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Accueil du site > Tribune Libre > Peak oil, pétrole de schiste et survivalisme (2/2)

Peak oil, pétrole de schiste et survivalisme (2/2)

Dans l'aticle précédent (1/2) nous avons parlé des conséquences potentielles d'un déclin commencé de la production de pétrole conventionnel et que le passage au gaz, l'alternative la plus séduisante, nécessitera à minima une recomposition de nos sociétés.

Dans cette partie (2/2), Nous allons évoquer la place éventuelle du pétrole de schiste.

Le pétrole de schiste, c'est quoi ? 

C'est ce qui veut bien sortir et diffuser par les failles de fraking avec le méthane car chauffé par les entrailles de la terre, et qui est liquéfiable à la surface par refroidissement ou compression. On dit alors que le gaz est "humide". Le pétrole de schiste est donc du « superlight » essentiellement constitué de petites molécules c'est à dire

essentiellement du GPL de l'essence un peu de kérozène, peu de gasoil.

(les pétroles brut sont ditillé et séparés en fonction de leur point d'ébullition en : butane-propane, naphta, essence, kérozène, gasoil&fioul, fioul lourd, voire bitume. plus ils sont riches en essence, plus il sont "leger", plus ils sont riche en fioul lourd et bitume plus ils sont "lourd")

L'arrivée des pétroles de schiste sur le marché a donc déséquilibré le ratio de disponibilité gasoil-essence, (on a un excès d'essence par rapport au gasoil) ce qui à tendance à réduire l'écart de prix entre le 2 carburants. Alors que si il fallait cogner plus dans les pétroles extralourd venezuellien ou les schiste bitumineux canadien, les gisements de pétrole light d'Afrique & de Mer du Nord déclinant on aurait eu l'effet inverse. A quand l'essence au prix du gas-oil ?

La volonté affichée des autorités de réduire l'avantage fiscal lié au gasoil est certainement lié a ce glissement progressif vers plus d'essence & moins de gasoil disponible sur le marché.

Le petrole de schiste se forme si les schistes qui piègent le kerogène est maintenu dans la "fenêtre à huile", c'est à dire entre 2000 et 4000 m. Plus bas, ne se forme que du méthane

http://www2.ggl.ulaval.ca/personnel/bourque/s3/combustibles.fossiles.html

 

Le pétrole de schiste c'est rentable ?

On entend régulièrement des doutes émis concernant la rentabilité des ressources non conventionnelles. Les acteurs perdraient de l'argent, il y aurait un ponzi fiscal organisé, la bulle va bientôt se dégonfler.

J'ai l'intuition suivante (d'autres l'on aussi) : les acteurs perdent de l'argent quand le gaz est sec et donc dans les régions ou l'on extrait que du gaz, le prix de celui ci ayant beaucoup baissé, mais ils en gagnent quand le gaz est humide (gaz+ pétrole de schiste), le prix de pétrole étant étonnement stable et élevé (en euro autant que durant la flambée de 2007).

http://www.leblogenergie.com/2013/10/29/gaz-de-schistes-secs-ou-humides-voila-la-bonne-question/

http://aerobarfilms.over-blog.com/article-prix-du-petrole-en-euros-et-en-diverses-monnaies-octobre-2013-121061325.html

D'ailleurs le gaz de schiste qui sort du Dakota est jugé si peu rentable qu'il est torché, seul le pétrole est récupéré :

 http://www.lefigaro.fr/environnement/2013/01/29/01029-20130129ARTFIG00433-les-gaz-de-schiste-brules-visibles-depuis-l-espace.php

Cette stabilité des cours mondiaux du pétrole est peut être un des effet de ce mode de production de pétrole ou les puits ne produisent que très peu de temps : le temps de réponse est très court et les cycles de production peuvent s'ajuster avec les cycles économiques.

 

Le pétrole de schiste c'est polluant ?

Sans aucun doute mais est ce beaucoup plus que les autres modes d'exploitation pétrolière ? Ce serait une question à poser aux habitants du delta du Tigre &Euphrate, du fleuve Niger, et j'en oublie sûrement.

Les principaux problèmes semblent être la pollution des nappes phréatique (sur de grandes surfaces) et l'impact au sol. Entre la mauvaise foie des pétroliers qui nient toute pollution et celle des ecolo qui ne voient que la pollution et ignorent les intêrets économique, il est impossible pour un particulier de se faire une idée.

