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Pour une « NOTRE » EUROPE

Par suite de la crise et pour la première fois, il est question de l'Union européenne dans les discours des candidats à l'élection présidentielle de 2012. Notamment pour affirmer que les institutions ne sont pas adaptées à une UE qui regroupe 27 pays aux niveaux économiques bien différents.

Les propositions pour modifier les institutions (1) sont loin d'être à la hauteur des critiques. Elles sont toujours partielles. A la lecture, on pourrait penser que tous les candidats ont voté « non » au référendum de 2005. Y compris ceux qui ont contourné les résultats du référendum.
Les plus « européens », François Bayrou propose l'élection du président du Conseil au suffrage universel et un renforcement du Parlement européen, Eva Joly la mise en marche d'un « processus constituant ».

Cependant que circule un appel pour une « convention constituante européenne » ! La dernière expérience, malheureuse convention, ne leur suffit pas ? Ils veulent recommencer ? Peut-être parce que l'Union s'est construite, depuis le début avec un minimum de démocratie apparente, contre ou en dehors des peuples qui n'ont jamais été directement consultés.

 

Processus ? Convention ? Curieusement, la seule démarche démocratique propre à redonner du sens à Europe démocratique ne perce pas : l'élections d'une assemblée constituante européenne au suffrage universel.

Désormais, les gouvernements nationaux ont, volontairement, délégué une part de leur pouvoir aux instances européennes qui sont loin des peuples et en lien direct avec les groupes de pressions installés plus ou moins officiellement à Bruxelles. Commission européenne et gouvernements nationaux sont, à l'évidence, sous l'influence des marchés financiers auxquels ils ne sauraient résister qu'en retrouvant une légitimité démocratique qu'ils ont perdue et qui reste hors de portée et des uns et des autres.

D'où un affaiblissement des sentiments populaires démocratiques en Europe :

  • repli sur l'abstentionnisme favorisé par l'individualisme ambiant ;

  • montée des populismes, des micronationalismes (il n'y a jamais eu autant de frontières intérieures en Europe et ce n'est pas fini), des solidarités ethnico-nationales contre l'Europe, contre les étrangers...,

  • mise en place de pouvoirs technocratiques et autoritaires au service des privilégiés.

 

L'échelle nationale garde une certaine légitimité qui n'est ni complétée, ni remplacée par une légitimité européenne :

  • la solidarité, même insuffisante, même partiellement démontée, ne s'exerce pour l'instant que dans l'espace national (impôts, aménagement du territoire, lois sociales...). Le budget européen est ridicule. Et si solidarité il y a, elle est entre États pour maintenir le statu quo économique, non entre les peuples ;

  • l'organisation politique est plus compréhensible au niveau national qu'au niveau européen même s'il y a beaucoup à dire, dans les deux cas, au point de vue démocratique...

Devant l'organisation financière, économique et politique du monde, les États-nations européens perdent chaque jour de leur poids économique, démographique et de leur autonomie de décision.

Ils ne peuvent se réinsérer dans l'histoire qu'en se regroupant et en créant un sentiment d'appartenance européen, un espace public européen de débat démocratique.

Le Parlement européen ne joue pas ce rôle, par suite d'un poids insuffisant dans les institutions européennes, par suite de son fonctionnement sur le mode du compromis qui gomme les différences et nie la politique, par suite aussi de son manque de visibilité médiatique et du désintérêt dont font preuve les politiques, notamment en France, pour cette institution.

 

L'Union européenne a enfermé dans des traités le mode d'organisation des pouvoirs (constitution qui ne dit pas son nom) et une politique économique et sociale qui échappent à tout contrôle démocratique. 


Un mouvement démocratique est nécessaire pour séparer ces deux fonctions :

  • 1) Une véritable démocratie européenne avec organisation des rapports entre les différents pouvoirs au niveau européen (exécutif, législatif, judiciaire...) et leurs rapports avec leurs correspondants nationaux.

  • 2) La mise en place ensuite d'un exécutif chargé de conduire la politique économique, sociale, diplomatique, militaire... responsable devant le Parlement européen.

 

C'est le but qui devrait être donné à l'élection d'une assemblée constituante de l'Union européenne, élue au suffrage universel dans les 27 ou 28 pays de l'Union. Cette assemblée ne peut être constituée par le Parlement européen ou ses représentants, ils n'ont pas été mandatés par les citoyens pour mettre sur pied une constitution.
L'élection d'une constituante européenne serait l'occasion d'ouvrir un vrai débat à l'échelle européenne sur les institutions que veulent les citoyens, de créer cet espace public européen absolument indispensable.

Cette assemblée pourrait siéger à Strasbourg que le Parlement européen n'investit que périodiquement.

Une fois le projet constitutionnel adopté, il serait soumis, par référendum, à tous les peuples de l'Union. Ceux qui l'accepteraient feraient partie de la nouvelle Union européenne.
Ceux qui ne l'accepteraient pas auraient la possibilité de signer une convention avec la nouvelle Union. Ils pourraient ultérieurement organiser un référendum pour adhérer.

