• dimanche 26 mai 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Tribune Libre > Pendant ce temps, au Portugal
3%
D'accord avec l'article ?
 
97%
(40 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Pendant ce temps, au Portugal

Alors que l’Europe se penche sur le cas de la Grèce, et que la France se concentre sur son nouveau Président, un pays semble oublié de la crise : le Portugal.

Lorsque l'on se promène à Porto, un constat s'impose : la crise a dévoré la ville jusque dans ses entrailles. Des tags contestataires envahissent les rues. Le nombre d'immeubles abandonnés, laissés en friche, presque entièrement recouverts par la végétation, est effarant. Rien ne semble distinguer les quartiers dits pauvres du reste de la ville.

 
Porto, 01/05/2012
 
Porto n'est pas un cas isolé. Partout au Portugal des tags et affiches appellent à la Greve Geral - on ne trouve de supermarchés que discount. De nombreuses manifestations ont été organisées le 1er mai, notamment par le syndicat CGTP-IN, avec des slogans tels que "Confiança na luta".

Il faut dire que sa lutte, le Portugal l'a commencée depuis longtemps. Alors que le pays, sorti de la dictature de Salazar en 1974, caressait l'espoir de lendemains nouveaux, le chômage, à 14% fin 2011, a atteint un niveau record depuis 1974. Chez les jeunes, les chiffres dépassent les 35%. Certains émigrés portugais rentrés au pays il y a peu se sont vus forcés de repartir, à cause de la conjoncture économique. Et si l'Europe sétait intéressée au Portugal lors des grèves de novembre 2010, le pays a depuis été délaissé : au Portugal, on souffre en silence.

Lisbonne, 03/05/2012

Ceux qui sont restés ont arboré le 1er mai un oeillet rouge, symbole de la révolution de 1974, avec l'espoir d'un changement. Le pays est fatigué de la crise, la politique d'austérité du ministre des finances Texeira Dos Santos, remplacé en juin 2011 par Vitor Gaspar, centre-droit, a usé la population. Les oeillets, plus que l'espoir d'un véritable changement, en symbolisent d'abord le besoin : mais y croit-on encore, alors que le pays s'isole et s'enfonce de plus en plus dans la crise ? On ne se sent pas dans la zone euro au Portugal - ou alors dans la zone d'un euro surévalué, où quelques pièces vous achètent bien plus qu'ailleurs en Europe.

Porto, 01/05/2012

Nous avons pourtant beaucoup à apprendre du Portugal : les bus y roulent au gaz naturel, la peine de mort y a été abolie en 1867, plus de 100 ans avant la France, et nous pourrions leur envier leurs résultats en matière de parité hommes-femmes. Néanmoins, il semblerait que la situation de crise tende à nous le faire oublier.




par Anso (son site) mardi 8 mai 2012 - 13 réactions
yahoo
3%
D'accord avec l'article ?
 
97%
(40 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par reprendrelamain (---.---.---.35) 8 mai 2012 18:31
    reprendrelamain

    Comment les peuples peuvent-ils accepter que leurs états empruntent à des banques privées à un taux d’intérêt qui varie entre 3 et 6% alors que ces dernières se « fournissent » à 1% auprès d’une banque européenne alimentée par ces mêmes états ???  

  • Par chapoutier (---.---.---.91) 8 mai 2012 17:48
    l’ex président portugais Mario Soares a déclaré à propos du TSCG ; « aucun député socialiste, aucun socialiste ne peut ratifier cela »
    L’austérité a trop piétiné les œillets

    Pour la première fois depuis 1974, la commémoration de la révolution des oeillets du 25 avril a été boycottée. L’ancien président socialiste Mario Soares, qui n’y a pas participé non plus, s’en explique.

    Le 25 avril 1974 est une date qui a marqué de manière indélébile ma vie et celle de la grande majorité des Portugais. Ce fut une révolution pacifique, au succès incontestable, qui eut une immense répercussion en Europe et dans le monde.

    La « révolution des œillets » a mis fin à une dictature fascisante de quarante-huit longues et cruelles années qui s’était maintenue grâce à la censure et à une police politique et qui a bloqué notre pays durant près de cinq décennies sur le plan politique, culturel, économique et social. Nous étions alors, comme le disait le dictateur [Salazar ; 1889-1970], « fièrement seuls ». Un dictateur qui, d’ailleurs, n’avait rien appris des enseignements de la Seconde Guerre mondiale et du triomphe des démocraties et des Etats de droit qui suivirent. Il se lança donc dans l’aventure coloniale en 1961 avec pour résultat treize années de guerres qui détruisirent une centaine de milliers de vies.

