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Accueil du site > Tribune Libre > Pour Stéphane Hessel, les indignés européens font fausse route

Pour Stéphane Hessel, les indignés européens font fausse route

Stéphane a donné un entretien à Viva dans lequel il dévoile des choses intéressantes.

“Il faut réapprendre à s’indigner. Mais pas n’importe comment ni contre n’importe quoi. Tout ne mérite pas l’indignation. Je crains toujours ceux qui s’en prennent aux institutions sans proposer d’alternative. 
S’indigner ne sert pas à grand chose si on ne prend pas ensuite la décision de s’engager pour construire autre chose. Voilà pourquoi aujourd’hui, je me sens plus proche des Indignés de Wall Street que des indignés d’Espagne ou de Grèce. Aux Etats-Unis, l’indignation se porte sur les dysfonctionnements graves de la finance mondiale. Une saine indignation. Une juste indignation. 
Déjà, le Conseil National de la Résistance (Cnr) en 1944 stigmatisait « la féodalité de la finance » contre laquelle il souhaitait résister. En s’appuyant sur le programme du Cnr, de gros efforts ont été faits dans les années d’après-guerre, pour plus de justice sociale d’abord en réglementant les marchés, puis avec la création de la Sécurité sociale. Ce fut les Trente glorieuses. 
A partir des années 1975, sous l’influence des doctrines de l’école de Chicago*, est devenue dominante l’idée que l’État ne sert à rien et qu’il ne doit entraver en rien la liberté du marché. Nous sommes arrivés aujourd’hui à une véritable catastrophe. Nos sociétés vont mal. Les gens veulent renouer avec des valeurs démocratiques fondamentales. Nous l’avons vu avec les révoltes du printemps arabe qui ont beaucoup utilisé le terme « indigné » et mon petit livre ... 
Je dois dire que lorsque nous avons publié avec Sylvie Crossman ce petit opuscule au titre court et provoquant, nous ne nous doutions pas qu’il aurait autant d’influence. Il a été traduit dans 33 pays. En France, il s’est vendu à 2 millions d’exemplaires. S’il a autant intéressé, c’est qu’il est sorti à un instant particulier, un moment opportun où les gens en ont assez. 
On l’a vu en France avec les manifestations pour les retraites ou lors de la forte mobilisation pour les primaires socialistes. Mais chez nous en France, et plus encore dans certains pays comme l’Allemagne où la démocratie fonctionne bien, l’ennemi est devenu plus diffus. Mais nous le connaissons. Il s’agit de la spéculation financière. L’engagement pour demain, c’est de celui-ci qu’il s’agit, le même qu’en 1944. D’abord, réguler les marchés, ensuite réinstaurer une véritable démocratie sociale.”

"Rendez-nous notre démocratie" ou "La finance contre la démocratie" ou encore "Le politique doit reprendre le contrôle de l'économique"

Voilà le genre de slogans que l'on pourra observer sur des pancartes portées fièrement par des américains du mouvement "Occupy Wall Street". Chez les européens ce serait plutôt :

"Nous ne vivons pas en démocratie" ou "Power to the people" ou encore "No nos representan"

Bien que nombre d'exceptions existent et rapprochent les deux mouvement dans leurs revendications et leurs formes, on peut distinguer deux attitudes différentes. Les américains réclament la justice sociale et demandent à leurs dirigeants politiques d'être fort contre l'oligarchie financière et économique. Les Européens du mouvement des indignés sont plus orienté vers la mise en place d'une réelle démocratie, dans la rue, ou le peuple, par les assemblées, en viendrait peut-être un jour à prendre la place des gouvernements. Monsieur Hessel se sent plus proche des américains, normal : il n'arrive pas à comprendre, ou ne peut pas imaginer tellement c'est gros, que nous ne vivons pas en démocratie.

Nous ne vivons pas en démocratie, le peuple n'a pas le pouvoir, au contraire il donne les pleins pouvoirs à une minorité, qui par un jeu médiatique et institutionnel, provient toujours du même milieu social et partage toujours les mêmes idées.