Je voudrais juste rappeler aux opposants inconditionnels, que tant que nous pouvons obtenir des quantités suffisantes d'hydrocarbure, pour partie à crédit (jamais payés) pour autre partie en refourguant des armes, des denrées agricoles et le PSG, tout va bien, mais que si cette situation devait changer, et que la stabilité de la société en dépend, ces réserves seront exploitées si cela est techniquement possible et ce quelque soit les promesse ou les lois faites auparavant. Une indemnisation sous-évaluée façon « services des domaines » est à prévoir et si vous voulez construire dans les cevennès ou en milieu isolé dans le bassin parisien, prévoyez anti-sismique et n'envisagez pas de plus-values.

A propos du Nigeria, où les vols d'hydrocarbure (sont ils illégitimes ?) sont monnaie courante au point que Margerie en a les moustaches totalement horripilées : J'ai été stupéfait d'apprendre qu'il existait des raffineries clandestines alors qu'il n'y a pas si longtemps que çà on considérait que le goulet n'était pas dans le débit des puits mais dans les capacités de raffinage, les pétrolier rechignant a y investir, considérant que ce n 'était ni glamour, ni rentable et que cela immobilisait trop de capitaux. Voilà t-il pas que les nigerians nous font des raffineries clandestines (en gros des alambics avec très certainement des rendements médiocres et des impact environnementaux importants), trop fort ces nigerians !!

Je ne puis que suggérer aux Iraniens d'y effectuer des stages, incapables qu'ils sont de monter une raffinerie opérationnelle depuis des décennies, l'importation d'essence leur coûtant un bras. Voilà qui est étrange, une nation capable d'importer et d'assembler en catimini une chaîne de centrifugeuses à uranium, qui prétend développer des avions furtifs et pas foutue de former des chaudronniers pour souder des tôles et raffiner leur propre pétrole alors que la maffia nigeriane y arrive très bien ? Y a quelque chose qui cloche là dedans.

 

EROEI toi même !

L'EROEI, (energy returned on energy invested ) mesure la capacité d'une filière énergétique locale ou globale à dégager plus d'énergie que l'on doit en investir pour l'obtenir. L'EROEI est en baisse depuis le début de l'exploitation pétrolière, normal, on va chercher d'abord les ressources les plus faciles d'accès. Ce n'est évidement pas une bonne nouvelle.

Et celui des pétrole de schiste est assez mauvais.

Mais c'est un truc d'écolo ou de physicien, pas forcément une donnée déterminante dans le monde réel. En effet toutes les énergies ne se valent pas, et si 1 kilo de gas-oil, 1,2m3 de méthane ou 1,5kg d'anthracite peuvent dégager approximativement la même quantité d'énergie en brûlant, le fait que le pétrole commence à être rare et qu'il est beaucoup plus commode pour les transports justifie un prix plus élevé et que l'on consomme une certaine quantité d'une autre énergie pour l'obtenir (jusqu'à une certaine limite).

Ainsi, selon moi, peu importe le charbon utilisé pour fabriquer les tubes d'acier des forages et le ciment qui les scellent, le moteur à gaz pour le forage et le fracking (admettons), l'électricité nucléaire pour refroidir les bières des foreurs ce qui compte, c'est le pétrole utilisé à tous les stades du processus : carburant utilisé pour les engins de terrassement, celui utilisé pou extraire le charbon, le minerai de fer, l'Uranium, la chaux, celui pour transporter le pétrole extrait, amener les tubes d'acier et le ciment etc.

Le ratio qui devrait être pris en considération (pour le pétrole) est l'Oil Returned On Oil Invested : l' OROOI (celui là je viens de l'inventer).

Ainsi le biocarburant issu de l'éthanol de Maïs a un EROEI à peine supérieure à 1 et ne devrait pas être produit selon la logique de l'EROEI. Il ne devrait pas l'être non plus selon des critères éthiques (souci de la faim dans le monde), d'utilisation rationnelle et à long terme de terres, de préservation de la biodiversité, d'émission raisonnable de gaz à effet de serre etc. Mais il l'est selon la logique du marché, peu importe le gaz consommé pour les engrais azoté, la chaleur récupérée d'une centrale thermique à charbon pour distiller l'ethanol (on peu être intelligent quand même), l'energie dépensée pour la deshydratation finale, ce qui compte c'est l'OROOI.

