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Plaidoyer pour l’union des souverainistes

Le premier tour des élections du gouverneur de la province française, rattachée à Bruxelles, vient de donner son verdict. Quel constat tirer du duel UMPS qui se profile à l’horizon ? Où en est le vote anti-système ? Que sera la France durant ces cinq prochaines années ? Autant de questions essentielles pour les citoyens français, mais qui font l’objet d’un débat de façade, dans cet entre-deux-tours de fumistes, relevant la farce de notre démocratie française.

Quel quinquennat ! Durant ces cinq dernières années, les citoyens français ont été témoins de bouleversements majeurs tant économiques (crise des subprimes, crise des dettes souveraines), que politiques (printemps arabes, guerre en Lybie, intervention officieuse en Syrie, réélection de Vladimir Poutine). Face à ces évènements la réponse de la France n’a pas toujours été à la hauteur des espérances, ce qui a pu mettre à mal l’unité de notre pays, son aura, mais aussi le message que la France porte vis à vis des autres pays du monde. Suite aux diverses politiques menées de concert par l’UMP et le PS, au cours des trente dernières années, le mécontentement était énorme chez les citoyens français qui s’entendaient au moins sur une chose : plus rien ne tourne rond dans notre beau pays.

 22 avril. Duel UMP-PS. Troisième place pour Marine Le Pen. Quatrième place pour Jean-Luc Mélenchon.

 Une chose est sure. Peu importe le gagnant de ce nouveau jeu de téléréalité, nous subirons le diktat de Bruxelles préparant dans l’ombre une austérité généralisée à l’ensemble des pays du vieux continent[1]. Il est d’ailleurs intéressant de noter que le véritable Président de la République française, résultera de la probable fusion entre le Président de la Commission européenne, et le Président du Conseil de l’Europe[2]. Mais qu’importent ces questions quand chez nos journalistes le détail devient principal, et le principal devient détail.

Malgré les belles promesses, qui n’engagent que ceux qui les croient, les mondialistes de Bruxelles, de Wall Street et de la City garderont la maitrise de l’appareil exécutif français tant Nicolas Sarkozy et François Hollande sont gangrénés par ces réseaux d’influence, de cooptation, et de domination. Aucun changement de paradigme n’émergera durant ces cinq prochaines années. Prenons en acte le plus rapidement possible afin de se tourner résolument vers les prochaines élections présidentielles de 2017. Le pouvoir réside dans l’anticipation.

 Parallèlement à cela, le Front National de Marine Le Pen semble avoir agrégé une majeure partie du vote eurosceptique. Les déçus du PS et de l’UMP mais aussi de feu le parti communiste, ont voté en masse, peut être par défaut pour certains, pour ce parti présentant un programme souverainiste.

Le Front (National) de Gauche de Jean-Luc Mélenchon a également concentré un nombre important du vote anti-système. Même si certains doutent, à juste titre peut être, des intentions réelles de Jean-Luc Mélenchon, force et de constater que son électorat souhaite mettre un terme au catéchisme ultra-libéral et euro-atlantiste actuel.

 Mais la France n’a pas été mise sous surveillance par Reporter Sans Frontières pour rien[3]. Les habitudes ont la peau dure, tant les divers commentateurs se sont offusqués de la présence d’un parti fasciste sur le podium de l’élection. D’autres ont simplement fait part d’un vote de contestation, pour que les partis encore en lice puissent faire la danse du ventre vis à vis de cet électorat anti-système. N’ont-t-il réellement rien compris de la signification de ce vote ? Malgré les appels de certains, une incompatibilité de principe oppose les programmes des deux Fronts, à ceux de l’UMPS. Cela montre une fois de plus l’incroyable servilité de nos médias institutionnels, qui au lieu de tirer les bonnes conclusions de ce vote, continuent dans le journalisme de spectacle. Non ce n’est pas la peur de l’immigré qui a impulsé ce choix. Ce n’est pas non plus l’affaire Merah qui aura davantage profité au candidat de l’UMP qu’à celui du FN. Mais il s‘agit bel et bien d’un refus clair et conscient de la trajectoire prise par notre pays depuis une trentaine d’année. Face à ce mondialisme de l’hyper classe, ce terrorisme planétaire que constitue le capitalisme financier, une majeure partie des citoyens, a affirmé la conviction qu’une autre mondialisation est possible. Une mondialisation respectueuse des peuples et des Nations. Une mondialisation qui donne toute sa puissance à la notion de souveraineté nationale, et à l’intérêt des peuples, et qui place donc la Nation au centre de tout. Malgré le matraquage médiatique prônant la disparition des diverses souverainetés nationales, un sentiment enfoui en chacun de nous, même s’il n’est clairement établi, nous rappelle « qu’a celui qui n’a rien, la Patrie est son seul bien »[4].

