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"Pourquoi les pauvres votent-ils à Droite ?", réponse à Paul Villach

Paul Villach sur Agoravox, a publié un article intitulé « Pourquoi les pauvres votent-ils à Droite ? Mais parce qu’ils y trouvent un intérêt ! », avec lequel je suis un complet désaccord, j’aimerais donc lui répondre.

Paul Villach réagissait lui-même à l’altercation entre Jean-Luc Mélenchon et le journaliste radio d’Europe 1/ patron du journal Libération / animateur d’émission TV sur France V, Nicolas Demorand, sur les ondes d’Europe 1 justement.

Voici la vidéo :

I La thèse de l’aliénation

Enumérons d’abord les arguments de Paul Villach qui comme vous allez le voir développe une vision très personnelle des thèses marxistes et de la gauche en générale :

- « Un siècle et demi a ruiné l’explication classique marxisante de la théorie de « l’aliénation ». »

- « Selon cette analyse, il faudrait imputer le vote à Droite des « pauvres » à une conscience immature de leurs intérêts entretenue justement par cet appareil idéologique évoqué par lequel ils se laisseraient abuser. Il en était déduit que l’éducation des masses par des partis et des syndicats d’avant-garde leur dessillerait les yeux. »

- « Après un siècle et de mis de mise à l’épreuve, il n’est plus possible de se contenter de cette hypothèse de l’aliénation. »

- « Dans de tels cas individuels de déficience mentale diagnostiquée par le psychiatre »

- « Or, ce n’est pas la situation des « salariés modestes » ( … ) quand ils votent à droite. Ils le font en toute conscience. »

« Immature », « avant-garde », « déficience mentale », Paul Villach dépeint ainsi une gauche très arrogante voir méprisante envers les gens qu’elle est censée défendre. Paul Villach généralise ici l’idéologie qui peut, au mieux, animer certains groupuscules à gauche, mais certainement pas l’immense majorité de la gauche, et c’est d’ailleurs parce qu’ils sont méprisants envers les autres qu’ils se retrouvent isolés et marginalisés. Ces groupuscules portent une vision caricaturale, grossière et fausse des idées socialistes (je n’en ferais pas la démonstration ici), tout comme les gens de droite, comme Paul Villach, qui confirme une nouvelle fois toute l’ignorance et la caricature qui caractérise la droite quand il s’agit de parler des idées de leurs adversaires politiques. C’est souvent vrai aussi à gauche. Mais il y a toute une partie de la gauche, dont fait partie Mélenchon, qui au contraire, s’évertue à essayer de mieux comprendre la droite, pour mieux combattre ses idées.

La thèse de l’aliénation ne repose pas sur l’idée que les gens auraient une conscience « immature » de leurs intérêts, l’aliénation dont nous parlons n’a rien de psychiatrique, c’est l’idée que les comportements politiques des gens, sont motivés avant toute autre chose par les idéologies qui les traversent, encore plus aujourd’hui qu’hier, alors que nous sommes à l’ère du média instantané, et que ces idéologies vont contre leurs aspirations d'êtres humains.

L’éducation des « masses », que l’on appelle l’éducation populaire, ne consiste absolument pas à prendre les gens pour des cons, pour des ignorants, à qui il faudrait transmettre un savoir, pour instantanément leur ouvrir les yeux. On ne transmet pas les idées politiques comme on pourrait transmettre les connaissances des sciences mathématiques à des étudiants … Non, l’éducation populaire consiste à essayer de convaincre les gens, par la raison, par diverses moyens qui n’ont rien d’arrogants, ni de méprisants envers les gens, car il s’agit ni plus ni moins que d’aller au contact des gens, discuter et débattre avec eux, confronter les idées, essayer de diffuser et de défendre les nôtres, critiquer et expliquer en quoi les idées de nos adversaires politiques sont néfastes etc … Concrètement, c’est distribuer des tracts dans la rue, organiser des réunions politiques, des cafés débats, des actions militantes diverses et variées, cela peut être aussi écrire des livres, faire du théâtre, tourner des courts-métrages etc … L’art est aussi un moyen d’expression. Bref cela consiste tout simplement à mener le combat d’idée sous diverses formes qui n’ont que pour limite notre imagination.