 

Le pétrole de schiste, c'est combien ?

On aborde ici la question primordiale de l'article, et la plus incertaine :

Les seuls USA produisent 2 millions de baril/jour de pétrole de schiste (soit de l'ordre 2% de tout le pétrole mondial produit : des débits non négligeables sont productibles d'aprés l' US EIA (US energy information administration ) il aurait dans le monde 345 milliard de baril de pétrole de schiste récupérables. Ces chiffres sont sujets à caution, mais se sont les seul disponibles. 

http://gazdeschistesprovence.wordpress.com/2013/07/11/gaz-de-schiste-les-estimations-des-reserves-sont-elles-fiables/

 Divisons cette données par 2 : Ils ont été « gros doigt » et ont grossièrement doublé les réserves : Les polonais ont été décu par leur reserves de gaz, mais ils continuent, ils ont été tellement martyrisés par les russes au cours de leur histoire qu'il considèrent que diminuer leur dépendance vis a vis de Gazprom vaut bien de polluer un peu leurs nappes phréatiques. Les résultats en Argentine semblent par contre excellents. On peut aussi imaginer une production en eau peu profonde.

Divisons encore par deux : On ne va quand même pas forer sous les villes (trop de personnes a indemniser) ni se geler les gonades en arctique pour un puits qui ne produira qu'un an : il nous reste 86 milliard de baril.

Divisons la par 20 ans : il nous reste 4 milliard de baril/ans

divisons la par 365 : il nous reste 11 millions de baril /jour pendant 20 ans !!!!!

 

 Reprenons notre production de pétrole conventionnel de 85M barril jour et faisons la décliner de 5%/ans(hypothèse pessimiste mais réaliste sans investissement). Pour maintenir la production a peut près constante, il faudrait fournir en pétrole de schiste 4M/j la première année, 8 la deuxième 12 la 3eme, 15 la 4eme, 19 la 5eme, 22 la 6eme, 25 la 7eme etc

http://petrole.blog.lemonde.fr/2013/11/13/petrole-la-route-est-droite-mais-la-pente-est-raide-dit-lagence-internationale-de-lenergie/

On voit que se sont des quantités réalistes pour combler un manque pendant encore des années, surtout si on ajoute les rares nouveaux champs mis en production, un peu d'agrocarburant et les investissements pour améliorer le taux de récupération.

Noter que je parle tout juste de maintenir la production pétrolière globale qui permet aux sociétés de préserver leur stabilité, Rien qui ne permette de faire économiquement revoler le Concorde, de dépasser le pic-oil/tête atteint il y a plus de 40 ans (la population mondiale a plus que doublé depuis) ni de justifier de la construction d'un nouvel aéroport financé par de l'endettement et qui sera inutile avant d'être livré, le trafic aérien étant le premier secteur à ne pas supporter de pénurie de carburant (peut être que l'on aura même fermé un des aéroport parisien d'ici là).

On voit que l'on peut espérer un approvisionnement à peu près constant pour les 20 prochaines années, et que le pic pourrait bien être « un cap, que dis-je c'est un cap, c'est une péninsule ».

Je suggère aux individus tentés par une démarche survivaliste « intégrale » une (re)lecture du « Désert des Tartares », de Dino Buzatti : Après avoir attendu Le Chaos toute leur vie, Ils seront trop vieux pour lui résister quand Il viendra frapper à la porte blindée de leur bunker retiré. Et si l'idée de s'interroger sur sa résilence personnelle et familliale aux aléas de la vie, de prévoir une deuxième bouteille de gaz, quelques semaines de stock de nourriture, tenter de cultiver quelques légumes en permaculture (NB1), garder quelques milliers d'euro &quelques pièces d'or ou d'argent dans un coffre personnel (NB2) me semble pertinente, en faire plus (renoncer à une vie professionnelle, stocker plus d'une année de nourriture, se constituer un arsenal de plusieurs milliers de munitions, tout retirer des banques pour métalliser son patrimoine) me semble relever d'un Trouble Obsessionnel Compulsif non pertinent tant individuellement que collectivement. (NB3)