Vous(Stéphane Hessel) dites qu'il faut en premier lieu s'en prendre au monde de la finance, ou plus exactement qu'il faut appeler nos gouvernants à réguler la finance. Je trouve que c'est une vision assez peu réfléchie. Nos systèmes politiques se sont construits autour de la protection des classes privilégiées. Dès le 18ème siècle on (les voleurs de révolution, comme cela se produit actuellement après les révoltes arabes) a mis en place des systèmes politiques laissant penser au peuple qu'il vivait dans un régime politique juste et légitime, et permettant aux oligarchies économiques et financières de conserver leurs monopôles : la "démocratie représentative".

Réclamer des réformes qui nuisent aux oligarchies économiques et financières à nos gouvernements, cela revient à leur demander de réduire leurs propres privilèges.Soyez-sûrs que s'ils le font, ils le feront de la manière la plus minime, et dès que "ça" repartira, ils se repartageront la part du lion. Pour preuve : trois ans après une crise systémique sans-précédent, rien n'a changé.

Il faut ensuite savoir pour quoi on se bat : pour un ordre politique, social et économique juste ou alors pour un ordre qui soit juste un peu moins pire que celui dans lequel nous vivons ?

Je pense que l'idéalisme va de pair avec la rationalité, il nous faut chercher ce qu'il y-a de meilleur. Ce n'est pas trois réformes qui contraindront les exploiteurs, ceux qui se font de l'argent sur le dos des autres (consciemment ou non), à partager une partie des fruits de leur pillage qui va amener la paix, l'équité et la justice sur Terre.

Notre système politique n'est ni juste ni légitime : pourquoi la masse ne pourrait-elle pas faire de la politique, directement ? Si elle ne peut pas savoir ce qui est bon pour elle, alors comment peut-elle savoir qui va bien la gouverner ?

Et le problème est là, si l'on réclame des réformes à nos gouvernements ; on leur donne une légitimité. On donne une légitimité à ces institutions qui ont permis, autorisé et accompagné le développement éffréné de la destruction environnementale planétaire et l'accroissement des inégalités de richesse par l'essor de la finance mondiale.

Je refuse de m'en remettre à n'importe qui auquel la société donnerait un pouvoir de décision : car la polarisation du pouvoir assure la corruption et les conflits d'intérêts.

Alors sentez-vous plus proche du mouvement "Occupy Wall Street", qui réclame des miettes à leurs maîtres, si cela vous semble bon. Mais je vous met au défi de me faire changer d'avis, je vous met au défi de me montrer que nous avons besoin de nos systèmes politiques qui ont montré leur nocivité. Pour l'instant toutes les interview de vous que j'ai lu me font le même effet : un manque de réflexion, une bien-pensance, une modération incompréhensible.

Les Indignés d'Europe sont nombreux à créer et mettre en avant la démocratie réelle ou directe, à travers les assemblées populaires entre autre, ils n'ont pas besoin de vous, ni de chef : mais face au silence des médias sur le côté "revendication d'une véritable démocratie" du mouvement, je suis obligé de faire valoir mon opinion pour pousser la réflexion.


Les réactions les plus appréciées

  • Alpo47 (---.---.---.110) 26 octobre 2011 11:25
    Alpo47

    Une mesure règlerait beaucoup de choses : le pouvoir de révocation des élus qui ne respectent pas le contrat avec leurs électeurs.
    Juste un souci, étant donné que toute modification passe par un vote des mêmes élus, on peut imaginer qu’ils vont « freiner des 4 fers » à cette réforme. Il faudra donc les forcer.

    Pour ce qui est des « indignés », bien entendu je partage cette analyse : En europe, et notamment en France, les formules d’indignation actuelles sont stériles, car non orientées vers des propositions concrètes de changement. De ce fait, elles ne mobilisent que peu et n’ont aucune énergie.

    Les mesures prioritaires à prendre pour faire évoluer, sans révolution violente, notre société sont maintenant largement connues et on les a largement reprises sur Agoravox. C’est vers ces propositions que doit s’orienter tout mouvement populaire pour trouver la force de mobiliser et de CONCRETISER .

  • JahRaph (---.---.---.97) 26 octobre 2011 18:02
    JahRaph

    Etant donné que Stéphane Hessel soutiens le PS (et donc le système actuel), il faut savoir lire entre les lignes, et redonner aux mots leurs sens. Cela donne :

    - Les indignés européens n’ont pas fait fausse route (heureusement, car la route, ils l’ont fait pendant des mois ! Et jusqu’à Bruxelles, ce qui est une cible excellente) !!!

    - Les indignés américains font fausse route, dans le sens qu’ils mangent dans la main du parti démocrate. Ils sont bien dans le système, et c’est ce qui plaît à Mister Hessel.

  • LE CHAT (---.---.---.148) 26 octobre 2011 10:29
    LE CHAT

    la democratie représentative ne l’est nullement quand une large partie des electeurs n’est pas représentée ! c’est particuliérement flagrant dans notre pays !

  • Hijack (---.---.---.230) 26 octobre 2011 20:10
    Hijack

    Il peut s’indigner Hessel ... je l’ai été quand il avait choisi (à l’époque ...) DSK comme président pour la France ... c’est pour dire le niveau de son indigantion !!!


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60 réactions à cet article

  • LE CHAT (---.---.---.148) 26 octobre 2011 10:29
    LE CHAT

    la democratie représentative ne l’est nullement quand une large partie des electeurs n’est pas représentée ! c’est particuliérement flagrant dans notre pays !

  • pingveno (---.---.---.14) 26 octobre 2011 10:31

    « S’indigner ne sert pas à grand chose si on ne prend pas ensuite la décision de s’engager pour construire autre chose. »

    Excellente remarque monsieur Hessel. ça fait des années que je suis avec sympathie les positions des altermondialistes, pour autant je ne suis pas prêt d’adhérer à ATTAC dans la mesure où cette association passe son temps à dire « un autre monde est possible » mais sans jamais être capable d’expliquer lequel.
    Le problème n’est pas de vouloir autre chose, mais de savoir décrire cet autre chose. A savoir que depuis longtemps nous sommes enfermés dans une logique binaire avec le choix entre le Communisme ou l’ultra-libéralisme.

    Donc, enréflechissant, je te mets au défi de décrire la société pour laquelle tu milites.

    Voilà pourquoi aujourd’hui, je me sens plus proche des Indignés de Wall Street que des indignés d’Espagne ou de Grèce.

    Là encore il a raison sur la Grèce et l’Espagne. Mais je ne suis pas certain de partager son optimiste sur ceux de Wall Street...
    Les indignés d’Espagne et de Grèce, ce n’est pas « je voudrais que tout le monde travaille et gagne de l’argent », c’est plutôt « moi je voudrais travailler et gagner de l’argent ». Et ce n’est pas la même chose !

    Nous ne vivons pas en démocratie, le peuple n’a pas le pouvoir, au contraire il donne les pleins pouvoirs à une minorité,

    Là par contre je te rejoins tout à fait. J’ai participé à la formation d’un petit parti et j’ai bien vu comment notre prétendue démocratie traite les mouvements d’idées minoritaires.

    Mais si tu as des exemples précis, par exemple des vidéos montrant comment les indignés pratiquent la démocratie directe, je suis preneur.

    • enréfléchissant (---.---.---.137) 26 octobre 2011 13:16

      Concrètement parlant, pas besoin de parler de la France, parlons du monde car le changement sera mondial, ou dans un premier temps occidental.


      Un pouvoir totalement décentralisé : au niveau local se prendront toutes les décisions. Les assemblées locales, engagent des délégués, le temps qu’il le faudra, et si elles le désirent, afin de se fédérer pour pouvoir mettre en place l’armée, le système monétaire ou autres, mais cela sera seulement temporaire, quand toute la planète sera devenue démocratique, l’armée n’aura plus de sens, et quand les gens auront compris que l’argent n’est qu’asservissement tous les échanges se feront selon l’équité et la gratuité.
      Les délégués seront bien sûr révocables. Normalement les frontières d’état, avec le temps et l’égalisation des niveaux de consommation(vers le bas ou vers le haut, selon les lieux), disparaitront. Elles pourront disparaître dès le début si les gens le souhaitent, ou durer afin de permettre d’abord l’égalisation des niveaux de vie et ainsi de stopper les migrations capitalistes.
      Je me suis permis de faire des suppositions qui vont dans un sens : c’est parceque ces décisions et ces points de vue sont ceux qui semblent raisonnables à mes yeux, et avec la démocratie directe la raison sera la motivation de toute décision.

      Ce n’est qu’une proposition, il existe plusieurs visions d’une démocratie directe et de la transition, à Marseille une commission va d’ailleurs s’occuper de réfléchir à ça, et la production vous parviendra, pas de problèmes. 

  • Alpo47 (---.---.---.110) 26 octobre 2011 11:25
    Alpo47

    Une mesure règlerait beaucoup de choses : le pouvoir de révocation des élus qui ne respectent pas le contrat avec leurs électeurs.
    Juste un souci, étant donné que toute modification passe par un vote des mêmes élus, on peut imaginer qu’ils vont « freiner des 4 fers » à cette réforme. Il faudra donc les forcer.

    Pour ce qui est des « indignés », bien entendu je partage cette analyse : En europe, et notamment en France, les formules d’indignation actuelles sont stériles, car non orientées vers des propositions concrètes de changement. De ce fait, elles ne mobilisent que peu et n’ont aucune énergie.

    Les mesures prioritaires à prendre pour faire évoluer, sans révolution violente, notre société sont maintenant largement connues et on les a largement reprises sur Agoravox. C’est vers ces propositions que doit s’orienter tout mouvement populaire pour trouver la force de mobiliser et de CONCRETISER .

    • enréfléchissant (---.---.---.137) 26 octobre 2011 13:06

      Les Indignés construisent dans la rue la démocratie, et je peux vous dire que, même si vous n’avez pas l’impression que les choses avancent, car bien sûr dans les médias on ne vous le dira pas, les choses avancent à grand pas. Partout sur la planète les Indignés entament une prise de conscience énorme sur ce que devrait être la démocratie et ce qu’est actuellement notre système politique : oligarchie. Rien que ça est un argument amplement suffisant pour participer et soutenir ce mouvement. La révolution qui verra la démocratie directe s’imposer est en route, mais bien sûr, les gens qui ne comprennent rien aux révolutions et aux progrès ne comprennent rien : pour eux si aucun résultat politique ne s’est fait voir en 5 mois rien ne se passe...
    • Aleg (---.---.---.162) 27 octobre 2011 10:01

      Parfaitement d’accord. Révoquer les mandats des élus, pourquoi pas à vie ; ainsi qu’instaurer un système de licences pour les entreprise ayant un contrat avec les citoyens (eau/énergies/infrastructures/logement/organes de presse, on pourrait même y intégrer le côté écologique puisque ca touche directement les citoyens) et leurs dirigeants. si le contrat envers le peuple n’est pas respecté, -c’est à dire que si les actions de ces groupes vont à l’encontre des intérêts des citoyens- les responsables (entreprises et/ou individus) verraient leur licence révoquée avec les amendes qui vont bien et d’autres prendraient la suite.

      peut-être une reflexion à creuser ?

    • Aleg (---.---.---.162) 27 octobre 2011 10:05

      Ah ben tiens, j’ai oublié de citer les banques... smiley je pensaispourtant fort à elles en rédigeant.

  • _Ulysse_ (---.---.---.56) 26 octobre 2011 11:40
    _Ulysse_

    Le mouvement des indignés est en toc. Ca fait des mois que ca dure et cela n’avance pas d’un pouce. A part neutraliser la contestation populaire et surtout celle de la jeunesse, ce mouvement ne fait que servir le système.

    http://www.u-p-r.fr/actualite-facebook/manipulations-et-recuperation-qui-est-vraiment-derriere-les-%c2%ab-indignes-%c2%bb

    • enréfléchissant (---.---.---.137) 26 octobre 2011 13:05

      UPR : vous êtes décrédibilisé.


      Les Indignés construisent dans la rue la démocratie, et je peux vous dire que, même si vous n’avez pas l’impression que les choses avancent, car bien sûr dans les médias on ne vous le dira pas, les choses avancent à grand pas. Partout sur la planète les Indignés entament une prise de conscience énorme sur ce que devrait être la démocratie et ce qu’est actuellement notre système politique : oligarchie. Rien que ça est un argument amplement suffisant pour participer et soutenir ce mouvement. La révolution qui verra la démocratie directe s’imposer est en route, mais bien sûr, les gens qui ne comprennent rien aux révolutions et aux progrès ne comprennent rien : pour eux si aucun résultat politique ne s’est fait voir en 5 mois rien ne se passe...
    • _Ulysse_ (---.---.---.56) 26 octobre 2011 14:10
      _Ulysse_

      « UPR : vous êtes décrédibilisé. »

      A bon ? Vous pouvez préciser ?