 Comme avait pu le dire Mendes France, une course de vitesse est lancée entre l’Internationale des peuples et l’Internationale des capitaux. Face à l’avance qu’a prise cette dernière, le vote du 22 avril montre clairement que les citoyens veulent réorienter le curseur vers la première. L’argent n’a pas de patrie, ce qui a clairement facilité le projet des prédateurs nomades qui sévissent aux quatre coins du globe, faisant et défaisant les gouvernements au gré de leurs intérêts. Mais si le rejet de cette mondialisation semble bien partagé, les contours de cette Internationale des peuples semblent plus flous que jamais. Comment unir des citoyens ancrés sur un territoire, n’ayant aucune visée autre que celle de bien vivre en communauté, tout en ayant les moyens de subvenir à ses besoins localement. L’Internationale des peuples ne passerait-elle pas justement par une réaffirmation des Nations, développant (enfin) entre elles des relations de confiance et d’échange en fonction des intérêts de chacun. Au fond, la souveraineté nationale, cet héritage de 1789 dilapidé en quelque siècles, était venue consacrer l’idée qu’une décision n’émanant pas de la Nation n’avait aucune légitimité, aucune raison d’être. La volonté du peuple était à la base de toute décision. Aucune autre entité, et de surcroît privée, ne pouvait dicter la marche à suivre à la Nation française. Cette idée simple, que nous croyions à tort acquise, a été réaffirmée avec fracas le 22 avril. Et face à cela que nous est-il proposé pour cet entre-deux-tours ? Un néant idéologique. Un vide programmatique. Pire : une litanie de sophismes et de mensonges divers et variés. L’UMPS, bien aidé par nos médias, poursuit sa technique « d’un sujet par jour ». Hier la réforme économique. Aujourd’hui le logement. Demain les pâquerettes. Cette technique de l’autruche, que l’on pourrait au début penser être un accident, semble se transformer en profession de foi. L’asservissement et la soumission de ces derniers aux puissants de ce monde, n’a d’égal que la traîtrise dont ils preuve vis à vis de la Nation française.

 Le vote du 22 avril réaffirme le principe de souveraineté nationale, unique moyen pour aboutir à une politique juste et respectueuse de la volonté de chacun. Une politique qui ne serait pas faisandée par les collusions et les corruptions. Plus le pouvoir s’éloigne de la volonté nationale, qui en constitue son essence, plus il devient anti-démocratique et nébuleux, pour finir par être totalitaire.

 Dès lors, que faire ? Comment faire aboutir cette idée que la Nation doit être à la base de tout, pour en finir à jamais avec cette Internationale des capitaux qui, elle, est plus unie et puissante que jamais. Il n’y a qu’à étudier l’histoire de plus près pour voir ce qui arrive aux gouvernements dans le monde qui ont des visées nationalistes sans être belliqueux.

Mossadegh, désireux d’implanter un régime parlementaire et de mener une politique dans l’intérêt des Iraniens, nationalisa le secteur du pétrole qui était aux mains de la société anglo-iranienne du pétrole (ancienne British Petroleum). Il fut renversé par un coup d’Etat fomenté par les Etats-Unis et l’Angleterre.

Sankara, révolutionnaire marxiste burkinabé, fut assassiné pour avoir eu l’outrecuidance de mener une politique pour son peuple.

L’histoire entière de l’Amérique du Sud et Centrale, au cours du XXème siècle, est jalonnée de divers coup d’Etat, le plus souvent sur ordre de Washington, afin de faire tomber tout gouvernement nationaliste, qui ne confierait pas les ressources naturelles de son pays aux prédateurs nomades, qui exercent eux un réel fascisme depuis plusieurs dizaines d’années s’en en être inquiétés.

