth 7 novembre 2011 17:00

    A partir du moment où votre décomposition n’est pas MOI et EUX, votre manière de définir le « NOUS » est forcément arbitraire. Et pour moi, « NOUS » fait 7 milliards de personnes, depuis peu. Je ne vois pas en quoi mon « NOUS » est plus stupide que le vôtre, et je vous mets au défi de me l’expliquer !
    Bien au contraire, mon « NOUS » rend impossible les guerres, rend le secret difficile à justifier, et permet de mettre derrière soi, enfin, les imbéciles discriminations des tout petits mecs comme vous !


  • Traroth Traroth 7 novembre 2011 19:09

    « Il n’est pas plus stupide, il est simplement artificiel » : Ni plus ni moins que le vôtre.

    « ’il est induit que vous convainquiez les EUX que vous êtes pleinement des leurs » : Mais ça, c’est vrai quel que soit la limite que vous mettez entre les NOUS et les EUX !

    "Pourquoi ? Parce qu’il supprime les séducteurs et les cocus ? Les winners et les loosers ? Les frustrés et les envieux ? Il abolit les différences entre les peuples proactifs et les peuples fatalistes ? C’est chimique, votre truc ! Il se présente en gelules ? En injections ? En pommade ?«  : Vous devriez vérifier la définition du mot »guerre« . Les mots ont un sens, Gélone, que vous le vouliez ou non !

     »Qui font, donc, partie de vos EUX" : On parlait de nationalisme, et vous faites glisser ça sur le terrain de l’opposition dans le débat. Quel sens reste-t-il dans ce que vous dites ? Aucun...


  • rakosky rakosky 7 novembre 2011 20:47

    @Marc Gérone
    Et pourquoi les travailleurs devraient-ils se solidariser avec les laissés-pour-compte du monde entier qui sont, fondamentalement, victimes de leur propre impéritie ?
    Même au FMI,ils n’oseraient aller jusque là dans l’ignoble,même si ce que vous dîtes les Obama et les Sarkozy l’ont pensé très fort.
    Il se trouve que l’ordre nouveau auquel vous aspirez devra pour triompher affronter la terrible épreuve de la lutte des classes dont l’issue est pour le moins incertaine pour ceux que vous représentez
    Il faudra pour cela renverser les fondements de la démocratie politique,détruire l’ensemble des conquêtes sociales codifiées dans la législation des états nationaux
    La reconnaisance de ces droits ,comme le droit à la santé,à la retraite,à l’éducation publique et gratuite,les conventions collectives et tant d’autres choses qui vous sont devenues insuportables ,est inscrite dans la conscience collective comme le fondement non négociabl de toute société civilisée
    La reconnaissance juridique de ces droits n’est rien d’autre que l’expression de la puissance sociale de la classe ouvrière
    Il ne vous sera pas facile de nous arracher tout cela,nous mettrons autant d’acharnement à les défendre que les générations passées ont mis à les conquérir
    Dans ce passé maudit que vous voulez faire revivre n’oubliez pas qu’il ya l’insurrection de Juin 1848 et la Commune ,les barricades de Vienne et les soviets de Russie
    Si vous souhaitez mettre fin à 60 ans de paix civile en Europe,sachez que chacun doit être prêt à en payer le prix


  • Traroth Traroth 8 novembre 2011 10:06

    « Nous nous sentons NOUS, nous les sentons EUX, et réciproquement »
    Je vais devoir être très clair, Gélone : seuls les imbéciles croient à l’universalité de ce qui n’est que leur opinion. Vous ne comprenez même pas que le seul fait que je ne pense pas comme vous ôte la possibilité que votre opinion puisse être universelle.


  • Traroth Traroth 8 novembre 2011 10:13

    Exemple concret : la différence que vous voyez entre Italiens du Nord et Italiens du Sud n’est probablement pas unanimement partagée. La preuve ? L’Italie est toujours une seule nation, et d’après les drapeaux italiens que j’ai pu voir un peu partout à Florence et à Turin aux alentours de la récente fête de l’unité italienne (150 ans cette année), ils semblent plutôt satisfaits de cette situation !

    Si vous arriviez au replis nationaliste que vous ambitionnez pour la France, je suppose qu’à l’image de l’Italie, vous verriez bientôt des « Nous » parisiens, bretons ou basques (je ne sais pas de quelle région vous venez et je m’en fous). Puis, en cas de victoire de votre point de vue, un « Nous » des gens de votre village... C’est la manière de penser des petits esprits.