Après les craintes d'hiver nucléaire de la guerre froide, de bug de l'an 2000, de la fin du calendrier maya, l'apocalypse par pénurie pétrolière qui est l'argument massue des survivalistes actuels pourrait bien attendre un peu, le monde pourrait avoir encore assez de carburant pour une génération : « Caramba encore raté !! »

Notre génération aura quand même a gérér la fonte des rentes tant capitalistes que sociales (=acquis sociaux auxquels nous profitons tous, que ce soit directement ou indirectement) faute de contrepartie réelle parmi les actifs. Il n'est déjà pas sûr que la démocratie soit pérenne dans ces conditions.

 

NB 1) Outre l'intérêt d'une fraicheur alimentaire inégalable, l'augmentation de la part de la nourriture dans un budget me semble inéluctable du fait du renchérissement des hydrocarbure, l'augmentation de la population et de la consommation de viande parmi les émergents, la culture d'agrocarburants, la diminution de superficie (urbanisation) et la dégradation des terres arables (cf travaux Claude & Lydia Bourguignon), de l'âge moyen des agriculteurs, et même des décisions européennes : la récente décision de réglementation des semences institue de fait un oligopole de semenciers qui ne vont pas manquer de constituer un cartel (entente sur les prix) des semences, qui sera évidement payé par le consommateur final. L'amende qu'il vont recevoir quand le pot-aux-roses sera découvert sera de toute manière très inférieure aux bénéfices distribués, les semenciers auraient tord de s'en priver. Je n'arrive pas à croire que l'on soit si bête ou si naïf à la commission, j'en déduis qu'ils sont corrompus !!! lobbying quand tu nous tiens !

NB 2) Je considère que nos banques flirteront avec la faillite aussi longtemps que le « mark to market » ne sera pas rétabli, et qu'elles pourront de fait maquiller leur comptes tout à fait légalement. (sans que leurs dirigeants ne risquent de prison pour délit de présentation de faux bilan).

NB 3) Si l'obsession survivaliste me semble idiot, se consacrer tout entier à une vie professionnelle hyperspécialisée sans jamais lever la tête du guidon me semble tout autant stupide. Le monde change si vite que les efforts d'une vie peuvent être balayés en un instant.

 


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20 réactions à cet article    


  • Lisa SION 2 Lisa SION 2 23 novembre 2013 16:19

    Bonjour wawa, article beaucoup trop vaste et survolant, il y a trop à dire...
    " Je voudrais juste rappeler aux opposants inconditionnels, que tant que nous pouvons obtenir des quantités suffisantes d’hydrocarbure, pour partie à crédit (jamais payés) pour autre partie en refourguant des armes, des denrées agricoles et le PSG, tout va bien, mais que si cette situation devait changer, et que la stabilité de la société en dépend, ces réserves seront exploitées si cela est techniquement possible et ce quelque soit les promesse ou les lois faites auparavant « Ça, ça veut dire plus le prix du baril monte et plus cela libère le tampon du pire gaz...

     » L’EROEI est en baisse depuis le début de l’exploitation pétrolière, normal, on va chercher d’abord les ressources les plus faciles d’accès. " Ça, ça veut dire que tout le bon pétrole est déjà puisé, donc ne reste plus que le plus mauvais... de schiste !

    La réflexion la plus pointue nous pousse à comprendre que ce qui nous reste de bon pétrole pas cher doit nous aider à nous convertir vers les énergies les plus locales ne serait ce que pour nous permettre de nous passer de transport et notamment lourd. Dans certains domaines on approche : http://actualites.mouvement-zeitgeist.fr/zeitnews/sciences-appliquees/energie/302-stella-la-premiere-voiture-familiale-roulant-a-l-energie-solaire
    Anticiper après c’est trop tard tant qu’on ne sait pas jusqu’où s’arrêtera la limite... ?


    • La mouche du coche La mouche du coche 23 novembre 2013 21:19

      Article pro-gouvernemental. Qui l’a demndé ?


    • wawa wawa 24 novembre 2013 06:54

      « Bonjour wawa, article beaucoup trop vaste et survolant, il y a trop à dire... »


      effectivement, il y aurait tellement a dire que 2 articles ne peuvent que survoler le sujet.
      l’énergie en générale et le pétrole en particulier ayant un effet très structurant sur notre mode de vie.