Et le problème, et c’est une chose que Paul Villach passe sous silence, c’est qu’il s’agit d’un combat inégal. En face, pour faire la propagande de ses idées, la droite possède le pouvoir des institutions, le pouvoir médiatique, le pouvoir économique, ce fameux « appareil idéologique » dont il sous-estime de manière évidente la toute puissance. Nous, à gauche, nous n’avons comme seule arme que l’énergie et la détermination de nos militants. Eux ont des moyens de propagande considérables. C’est là toute la difficulté du combat de la gauche en général.

Ce qui nous sauve, et qui nous permet de garder l’espoir de changer quelque chose c’est que malgré toute cette puissance déchainée contre nous, il suffit d’avoir les bonnes idées, qui arrivent à convaincre les gens, pour faire basculer le rapport de force idéologique. Bref ce n’est pas qu’une question de propagande, il y a aussi la force des idées en elles-mêmes qui compte. De plus, autre source d’espoir, les faits viennent renforcer nos idées, l’expérience faite des idées de la droite démontre tout son caractère néfaste.
Par exemple, on voit bien l’évolution en 30 ans des idées libérales, passées d’abord par une période d’hégémonie où tout le monde ne jurait que par ces idées, puis ensuite de plus en plus désavouées et décriées et aujourd’hui largement critiquées au fur et à mesure qu’elles étaient appliquées et aux vues des résultats qu’elles ont donné. ( par exemple en librairie il ne doit paraitre qu’1 livre pro libéralisme pour 30 livres anti-libéraux )

Alors quand Paul Villach affirme, sans le démontrer, que la gauche a échoué depuis 1 siècle et demi, c’est un très gros raccourci. En effet, la gauche a échoué pour l’instant à convaincre la société d’abandonner totalement le capitalisme, certes. Mais en un siècle et demi il s’est passé beaucoup de choses, et je pense qu’il n’est pas possible comme ça, de prendre uniquement pour argument le temps, pour affirmer quoi que ce soit.

Pendant ce siècle et demi, la gauche a réussit à plusieurs reprises au mieux à prendre le pouvoir, ou au pire à contraindre la droite à faire appliquer un certain nombre de ses idées, grâce au combat politique, mais surtout grâce au combat social. En effet, on ne compte plus les grèves et les mouvements sociaux qui se sont multipliés depuis tout ce temps. Mais même au niveau politique : il y a eu l’élection du front populaire juste avant l’invasion de la France par l’Allemagne nazi, il y a eu le gouvernement d’union des communistes et des gaullistes après 1945 pour former le conseil national de la résistance, et il y a eu malgré tout, l’élection de Mitterrand et celle du gouvernement Jospin. Même si ces gouvernements sont fortement critiquables quand à leur encrage à gauche, ils ont quand même mis en place beaucoup d’idées de la gauche.

Ainsi contrairement à ce qu’affirme Paul Villach, le temps démontre effectivement qu’il n’y a pas eu de victoire totale du socialisme sur le capitalisme, mais il y a quand même eu entre de nombreux échecs un certain nombre de victoires historiques, et il est très malhonnête de les ignorer, car elles font grandement partie de notre société, et font même la particularité de notre modèle social et économique français, qui n’est ni complètement socialiste, ni complètement capitaliste et libéral, qui est finalement un compromis entre les deux.

Ainsi il n’est pas possible de prendre un tel argument pour affirmer que les idées de la gauche ont été réfutées par le temps et les expériences passées.