 Cette notion de Nation est aujourd’hui attaquée de toute part, par nos ennemis communs, qui ont compris depuis longtemps le manque à gagner dans leurs business-plans, que constitue un Etat souverainiste qui promeut une politique en accord avec la volonté de son peuple. Mais cet esprit apatride n’emporte pas la majorité. Il a donc fallu diviser, fractionner, segmenter et éloigner cet électorat qui, unit, pourrait être le germe du nouveau monde vers lequel nous aspirons tendre. Voilà où se situe l’électorat souverainiste aujourd’hui : partagé entre le Front de Gauche, le Front National, Debout la République. Cumulé, cet électorat pèserait dans les 35%. Si l’on compte les diverses voix perdues dans l’UMPS, à cause de trente années de débat tronqué, il apparaît alors clairement que le nouveau clivage n’est pas celui opposant la droite à la gauche, mais les souverainistes aux mondialistes.

 Marine Le Pen, arrivée sur la dernière marche du podium, est-elle dès lors en mesure d’incarner cette opposition souverainiste. Rien n’est moins sur tant le parti semble ne pas avoir encore tourner la page de ses vieux démons. Il ne fait aucun doute que le résultat du 22 avril donne une légitimité au FN. Mais pour faire aboutir cette idée de souveraineté à la plus haute marche de la République, encore faudrait-il que Marine Le Pen opère un changement idéologique au sein de son parti, afin de sortir de la diabolisation dont elle fait l’objet. Car cette union des souverainistes doit épouser l’ensemble des français quelque soit leur origine, leur appartenance idéologique, ou religieuse. Ne pas faire ce constat montre toute la forfaiture de ce parti, qui ne sert dès lors qu’à bloquer une partie de l’électorat anti-système.

 Le Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon agrège également une bonne partie du vote anti-système. Mais tout comme son homologue droitière, M. Mélenchon ne semble pas aller au bout de sa logique critique. Sur l’immigration par exemple, où le Front de Gauche ne tire pas les bonnes conclusions de son engagement, en oubliant par exemple de dire que cette question était initialement une problématique communiste. Le discours de G. Marchais de Montigny les Cormeilles[5] est là pour en faire foi. En oubliant également de préciser que cette immigration incontrôlée a été voulue par le patronat français, afin de bénéficier d’une main d’œuvre bon marché, et d’effectuer une pression à la baisse sur les salaires nationaux. En oubliant enfin d’expliquer que, loin du French dream tant espéré par les immigrants, c’est un ascenseur social inversé qui les attend. Sa logique ne devrait-il pas le pousser à favoriser des échanges économiques équilibrés avec les pays d’Afrique du Nord et sub-saharienne, afin d’aider ces derniers à se développer, tirer vers le haut leurs populations, et éviter les déracinements vers des pays occidentaux qui n’ont rien d’un El Dorado actuellement ?

 Ce manque de réflexion et d’analyse de la part de nos représentants anti-système devient de plus en plus douteux. Avec l’effondrement économique qui se profile à l’horizon, la désorganisation est immense, et l’enfumage généralisé. Nous devons essayer de faire évoluer les deux Fronts sur ces questions, car ce travail nous illustrera enfin toute l’imposture de ces deux partis.

 Dans ce détricotage idéologique, notamment sur la question de l’Islam et de l’immigration, une lueur d’espoir apparaît pour tout ceux qui ont à cœur une union des souverainistes. Camel Bechikh, président de l’association Fils de France[6] risque d’opérer un travail salutaire et ô combien nécessaire pour faire apprendre l’amour de la France à ces « nouveaux français » qui ont été éduqué, à la sauce SOS Racisme, à mépriser ce pays au regard de l’histoire de la colonisation et de la collaboration.

Une alliance de ces deux tendances entrainera une réconciliation nationale, une union des patriotes 2.0, qui nous permettra de nous hisser à la hauteur des enjeux. Au fond, il s’agit simplement d’une alliance sur le modèle de celle de l’après-guerre ayant lié les gaullistes aux communistes avec le succès que nous savons. Cette réconciliation constituera un exemple pour le monde entier. Elle permettra également de recréer l’axe économique euro-oriental, cet axe historique autour de la Méditerranée. Car une politique qui met en avant sa Nation, est respectueuse des autres Nations. Elle ne cherchera pas à les piller, mais au contraire à les aider à se développer.

