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Peut-on encore considérer la France comme une démocratie ?

La démocratie est un régime politique dans lequel le pouvoir est détenu par le peuple, sans qu'il y ait de distinctions dues à la richesse, la naissance... On parle plus simplement de deux principes de la démocratie, Liberté et Égalité, qui sont communs à la devise Française. En effet, la France est considérée comme une démocratie représentative. Mais pouvons-nous toujours parler de démocratie Française de nos jours ? C'est la question à laquelle nous allons tenter de répondre en établissant des liens entre la théorie et les faits.

Tout d'abord, le principe premier de la démocratie est que le peuple doit disposer du pouvoir, ce qui semble être le cas en France. Effectivement, tout citoyens Français peut s'exprimer en votant pour ceux qu'il estime les meilleurs représentants de ses idées. Cependant, ces représentants ne peuvent incarner l'idéal de chacun des citoyens, ce qui révèle une certaine limite à la démocratie représentative. Afin de résoudre ce problème de représentativité qui ne peut que subsister et ainsi souligner une démocratie bien portante, il serait nécessaire de consulter l'avis du peuple par l'intermédiaire de référendums. Pourtant, depuis 1958, seulement 10 référendums ont eu lieu en France, le dernier remontant à 2005.

De plus, pour que le peuple continue de détenir le pouvoir, il est important qu'il ne se désintéresse pas de celui-ci. En effet, Alexis de Tocqueville disait "Ce qui met en danger la société, ce n'est pas la grande corruption de quelques-uns, c'est le relâchement de tous". Autrement dit, la démocratie peut être mise en danger, non pas par l'immoralité de certains, mais par le désintérêt de tous vis-a-vis de la vie politique. Or, de nos jours, une certaine résignation semble s'installer par rapport à la vie politique ce qui explique sans aucun doute les taux d'abstentions considérables mesurés. Effectivement, pour le premier tour des élections cantonales de 2011, 55.6% des citoyens se sont abstenus contre 35.1% en 2008, selon TNS. En clair, en l'espace de trois ans, la société Française est passée de plus d'un citoyen sur trois décidant de s'abstenir à plus d'un citoyen sur deux. Ainsi, le peuple Français peut détenir un minimum de pouvoir (bien que limité), mais a tendance à se désintéresser de la vie politique et donc à mettre en danger la démocratie dont il est censé bénéficier.

   Le pluralisme politique est un autre principe de la démocratie et semble, à première vue, être respecté en France. Effectivement, une multiplicité de partis composent la scène politique (Front de gauche, Debout la république, Mouvement démocrate, Front national, Parti socialiste, Europe écologie les verts, Union pour un mouvement populaire...) avec chacun un représentant pour l'élection présidentielle (J.L Mélanchon, N. Dupont-Aignant, F. Bayrou, M. Le Pen, F. Hollande, E. Joly, N. Sarkozy...). Toutefois, le pluralisme politique Français peut être nuancé. En effet, depuis la Ve république, on constate que l'organisation de la scène politique a tendance à s'articuler autour de deux blocs opposés qui sont la gauche et la droite et plus particulièrement de nos jours, l'UMP et le PS. Ce phénomène que l'on peut nommer comme étant une bipolarisation, semble perdurer actuellement puisque les sondages, recensant les intentions de vote des Français, prévoient François Hollande (PS) récoltant le plus de voix au premier tour, suivi de Nicolas Sarkozy (UMP). Effectivement, l'enquête d'IFOP-Fiducial du 9 février annonce 30% d'intentions de vote pour François Hollande et 25% pour Nicolas Sarkozy au premier tour. Ainsi, le pluralisme politique en France est bien réel, malgré cela, la constatation d'une certaine bipolarisation est indéniable.

   D'autres part, l'égalité pour chacun des citoyens est l'un des fondement de la démocratie que la France utilise comme étant la valeur principale de l'Etat. Pour autant, on ne peut parler de fluidité sociale ou encore de méritocratie mais plutôt de reproduction sociale. En effet, en 2003, selon l'INSEE, 52% des hommes âgés de 40 à 59 ans fils de cadres le sont devenus eux aussi, contre 10% des fils d'ouvriers. Ceci démontre inéluctablement que tous les hommes ne naissent pas égaux comme on peut le prétendre et qu'il y a une certaine prédétermination de chacun des citoyens au vu de leurs origines. Néanmoins, le fait de monter socialement parlant, n'est pas impossible mais cela induira plus de difficultées qu'il ne devrait dans un contexte d'égalité parfaite comme une démocratie le prévoit théoriquement.

