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On veut polluer plus pour gagner plus !

Avez-vous entendu la propagande délivrée ce mardi noir pour l’air de Paris, où nous avons supporté le défilé de 1500 exploitants agricoles céréaliers ? "Les Parisiens les soutiennent" nous a-t-on répété. Mon cul.

 D’abord les anecdotes : comment sont-ils venus ? en tracteur. Bravo ! Et merci pour les tonnes de CO2 et de dioxyde de Soufre, sans compter les particules fines dues à la combustion du gasoil que ces abrutis nous ont donné en guise de bol d’air. 
Les routiers avait montré leurs muscles ? Les culs-terreux ont suivi l’exemple ; mais Dominique Bussereau n’étant pas Georges Sarre, il n’ a pas eu les couilles d’envoyer les chars les arrêter aux portes de Paris. Les pouvoirs publics avaient livré l’entier Paris aux gais laboureurs. 
 
Ces grand écolos devant l’éternel veulent faire baisser les normes environnementales, puisque la crise affecte leurs revenus, à ces crève-la-faim. Entendez : On veut polluer plus pour gagner plus ! D’ailleurs à voir la puissance colossale de la plupart des tracteurs présents sur le pavé de Paris, on pouvait se dire qu’entre ces gars-là et l’agriculteur de la Lubelskie, il y a la distance de la terre à la lune ! Des beaux tracteurs tout neufs, on aurait dit des fusées ! Voyons voir :


On voit sur ce graphique l’évolution des revenus des gros exploitants qui étaient dans la rue à Paris aujourd’hui et qui sont soi-disant "fauchés comme les blés" : 
La Commission des comptes de l’agriculture de la nation a relevé fin 2009 que les revenus de l’ensemble des exploitations de grandes cultures excédaient de près de 50 % le niveau de revenu de la moyenne des exploitations professionnelles" françaises. En clair, leur situation est plus enviable que celle de beaucoup d’agriculteurs en France. Ce sont les producteurs de lait qui sont les plus à plaindre.


"Les manifestants, producteurs de céréales et de graines oléoprotéagineuses en grandes cultures, qui n’ont donc pas les contraintes de l’élevage, ont été jusqu’à présent les plus favorisés parmi les agriculteurs, car bénéficiant d’aides publiques européennes en complément de prix de vente relativement rémunérateurs." nous dit Michel Sorin sur son blog. On y apprend au passage que "les aides publiques représentent 93% du revenu net des agriculteurs" et que ces céréaliers captent à eux seuls 90% de l’aide publique de la PAC. C’est nous qui les payons pour qu’ils nous pourrissent la terre à coups de phyto-sanitaires.

S’ils ne sont pas contents de leur sort, les céréaliers n’ont qu’à devenir intermittents du spectacle, ça ne les changera pas tellement de statut. Je ne suis pas sûr de les voir rouler si grand carrosse, et ils verront comme c’était mieux avant !

Si les céréaliers sont dans la rue, c’est donc surtout parce qu’ils veulent toujours plus de revenus au détriment de toujours plus d’agriculteurs autonomes africains par exemple.
Ils ont fortement désapprouvé la redistribution d’aides européennes vers les éleveurs et producteurs en zones défavorisées (voir l’article - La réorientation des aides publiques aux agriculteurs est un bon début - sur le blog du MRC 53 le 17 avril 2009).

On a dans Paris aujourd’hui des embourgeoisés égoïstes (il n’y a qu’à voir les beaux tracteurs...) qui votent Sarko le moment venu, et qui dépensent des tonnes de CO2 pour faire 400 km en tracteur. Une fois arrêtés place Léon Blum, ils n’ont même pas la politesse d’éteindre leur MOTEUR ! ils nous gazent après avoir empoisonné les céréales chimiques qu’ils produisent ! on veut respirer, les cul-terreux !!! le Gasoil vous est donné ? Ils pouvaient pas venir à pied ? Pauv’ cons ! 

C’est l’ensemble des filières agricoles qui est en crise, victime de la libéralisation chère aux institutions européennes et à l’OMC. Il y a nécessité de trouver des solutions au niveau européen de nouvelles régulations et de nouvelles orientations pour une politique qui doit être alimentaire et agricole, en respectant l’environnement. 

De l’autre côté de la chaîne, loin de ces gens, vous avez une agricultrice digne qui vient de se convertir au Bio, Myriam Boyer, qui a compris le piège de ce système Crédits-PAC-Engrais-Pesticides-Dettes-Marché. Elle utilise Facebook pour faire connaître sa nouvelle orientation et demande à l’aide, elle aussi, car elle doit sauver sa famille. 
J’ai beaucoup plus de respect pour ceux-là qui essaient de sauver dignement leur famille, que pour les empoisonneurs engraissés poujadistes venus assurer Sarkozy de leur vote à la prochaine présidentielle.
 
par Brisefer mercredi 28 avril 2010 - 13 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par thomthom (xxx.xxx.xxx.61) 28 avril 2010 11:31

    un peu virulent votre billet.... ce n’est pas en montant les gens les uns contre els autres qu’on fera avancer le schmilblick.... cela dit, je vous comprend

    1- juste pour aller un peu dans le sens de ses agriculteurs, je trouve abhérant le système dans lequel ils vivent, où le prix auxquels leur production leur est achetée ne couvre pas les frais de production, et ce malgré la mise en oeuvre par les agriculteurs de méthodes de production hyper productives (mêmes trop productives puisque non durables). il est de même révoltant que la survie de nos agriculteurs, dont le rôle premier est de produire le nourriture qui nous fait vivre, ne l’oublions pas, dépende de subventions européennes payées avec nos impots.

    2- Mais, il est également irresponsable (de la part des politiques mais aussi des agriculteures eux mêmes, en particulier ceux qui manifestent aujourd’hui) d’avoir laissé notre agriculture se transformer en une industrie comme une autre, soumises aux lois des marchés internationaux, puisque les cultures vivrières ont en grande partie été remplacées par des cultures d’exportation.

    Soyons clairs.
    Nous avons profondément besoin d’agriculteurs qui produisent l’alimentation qui nous nourrit, et ces derniers méritent tout notre soutien (à savoir l’élaboration d’une politique, d’une organisation économique, leur permettant de vivre décemment de leur travail), à condition que leurs productions s’inscrivent dans une logique responsable de développement durable ( donc Bio ou au moins "agriculture raisonnée").
    Par contre, que les choses soient claires : Nous n’avons pas besoin d’une agriculture d’exportation qui travaille à perte (qui rapporte globalement moins, via les marchés internationaux, que ce qu’elle coute -aux agriculteurs et à la communauté-) et se résume à un simple pillage de la richesse des sols et brulage de pétrole importé, le tout financé par des subventions, donc nos impots. Ceux qui concoivent leur métier comme cela (il me semble la majorité des céréaliers), et bien qu’ils crèvent... ou qu’ils changent.

  • Par Cassino (xxx.xxx.xxx.9) 28 avril 2010 10:36
    Cassino

    Bon article, un peu caricatural.
    Dans le film solutions locales pour un désordre global, Bourguignon résume bien la situation :
    1) Débauche inutile et coûteuse de matériel ; une gestion collective de celui-ci réduirait beaucoup les investissements
    2) Labourage des terres beaucoup trop profond, mauvaise utilisation de la pluviosité
    3) Blé hybride de mauvaise qualité et fragile
    4) Marché des semences réglementé et trusté par quelques firmes

    En 2012, il faut mettre Bourguignon ministre de l’agriculture ; ça va être la grande lessive !

  • Par foufouille (xxx.xxx.xxx.195) 28 avril 2010 11:19
    foufouille

    http://www.liberation.fr/economie/0...
    ils sont pas tous con

    « Je perds 3.000 euros chaque mois »

    Tous le disent, ils suffoquent financièrement. Et déplorent de concert une baisse, pour ne pas dire une dégringolade, de leurs revenus « depuis deux ans ». « Enfin, surtout en 2009, avance Michel. Je perds 3.000 euros tous les mois. Du coup, on est obligé de taper dans nos réserves. » Signe que les temps ont été naguère moins durs. En 2007, le cours du blé a atteint des sommets. Résultat, les céréaliers ont réussi à engranger des euros qui leur sont bien utiles aujourd’hui. « Heureusement pour moi, ma femme est coiffeuse et apporte d’autres revenus, sinon on ne s’en sortirait pas », avoue Michel Zimmermann.

    Cet exploitant d’une ferme de 85 vaches pour 200 hectares ne se reconnaît plus dans son activité. Déboussolé, il demande un GPS au gouvernement. « Une visibilité à long terme, parce que là, on navigue dans le brouillard. » Il argumente : « On nous met de plus en plus de contraintes, notamment environnementales et européennes, par rapport aux nouveaux pays de l’UE. »

    L’Europe. Voilà un des principaux responsables des difficultés actuelles du monde agricole, selon ses acteurs français. « Il faut revenir à des prix normaux, dit Jean-Yves. Et réguler le marché européen, avoir une uniformisation au niveau des lois sociales. Parce que se passe-t-il actuellement ? Les pays du sud de l’Europe font du dumping social. »

    « A bas Maastricht ! »

    Jean-Yves prend sa respiration et fend son armure : « Le cas de l’Espagne me reste en travers de la gorge. Comment un pays qui fait partie de l’UE et avec lequel on est en concurrence peut-il être aux 42 heures et payer un Smic deux fois moins élevé que le nôtre ? On ne peut pas lutter... Je ne dis pas qu’il faut baisser notre Smic, mais il faut plus d’harmonisation dans l’UE. »

    Bruno, lui, entame une diatribe anti-européenne. « Une Europe à dix, oui, mais à vingt-sept non... Ou alors, avec les mêmes contraintes environnementales et sociales. »

    Un homme bien mis passe et lâche : « A bas Maastricht ! » Bruno s’interroge, puis lâche, oubliant sa charge anti-européenne précédente : « Ben non, heureusement qu’on a voté pour Maastricht ! »

  • Par JL (xxx.xxx.xxx.152) 28 avril 2010 10:35
    JL1

    Bonjour, comment ne pas être d’accord !?

    Une fausse note cependant, vous écrivez : "Les routiers avait montré leurs muscles ? Les culs-terreux ont suivi l’exemple "

    Je crois que l’insulte cul-terreux ne s’applique pas à ces gens-là qui sont des entrepreneurs comme d’autres.

    Et elle ne s’applique à personne d’autres, sauf pour ceux qui méprisent les travailleurs de la terre. Désolé.

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