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Où nous mène Nicolas Sarkozy ?

Nicolas Sarkozy ne lasse pas de m’étonner. Partout on parle de lui, et nulle part il ne laisse indifférent.
A l’origine, je souhaitais simplement apporter un commentaire à l’article de Verdi, sur la démocratie en grave danger. Puis de fil en aiguille, le commentaire a grossi, au point de déborder le cadre du commentaire. Il faut donc le lire ainsi, c’est une opinion.

Nicolas Sarkozy ne lasse pas de m’étonner.

Je suis tenté de lui reconnaitre la volonté de vouloir faire "bouger les lignes", aussi bien du point de vue de la politique intérieure (dépasser le clivage droite/gauche, reprendre des idées que d’autres ont émises en premier) que de la politique extérieure (faut-il continuer sur la ligne diplomatique que nous suivons depuis 50 ans, ou s’adapter au monde ? quel positions tenir vis-à-vis de la Libye, de la Chine, de la Russie ?).

Mais cela donne dans le même temps la désagréable impression qu’il s’agit avant tout de manoeuvres. Sur le plan intérieur : adopter un discours sécuritaire pour grapiller les voix du FN, citer Jaurès, nommer Kouchner aux affaires étrangères et soutenir DSK au FMI pour dynamiter le PS, repeindre le ministère de l’environnement en vert. Sur le plan extérieur, vendre des centrales, des trains, des avions, des armes.
 
Je lui suis reconnaissant de sa volonté de mettre fin à l’hypocrisie courante : qu’un président affiche clairement ses amitiés avec les dirigeants, qu’il choisisse de nommer ouvertement le président de France Télé plutôt que d’agir dans l’ombre par manoeuvres, qu’il décide de supprimer la charge du juge d’instruction qui n’instruit qu’une dizaine de pourcent des affaires jugées en France.

Je lui en suis reconnaissant car cela permet une sorte d’éléctrochoc. On mesure combien cela reste choquant, même aujourd’hui. Car s’il y a effectivement une hypocrisie sur ces sujets, la réponse qu’il y apporte n’est pas la bonne.
Il faut justement plus d’indépendance de nos élus vis-à-vis des dirigeants économiques. Il faut justement plus d’indépendance de l’audiovisuel et des médias vis-à-vis du politique. Il faut justement plus d’indépendance de l’instruction et de la justice !
 
Est-ce être jaloux que de s’inquiéter des liens multiples avec des grands patrons ? Lorsque ceux ci construisent des centrales, vendent des trains et des avions ? Certes, les intérêts de la France sont liés à ceux de ses grands groupes, qui apportent travail et recettes fiscales.
 
Est-ce être médisant que de s’étonner qu’un jeune homme de 21 ans, conseiller général, soit élu président du groupe UMP du conseil général des Hauts de Seine, sans y voir l’ombre du Père ? N’est-ce pas révélateur d’une vision plus féodale que démocratique de la République ?
 
Est-ce succomber aux querelles politiciennes que de trouver qu’il manque de cohérence à annoncer la réforme de l’Etat et à augmenter le budget de l’Elysée, et son propre traitement ? Que ses amis députés, ou à Levallois, font de même ?
 
Est-ce tomber dans la querelle de caniveau que de trouver que Nicolas a une vision bien légère du mariage ? Sans chercher à défendre l’institution elle même, n’est-ce pas révélateur d’une faible conception de la fidélité, de la parole donnée, et de l’engagement ?
J’en passe, et des meilleures !
 
Mises bout à bout, toutes ces mesures donnent l’impression d’une dérive très grave de notre pays. Elles donnent l’image peu à peu du décès de notre démocratie, et de la confiscation du pouvoir par une frange de la population.
 
Pourtant, la démocratie n’est pas morte !
 
Nous nous sommes désintéressés des institutions démocratiques en laissant la tâche à d’autres. Somme toute, ils ne font qu’utiliser le pouvoir qu’aucun ne leur conteste.

Pour preuve, il est indéniable que l’UMP a recueilli la majorité des suffrages aux présidentielles, aux législatives, et aux européennes. La contestation qui enfle quant à elle est tout aussi réelle. Elle montre que cette politique n’est pas celle voulue par le plus grand nombre, et qu’elle ne va pas dans le sens de l’intérêt général.
 
Finalement, je ne fais qu’abonder dans le sens de l’article et des principaux commentaires. La question est maintenant de savoir quoi faire ? Quelle est la meilleure manière de mettre fin à tout ceci ? Quelles sont les pistes dans l’offre politique actuelle ?
 