   Ainsi, dire que la France n'est plus une démocratie serait démesuré, cependant, tout ceci nous prouve que la démocratie en pratique s'avère être bien différente qu'en théorie en France.

                                                                     K.G

par Kevin Gaignoux (son site) mercredi 22 février 2012 - 22 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par dup (xxx.xxx.xxx.32) 22 février 11:46

    Peut-on encore considérer la France comme une démocratie 

     NON

  • Par perlseb (xxx.xxx.xxx.80) 22 février 20:28

    Tout d’abord, le principe premier de la démocratie est que le peuple doit disposer du pouvoir, ce qui semble être le cas en France. Effectivement, tout citoyens Français peut s’exprimer en votant pour ceux qu’il estime les meilleurs représentants de ses idées.

    Malheureusement, dès le début, ça part mal. Nous votons pour ceux qui nous font croire à des pensées qu’ils ont ou n’ont pas (on ne les connait pas vraiment puisqu’ils sont présentés par les médias). De plus, et c’est là que le bât blesse, nous votons pour un discours (campagne) et le candidat élu n’a aucune obligation de respecter ce discours (mandat impératif anti-constitutionnel). En somme, nous votons pour rien, juste pour nous faire croire que nous sommes en démocratie. Et la plupart des gens sont convaincus, depuis tout jeune, que c’est ça la démocratie et que ça ne peut pas être autre chose.

    Une élection est par définition aristocratique et non démocratique. Ensuite, étant donné que ces soit-disant meilleurs (aristocrates) ont besoin d’argent pour faire campagne, ils sont soumis aux ploutocrates : donc l’aristocratie consitutionnelle est une ploutocratie.

    Clairement, si les élus étaient du côté du peuple, ils ne nous auraient jamais endettés et ils ne démantèleraient pas tous les services publics qui permettaient une certaine égalité de traitement en France (santé, éducation, sécurité, ...).

  • Par democradirect (xxx.xxx.xxx.155) 22 février 20:58
    democradirect

    La démocratie, c’est le pouvoir (kratos) au peuple (dêmos). En France, les élus confisquent le pouvoir entre deux élections. Ce n’est donc pas une démocratie.

    Vous évoquez à juste titre l’importance des référendums, en déplorant leur rareté. Mais il faut aussi déplorer le fait que ce n’est pas le peuple qui choisit les sujets des référendums.

    Il ne faut voter que pour des candidats qui prennent l’engagement suivant :

    « Si je suis élu à la présidence de la république, je m’engage, durant la première année de mon mandat, à soumettre en votation populaire (ou au moins à demander au Parlement d’adopter cette réforme pour qu’elle soit soumise en votation populaire) l’introduction du droit de référendum d’initiative populaire suivant : si une proposition de modification de la Constitution est soutenue par un million de signatures de citoyennes et de citoyens inscrits sur les listes électorales réunies en 18 mois, alors cette proposition devra obligatoirement être soumise en une votation populaire dont le résultat s’imposera aux élus. De plus, toute modification de la Constitution – même voulue par les élus – devra obligatoirement être soumise en une votation populaire dont le résultat s’imposera aux élus ».

    Voir ici et .

    Les Français ont-ils la pseudo-démocratie qu’ils méritent ?

     

  • Par xray (xxx.xxx.xxx.183) 22 février 16:45


    Quelle démocratie ? 

    Les européens sont soumis à un régime Oligarchique 
    (Wikipédia)  : 
    L’oligarchie est un régime politique dans lequel la plupart des pouvoirs sont entre les mains d’un petit nombre d’individus, de quelques familles ou d’une petite partie de la population, généralement une classe sociale ou une caste. 
    La source de leur pouvoir peut être la richesse, la tradition, la force militaire, la cruauté... 
    (Sic.) 

    Le capital de la Dette publique 
    http://n-importelequelqu-onenfinisse.hautetfort.com/archive/2011/12/27/le-capital-de-la-dette-publique.html  

    L’énigme du vol AF 447 ? 
    (La disparition de l’Airbus RIO-PARIS) 
    http://n-importelequelqu-onenfinisse.hautetfort.com/archive/2011/10/24/l-enigme-du-vol-af-447-la-disparition-de-l-airbus-rio-paris.html 


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