      Je ne comprend pas bien, vous dites que les indignés reconstruisent la démocratie.
      Il s’agit donc de constituer une nouvelle démocratie « dissidente » qui aurait sa propre administration, sa propre monnaie etc afin de s’extirper du système actuel. Elle est où cette monnaie ? Quelles sont les positions des indignés vis à vis de l’UE ? Vont ils ratifier les traités ?

    • _Ulysse_ (---.---.---.56) 26 octobre 2011 14:20
      _Ulysse_

      Expliquez moi qui suis « abruti » qui ne comprend rien à rien comment vous comptez vous y prendre exactement ? La démocratie directe c’est bien mais comment vos décisions seront elles appliquées ?

    • enréfléchissant (---.---.---.137) 26 octobre 2011 14:29

      Une fois que les Indignés seront des millions et bien plus légitimes que les institutions politiques ne place, ils prendront le pouvoir, et le peuple, rassemblé dans des milliers d’assemblées, fera la politique. Le mvt n’a pas à proposer de mesures concrètes maintenant, mais seulement la démocratie réelle. Et quand on pourra dire que le « peuple » est dans la rue, alors là des propositions et décisions concrètes arriveront.

    • _Ulysse_ (---.---.---.56) 26 octobre 2011 14:45
      _Ulysse_

      Des millions, combien vous êtes en France aujourd’hui ? Vous dites que vous serez légitimes, or des millions ne font pas nécessairement une majorité. Faut 33 millions de personnes en France.
      Ferez-vous un référendum pour montrer que vous êtes légitimes ?
      Comment l’organiser et assurer sa validité ?

      Que ferez vous des gens qui seront opposés à votre projet ?

      Comment prendrez vous le pouvoir ? Que ferez-vous de l’armée ? De la police ? Des administrations ?

      Des milliers d’assemblées feront la politique, comment ? Via des lois ? Comment sera appliquée cette politique ? Quel système monétaire ?

      Sur l’international : vous n’en touchez mot. Or, votre nouvelle démocratie devra avoir une politique étrangère. Quelles seront vos positions ? Notamment vis à vis de l’UE ? Vos assemblées respecterons elles le droit européen ?

    • _Ulysse_ (---.---.---.56) 26 octobre 2011 14:49
      _Ulysse_

      Au fait, en quoi le lien sur l’UPR fait que je suis décrédibilisé ? Vous n’avez pas répondu.

    • enréfléchissant (---.---.---.137) 26 octobre 2011 15:43

      UPR : Union Populaire Républicaine


      Populaire et République sont opposés. Car la république c’est un système politique dans lequel le « peuple » choisit ses dirigeants. Et cela n’est en rien populaire puisque le peuple ne participe pas à la vie politique, ou de manière superflue comme actuellement.
      De plus, les articles calomnieux publiés sur votre site montrent la crédibilité et la réflexion propre à votre mouvement.

      Sinon, pour parler de sujets intéressants, il est toujours difficile d’estimer la légitimité d’une action : qu’elle soit faite par les gens dans la rue ou qu’elle soit l’élection par un certain pourcentage de la population. 
      Pour moi les 3 millions de personnes qui étaient dans la rue lors des manifestations contre la réforme des retraites étaient bien plus représentatif et légitimes de « peuple français » que ce que l’est le gouvernement. Si les gens désirent la démocratie réelle (c’est en train de venir), il suffira seulement que le taux de saturation ait été atteint, et que le mouvement démocratique soit assez implanté et organisé, pour faire tomber en décrépitude les institutions en place. Car les institutions actuelles ne tiennent et n’ont de pouvoir que par la volonté des gens, si les gens ne reconnaissent plus le gouvernement, celui-ci tombe.
    • _Ulysse_ (---.---.---.56) 26 octobre 2011 16:41
      _Ulysse_

      "Populaire et République sont opposés. Car la république c’est un système politique dans lequel le « peuple » choisit ses dirigeants. Et cela n’est en rien populaire puisque le peuple ne participe pas à la vie politique, ou de manière superflue comme actuellement.« 


      Là quand même ça se pose là comme argumentation. C’est l’union populaire qui est républicaine. Ce qui veut dire que cette union est favorable à un système politique républicain.
      Que vous soyez contre la république est une chose, vouloir l’opposer aux gens du peuple en est une autre. Les républiques françaises n’ont pas toujours connu le degré de dévoiement actuel ! C’est justement ce que veut corriger l’UPR en redonnant le pouvoir au peuple. Finalement, c’est un objectif tout à fait similaire au votre ;)

       »De plus, les articles calomnieux publiés sur votre site montrent la crédibilité et la réflexion propre à votre mouvement.« 

      N’est calomnieux que le mensonge déjà. Ensuite, que vous n’appréciez pas cet article qui dénonce le mouvement des indignés est une chose, mais lisez les autres articles avant de prétendre à un quelconque manque de crédibilité .

      Sinon, sur le fond vous ne répondez toujours que par des affirmations bien vagues.
      Donc quand vous serez assez nombreux, les gouvernements tomberons tout seuls.
      C’est bien vous avez la foi mais la foi ne vaut pas une démonstration. D’ailleurs vous ne parlez que des gouvernements nationaux qui tomberaient tout seuls, quid de l’organisation de Bruxelles ?

      Ensuite en admettant que ces gouvernements tombent, vous les remplacerez par des assemblées. Mais à ce sujet je vous ai posé des questions concrètes auxquelles il va bien falloir répondre pour être crédible.

      Comment ces assemblée feront appliquer leur politique ? Avec quelle administration ? L’armée et la police vous prêterons elle allégeance ?
      Quelle politique fiscale ? Quel système monétaire ? Quelles positions sur l’international ?
      Quelles positions vis à vis de l’UE et des traités européens ?

      La dernière question est fondamentale car si vous vous conformez aux traités européens alors aucune rupture n’est possible.

      En effet les points principaux de toute politique sont sous contrôle de l’UE. Il n’y a que le domaine de l’éducation comme chose importante qui ne soit pas »déléguée" à Bruxelles.


    • al.terre.natif (---.---.---.178) 26 octobre 2011 17:17

      toi tu n’as pas avancé d’un pouce smiley. Les indignés font avancer les choses, au moins car ils ont déclenché de nombreux débats sur le sujet. Reprendre en main la démocratie, ce n’est pas la laisser à un parti avec lequel on est plus ou moins d’accord, et à qui ont va donner tout pouvoir !

      Même si il s’appelle l’UPR, ou bien encore le FN, ou bien même EELV ... bref aucun parti ne fera le travail a ta place. La démocratie, c’est une action politique du peuple, pas de représentants du peuple. Et le peuple, ben c’est aussi les indignés qui sont dans la rue, mais c’est aussi toi qui râle contre eux devant ton écran, etc....

    • enréfléchissant (---.---.---.67) 26 octobre 2011 17:29

      Je n’ai pas toutes les réponses à vos question, car je ne suis pas le porte parole du futur ou de la future volonté des millions de personnes réunies en assemblées populaires. Je ne peux que supposer quand à la sortie du capitalisme et à la mise en place d’une démocratie directe : car les débats et la réflexion induite par la réelle démocratie montreront aux gens la nocivité de la représentation et du capitalisme.


      Ensuite, je sais un chose : quand les gens ne désirent plus leur gouvernement, celui-ci tombe.
      Les gens se désintéressent d’abord des institutions en place, puis ensuite ils construisent autre chose à côté(nous en somme aux prémices avec la démocratie réelle qui se met en place dans la rue), et ensuite, quand les anciennes institutions rentrent trop en contradiction avec le mouvement de libération, et que ce dernier se sent assez fort, les lieux du pouvoir sont occupés et les nouvelles institutions prennent la place des anciennes.
      Les policiers et les militaires sont contraints de se placer du côté du peuple, car eux aussi ont des aspirations à la liberté et ont une morale, cela arrivera, dans combien de temps je ne sais pas.
    • _Ulysse_ (---.---.---.56) 26 octobre 2011 17:40
      _Ulysse_

      Bon comme on dit l’espoir fait vire smiley

      Les questions que j’ai posé sont capitales.
      J’imagine que vous vous êtes déjà rendu sur place.
      La fin du capitalisme suppose la sortie de l’UE car le capitalisme est gravé dans le marbres des traités européens.

      Un bon moyen de tester la crédibilité de ce mouvement serez pour vous de tenter un débat sur l’UE sur place, bon courage ;)

    • al.terre.natif (---.---.---.178) 27 octobre 2011 09:44

      @ Ulysse

      C’est bien de poser des tas de questions, ca montre que tu t’intéresse smiley ... Je vais tenter de répondre, avec mon point de vue a ces questions, mais peut tu en faire autant par rapport à l’UPR ? smiley (et oui, toutes ces questions s’appliquent aussi à ce mouvement, et j’aimerais bien le connaître un peu mieux).

      « Vous dites que vous serez légitimes, or des millions ne font pas nécessairement une majorité. Faut 33 millions de personnes en France.  »

      => Faux ! En 2007 il y avait 44 millions d’électeurs, soit pour avoir 50% des voies et ce qui est considéré comme une majorité absolue : 22 millions de personnes. (ca reste beaucoup, mais soyons précis)

      « Ferez-vous un référendum pour montrer que vous êtes légitimes ? »

      => pourquoi pas, si suffisament d’assemblées populaires fonctionnent, oui, on peut envisager un référendum plutot qu’une élection présidentielle .. pourquoi pas.

      « Comment l’organiser et assurer sa validité ? »

      => et bien de la même manière qu’aujourd’hui... pourquoi cela marcherai moins bien ? parce qu’il n’y aurait pas de « parti » identifié comme tel ?

      « Que ferez vous des gens qui seront opposés à votre projet ? »

      => et bien dans l’idéal, ils exprimeront leurs arguments (comme on le fait en fait ici), et auront l’occasion d’en débattre. Après, si moins de la majorité n’est pas d’accord et bien comme aujourd’hui, il faudra qu’ils s’adaptent. La vraie différence avec aujourd’hui : ils pourront remonter les sujets qui leur tiennent a coeur dans les assemblée populaires. Aujourd’hui, le seul moyen d’expression du peuple, c’est la rue...

      « Comment prendrez vous le pouvoir ? Que ferez-vous de l’armée ? De la police ? Des administrations ? »

      => « prendre le pouvoir » ce n’est pas la bonne solution. Le pouvoir nous appartient déjà (nous sommes en « démocratie » smiley). Il faut juste se le réaproprier : pas par la force, mais par l’usage. Si les assemblées citoyennes décident localement des orientations prises, petit à petit ce sont ces mêmes assemblées qui ont le pouvoir réel par rapports aux autres institutions. Mais, elle n’auront que le pouvoir local que les personnes qui viennent à ces assemblées leur confèrent !

      « Des milliers d’assemblées feront la politique, comment ? Via des lois ? Comment sera appliquée cette politique ? »

      => ben déjà le truc c’est de voir ces assemblées comme des institutions de décision locales, qui prennent des décisions sur la vie de la communauté. L’idée est de sortir du fonctionnement centralisé d’un gouvernement unique, et de revenir à un système décisionnel qui soit en rapport direct avec le peuple. Après, pour les grandes questions type monnaie, politique étrangère, .... on peut très bien imaginer que ces assemblées communiquent entre elles et qu’une sorte de vote des différentes assemblées (cela correspondrait au référundum ?) puisse déterminer le position commune sur ce genre de sujets.

      « Quel système monétaire ? »

      => pareil, on peut imaginer des monnaies locales, gérées par chaque assemblée, et une globale, qui permette les échanges entres assemblées. Il existe de nombreuses alternatives à l’argent dette, et certaines fonctionnent très bien. Les monnaies locales en font partie !

      « Sur l’international : vous n’en touchez mot. Or, votre nouvelle démocratie devra avoir une politique étrangère. Quelles seront vos positions ? Notamment vis à vis de l’UE ? Vos assemblées respecterons elles le droit européen ? »

      => rester dans l’Europe et fonctionner par assemblée citoyenne n’est pas franchement compatible.... les lois européennes s’appliquant à tous les pays, et étant particulièrement nombreuses, ce n’est pas possible de respecter ces directives tout en décidant localement des actions à mener. Maintenant, l’europe peut être reconstruite aussi par ce type de mouvements. On pourrait tout à fait imaginer certains sujets validés par les assemblées citoyennes de plusieurs pays européens, valant lois pour tous, mais dans un premier temps, il faudrait sortir des institutions européennes.

      J’espère t’avoir répondu, avec ma propre vision des choses. Ce que je penses, c’est que c’est tout à fait possible de fonctionner comme ça. Le seul « point noir », c’est que tout le monde doit participer, ou au moins un maximum de personnes, sans quoi le peu qui agit serait forcement tenté de n’agir que dans son intérêt propre => exactement comme tous les politiques aujourd’hui.

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