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Pic pétrolier et initiatives de transition

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pic_p&..., [en ligne] page consulté le 16 février 2013 • Auzanneau Mattieu, Le monde, Oil Man, [en ligne], page consulté le 16 février 2013 http://petrole.blog.lemonde.fr/cate... • Le dessous des cartes, youtube, publié le 12 décembre 2012, [en ligne], page consulté le 10 février 2013, http://www.youtube.com/watch?v=pMa3... • Connaissances des énergies, [en ligne], page consulté le 13 février 2013, http://www.connaissancedesenergies.... • Villes en transition, [en ligne], page consulté le 13 février 2013, http://villesentransition.net • Villes en transition, [en ligne], page consulté le 13 février 2013, http://fr.wikipedia.org/wiki/Ville_...

Comptant sept milliards d’individus, l’être humain est aujourd’hui le plus grand prédateur et envahisseur de la planète. Toujours en constante croissance démographique et économique, l’homme exploite à son quotidien les ressources de la Terre, sans aucune considération pour les autres espèces ou encore pour son avenir, en ne pensant qu’à s’enrichir dans le moment présent. Parmi ces ressources tant convoitées, il y a bien sûr le pétrole. Mais avec la demande de cette énergie fossile toujours grandissante dans les sociétés actuelles vient une question fondamentale, jusqu’où pourrons-nous l’exploiter avant qu’il ne s’épuise ? L’origine de la théorie du pic pétrolier vient d’un tel questionnement. Toutefois, avant de s’attarder à cette question, il est primordial de bien définir ce qu’est le pic pétrolier ainsi que les initiatives de transition qui sont jusqu’à maintenant la seule option s’offrant à nous. Ensuite, il faudra expliquer pourquoi le pétrole non conventionnel ne pourra pas assumer à lui seul la discontinuité du pétrole brut en rappelant la provenance de cette ressource non renouvelable. Par la suite, il sera question des apports et prédiction de M. Marion King Hubert, de l’importance du pétrole brut dans la société actuelle et d’une comparaison du pic pétrolier avec le réchauffement climatique qui lui, est beaucoup plus médiatisé. Finalement, il faudra mettre en évidence la grande importance des initiatives de transition en plus d’en donner des exemples, mais aussi sur l’étrange disparition des voitures électriques et en terminant, sur notre situation par rapport au pic pétrolier un enjeu économique, social et politique d’échelle internationale.

Tout d’abord, le pic pétrolier se définit par le moment où la production pétrolière atteindra son maximum et plafonnera en volume, juste avant de décliner jusqu’à épuisement total des ressources naturelles de pétrole[1]. Ensuite, pour ce qui est des initiatives de transition, « elles constituent une nouvelle approche évolutive de la durabilité à l’échelon de la communauté, qui émerge un peu partout dans les communes d’un pays. »[2]

Maintenant, contrairement à ce que plusieurs pourraient penser, le pétrole non conventionnel comme les sables bitumineux d’Alberta, ne pourra pas assumer à lui seul la discontinuité du pétrole brut qui lui, provient tout droit des puits de pétrole. En effet, les coûts d’extraction des sables sont beaucoup plus importants que ceux du pétrole se retrouvant à l’état pur. Sans compter que les mécanismes de transformation sont eux aussi très coûteux et demandent beaucoup trop de temps et de main d’œuvre ce qui n’est pas rentable du tout pour les entreprises. Enfin, les multiples conséquences sur l’environnement seraient bien trop importantes et ça engendrait d’autres problèmes se traduisant à titre d’exemple, par une augmentation massive de l’émission de gaz à effet de serre favorisant ainsi l’amincissement de la couche d’ozone. Aussi, il faut savoir que ce qui intéresse tant les multinationales et les plus grands pays producteurs de pétrole c’est que cette énergie, bien qu’elle soit fossile, est peu coûteuse et sa demande est extrêmement importante. Toutefois, ce pétrole de bon marché est une énergie non renouvelable provenant d’une grande quantité de composés organiques décomposés s’accumulant dans le sol et lorsque sa production aura atteint son maximum et que les réserves ne pourront plus assumer la demande mondiale qui est exagérée, des dizaines de millions d’années seront nécessaires pour la formation de nouveaux gisements et il ne faut pas prendre cette extinction à la légère et par conséquent, il faut se tourner vers une nouvelle forme d’énergie.

Malheureusement, il semble que rares sont les personnes qui comprennent la gravité de la situation si ce n’est que de M. Marion King Hubert, géophysicien américain devenu célèbre en raison de la courbe d’Hubert dont il est l’auteur. En effet, ce géophysicien est à l’origine de la plupart des processus de prévision du pic pétrolier. Entre autres, il avait prédit en 1950 à quelques années près le sommet de la production pétrolière américaine qui est survenu vers les années 1971, qui entraînera par la suite le ralentissement économique de 1970. La courbe d’Hubert était en fait en forme de cloche montrant ainsi la croissance survenant au début de l’exploitation d’un nouveau gisement, l’atteinte de la limite de production de celui-ci (le pic) avant d’en arriver au décroissement jusqu’à son épuisement. C’est d’ailleurs lui qui un jour a dit que « notre ignorance n’est pas aussi vaste que notre incapacité à utiliser ce que nous savons. » Il est évident qu’Hubert cherchait alors à dénoncer « l’ignorance » des gouvernements qui s’entêtent encore aujourd’hui à exploiter davantage de pétrole, et ce, même s’ils savent qu’il viendra un jour où cet argent facile à gagner ne sera plus. C’est pourquoi les futures générations se souviendront de notre époque comme de l’ère du pétrole appartenant à des gens égoïstes possédant toutes les ressources nécessaires pour évoluer vers un monde meilleur, mais qui pourtant n’auront rien voulu entendre, fermés à toutes innovations en raison de leur soif d’argent immédiat. Il est vrai que notre attachement à cette ressource est exagéré, mais est-ce par choix ? Bien sûr, nous avons jadis pris la décision d’exploiter le pétrole pour développer une société comme nous la connaissons aujourd’hui, mais maintenant, pourrions-nous plus parler de dépendance ? Il parait évident que c’est le cas. En effet, partout où nous regardons et presque tout ce que nous touchons est fait à base de pétrole. Donc, en se basant sur la théorie du pic pétrolier, si nous ne trouvons pas un moyen de produire nos biens actuels sans avoir besoin de l’or noir ou pétrole, tout ce que nous avons nous glissera entre les mains. Supposons maintenant que les réserves mondiales de pétrole atteignent leur limite de production plus tôt que prévu, comment les aliments parviendraient-ils dans une épicerie sans camions pour le transport qui eux fonctionnent grâce au pétrole. Plus encore, comment favoriser les échanges entre les pays de ce monde sans essence pour les moteurs des bateaux ou de kérosène pour celui des avions ? Évidemment, ce questionnement pourrait continuer davantage cependant, il suffit de comprendre que notre dépendance au pétrole est plus importante qu’on le pense. Mais pourquoi trop de gens ignorent-ils encore l’enjeu mondial que représente ce pic pétrolier ?

Principalement, parce qu’il est très peu médiatisé si on le compare au réchauffement climatique. En effet, en revenant plusieurs années en arrière, on s’aperçoit que nos connaissances sur le phénomène du réchauffement planétaire n’étaient pas ce qu’elles sont aujourd’hui. Il aura fallu plusieurs années avant que cette problématique soit connue par une majeure partie de la population puisqu’à l’époque, les gens avaient du mal à croire que ce qui était véhiculé par quelques personnes était plausible. Mais lorsque la même information est transmise dans tous les médias ou encore soutenue par des gouvernements comme c’est le cas aujourd’hui, la conscience collective en est atteinte et l’on ne peut que croire ce qui nous est dit. Reprenons donc cet exemple, mais avec le problème du pic pétrolier. Il faut comprendre que lorsque les entreprises pétrolières divulgueront les mêmes informations que les scientifiques, pour qui les connaissances sont principalement basées sur des estimations, le phénomène du pic pétrolier deviendra beaucoup plus crédible, fera bien plus parler et donc, plus de gens en seront conscients et tenteront de remédier au problème. Cependant, ces entreprises pétrolières restent encore à cette heure les seules à connaître la véritable quantité restante de pétrole.