    La révolution du 25 avril, réalisée uniquement par des militaires fatigués d’une guerre qui s’éternisait sans raison, nous a apporté la paix et la liberté – des biens inestimables – et a influencé non seulement la transition démocratique en Grèce et en Espagne mais aussi dans plusieurs pays d’Amérique latine et d’autres continents. Il ne fut pas aisé d’instaurer au Portugal une démocratie pluraliste, civile et multipartite – ouverte à tous les Etats du monde, à l’ONU et à toutes les organisations internationales, surtout en pleine guerre froide et pendant la crise pétrolière. Mais nous y sommes parvenus sans d’autres révolutions et sans guerre civile.

    La différence entre l’Etat démocratique et l’ancien régime fut abyssale. Comme le jour et la nuit. Tout changea : la mentalité des Portugais, le progrès matériel du pays, le développement de la culture et de l’enseignement, la relation avec l’Europe et le monde et surtout avec nos anciennes colonies, devenues des Etats indépendants. Après la consolidation de la démocratie, le pays a vécu trente années de paix, de progrès et de bien-être comme il en avait rarement connu dans sa longue et glorieuse histoire. Puis est apparue la crise mondiale du « capitalisme de casino » – d’une économie virtuelle et des paradis fiscaux – qui, après avoir frappé les Etats-Unis, s’est répandue dans l’Union européenne (UE). De nombreux Portugais ont pensé qu’ils étaient responsables de la crise « pour avoir vécu au-dessus de [leurs] moyens » comme ils disaient.

    Ce n’est pas le cas. Que les néolibéraux le veuillent ou non, il s’agit d’une crise mondiale du capitalisme, qui touche l’Occident et commence à être ressentie dans certains Etats émergents. Nous connaissons aujourd’hui des problèmes nouveaux qui affectent gravement les conquêtes sociales : le système de santé, la dignité du travail ou encore la Sécurité sociale. L’appauvrissement de millions de Portugais devient une réalité avec la récession et le chômage qui augmente de façon exponentielle. Le gouvernement [de droite] pratique des coupes budgétaires et privatise tous azimuts en bradant les joyaux de la couronne. L’austérité, imposée par la troïka [FMI, Commission européenne et Banque centrale européenne] et par l’idéologie de l’actuel gouvernement (le FMI a déjà compris que la poursuite de cette politique serait un désastre), ne nous mène nulle part ou, pour être plus précis, nous conduit, année après année, de mal en pis. Voilà la terrible réalité que nous devons affronter. Mais gardons espoir. Le peuple portugais est un grand peuple. Il ne tardera pas à réagir. Pacifiquement, je l’espère.

  • Par latortue (---.---.---.28) 9 mai 2012 08:05
    latortue

    Pendant que nous nous congratulons bêtement comme de bon gros Français que nous sommes ,comme si la France était le centre du monde ,l’Europe est en train de se casser la figure ,et personne n’en parle, les sujets fleurissent sur le nouveau et l’ancien président mais rien sur l’Europe .
    Ce qui était impensable il y a quelques mois en arrière ,inimaginable ,même cataclysmique ,est en train de se produire,la Grèce d’abord se dirige bien gentiment vers ce qui va être sa sortie de l’Euro, sortie qui ne se fera pas sans problèmes, car bien sur cela fait des mois que a coup de sauvetages bidons, nous repoussons cette sortie pour permettre a nos cher tres
     ’’ chères ’’ hommes politiques de laissé passer les élections .
    La Grèce en premier mais après le reste des pays en difficultés, car ce qui n’a pas marché en Gèce, ne marchera surement pas dans les autres pays en difficulté ,dont nous faison partie les amis ne l’oublions pas .
    Autrement dit les hommes politiques nous prennent bien nous Français pour des billes en nous rabâchant depuis des mois que la sortie de l’euro et de l’Europe est inenvisageable alors qu’elle va se faire dans le chaos le plus complet a cause d’eux ,pour protéger leurs petits intérêts personnels .
    Alors que si nous avions anticipé comme le préconisait certains politiques la sortie se serait passé dans le calme .On nous ment depuis des mois et ce avec la complicité des économistes de salon a la botte de la politique ,comment voulez vous qu’on leurs fassent confiance .

  • Par moumou (---.---.---.90) 9 mai 2012 16:08
    moumou

    Tout n’est pas moins cher au Portugal, seuls les prix directement liés aux salaires des smicards sont plus bas qu’ailleurs, restaurants, bistrots, taxis etc...Bref, tout ce qui peut faire le bonheur d’une certaine classe « aisée ».

    Sinon lorsque vous consultez un medecin généraliste, par exemple, cela vous coûte 50 euros et ce n’est pas remboursé par la sécu.....Avec un smig à 500 euros, demandez-vous de quoi les portugais peuvent-ils bien se plaindre ! MDR

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération