La pétition en faveur de l'espéranto au bac (en option) vient d'atteindre les 10.000 signataires, dont quelques dizaines de personnalités.
Il est encore possible de participer en ligne ou sur papier jusqu'au 30 septembre.
Des dizaines de langues sont possibles au bac, une liste toujours plus fournie... Et pourtant, année après année, le Ministère refuse d'y inscrire l'espéranto, langue internationale construite et équitable, reconnue entre autres par l'Unesco.
A gauche (en bleu) sur la page d'accueil de la pétition, on peut télécharger un texte qui présente et argumente brièvement la pétition en onze chapitres clairs et succincts.
Parmi les personnalités signataires, je ne cite qu'Albert Jacquard, ingénieur et généticien, car il est le parrain de la pétition, depuis longtemps promoteur de l'espéranto, notamment à l'occasion de ses chroniques radiophoniques sur France Culture. Mais il est réjouissant de les voir si nombreuses, signe que les clichés et les préjugés envers l'espéranto disparaissent peu à peu.
Malgré tout, on peut juger de l'ostracisme dont cette langue souffre en France dans les grands médias nationaux écrits et télévisés en mettant en balance, d'un côté, l'absence de la moindre demi-ligne sur le congrès annuel mondial de l'espéranto (Universala Kongreso de Esperanto), de l'autre - le message de salutation et d'encouragements adressé aux participants par Irina Bokova, Directrice générale de l'Unesco à l'ouverture de ce même congrès...
Elle au moins a compris que l'espéranto, loin d'être un fantasmatique tueur de langues, est au contraire le choix d'un multilinguisme équitable, où les langues et les peuples seraient/sont sur un pied d'égalité, tout en usant de la langue internationale pour communiquer. Cette langue étant au moins dix fois plus facile (à niveau égal), cela laisse du "temps de cerveau" disponible si la profession ou l'expatriation, les voyages ou les goûts nous poussent à l'apprentissage d'une troisième langue.
En somme, un multilinguisme raisonné, et j'ai envie de dire apaisé, en constatant les difficultés voire les conflits linguistiques de nombreux pays.
La question de la barrière des langues est loin d'être un problème simple, et répondre, comme le fait la Commission européenne, en martelant "apprenez des langues", est un peu court.
Cela revient à dire que seule notre fainéantise est à l'origine de l'incompréhension mondiale !
Et ne soyons pas hypocrites, « des » langues à l'école, c'est l'anglais.
Déculpabilisons ! Apprendre une langue étrangère est une énorme difficulté, nécessitant autant de motivation que de travail durant des années.
Le langage évolué est l'apanage de l'espèce supérieure (càd. nous, enfin... c'est ce qu'on dit), mais au cours des siècles les langues nationales ont accumulé des complications et des exceptions inouïes, des illogismes que nous avons appris enfants assez facilement (immersion permanente, facteur affectif) mais qui les rendent difficiles pour les adultes. P'tit Gibus dans le film La Guerre des boutons a eu ces mots historiques : "Si j'aurais su, j'aurais pas venu... », en appliquant fort logiquement le conditionnel plutôt que l'imparfait !
Si on arrive à faire faire le tour du monde à des jeans ou des tomates, mais pas à se comprendre au sein d'une même race (des ethnies différentes mais une même race), c'est justement parce que la communication mondiale est un problème complexe, que nous refusons d'aborder dans ses différents aspects, notamment l'injustice et le médiocre résultat de la « solution » actuelle. Ou alors nous attendons l'intelligence artificielle, mais on voit surtout venir des effets d'annonce et des demandes de subventions... Pour être honnête, signalons les progrès récents, surtout dus à la méthode TAS, mais on est loin du compte.
Finalement, l'obstination ministérielle demeure assez incompréhensible, réactionnaire, mesquine, frileuse, voire obscurantiste.
Nombre de nos politiciens actuels sont d'anciens « IV », ce programme par lequel les USA invitent chaque année 4000 jeunes, détectés comme d'éventuels futurs leaders, à visiter leur pays et à nouer des contacts, et nous devrions faire de même pour la francophonie, car défendre son rayonnement culturel et ses intérêts est tout à fait naturel.
Mais l'espéranto est une troisième voie, le moyen de sortir de la lutte d'influence et de la guerre des langues, en promouvant un plurilinguisme raisonné, une communication équitable. Why not ? Euh... je veux dire : Kial ne ?

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