      On pourrait par exemple évoquer le Lybie qui contiendrai les 4eme reserves de schiste du monde sur une surface assez petite (presque tout le pays). tiens, tiens, la Lybie comme c’est bizarre !!!
      j’avais fait un chapitre dessus que j’ai supprimé pour ne pas alourdir cet article.

      Le problème des energies « locale », c’est justement qu’elle ont un EROEI et un OROOI plus mauvais que les hydrocarbure (sauf exception style chauffe eau solaire et eolienne et gros barrage) et surtout que leur flux (exprimons le en Mbarril/jour pourquoi pas) n’est pas comparable a ce que permet les hydrocarbures.

      Un des objectif de ces articles était juste de montrer que les survivalistes sont peut être en avance d’une génération et que se préparer de manière obsessionnelle à un monde « a la Mad Max » n’est pas pertinent, ce sera peut être un « cadeau » que nous lèguerons a nos enfants.

    • claude-michel claude-michel 23 novembre 2013 17:12

      Mon cousin (Américain)..m’a dit qu’il y avait des réserves jusqu’en 2060 environ...mais qu’après c’était la diminution de la production... ?

      Il travaille dans l’industrie du pétrole... !

      • La mouche du coche La mouche du coche 23 novembre 2013 21:19

        Ma belle-soeur m’a dit qu’il n’en était rien. 


      • Christian Labrune Christian Labrune 23 novembre 2013 23:56

        à l’auteur
        Article très intéressant, d’un réalisme qui fait plaisir à constater. Il y a cependant beaucoup moins de réactions obscurantistes et indignées que je ne l’aurais imaginé, et c’est un peu frustrant : trouver de l’écologiste à bouffer, c’est quelquefois délicieux.
        Je suppose que la phobie de l’écologiste ordinaire est telle qu’il doit penser désormais que la seule lecture d’un article en faveur de l’exploitation des gaz de schiste pourrait bien n’être pas sans danger. Comme on ne peut pas encore envoyer l’écolo sur une autre planète, l’encourager autant que possible dans cette croyance ne serait peut-être pas une mauvaise chose.
        Beaucoup de tumeurs du cerveau, tous les neurologues sont d’accord là-dessus, n’ont pas d’autre cause : le sujet à trop souvent pensé à l’extraction des gaz de schiste.


        • yt75 24 novembre 2013 10:20

          « On dit alors que le gaz est »humide". Le pétrole de schiste est donc du « superlight » essentiellement constitué de petites molécules c’est à dire

          essentiellement du GPL de l’essence un peu de kérozène, peu de gasoil.« 

          Vous confondez je pense les NGL (natural gas liquids) et le pétrole de roche mère ou tight oil. (de la Bakken, qui est du crude »normal« ).

          Et si le gaz de la Bakken est en grande partie »torché", ça n’est pas tant qu’il n’est pas rentable, c’est surtout que le pétrole suffit à la rentabilité de l’affaire (enfin beaucoup pourrait être dit là dessus) et que l’infrastructure n’est pas là pour récupérer le gaz.

          Pour les aspects financiers de la Bakken , voir pr exemple les posts de Rune Likvern sur the oil drum :

          http://www.theoildrum.com/node/9954#comment-960153

          Et pour la situation globale gaz et liquides, ci dessous les principaux graphiques et lien vers pdf de la dernière synthèse de Laherrère :

          http://www.oleocene.org/phpBB3/viewtopic.php?t=28903&p=348020



          • wawa wawa 24 novembre 2013 17:11

            sur la renta du gaz de bakken, je ne dis pas autre chose.


            quand au pétrole qui en sort, il semble bien « light sweet crude » et contenir plus d’essence que de gasoil. Les canadiens, très attachés a parler français, l’appelle « pétrole leger de reservoir étanches »


          • Le Yeti Le Yeti 24 novembre 2013 11:46

            30 285 caractères plus tard, je ne vois toujours pas ou cet article veut en venir ...

            Une remarquable étude clinique, certes (même si comme toujours il y des trucs à redire) mais où est l’analyse ?
            On dirait un préambule de 15 pages ! (Ou un bon « devoir à rendre pour lundi ».)