Si l’ensemble des commentateurs semble unanime à dénoncer la situation actuelle, je pressens qu’il va être difficile de trouver la même unanimité sur la meilleur réponse à y apporter. On peut envisager d’innombrables alternatives : la gauche ne manque pas de courants et de candidats, elle en a même trop, le centre n’attend que ça, la droite elle même recèle des alternatives. Je pense que chaque commentateur à sa réponse.

Or l’enjeu réside précisément là : trouver un consensus sur la conduite à tenir pour que cette dérive cesse. Il est nécessaire que les différents déçus d’aujourd’hui fassent des concessions, sur leurs programmes ou sur leurs ambitions personnelles.
 
Il faut en revenir aux fondements : il ne peut y avoir de politique sans désir commun de vivre ensemble, et la politique doit avoir pour but de préserver l’intérêt général.
 
Nous avons trois ans pour mettre sur pied une alternative, en partant de cette base.
 

Mots-clés

Présidence Sarkozy

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Les réactions les plus appréciées

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    Par geo63 (xxx.xxx.xxx.201) 2 juillet 2009 16:18

    @l’auteur. En effet il y a une dérive très grave de notre pays vers la médiocrité absolue dans tous les domaines de la vie publique relayée avec une complaisance écoeurante par les médias.
    Vous dites "la démocratie n’est pas morte", j’ai bien peur que si et je n’ai pas d’idées quant à la façon de la restaurer afin de sortir de ce bourbier, parfaitement prévisible dès la prise de fonction à la Présidence.
    J’ai toujours gardé en mémoire ce petit bouquin écrit par François Léotard (peu suspect de gauchisme), il y a un an environ et qui s’intitulait : "ça va mal finir". Il se pourrait bien que la boule de cristal de Léotard soit authentique. Mais il n’a pas (encore) proposé une suite ...

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    Par bobbygre (xxx.xxx.xxx.188) 2 juillet 2009 18:55
    bobbygre

    Le jour où la démocratie existera, le vote sera obligatoire, et le vote blanc sera pris en compte... en attendant, ce n’est qu’illusion !!

    Le jour où la démocratie existera, les dirigeants élus respecteront la décision du peuple souverain exprimé lors d’un référendum national.

    Merci pour l’article !

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    Par Gül (xxx.xxx.xxx.252) 2 juillet 2009 22:49

    Bonsoir auteur,

    Les trois ans qui restent vont, à mon avis, plutôt servir à protéger les déjà gâtés par la vie pendant que la paupérisation de la grande majorité se fera de plus en plus pregnante.

    Vous tentez de passer un message d’espoir et de sagesse, c’est un fond bien agréable mais qui me paraît utopique. Plus personne n’y croit et pour le moment aucune entité humaine providentielle n’est apparue pour nous faire penser le contraire.

    Vous semblez être simplement déçu de Sarko que véritablement le déprécier. C’est étrange d’être déçu sans vraiment condamner !

    Je suis désolée de vous le dire très franchement mais par exemple, ma vie matériellement n’était pas très facile il y a quelques 9 ans, elle est devenue carrément pénible désormais...

    Donc, pour moi, Sarko, ce fut non, et ça le restera de manière encore plus renforcée ! Je déteste profondément ce bonhomme et je lui trouve une allure bien peu représentative d’un chef d’Etat, il aura détruit beaucoup, jusqu’à cela même...

    Peut-être serait-il bon que vous répondiez à vos lecteurs afin d’engager un débat, non ? A moins que vous ayiez été débordé de travail et maintenant en pause "week-endale" !!!

    Cordialement.

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    Par denis84 (xxx.xxx.xxx.52) 2 juillet 2009 16:03

    Vos trois dernières lignes,j’en ai meme révé (songe d’été)
    Comme tous les rèves,c’est malheureusement,en l’état des choses,un rève......

    Ya juste un truc qui me chiffonne dans votre exposé,c’est quand vous dites,en substance "le juge d’instruction ne traite qu’un infime pourcentage des dossiers soumis à la justice"
    C’est vrai,mais ce sont (entre autres)justement LES dossiers qui peuvent mettre en cause des "proches du pouvoir,et pour lesquels l’intervention d’un magistrat "du siège" (le juge d’instruction ) est éminement préférable à l’intervention d’un magistrat "du parquet" (le procureur,qui lui est sous les ordres directs du garde des sceaux,donc du pouvoir)

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