  • Robert GIL ROBERT GIL 7 novembre 2011 11:16

    Je suis trés content qu’un tel mouvement existe, preuve que des choses sont peut-etre en train de changer, mais les indignés, ne veulent pas politiser leur mouvement,pour disent-ils ne pas etre recuperer. Perso je pense que ne pas vouloir politiser le mouvement est le plus sûr moyen de se faire manipuler !Faire de la politique doit être un acte citoyen et ne doit pas être réservé à une minorité de spécialistes qui en a fait un métier. La politique doit être l’affaire de tous.Ensuite il y a un choix a faire......

    http://2ccr.unblog.fr/2011/10/24/je-ne-moccupe-pas-de-politique/


    • Traroth Traroth 7 novembre 2011 13:17

      Refuser de faire de la politique, c’est condamner le mouvement à s’essouffler, faute de pouvoir déboucher sur quoi que ce soit de concret. La politique, ce n’est pas sale. Les hommes politiques peuvent l’être, oui !


    • ninon 7 novembre 2011 11:26

      Je suis d’accord avec vous, ce mouvement a du bon mais il faut agir plutôt que de critiquer !!!
      Pour devenir fort contre la répression tout le monde doit s’allier !!!
       
      Par contre au niveau du changement, je ne suis pas sûr qu’en le rendant radical cela ne freine pas plus de personne qu’il n’en faut ! Il est vrai qu’on a besoin d’un changement maintenant, et qu’il y a beaucoup de travaille pour rattraper d’innombrables conneries !!
      MAIS il faut agir par priorités, un bon changement est progressif, il doit être plus qualitatif que quantitatif !!!
      Si on est anticapitaliste il faut aller jusqu’au bout du raisonnement !!!


      • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 7 novembre 2011 11:51

        « Il faut donc marcher main dans la main avec les “indignés” contre la bourgeoisie »


        Il faudrait préciser le concept de bourgeoisie. La dictature financière veut supprimer la classe moyenne, vous aussi ? Si mon dentiste ou mon boulanger est un bourgeois, j’en suis un aussi. On fait la révolution avec qui dans ce cas ?

        • Traroth Traroth 7 novembre 2011 13:18

          On en revient au principe prôné par Mélenchon : un revenu maximum.


        • Hétérodoxe 7 novembre 2011 17:16

          Si ton boulanger est un bourgeois, le mien se lève à 4h du mat pour faire son pain. Le tien doit refourguer du pain congelé. Mon boulanger est un travailleur. Le tien un escroc.

          Si ton dentiste est un bourgeois, le mien fait fabriquer ses prothèses par un fabricant local : le tien doit se fournir chez un esclavagiste chinois. Mon dentiste est un travailleur. Le tien, un esclavagiste.

          Fais comme moi, choisis mieux avec qui tu traites ...

          Le concept de bourgeois est très simple : « Celui qui engage des esclaves pour faire son ménage parce que son métier de publicitaire est autrement plus important que de passer le balai est le type même du bourgeois : un parasite »

          Sortent de ce concept tous ceux qui payent leur femme/homme de ménage à un taux horaire supérieur au leur, c’est à dire, pas grand monde !


        • Mr.K (generation-volée) Mr.K (generation-volée) 7 novembre 2011 19:45

          Moi j’y associe la rente,je pense que c’est la plus juste logique du termes bourgeois dans le vocabulaire de la lutte attaché à notre epoque.

          « On peut dire que la bourgeoisie, et en particulier la grande bourgeoisie, cumule ce que l’on appelle le capital social, le capital économique, le capital culturel et le capital symbolique »

           

          Le dentiste ou le boulanger ne cumule pas tout cela.

           

           

          CQFD


        • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 7 novembre 2011 23:14

          Pour moi le « bourgeois » correspond plutôt à un modèle d’inertie mentale, c’est avant tout un conformiste qui est soucieux du paraître. 


          Initialement, c’est l’habitant des villes, des bourgs, souvent un commerçant.

          Dans une de ses premières définitions péjoratives, on l’opposait à l’aristocrate (le Bougeois Gentilhomme de Molière). 

          Roland Barthes a aussi évoqué le concept de « petit bourgeois », qui n’a rien à voir avec une classe sociale dominante.

          Bref, vous voyez donc que ce n’est pas un concept univoque qui met tout le monde d’accord rapidement. Chacun croit en avoir une définition évidente, qui n’est pourtant pas celle du voisin. 

        • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 8 novembre 2011 08:53

          On peut aussi le définir effectivement comme celui qui est obsédé par la quantité au détriment de la qualité. (par exemple, il veut la plus grosse maison et la plus grosse voiture). Il veut toujours croître en volume, pas en délicatesse. 


        • lloreen 7 novembre 2011 12:05

          Entièrement d’accord avec votre article !


          • lloreen 7 novembre 2011 12:06

            Pour agir le 20 novembre 2011, près de chez vous et sans manifestation

            http://unricpouruneac.unblog.fr/

            Informez autour de vous, rassemblez vous et aidez ceux qui se mobilisent déjà !


            • Patrick Samba Patrick Samba 7 novembre 2011 12:56

              Bonjour,

               

              un premier commentaire avant, je pense, quelques autres (notamment si vous, l’auteur, réagissez. Mais ce n’est apparemment pas trop dans vos habitudes si l’on se fie à vos précédents articles. Chacun fait comme il l’entend) .

              .

              Tout d’abord (et je vais tout de même m’adresser à vous) déjà je ne suis pas en accord avec l’affirmation de votre titre. J’y reviendrai.

               

              Mais sans tarder, et sans vouloir vous froisser (comment le pourrais-je quand je m’adresse à un Indigné), votre référentiel idéologique me semble-t-il... date un peu.

               

              « Il faut donc marcher main dans la main avec les “indignés” contre la bourgeoisie. Toute contestation de cette classe sociale et de son système, même symbolique, constitue un pas en avant sur le chemin de l’unité dans l’action. » dites-vous.

               

              Or ce mouvement très politique (et a-partisan, et non pas apolitique, il n’est pas inutile de le répéter) s’il est profondément anti-capitaliste, ne cible pas la « bourgeoisie ». Une classe sociale qui - vos propos le sous-entendent - serait par ailleurs aisément identifiable alors qu’elle me semble être particulièrement difficile à circonscrire, à identifier, qui plus est dans un pays riche comme la France. A l’échelle planétaire -  et avec internet nous nous situons bien sur une telle échelle paradigmatique - les français, la « masse » indistincte des français, peuvent en effet être identifiés comme appartenant à une classe de nantis autrement dit de « bourgeois » selon cette ancienne terminologie.

              Et c’est bien pourquoi les Indignés ciblent non pas « la » bourgeoisie, mais l’oligarchie et les oligarques, les fameux 1%.

               

              De mon point de vue, si les oligarques en question - et il faut encore distinguer parmi les oligarques car vous ne me ferez jamais condamner Soros par exemple, ou même… Carlo Revelli !, qui s’il ne l’est pas encore ne va pas tardé à le devenir (j’en profite pour le flatter au passage !) - si ces oligarques donc, redevenons sérieux,  cristallisent à ce point l’indignation des Humains, des Terriens, c’est en raison du degré de profonde décomposition de leur morale. Non seulement ils sont indécents (et pas seulement sur le plan capitalistique si l’on se réfère par exemple à l’affaire DSK), mais en plus ils oeuvrent plus ou moins consciemment au suicide de l’Humanité, et de l’humanité. N’est-ce pas ce que nous observons lorsque nous tournons notre regard vers l’armement atomique, vers Tchernobyl et Fukushima,  voire les OGM, les réseaux pédophiles, etc… tous ces sujets, préoccupant non pas seulement les pauvres, les esclaves ou les quasi-esclaves, les exploités de tout ordre et tous les laissés-pour-compte, mais l’ensemble de l’Humanité ?

               

              Voilà pour un premier commentaire.





                • Shiva Shakti Shanti Shiva Shakti Shanti 7 novembre 2011 15:46

                  Très pertinent pour une réflexion personnelle cet article... Posté sur UPR tiens tiens... Etant une véritable indépendante je n’appartiens à aucun groupe, et suis friande de ce genre de document pour me faire une opinion par moi-même. Il ne faut pas négliger que nous sommes tous de profonds enfants de l’individualisme. Nos actions sont moins collectives donc moins percutantes. La vraie indépendance n’admet aucun compromis. Entrons donc tous dans la danse !!!!!


                • Jean-paul 7 novembre 2011 13:15

                  Comment changer le monde ? c’est la question des indignes .Et la ils n’ont aucune idee en pratique .


                  • Mr.K (generation-volée) Mr.K (generation-volée) 7 novembre 2011 19:48

                    La phrase est en effet incomplete et perd en pertinence.