Bref quand les gens votent à droite, c’est effectivement qu’ils sont convaincus que c’est la bonne chose à faire, non pas forcément par rapport à un intérêt individuel comme semble le suggérer Paul Villach, mais je l’espère, parce qu’ils pensent que c’est l’intérêt général des français. Hors justement, tout le travail des gens de gauche, c’est de leur prouver qu’ils se trompent, tout simplement.

 

II La droite et la gauche, selon Paul Villach

Le tropisme de Paul Villach, dans cet article, c’est de ne considérer les citoyens, que comme motivés par un seul des pourtant nombreux et infinis intérêts personnels qui peuvent exister, un intérêt individuel et égoïste. Son hypothèse, c’est que cet intérêt personnel serait le même pour tout le monde, c'est-à-dire celui de l’accumulation des biens, et ainsi, la droite et la gauche se définiraient respectivement entre ceux qui ont un patrimoine, et ceux qui n’en ont pas.

Il écrit :

« - d’un côté, à Droite, les détenteurs d’un patrimoine qui entendent le conserver voire l’accroître. »

« - et, de l’autre, à Gauche, ceux qui n’en ont pas et souhaitent en acquérir un. »

Pourtant, Paul Villach le rappelle lui-même :
« Droite et Gauche sont des appellations sommaires en usage depuis 1789 pour désigner, depuis un vote fondateur où les députés se sont répartis de part et d’autre du président de l’Assemblée »

Mais il oublie de mentionner quel était l’objet de ce vote fondateur. Etait-ce effectivement comme il le pense un vote motivé par un clivage sur le patrimoine, réalisé par des personnes, ayant d’un côté un patrimoine et qui veulent le défendre, et de l’autre des personnes qui n’en ont pas ?

Non le clivage résidait sur la question d’un droit de veto que certains députés voulaient accorder au roi dans les institutions de la nouvelle monarchie constitutionnelle. Alors certes, ce genre de décision pouvait influer grandement sur la répartition du patrimoine ( on a fait l'expérience que non, les inégalités sont toujours là ), mais elle influerait aussi sur beaucoup d’autres aspects de la vie. En définitive, le clivage qui a donné naissance à la droite et à la gauche était celui de la supériorité ou non de la volonté du peuple sur toute volonté particulière ( ici celle du roi ), bref celui de la souveraineté du peuple, c'est-à-dire , de la démocratie.
Et on peut remarquer aussi, qu’à l’époque, tout comme aujourd’hui, les députés qui siégeaient à gauche n’étaient pas forcément des miséreux. La majorité du tiers état à l’époque, qui composait la majorité de la population, était composée de paysans, qui étaient maintenus dans l’ignorance et donc analphabètes. Résultat l’assemblée n’était composée que de bourgeois, d’aristocrates, ainsi que de membres du clergé, bref principalement de personnes possédant un patrimoine, et ce dans les deux camps.
Cela prouve donc que certaines de ces personnes, au moins, ont voté dans l’intérêt général, et non pour un intérêt personnel lié à leur patrimoine.

De toute façon, je ne le démontrerais pas ici, car cela mériterait tout un débat philosophique, et puis nous en faisons tous les jours l’expérience, mais l’humain agit toujours selon son intérêt personnel, simplement celui-ci peut prendre une infinité de formes, il peut aller de l’altruisme pur, à l’égoïsme pur, notre intérêt personnel peut très bien être de vouloir défendre l’intérêt général, même contre nos intérêts propres et immédiats, on possède aussi la notion du sacrifice. L’erreur de Paul Villach est tout simplement de ne considérer les humains que comme des créatures égoïstes dénuées de toute considération pour les autres, ce qui évidemment est totalement faux, c’est un cas extrême, certainement pas le plus courant.

 

III Le mobile de la promotion sociale

Dans la suite de son explication, Paul Villach développe l’idée que finalement les gens voteraient à droite, soit par pur conservatisme, soit pour espérer obtenir des faveurs et à la clé une promotion sociale.