Heureusement, des solutions telles que les initiatives de transition s’offrent à nous. Celles-ci visent en quelque sorte à trouver de nouvelles formes d’énergie renouvelable ou de nouvelles façons de faire qui pourraient assumer la discontinuité du pétrole auquel nous devrons faire face bientôt. À l’origine, ce concept était plutôt basé sur des villes en transitions comme la ville de Totnes en Angleterre qui fut la toute première, mais nous tentons aujourd’hui de reprendre cette idée révolutionnaire à l’échelle internationale pour continuer de subvenir à nos besoins même après le pic pétrolier. Des exemples de transitions sont multiples. Entre autre, pour remédier à l’exploitation agricole actuelle reposant principalement sur l’énergie fossile, on propose de réintégrer les jardins familiaux et communautaires dans les sociétés en se fiant au principe de la « permaculture » (efficacité et éthique). D’un point de vue plus environnemental maintenant, on propose de recycler davantage pour éviter de produire inutilement et de composter en même temps pour en venir à fabriquer son propre engrais servant de fertilisant pour le jardin. Aussi, dans un angle plus énergétique, il est proposé de consommer des produits régionaux ou alors d’opter pour des choix plus verts comme le transport en commun pour minimiser notre empreinte énergétique. Mais d’un autre côté, le concept de transition se rattache également au passage vers de l’énergie plus verte comme l’énergie éolienne, thermique ou électrique. Toutefois, il faut être prêt à faire l’effort de transiger vers un monde plus simple dans lequel nous pourrions « vivre simplement pour que simplement les autres puissent vivre » (Gandhi). Mais qu’en est-il lorsque le peuple est décidé à évoluer, mais pas le gouvernement et les entreprises ? Seulement qu’à penser au cas des voitures électriques qui ont subitement disparu quelques mois après leurs premières mises sur le marché. Ces disparitions étaient en fait le résultat d’une alliance entre les compagnies pétrolières qui elles, ne voulaient pas s’avouer vaincues voulant continuer d’exploiter le pétrole en le vendant de plus en plus cher pour de meilleurs profits puisque celui-ci comme nous le savons maintenant, se fait de plus en plus rare et eux-mêmes le savent.

Finalement, quelle est notre position actuelle quant au pic pétrolier ? Une chose est sûre, c’est que nous nous approchons du temps où l’énergie produite par un baril de pétrole sera égale à l’énergie essentielle à son extraction et c’est à ce moment que cette ressource sera dépassée et que nous devrons changer nos habitudes de consommation. Nous sommes présentement dans une période où les réserves de pétrole se vident plus vite chaque jour et les prix de l’essence qui à l’inverse continuent d’augmenter ne sont rien à comparer de ce que nous coûtera faire le plein de notre voiture d’ici quelques années. Bientôt, nous verrons augmenter les prix de chaque chose touchant de près ou de loin le pétrole dans le but de combler le déficit budgétaire des entreprises qu’engendrera la recherche intensive de nouveaux gisements qui disons-le, sont de plus en plus rares et difficiles d’accès.

En conclusion, au cours de ce texte, nous avons vu ce qu’est le pic pétrolier, expliqué pourquoi les autres formes de pétrole ne peuvent en aucun cas remplacer le pétrole brut et décrit les apports et les prédictions de M. Marion King Hubert qui a prédit le pic pétrolier américain avec exactitude. Ensuite, nous avons rappelé la grande place que cette énergie fossile prend dans notre société, parler de l’ignorance de certain en comparant le pic pétrolier au réchauffement climatique et nous avons finalement parler de l’importance des initiatives de transition dans ce problème auquel nous devons aujourd’hui faire face avant de rappeler notre situation actuelle par rapport à celui-ci. À la lumière des faits relatés ci-dessus, nous devons prendre conscience de ce grand enjeu que représente le pic pétrolier et inciter nos gouvernements à transiger pour un avenir meilleur. Il serait donc très intéressant dans un futur ouvrage de se questionner sur ce que pourrait représenter un « avenir meilleur » pour un pays tel que la nôtre.



 



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