            Au final il y aurait encore plus à dire qu’à lire ! Et ce n’est pas peu dire.

            De plus, il me parait pour le moins délicat de passer sans expliquer le rapport de cause à effet d’une étude clinique et une conclusion qui de fait se présente surtout comme un postulat ; surtout en ayant fait une colossale impasse sur 1974 (et sa continuité) !

            En tout cas, j’apprécie que la question énergétique soit remise posément en lumière.


            • wawa wawa 25 novembre 2013 06:18

              je vais être plus explicite en quelque mots : il fleuri sur le web des vendeurs de peur au discours marketing bien rodé. leur raisonnement simplifié est le suivant :


               Le pétrole est indispensable aux transports donc à nos société et il va venir a manquer. Nos société vont donc s’effondrer inéluctablement et il faut se préparer à un monde "à la mad max d’ici 5à10 ans.

              dans le premier article, j’essaye d’expliquer pourquoi ils ont raison sur le coté indispensable du pétrole et que le gaz, qu’il soit conventionnel ou de schiste est inadapté au transport et donc au maintien de notre civilisation sous sa forme actuelle.

              dans le second article, j’explique que l’un de leur paramètre, la pénurie pétrolière est erroné et qu’il reste probablement assez de pétrole (grace aux pétrole de schiste) pour une génération supplémentaire et qu’il n’y a pas d’urgence a suivre leur exemple au pied de la lettre. Comme dans tous les extrèmismes, il y a du bon a prendre, mais en faire trop me semble relever de la psychiatrie. 

              seulement, il m’a fallu 30285 caractères pour developper cette idée smiley

            • Le Yeti Le Yeti 25 novembre 2013 09:30

              Bonjour Wawa.
              Je commence à y entre-voir plus clair.
              Mais tu prends de sacrés raccourcis et fait de colossales impasses !

              Le pétrole bon marché est le sang de notre société : transport certes, donc économie et finance, mais aussi pharmacie, divers matériaux synthétiques et dopage de l’agriculture moderne sans quoi nous ne nourririons pas 7 milliards d’individus.
              En encore une fois quid de 1974 et sa continuité ? Ça remet en question pas mal de choses non ?

              Quid des besoin des technologies alternatives et de leur densité énergétique ?
              L’éolien c’est très bien mais combien faut-il d’éoliennes pour remplacer une centrale nucléaire ? Quelle superficie cela recouvre-t-il ? Combien d’éoliennes est-il possible de construire compte tenue des matériaux et notamment les terres rares présents sur Terre ?
              Les algues vertes, c’est génial mais quelles en sont les déchets produits ?

              De plus, il n’y à pas que pour le pétrole que le pic à atteint ; loin de là !!!

              Et les avions ? Je doute effectivement qu’Airbus sorte des modèles GPL et si nos Nike et nos jeux vidéos peuvent bien attendre trois mois d’arriver en France par bateau, ce n’est pas le cas de la plupart des fruits et légumes. Et je ne parle ici que d’un exemple de phénomènes pratiques induits !

              Ensuite il y a l’effondrement financier & économique en cours. Je ne développerais pas mais regardez par exemple le BDI, l’émission de dollars depuis 1913, la nature et modifications des indices et autres indicateurs, etc. etc. (Qu’est-ce qu’un « chômeur » ? Qui possède la bourse de Paris ? Comment à évolué le contenu du « panier de la ménagère » ? ...)

              Il y a également le chaos climato-écologique qui est plus que préoccupant.

              Sans oublier bien sûr la déliquescence politico-sociale en Europe (et dans la plupart du monde) tous les dirigeants trahissent leur peuples, bafouent totalement les lois et toutes les formes de justices. Indépendamment de la petite grogne social que cela engendre, cela ne signifie rien de bon pour l’avenir, quelque qu’en soit le terme !

              Alors je ne cherche pas à convaincre de quoi que ce soit mais juste à montrer que les choses sont loin d’être aussi simple qu’on les abordent souvent et que tu y ais vraiment allé par le petit bout de la lorgnette.