Il écrit dans son article :

« Les conservateurs ont beau imposer un ordre social et juridique qui leur est favorable : ils savent que leur position dominante reste minoritaire et qu’elle n’est tenable que s’ils divisent leurs adversaires. Et la première méthode pour y parvenir est aussi celle qui leur assure train de vie et protection par la constitution et l’entretien d’une vaste clientèle dévouée en échange de faveurs. (…) Des postes avantageux sont ainsi offerts en nombre à ceux qui sont dépourvus de patrimoine. »

Ainsi que ceci :

« Le groupe majoritaire des salariés modestes se heurte, en fait, à un mur ou une coupole qui lui bouche l’horizon d’une promotion (… ) l’obtention d’une promotion par le seul Droit et ses mérites devient illusoire. En revanche, par la faveur de l’autorité, elle est toujours possible indépendamment du Droit et des mérites. Ainsi, le grand nombre est-il tenté de rechercher par la faveur ce qui lui sera refusé par le Droit de la société rêvée. Qui dans son entreprise ou son administration n’a pas observé cet appétit général pour la faveur de l’autorité (…) »

Il en conclue ainsi que :

« On est loin de la théorie obsolète de « l’aliénation » et du rôle exclusif attribué à « un appareil idéologique dominant » pour expliquer pourquoi les salariés modestes votent à Droite. La promotion par le Droit que les salariés sans patrimoine pourraient dans une société nouvelle vouloir opposer à la promotion par la faveur dans la société que défendent les conservateurs, s’avère illusoire pour le grand nombre. Autrement plus tentante apparaît la recherche de la faveur (…) Dans ce contexte, le rôle de l’École, des médias et de la Justice n’est qu’auxiliaire. Leur fonction est de discréditer à l’occasion le Droit pour que les salariés modestes continuent à lui préférer toujours la faveur. En somme, si « les pauvres votent à Droite  », c’est qu’ils y trouvent malheureusement intérêt : la quête de la faveur leur paraît plus efficace que le respect du Droit pour obtenir ce à quoi par leurs seuls mérites ils n’auraient pas droit ! »

Il suffit d’inverser la question pour comprendre que la vision de Paul Villach est caricaturale et erronée.

Car dans ce cas, pourquoi des personnes ayant un patrimoine votent à gauche au lieu de faire preuve de conservatisme ?
Pourquoi des pauvres votent à gauche si leur mobile serait celui de la promotion sociale et si leur intérêt serait d’obtenir des faveurs en votant à droite ?
Une autre question, pourquoi des enfants de personnes de gauche se mettent à voter à droite ? et inversement ?
Et en reprenant un de ses exemples, pourquoi des personnes vont céder aux avances sexuelles de leur patron pour obtenir une faveur et une promotion ? Pourquoi d’autres vont s’y refuser ?
Pourquoi finalement certains vont chercher des promotions par la faveur, plutôt que par le mérite de leur travail ? Et puis pourquoi certains ne cherchent pas ce genre de promotion ?
Pourquoi certains vont vouer leur vie à l’accumulation de bien, à la richesse ? Pourquoi d’autres vont vouer leur vie à des activités non rémunérées et rester pauvres ?

Et de manière plus évidente, en généralisant moins les choses, pourquoi certains votent front national et pourquoi d’autres votent UMP ? Pourquoi certains votent PS et d’autres votent front de gauche ?

Indéniablement, les choses sont bien plus compliquées que ne le croit Paul Villach.

Ce sont bien les idéologies qui dominent les esprits. Plus que jamais. C’est même une idéologie qui fait croire à Paul Villach que les gens ne recherchent que l’accumulation de biens dans la vie. Cette idéologie c’est le capitalisme. Et Paul Villach aura du mal à faire croire que l’école, les entreprises, les médias, la publicité et les politiques, n’ont qu’un rôle auxiliaire dans cette croyance. C’est par exemple l’école qui introduit l’idée que les inégalités de salaire sont justifiées et qui entretient l’idéologie de la promotion sociale. Ce sont les entreprises qui exacerbent l’esprit de compétition et les rivalités pour des promotions. C’est la publicité qui exacerbe par la frustration la volonté d’accumuler des biens. Ce sont les médias qui font la promotion du libéralisme, de l’individu et du chacun pour soi au détriment de la solidarité et des liens sociaux.