                    « Le capitalisme [...] a largement démontré, à travers ses crises à répétition, son inefficacité »....a assurer le bonheur de tous

                     

                     


                  • lloreen 7 novembre 2011 14:39

                    par capone 13000

                    Les parasites récupèrent tout : que ce soit les religions, les guerres,l’argent, la politique, l’économie, l’enseignement......il n’y a donc aucune raison qu’ils ne récupèrent pas le mouvement des indignés.
                    Sauf qu’ils oublient une chose : les gens ouvrent de plus leur conscience.Une chose qui leur échappe, car ils n’en ont pas.Ou s’ils en ont une elle s’appelle :portefeuille.


                    • lloreen 7 novembre 2011 14:42

                      alchimie« 
                      produit des richesses »

                      De quelles « richesses » parlez-vous ?


                      • Mr.K (generation-volée) Mr.K (generation-volée) 7 novembre 2011 19:51

                        Alchimie se base sur la valeur la plus importante pour lui,je suppose.La phrase de l’auteur est trop vague et manque donc de pertinence.


                      • lloreen 7 novembre 2011 14:43

                        Jean-Paul
                        « ils n’ont aucune idée en pratique »

                        Eradiquer l’arnaque de l’argent-dette.C’est la première idée à mettre en pratique.

                        Lorsque cette infamie aura été éradiquée le monde retrouvera son vrai visage de beauté.


                        • Shiva Shakti Shanti Shiva Shakti Shanti 7 novembre 2011 15:28

                          Article excellent.. je partage vos analyses... le mouvement doit forcément se « politiser » un peu pour RASSEMBLER, n’est-ce-pas ? 


                          * MA VIDEO « OCCUPY FRANCE – LES INDIGNÉS OCCUPENT LA DÉFENSE » http://youtu.be/VdVEUnpflLY

                          • Tiberius Tiberius 7 novembre 2011 15:29

                            Ce que vous auriez dû dire c’est que l’on ne change pas le monde sans une idée précise ET CRÉDIBLE de ce que l’on veut en faire !

                            Les révolutionnaires arabes ne voulaient pas détruire leur ancien monde pour le plaisir de détruire mais pour instaurer la démocratie.

                            Mais les Occidentaux que veulent-ils ? Détruire le capitalisme n’est pas une fin en soi surtout que c’est le capitalisme qui a fait la puissance occidentale. Les indignés sont donc des imposteurs qui se font passer pour les héritiers des révolutionnaires tunisiens et égyptiens, alors qu’ils ne font que récupérer l’image de ces gens pour servir leurs plans médias. Les indignés n’ont pas à être des révolutionnaires puisque leurs ancêtres l’ont déjà été pour eux. Les indignés sont et resteront de simples indignés qui manifestent pour avoir du boulot et de fric.

                            C’est aussi prosaïque que ça !


                            • al.terre.natif 7 novembre 2011 16:54

                              La lutte contre le pouvoir capitaliste affirme le pouvoir de ce même capital. La seule manière de vraiment détruire ce système : tout simplement en construisant autre chose, sans lui  !!

                              Qu’est ce qui représente le système du CAPITAL aujourd’hui : l’argent.

                              Lutter contre le système actuel passe par l’organisation et la construction sans argent ! Donnez autour de vous, recevez, et surtout ... laissez au maximum l’argent aux fous des qui pensent qu’on peux continuer comme ça !


                              • Nicolas Z NicolasZ 10 novembre 2011 14:06
                                Troc = même concept que l’argent sans l’outil monétaire.
                                Il faut totalement re-concevoir notre rapport à l’accès aux choses en privilégiant la satisfaction des besoins de chacun avant tout échange de propriété.


                              • lloreen 7 novembre 2011 17:33

                                Tiberius

                                « la puissance occidentale »
                                Vous faites preuve du même raisonnement malhonnête que tous les autres.
                                la puissance n’est pas occidendale elle est oligarchique.

                                La même technique idiote adoptée par les journaleux lorsqu’ils rapportent la « victoire de la France » en parlant de la victoire de onze pelés millionnaires sur un morceau de gazon...
                                Comme si personnellement j’en tirais le moindre avantage !!!!
                                Ai-je droit à un pourcentage du jackpot que se partageront les annonceurs, les joueurs, l’entraîneur, le masseur ou qui sais-je encore ?
                                Je ne crois pas, non.
                                Vous peut-être ? Tant mieux pour vous alors.

