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Pour la suppression du droit d’auteur !

Cette affirmation peut apparaître à certain comme une gesticulation extrémiste de quelques fanatiques du téléchargement fou, mais cette idée, on le voit nettement à travers les forums, qui serait apparue comme incongrue il y a quelques mois, est considérée maintenant comme naturelle par un nombre croissant d’internautes.

Tout d’abord, nous avons l’exemple suédois où des internautes se sont ligués pour créer un parti pirate qui revendique le droit à l’échange sans contraintes et surtout l’abrogation du droit d’auteur tel que nous le connaissons actuellement - ce qui ne veut pas dire ne rien mettre à la place.

Ensuite, nous avons des appels divers et variés comme l’appel à la résistance numérique de la Ligue ODEBI ou encore les boycotts des produits DRMisés ou pas qui laissent entendre qu’on peut se passer d’acheter des produits culturels et "trouver ailleurs" ce qui nous intéresse.

En Espagne, en Grèce et dans d’autres pays, l’exemple suédois gagne et d’autres antennes - dont une en France - sont sur le point de se créer avec le même objectif : détruire le droit d’auteur ; nul doute que la génération des 15-25 ans s’engouffrera dans ce nouvel an sans aucun état d’âme.

Il est vrai qu’en y regardant de plus près, beaucoup d’arguments militent pour une remise en cause brutale du modèle actuel de la propriété intellectuelle en France.

A l’origine le droit d’auteur a été conçu comme un mécanisme de régulation économique visant à garantir au consommateur un accès diversifié à la création en donnant temporairement à un individu un droit sur ses productions "de l’esprit" dont un des buts est de l’encourager à produire mieux et plus.

Lors des débats houleux qui amèneront à la création du droit d’auteur, on notera en particulier que le public n’est pas absent de la rhétorique relative à la propriété littéraire et artistique qui accorde une place toute aussi grande à " l’intérêt public".

On peut dire que la genèse du droit d’auteur, que ce soit en France ou dans les pays anglo-saxons, est celle d’un équilibre entre droits de l’auteur et intérêt public, ou intérêts du public. Dans cet intérêt du public sont compris à la fois les intérêts des utilisateurs finaux des œuvres, mais aussi et surtout, celui des futurs/es créateurs et créatrices pour lesquels l’accès aux œuvres qui les ont précédés est essentiel, la création étant bien entendu un processus qui se construit et se nourrit d’elle-même, (voir histoire et fondements du droit d’auteur).

En cela l’origine du droit d’auteur trouve une partie de ses fondements théoriques dans la diffusion d’un bien commun dont l’intérêt particulier du public est un élément important nécessaire à la cohérence

Or, que nous propose-t-on maintenant ?

Des majors - les nouveaux dépositaires de ce droit d’auteur - qui chassent l’internaute jusque dans ses distractions les plus anodines tout en lui refusant le droit à partager ou à la lire des oeuvres légalement acquises.

Pire, ces mêmes industries proposent un modèle ahurissant où le fait d’acheter légalement un produit ne garantit nullement votre droit à l’utiliser en toute circonstance au sein du cadre privé : la copie privée est interdite et le fait de passer son original à un copain deviendrait, avec l’utilisation des DRM, impossible.

On se retrouve dans un monde où il devient plus pénalisant d’acquérir un original qu’une copie via Emule ( un des logiciels P2P les plus fameux).

Comble du cynisme, on continue à vous faire payer une taxe élevée sur tout achat de produits de stockage, alors même que ces produits de stockage n’ont pas comme seule vocation l’exercice d’une copie privée : cette taxe sur les supports vierges finit par représenter environ 15% des recettes de la SACEM, alors même qu’elle n’est le fruit d’aucun travail "artistique". Elle sera d’ailleurs encore étendue aux nouveaux supports de stockage.

La DADVSI crée de plus au nom de la protection du droit d’auteur une insécurité juridique insupportable pour le monde du libre, ce qui laisse tout un pan de notre économie nationale à la merci d’intérêts étrangers : des emplois sont donc directement menacés et la France se voit là handicapée fortement et durablement pour toutes les compétitions à venir dans le marché mondial numérique.

Il apparaît donc comme évident que l’intérêt du public s’oppose donc maintenant entièrement au droit d’auteur : leurs intérêts s’opposent et cette lutte nuit "au progrés technique" en pénalisant des outils tels que le P2P qui sont la base de l’Internet de demain.

En se comportant comme des Torquemada de l’ère numérique, les industries culturelles tuent les fondements mêmes de la théorie du droit d’auteur et détruisent son essence en le transformant en une idéologie de la confiscation ; idéologie qui ne peut pas être acceptée.

Dès lors, demander l’abrogation de toutes les lois régissant la propriété intellectuelle en France apparaît comme la conséquence logique de la bataille perdue de la DADVSI.

Plus rien maintenant ne peut empêcher ce débat d’être ouvert par une génération qui fera les lois de demain.

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  • Par Artiste (xxx.xxx.xxx.107) 20 juin 2006 16:29

    Il sont en train de se rendre compte du pouvoir de l’art.

    Tu as raison Demian - c’est une époque incroyable, on nous parle de l’art comme on nous parlait du pain en 1789. C’est devenu une denrée de première nécessité, tous ces junkies sont en manque et ils feraient n’importe quoi pour leur fix...héhéhéhé !!!

  • Par BarryAllen (xxx.xxx.xxx.100) 20 juin 2006 17:03

    Notre ami Demian s’était enfin ouvert, et vous avez réussi à nous le rebraquer...

    Je le rejoins dans le sens que supprimer le droit d’auteur est une hérésie qui pousserait la quasi-totalité des artistes à garder leurs créations pour eux, pour ne pas que d’autres s’en servent pour s’enrichir sans leur reverser la moindre obole.

    Le problème est que la technologie a installé un moyen de transmettre la musique (entre autres) pour un coût de reproduction et de diffusion quasi nul, qui permet donc à qui le souhaite de distribuer cette musique gratuitement.

    N’importe qui ayant suivi le développement du monde de l’informatique peut vous dire que l’utilisation de mesures techniques pour empêcher le piratage n’est qu’une gageure, et ne sert qu’à générer un nouveau marché pour des systèmes qui ne servent à rien, sinon ajouter des contraintes pour l’utilisateur honnête. Le résultat sera même sans doute contre-productif, car s’il n’aura aucune efficacité à empêcher la propagation des oeuvres, l’impact psychologique sur nombre de consommateurs grèvera les ventes. A noter tout de même que l’industrie du jeu vidéo vit très bien, alors qu’elle a été confrontée aux mêmes problèmes pendant toute son existence. La seule différence avec l’industrie musicale, c’est que cette dernière s’est habituée depuis longtemps à vivre dans l’opulence, en fixant les prix des enregistrements et des marges aberrantes qui leur permettent de financier des commerciaux, du marketing et autres joyeusetés pour vendre des boites en plastique au lieu de simplement faire de la musique de qualité, sans être embêtée (celle du jeu vidéo fonctionne de la même manière, mais est habituée au problème).

    Avec la DADVSI et les DRMs, finalement, nous n’avons qu’à nous asseoir, et retenir notre souffle un moment en attendant que l’industrie musicale s’effondre sur elle-même. En tous cas j’espère.

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    Auteur de l'article

    Pierre Jean Duvivier

    Pierre Jean Duvivier

    Professionnel de l'internet depuis plusieurs années, assistant social à l'origine.....je suis candidat indépendant aux législatives 2012 dans la 6éme circonscription des Français de l'étranger.

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