S’il y a de telles différences de patrimoines entre les gens, s’il y a tant d’inégalités, c’est parce qu’il y a des idéologies derrière qui ont conduit les gens à façonner une société qui produit ces inégalités. On peut constater la puissance des idéologies quand on s’aperçoit que les libéraux ont réussit en à peine 30-40 ans à transformer totalement les sociétés modernes, et ce dans le monde entier ! On est passé d’une société qui faisait lien, où a pu se développer la sécurité sociale, et d’autres avancées sociales, à une société qui détruit les liens où la règle est devenue la compétition, entre les peuples, les entreprises, et les individus du monde entier, et où les précédentes avancées sociales deviennent des « charges sociales » dont il faudrait se débarrasser au plus vite pour être compétitif.

Et puis même si on veut l’oublier, il faut se rappeler que ce sont les idéologies qui ont poussé des millions de gens à suivre des fous comme Hitler ou Staline.

Donc non, Mr Paul Villach, le rôle de l’appareil idéologique n’a rien d’auxiliaire, il est central, et Mélenchon a raison de montrer du doigt les médias et les journalistes comme Nicolas Demorand, car ils participent pleinement à la propagation des idées, à cette pensée unique, qui façonnent actuellement nos sociétés et qui provoquent les comportements que vous avez très bien relevé.

 

IV Conclusion

L’aliénation ici vient du fait que l’humanité prend à nouveau un chemin qui va contre les véritables aspirations des êtres humains, comme dans les années 1930 et à d’autres époques auparavant. On ne va pas vers une société du progrès humain, qui satisferait à la fois les aspirations individuelles et les aspirations sociales, qui finalement se confondent car les unes ne vont pas sans les autres, au contraire on est en train de vivre une grande régression sociale. Et il est très probable, malheureusement, et ce comme aux époques précédentes, qu’il faille aller jusqu’au bout de cette régression sociale et civilisationnelle, et donc vers de graves catastrophes écologiques économiques et sociales, et vers des drames humains sans précédent, avant que suffisamment de monde ouvre les yeux, et que l’on reprenne ainsi le bon chemin, celui du progrès. Mais il reste malgré tout un espoir que malgré tout ce rouleau compresseur idéologique qui nous entraine tête baissée dans un gouffre, nous arrivions à trouver les bonnes idées, et les bonnes méthodes, pour faire basculer le rapport de force idéologique, et à bifurquer in-extremis vers la bonne voie à suivre. Des peuples sont déjà en train de faire ce basculement idéologique. Pourquoi pas nous ?

par logan mardi 1er mars 2011 - 24 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par velosolex (xxx.xxx.xxx.81) 1er mars 2011 15:47
    velosolex

    Le combat de la droite contre la gauche, c’est celui de la dérégulation contre celui de l’intervention. Il est étonnant de constater que le capitalisme, qui semble en ce moment avoir gagné la partie, (de façon définitive pour certains qui y voient une fin de l’histoire), est absolument incapable de gérer les défis majeurs qui se présentent. Je parle des grandes menaces dus aux excès de l’homme et de son avidité ( pollution, effet de serre, obscurcissement planétaire et j’en passe), liés précisément à ce besoin de produire, conséquence du système consumériste.
    Personne de sérieux n’est dupe des mesurettes faites pour rassurer la population.
    Une politique digne de ce nom entrainerait une remise en question totale du système : Répartition des richesses, fin de l’obsolescence programmée des biens....
    Le malade obèse ne veut pas entendre parler de régime. Il veut continuer à s’empiffrer et à boire comme bon lui semble, puisqu’il est libre. Et merde au médecin qui doit être un rouge, quand il lui dit qu’il se met en danger et qu’on peut pas vivre longtemps avec une glycémie de 3 grammes et un cholestérol élevé.
    Et même s’il admet qu’il y a un problème, il est sûr que la science le sauvera.
     Il vous dira qu’il croit en l’avenir, sans s’apercevoir qu’il vient d’enterrer son cadavre !
    Ca pourrait être une histoire belge, ou de blonde stupide.
    Tiens, demandez vous pourquoi ce genre d’histoire est tant à la mode aujourd’hui. C’est qu’elles reflètent surement toute la stupidité du monde.
    Le jour de la fin du monde, peut-être bien que les indices boursiers seront au plus haut, et que les bolides de formule 1 continueront à tourner sur leur anneau magique, complètement psychotique.
    C’est cette distorsion entre la conviction et la réalité qui est au cœur du problème. Tellement abyssale que les querelles sur la religion du capitaine qui tient la barre, en fonçant vers les icebergs est devenue ridicule.