              Et encore une fois : bon sujet ; je trouve très bien de l’avoir re-soulevé (et qui plus est, sous un angle original et intéressant) et dommage qu’il n’ait pas reçu plus d’écho. Sans doute aurais-tu dû mettre « banane » ou « Taubira » dans le titre ; enfin, un truc racoleur.


            • Le Yeti Le Yeti 25 novembre 2013 09:33

              « il fleuri sur le web des vendeurs de peur au discours marketing bien rodé. »
              Je suis bien d’accord, ainsi qu’une cohorte de suiveurs immatures.


            • wawa wawa 25 novembre 2013 10:51

              comme je disais on meut pas parler de tout : sinon


              *1974 pic de pétrole/ humain et pic oil US.

              * les engrais azotés : c’est pas du pétrole, c’est du gaz, mais il faut bien du pétrole pour le transporter (avec potasse et phospate ) dans les champs ansi que pour le labour.

              * la pétrochimie et pharmacie sont effectivement tributaire du pétrole (encore qu’on puisse faire pas mal de chose a partir de sucre et de cahoutchouc naturel. La morphine est encore tirée du pavot, les antibio de cultures fongiques

              *effondrement eco& financier en cours : depuis que les shiste oil servent de roue de secours, on dirai qu’on respire un peu mieux.

              *déliquescence politique et sociale : pour moi, c’est la prise de conscience progressive que une partie de notre patrimoine est fictif (non réalisable)

            • wawa wawa 25 novembre 2013 11:15

              Et le gros morceau pour la fin : ma position sur le changement climatique.


              *c’est une réalité

              *c’est pas forcément mauvais a l’echelle globale 

              *le CO2 a un effet fertilisant, (c’est qu’il va falloir nourir une population importante)

              *a l’echelle locale les déplacement induits de population seront une catastrophe.

              *la densité des ours blanc m’interesse moins que celle des vers de terre ou des abeilles

              *il est complètement illusoire de croire que le CO2 ne va pas être relaché en masse, s’adapter au changement est une meilleure stratégie que de tenter de s’y opposer

              *par ses transports incessants de graines et d’espèce animale, les hommes se donnent la possibilité de déplacer les écosystème plus vite que le changement n’opère.

              *l’europe pourrait très bien se refroidir par diminution de la circulation thermohaline

              *fertiliser les oceans avec des brumisateur de sulfate de fer peut etre une bonne idée, ne serait ce que pour augmenter la production piscicole, de plus le CH3-S-CH3 produit par le plancton supplémentaire pourrait augmenter la couverture nuageuse et donc l’albédo.

              *si vraiment le climat devenait invivable, il reste la possibilite d’envoyer du souffre dans l’athmosphère des tropique (ballon sonde chargé d’un melange H2- H2S : l’hélium sera en quantité insuffisante d’ici là)

            • Le Yeti Le Yeti 25 novembre 2013 12:57

              *1974 pic de pétrole/ humain et pic oil US.

              Non ! Enfin si, oui ; mais ça on s’en fout.
              C’est surtout l’indexation des droits d’exportation du pétrole sur les réserves connues :  « réserves connues » ont d’une part augmenté en moyenne de 20% du jour au lendemain et depuis (c’est à dire près de 40 ans) n’ont jamais changé à la moindre décimale près !

              « cahoutchouc naturel. »
              , (alias Latex).
              Vrai ou faux : « Les arbres à caoutchouc ont été en voie de disparition et c’est l’apparition des caoutchoucs synthétiques issus de la pétrochimie qui les a épargné. » ?

              « depuis que les shiste oil servent de roue de secours, on dirai qu’on respire un peu mieux. »
              Respirer un peu mieux n’est pas l’expression que j’aurai choisie ! Qui plus est actuellement il y a simultanément une baisse de la productivité agricole mondiale et une baisse conséquente de la valeur des aliments qui en sont issus ce qui abouti notamment à ceci. Du coup le fait que là où l’on a pratiqué une extraction d’hydrocarbures de schiste une partie des sols initialement arables devienne impropre à l’agriculture prend une importance plus que dommageable.

              Je suis d’accord, on ne va pas tout passer en revue. Je maintien juste que si ce que tu dis est effectivement vrai, ce est en revanche loin d’être complet et pertinent. Et que si oui, certaines de tes propositions sont possible sur le papier, elles ne sont en rien faisables dans la réalité.
              (Mais je ne dis pas qu’il n’y a pas de solution du tout ; juste qu’il n’’y a pas solution miracle et que de toute façon, on va prendre cher ...)