Pour la première fois, les peuples de l'Union pourraient débattre ensemble du type d'institutions qu'ils veulent construire ensemble. L'orientation politique serait ensuite définie par de nouvelles élections pour le Parlement européen.

 

Une telle initiative n'a de chances de voir le jour que si elle est citoyenne. Car il est peu probable que les politiques, même s'ils se proclament démocrates, acceptent de bon cœur que les peuples décident quelle Europe ils veulent.




par Paul ORIOL (son site) dimanche 8 avril 2012 - 20 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par chapoutier (---.---.---.91) 8 avril 2012 11:10

    nous n’en voulons pas de leur europe
    l’EU, la troika la commission sont des machines de guerres contre les peuples contre les salariés.

    Dimitris Christoulas, pharmacien à la retraite de 77 ans à préféré mourir debout que vivre à genoux.

    Le suicide d’un retraité grec devant le Parlement mercredi est devenu en moins de 24 heures le symbole des souffrances causées par la politique d’austérité imposée à la Grèce par la troïka.

    Les messages expriment douleur et indignation : "ce n’est pas un suicide, c’est un crime d’Etat« , »tué par la dictature des créanciers« , »peuple, réveille-toi, aux armes".

    Emy Christoulas, la fille du défunt, a souligné que son père s’était battu contre les mesures d’austérité, manifestant avec les “Indignés” ou le collectif “Je ne paierai pas”.

    “Papa, tu ne pouvais pas supporter qu’ils prennent notre démocratie, notre liberté, notre intégrité. Tu ne pouvais pas supporter l’apartheid économique et social qui nous cerne. Tu ne pouvais comprendre qu’ils aient donné notre souveraineté et les clés du pays” aux bailleurs internationaux de la Grèce, a-t-elle déclaré dans son discours d’adieu.

    Markos Basioukas, du collectif “Je ne paierai pas”, lui a promis de “poursuivre la bataille”. A l’issue de la cérémonie, quelques centaines de manifestants se sont dirigés vers la place Syntagma, où des fleurs, bougies et messages d’adieu ont été déposés depuis mercredi sous un arbre à l’endroit où Dimitris Christoulas s’est suicidé.

    http://journalmetro.com/monde/37464...

    http://www.agoravox.fr/tribune-libr...

  • Par mac (---.---.---.166) 8 avril 2012 11:54

    Curieusement les révoltes populaires occidentales contre les marchés financiers et les gouvernements à leurs ordres trouvent peu de grâce aux yeux des média, eux-mêmes aux mains de ces financiers par contre au Moyen-Orient où les marchands de canons ont des chances de faire leur beurre dans les années à venir, là ils se révoltent pour les bonnes raisons quitte à laisser prendre le pouvoir par des islamistes pires encore que les pouvoirs à détrôner.
    Il y a les bonnes et le mauvaises révoltes et les mauvais et les bons dictateurs (ceux qui acceptent de nous vendre leur matières premières et d’acheter nos armes).
    C’est ça la démocratie à géométrie variable aux ordres de l’ultralibéralisme triomphant...

  • Par FRIDA (---.---.---.154) 8 avril 2012 11:34
    FRIDA

    Les médias font tout pour passer un acte politique en fait divers,

    voici le contenu de sa lettre :

    « Le gouvernement d’occupation de Tsolakoglou (1) a littéralement anéanti tous mes moyens de subsistance - qui consistaient en une retraite digne, pour laquelle j’ai cotisé pendant 35 ans (sans aucune contribution de l’État). Mon âge ne me permet plus d’entreprendre une action individuelle plus radicale (même si je n’exclus pas que si un Grec prenait une kalachnikov je n’aurais pas été le deuxième à le suivre), je ne trouve plus d’autre solution qu’une mort digne, ou sinon, faire les poubelles pour me nourrir. Je crois qu’un jour les jeunes sans avenir, prendront les armes et iront pendre les traîtres du peuple, sur la place Syntagma, comme l’ont fait en 1945 les Italiens pour Mussolini, sur la Piazzale Loreto, à Milan. »

    (1) Le général Tsolakoglou signa la reddition des forces armées grecques face au IIIème Reich et fut nommé à la tête d’un gouvernement collaborateur par les nazis en 1941."

    http://paris.indymedia.org/spip.php?article10537

  • Par Le citoyen engagé (---.---.---.233) 8 avril 2012 12:17
    Le citoyen engagé

    Mais qui veut l’Europe concrètement ? Les populations participent de moins en moins au vote parce qu’ils n’y croient pas. Cette Europe elle est voulue par les multinationales et les banksters qui financent les campagnes électorales, qui tiennent les médias dans nos pays, et qui influent sur l’éducation. C’est cette élite-là idéaliste et soumise qui veut l’Europe. Mais aller demander à un ouvrier polonais s’il accepte facilement que pour nourrir sa famille il doit abandonner son pays, sa culture, sa famille, pour aller faire l’esclave ailleurs pendant 10 ans avant de pouvoir revenir avec de quoi manger chez lui ?

    Il faut arrêter avec cet idéal imbécile qui se construit contre la souveraineté des peuples, contre la démocratie et qui nous tue à petits feux pendant que l’oligarchie n’en finit plus de s’enrichir. Non à l’Europe et vive la France !

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