  • Par JL (xxx.xxx.xxx.25) 1er mars 2011 12:52
    JL1

    Bon aricle, bravo.

    Vous écrivez de (PV) : "Son hypothèse, c’est que cet intérêt personnel serait le même pour tout le monde, c’est-à-dire celui de l’accumulation des biens, et ainsi, la droite et la gauche se définiraient respectivement entre ceux qui ont un patrimoine, et ceux qui n’en ont pas."

    C’est peut-être en effet une vision de droite. Je m’explique : c’est une vision qui valorise le seul patrimoine individuel au détriment des patrimoines communs du groupe, de la nation, de l’humanité, en particulier les ressources naturelles et l’environnement.

    Et donc ce n’est pas la possession d’un patrimoine individuel qui différencie la gauche et la droite, mais la conscience à, et l’attachement aux patrimoines partagés : cette conscience est probablement peu développée chez ceux qui n’ont de cesse que de valoriser leur patrimoine personnel et égoïste.

    Rappelons à ce propos la phrase de Jaurès : "La nation est le seul bien des pauvres".

    Maintenant, pour revenir dans le sujet, il y a des gens qui n’ont aucun patrimoine personnel mais se moquent éperdument des patrimoines collectifs. Ces pauvres là, oui, probablement votent à droite.

  • Par SALOMON2345 (xxx.xxx.xxx.5) 1er mars 2011 11:44

    Merci pour cette clarification du "gauche/droite", notamment celle de ne pas se satisfaire de nos "défauts" (admettre comme moindre mal la faveur au détriment du Droit qui protège) en proposant par la culture et la raison, de montrer que l’intérêt individuel peut trouver sa source, donc sa place, "dans et grâce" à l’intérêt collectif, démocratiquement débattu et élaboré (CNR) et que le "chacun pour sa gueule" conduira inéluctablement vers un retour de la barbarie : "ventres affamés n’ont point d’oreilles" et la violence est là !
    Pierre Mendès France - évoquant l’Afrique - émit cette crainte mais sage prémonition :
     - "Vous (Européens), tandis que vous êtes attablés, pensez-vous que ceux d’en face, les assiettes vides, qui vous regardent de l’autre côté de la méditerranée, vont vous laisser terminer tranquillement votre repas ?" Ce grand homme invitait ainsi les puissants à défaut d’avoir du coeur, d’avoir de l’intelligence, donc de dépasser l’intérêt personnel pour un partage plus collectif, seule vision possible de la coexistence des Peuples : on y est !!!
    Conservatrice, figée, victime d’une hiérarchie immuable des choses et des gens, telle est généralement la façon dont tout se perçoit dans la sphère de Droite et pourtant, tout est nuance dans l’univers, les bonnes fortunes et les hommes, ainsi, dans un avion en phase d’atterrissage le pilote est-il (hiérarchiquement et pour la pertinence de son rôle) plus important que le médecin voyageant à son bord tandis qu’au sol les rôles s’inverseront en importance, le médecin devenant prépondérant pour la société ! Cursive, la réflexion en pleins et en déliés ne se peut qu’en excluant tout désir malhonnête de produire un discours simple en réponse à la complexité  : "travailler plus pour gagner plus...libérer le travail...la laïcité "positive"...etc " !