                                Quant à ma « puissance occidentale », je l’attends de pied ferme, mais comme soeur Anne j’ai beau scruter désespérément , aucun signe de ma « puissance » à l’horizon.
                                A part la puissance de me faire plumer par les taxes de plus en plus astronomiques et celle de ne pas me laisser faire...c’est la seule que je vois.


                                • Hétérodoxe 7 novembre 2011 18:41

                                  « Quant à ma »puissance occidentale« , je l’attends de pied ferme »

                                  A moins d’être né(e) aux Tarterêts ou dans n’importe quelle cité bien pourrie de France, et d’y avoir grandi, tu as une puissance que la majorité des peuples du monde envie : l’eau courante, l’électricité pas chère et de quoi manger chaque jour (et oui, un pauvre de France n’est pas un pauvre du Malawi ou du Zimbabwe) - je sors bien évidemment les cas pathologique que sont les SDF qui relèvent dans leur immense majorité plus de la médecine (alcoolisme, schizophrénie et autres maladies psychologiques) que de l’économie.

                                  Et tous ces biens auxquels tu ne fais même plus attention ont été pillés ou créés à partir de bien pillés à d’autres peuples.

                                  Tu veux sauver ce qui te reste de dignité : soit content(e) qu’on te taxe et qu’on te taxe encore. N’accepte pas, en revanche, que les fruits de ces taxes ne soient pas reversés aux plus pauvres de nos frères (je pense à nos frères Congolais, en particulier, qui subissent une des guerres les plus longues et les plus meurtrières pour défendre TES et MES intérêts de petit occidentaux).

                                  Ce qui m’indigne, ça n’est pas mon sort .... mais celui des gosses qui grandissent dans des champs de mines fabriquées par des Indignés français !


                                • Tiberius Tiberius 7 novembre 2011 20:06

                                  @ lloreen

                                  Vous dites : « la puissance n’est pas occidentale elle est oligarchique. »

                                  Quand un simple facteur dans un pays occidental gagne plus qu’un ingénieur en Inde cela est dû à quoi selon vous ? Au fait que le facteur occidental est plus compétent que l’ingénieur indien ? Non, cela est dû au fait qu’il vit dans un pays plus riche et qu’il profite ainsi de la richesse suscitée par l’industrie capitaliste occidentale. Eh oui, c’est parce qu’il vit dans un riche pays capitaliste que ce facteur est si bien payé et qu’il peut s’acheter des voitures ou des gadgets technologiques dont l’ingénieur indien ne peut que rêver...


                                • Shiva Shakti Shanti Shiva Shakti Shanti 7 novembre 2011 23:22

                                  ... voilà pourquoi Tata a crée une voiture à 2500$... De plus en plus d’indiens vivent « comme nous » vous savez. En 10 ans ils se sont « occidentalisés » par cette société de consommation triomphante. Saviez-vous qu’il existe 80millions de millionnaires en dollars en Inde ? Une nation à prendre avec un peu plus d’honorabilité et moins d’idées préconçues...


                                • Tiberius Tiberius 8 novembre 2011 00:25

                                  Si Tata crée des voitures à ce prix, c’est bien parce que les voitures occidentales, japonaises et coréennes sont trop onéreuses pour la classe moyenne indienne. Cela dit, l’Inde se développe et c’est tant mieux ! Car eux aux moins sont des démocrates, alors que la Chine est une dictature.


                                • Shiva Shakti Shanti Shiva Shakti Shanti 8 novembre 2011 01:46

                                  Si un produit existe en version indienne, l’indien achètera indien, je vous le garantie. L’esprit indien n’est pas du tout de convoiter des biens matériels que les occidentaux produiraient. L’esprit indien est de devenir « number One » mais shanti, shanti, à rythme humain, indien. L’indien aime sa boite d’allumette à 1roupie, c’est la meilleure boite d’allumette du monde parce qu’elle est « made in India ». Vous rêvez quand vous croyez que les indiens vous regardent avec envie... C’est NOUS les occidentaux vampires qui les miroitons avec envie à travers les médias et notre grand dieu DOLLAR.



                                • Tiberius Tiberius 8 novembre 2011 02:25

                                  Si les belles voitures occidentales ne font pas rêver les indiens pourquoi Tata a-t-il racheté Jaguar et Land Rover ?

                                  Croyez-vous que les millionnaires indiens roulent en Tata Nano ou en Jaguar XF ?

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Auteur de l'article

Mohamed Belaali


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