 Une majeure partie des citoyens français viennent de réaffirmer le principe de souveraineté nationale. Qu’ils l’aient fait de façon consciente ou non, le résultat est là. N’y a-t-il pas qu’en se respectant soi même, en respectant son pays, que l’on respectera les autres Nations dans le monde ? Au fond, malgré ce que veulent nous faire penser les commentateurs médiatiques parisiens, ce résultat ne signifierait-il pas un profond renouveau humaniste ? Nous ne devons pas lâcher cette idée, car au lendemain du 6 mai, la Bourse va reprendre sa marche folle, et les mondialistes vont poursuivre leur fuite en avant meurtrière. Les idées sont bien plus fortes qu’une armée en marche. Souverainistes du monde entier, émancipez-vous, considérez votre prochain, et respectez les différences de chacun. Ne donnez pas un blanc seing à vos représentants, poussez-les au contraire au bout de leur logique. Pour cela nous devons nous réappropriez le sens des mots, des valeurs, et de l’Histoire. C’est la seule façon de mériter notre démocratie et sortir des antagonismes fictifs dans lesquels nous ont enfermé nos bourreaux.



[4] Citation de Jean Jaurès




par Maurice jeudi 3 mai 2012 - 49 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Maurice (---.---.---.131) 3 mai 2012 19:56
    Maurice

    Et je voulais rajouter, à propos de votre référence au combat du Front de Gauche contre le libéralisme. Nous ne sommes même pas dans un monde libéral. Je m’explique. Dans un monde libéral, le plus fort est sensé remplacer le plus faible. Ainsi, une entreprise qui fait faillite, et bien elle disparait pour être remplacée par sa concurrente qui aura fait une meilleure gestion, etc... Or, actuellement, si une entité financière ou bancaire fait faillite elle est sauvée par la puissance publique, donc par nous. Et le pire est que nous ne soumettons ce sauvetage à aucune garantie (les Etats auraient pu prendre une participation, ou un certain contrôle des établissement).

    Nous ne vivons pas dans un monde libéral, mais dans une oligarchie. Notre démocratie représentative est une farce, tout comme l’ensemble des partis qui sont sensés représenter les différentes tendances. Tant que nous ne comprendrons pas cela, rien ne changera... 
  • Par Unispourlemeilleuretpourlepire (---.---.---.131) 3 mai 2012 17:40

    Diviser pour mieux régner. Voila la doctrine de nos chers oligarques ! Ils ont bien entendu peur de cette masse silencieuse que nous représentons. Merci pour cet article, je vous rejoins à 100% sur cette idée de nouveau clivage mondialiste/souverainiste.
    Bonne journée

  • Par Maurice (---.---.---.131) 3 mai 2012 19:46
    Maurice

    Bonjour Brontau,

    merci pour votre commentaire. Mais je suis désolé de vous dire à mon tour que vous n’avez rien compris à mon article. L’idée générale est justement de distinguer l’électorat des partis. Sans affirmer clairement son souverainisme, Mélenchon remet profondément en cause la mondialisation actuelle (Europe, finance etc...). Et cet électorat souverainiste se divise à cause de ces partis. Et cette division est notre faiblesse si l’on veut impulser un vent nouveau. Il n’y a qu’à voir le 2eme tour de notre élection. Si l’on ne veut pas que cette situation se reproduise ad vitam eternam, il va falloir trouver d’autre solution. A commencer par apprendre à se parler, parce que je pense que dans l’électorat du FN, il n’y a pas que des racistes comme nous le répète à longueur de temps les médias. Par contre le parti de MLP est « grillé », si bien qu’il ne fait que bloquer entre 15 et 20 % de l’électorat (à cause des questions dont je parle dans l’article). 
    J’espère vous avoir éclairé sur le message que j’ai voulu diffuser.
  • Par Fred59 (---.---.---.17) 4 mai 2012 10:27

    Voilà qui ressemble à la description du drapeau français, cette démonstration que l’indépassable peut et doit, en particulier dans les moments de crise nationale, devenir synthèse. On représente souvent ce drapeau :

    - soit comme l’alliance et la réunion en un seul peuple et en une nation des 3 corps représentés au Parlement (noblesse, bourgeoisie, tiers-état), incarnée par la victoire de Valmy

    - soit comme l’alliance des démocrates (rouges) et des royalistes (sang-bleu) pour préserver la souveraineté de tous (blanc) contre tous les empires. J’aurais tendance à voir les deux fronts comme les avatars modernes de ces deux forces conservatrices d’une nation forte et protectrice contre les intérêts privés et/ou étrangers.

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