  • Par sisyphe (xxx.xxx.xxx.90) 1er mars 2011 13:58
    sisyphe

    Entièrement d’accord avec cette analyse. 


    La vision binaire de Monsieur Villach, homme de droite, est, évidemment, une caricature grossière de la vision de la gauche par la droite, avec un tas d’approximations, de contre-vérités, de sophismes, et d’amalgames. 

    Le combat de la gauche, ne se réduit certainement pas que les pauvres puissent avoir un (sic) "patrimoine" ; mais c’est un combat pour plus de JUSTICE, de solidarité, et oeuvrant pour le BIEN PUBLIC. 

    Choses que sont absolument incapables d’intégrer les hommes de droite, pour qui, seul, le "patrimoine" représente le but ultime de la vie. 

    Quand vous dites : 
    Et le problème, et c’est une chose que Paul Villach passe sous silence, c’est qu’il s’agit d’un combat inégal. En face, pour faire la propagande de ses idées, la droite possède le pouvoir des institutions, le pouvoir médiatique, le pouvoir économique, ce fameux « appareil idéologique » dont il sous-estime de manière évidente la toute puissance. Nous, à gauche, nous n’avons comme seule arme que l’énergie et la détermination de nos militants. Eux ont des moyens de propagande considérables. C’est là toute la difficulté du combat de la gauche en général.

    c’est évidemment vrai, mais vous y oubliez un élément essentiel, pour appuyer le combat de la gauche ; la notion, justement du BIEN PUBLIC ; traduite par : 
     les services publics,
     toutes les mesures sociales acquises, arrachées, au fil du temps et des combats, par le peuple et les forces de gauche : sécurité sociale, école libre et gratuite, smic, congés payés, minimum vieillesse, aides au logement, RMI, droit de grève, code du travail, etc, etc..... 

    C’est bien pourquoi, la droite, dès qu’elle est au gouvernement, n’a de cesse de détruire tous ces acquis, et d’en revenir au rapport de forces dominant-dominé (la lutte des classes, très justement décrite par Marx, et PLUS QUE JAMAIS d’actualité, en oeuvre dans la globalisation capitaliste libérale). 

    C’est sur l’extrême nécessité de conserver, voire de renforcer ces acquis, que les hommes de gauche doivent mettre l’accent, se battre, face à la propagande et au POUVOIR effectivement détenu par les forces de droite ; pouvoir médiatique, économique, politique, financier. 

    La seule "démocratie" (et encore faut-il voir tous les dévoiements que la droite lui fait subir) n’est pas suffisante à fonder une JUSTICE SOCIALE (c’est à dire une juste redistribution des richesses produites par les travailleurs, et dont la plus grande partie lui est volée par le capital), surtout face à la mondialisation ultralibérale, et au pouvoir désormais sans partage des mafias bancaires et financières. 
    Dans ce contexte, les pseudo "démocraties" ne sont plus que des coquilles vides, où le pouvoir politique, réduit à la marge, n’a plus comme possibilité d’action, que d’aménager le peu que veulent bien lui laisser les forces financières et les "marchés", pour le plus grand bien des actionnaires et financiers, pour qui la seule variable d’ajustement est devenue la masse salariale. 

    Donc, le combat s’avère plus nécessaire que jamais, pour reconquérir ces droits, usurpés et bafoués par le capitalisme financier dictatorial. 

    Contrairement à ce que peuvent affirmer tous les hommes de droite, dont Monsieur Villach se fait le porte-parole arrogant, désinformateur, et cynique, les analyses de MARX s’avèrent plus pertinentes que jamais, et le combat pour plus de justice, plus nécessaire qu’il ne l’a jamais été. 

    Merci pour votre article. 

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