            • Abou Antoun Abou Antoun 25 novembre 2013 10:19

              Merci à l’auteur pour cet article pour le moins intéressant.
              Émettre un avis pertinent suppose une culture géologique que je n’ai pas, je m’abstiens donc de toute intervention pour cause d’incompétence.


              • Stof Stof 25 novembre 2013 10:58

                Premier point : vous vous étonnez des cours stables et élevés du pétrole. Explication : les cours sont maintenus par l’OPEP en ajustant la production. C’est à peu près le seuil de rentabilité maximal. En dessous, le non conventionnel devient inexploitable et l’OPEP est obligée d’augmenter les volumes et d’épuiser leurs stocks. Au dessus de 100$, c’est l’économie mondiale qui entre en récession. Je répète, ce prix a été déterminé « artificiellement », en quelque sorte.

                Deuxièmement : Vous arrivez à un chiffre moyen de 11 mbj de pétrole de schiste pendant 20 ans. Et ce serait une solution ?
                Déjà, ça ne couvrirait que 10% de la consommation actuelle. Et si vous escomptez sur une croissance perpétuelle (à moins d’être un décroissant, mais c’est un gros mot), alors ce ratio diminuera progressivement. En supposant que la part du conventionnel augmente également, ce qui n’est évidemment pas le cas.

                Selon moi, on ne dépassera jamais les 100 mbpj. La production baissera, quelque soit les sommes et l’énergie engloutie. Je suis un peu d’accord pour dire que l’EROI ne peut pas être la seule grille d’analyse. Nos « chers » milliardaires seraient prêts à faire tourner une centrale nucléaire entière juste pour extraire le kérosène de leur jet privé. Mais malgré tout, ceci fait monter le risque systémique de façon exponentiel. Et nul ne sait d’où, ni quand, le clash viendra.


                • wawa wawa 26 novembre 2013 05:54

                  Non pour moi le prix est déterminer par le seuil de renta des shiste oil.


                  10MB:j pendant 20 de pétrole en plus , c’est pas une solution perenne, mais c’est assez pour retarder un effondrement d’une génération.

                  je suis a peut près d’accord sur les 100mb/jour en limite absolue. ce pourrait meme etre moins !!!!

                • captainflemme 21 mars 2014 09:11

                  Merci wawa pour ton analyse, j’adore Orlov et JM Jancovici a fait un sacré boulot. Pour JMJ, j’ai quand même un doute sur ses arrières pensées car il promeut un peu trop vite le nucléaire comme seule alternative crédible et il a participé au think tank http://www.frenchamerican.org . Vu les sponsors, j’ai comme un doute sur leur vision de l’interet général.

                  Je vous mets en ligne une traduction que j’ai faite d’un article récent de Gail Tverberg http://ourfiniteworld.com. Elle donne une vue financière du peak oil très intéressante.

                  http://peakoil.blogs.letelegramme.com/archive/2014/03/10/les-raisons-de-notre-situation-energetique-gail-tverberg-472738.html

                  Sinon pour réagir à ces 2 articles, il est très difficile d’avoir une vision globale du tableau car les enjeux sont multiples et complexe et on ne peut individuellement que surfer au dessus de ce tout. Après 6 mois de remise à niveau, j’ai mal au crane smiley et les chiffres dansent dans ma tête. Mais il faut mettre et remettre le sujet sur la table avec différents angles d’attaque pour amener un maximum de gens à repenser leur vision du monde.

                  « Je tiens impossible de connaître les parties sans connaître le tout, non plus de connaître le tout sans connaître les parties… » (Pascal ; ce principe est aussi, pour Edgar Morin, l’un des paradigmes de la méthode de la complexité.)

                  N’oublions pas non plus que nos maitres ont des milliers d’analystes sous la main (NSA, DCRI, CFR, Chatam house, etc ....) et toutes les informations les plus fraiches. On ne va pas les prendre sur le terrain de la contre manipulation. Il va falloir espérer pour nous qu’ils comprennent ensemble que leur bien-être à long terme passe un peu par le notre ou au moins notre calme relatif.

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