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Accueil du site > Tribune Libre > Pourquoi ne pas légaliser la prostitution (?) (2/2)

Pourquoi ne pas légaliser la prostitution (?) (2/2)

A la lumière des développements précédents, la proposition de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnnel s’inscrit dans la tradition juridique et surtout humaniste française abolitionniste selon laquelle le corps humain étant indisponible, il ne peut faire l’objet d’un commerce. Si cela va de soi pour lutter contre les réseaux qui traitent les êtres humains comme du bétail, cela semble rencontrer des résistances chez certains au nom d’une liberté apparemment mal comprise. Autant d’hypocrisies condescendantes qui oublient le simple fait et principe selon lequel non, le corps humain n’est pas un bien de consommation, soit qu’on veuille le vendre (III) soit qu’on veuille l’acheter (IV). 

III La vente/location de son corps

Les défenseurs de la prostitution prétendent ne vouloir légaliser que « la prostitution libre, voulue, consentie » au nom de la liberté sexuelle. C’est mal comprendre la liberté sexuelle. La liberté sexuelle c’est celle d’avoir les relations sexuelles que l’on veut, quand on veut, où on veut, avec qui on veut, comme on veut, dans le respect et l’échange de consentements mutuels : chacun ses pratiques tant et seulement si chacun donne son consentement. Le consentement doit être libre, entier, réel. L’argent cachant cette volonté, ce désir, ne présume pas plus du consentement que la contrainte dans le viol. Si l’on prétend que le ou la prostitué(e) est consentant à chaque rapport sexuel, cette personne accepterait-elle des dizaines (au bas mot) de rapports sexuels à la journée ou à la semaine sans cet argent ? Rien n’est moins sûr. Dès lors, on s’aperçoit que le consentement fait défaut, puisque la liberté sexuelle ne porte que sur le consentement à un rapport sexuel et non sur l’argent contre un rapport sexuel. Quand bien même le consentement du ou de la prostitué(e) serait réel, ce consentement ne peut et ne doit porter pas porter sur un prix en échange de la relation. Car comme exposé précédemment, le corps humain n’est pas bien de consommation que même son « propriétaire » ne peut ou n’a le droit de monnayer (art 16-5 et 1128 du Code Civil).

La liberté sexuelle n’implique donc pas le droit de monnayer son corps, parce que la liberté sexuelle s’inscrit dans une notion plus vaste de laquelle elle découle : le corps humain n’est pas un objet, n’est pas un bien de consommation, dès lors il ne peut être « consommé, utilisé » à des fins sexuelles contre rémunération, mais uniquement contre consentement et désir sexuel. Peu importe qu’il s’agisse alors d’une vente ou d’une location, la différence avec le contrat de travail par exemple est que dans ce dernier, c’est la prestation intellectuelle ou matérielle fournie qui fait l’objet d’une rémunération, puisqu’elle se détache de l’individu. C’est le résultat qui est monnayé : la construction d’une voiture, la création d’une œuvre d’art, la fourniture d’un conseil qui fait l’objet du contrat et du prix, et non le corps humain.

Crédits photo : SAF2003

Une précision : la prostitution est interdite en droit civil, cela signifie que tout contrat portant sur un corps humain est nul. Or, la prostitution est vue par le Code Civil comme un « contrat », puisque les contrats peuvent ne pas être écrits. Cette interdiction empêche donc certains « clients » de demander restitution de la somme versée pour … insatisfaction (Cour de Cassation, chambre commerciale, 27 avril 1981), dont la teneur resterait au demeurant à prouver puisque sans contrat écrit, comment connaître l’étendue des obligations respectives ? Comment savoir si le « client » n’est pas « satisfait » uniquement à cause de ses propres problèmes psychologiques ou physiques ?....C'est aussi la raison pour laquelle le ou la prostitué(e) blessé(e) ne peut se retourner contre l'auteur du dommage pour obtenir réparation (civile, en responsabilité civile délictuelle) : en droit, on considère que son préjudice (devoir se reconvertir dans une autre activité que la prostitution à cause de la blessure) est un dommage illégitime et donc non indémnisable. Donc non, la prostitution n’est pas légale, quand bien même il ne s’agit qu’une interdiction du droit civil puisque la légalité concerne l’ensemble du corpus juridique peu importe sa nature. Mais la prostitution n’est pas condamnée en droit pénal pour la personne dite libre, c’est-à-dire qui se prostitue volontairement. On estime que la personne est suffisamment en position de détresse pour ne pas en rajouter une couche avec une condamnation pénale (avec amende ou prison). Elle redevient condamnable lorsqu’elle se rend coupable de racolage (art. 225-10 du Code Pénal). C’est le proxénète, assimilable à un propriétaire d’esclaves, qui est condamné pour traite d’êtres humains (art. 225-5 du Code Pénal). Là où l’opinion pense que la prostitution « volontaire » est légale, c’est parce que les prostitué(e)s sont imposables sur les revenus issus de cette pratique. Mais l’imposition des revenus n’est pas une légalisation de la prostitution au sens propre, l’imposition est détachable de ces considérations et ne s’applique qu’à prélever les sommes d’argent qui arrivent dans le patrimoine d’un individu, quelle que soit leur source. Cela peut paraître hypocrite, mais si l’on veut abolir la prostitution, on voit mal comment laisser quelqu’un profiter de tous les revenus que cela rapporte sans la sanctionner de la seule manière pour l’instant possible : en prélevant sur ces revenus.

Dès lors que l’on se positionne contre la prostitution, il est alors étrange d’entendre en réaction et en défense de certaine dernière que la « prostitution, c’est la liberté de la femme, celles qui sont contre sont des féministes radicales mal baisées » (en résumé).

Premièrement, la prostitution n’est pas condamnée moralement ou éthiquement que par des femmes, mais aussi par des hommes. Qui vous dit que je ne suis pas un homme ou un transgenre ? L’argument selon lequel la prostitution ne serait combattue que par des femmes est donc inopérant.

Mais il est assez symptomatique puisqu’il sous-tend le raisonnement que la prostitution serait la liberté des femmes. Curieusement, on entend peu de personnes défendre la liberté des hommes à se prostituer et à vendre leur pénis.

Crédits photo  : JellyFishKiller

En effet, deuxièmement, qui a parlé des femmes ? Qui a parlé de la liberté des femmes ? La prostitution n’est pas combattue que parce qu’elle touche la femme, elle est combattue aussi bien pour défendre les hommes, que les femmes ou les transgenres ! Parce que l’idée tout bête mais profondément humaniste derrière cette position, c’est que la prostitution est une atteinte à l’être humain, à son corps, peu importe son sexe  !

L’argument selon lequel seules les féministes radicales sont contre la prostitution, donc contre la liberté sexuelle de la femme, est donc révélateur de ce que les défenseurs de la prostitution ne voient la prostitution que chez la femme et ne la veulent que là !

C’est assez misogyne, il faut bien le remarquer ! Le problème se déplace donc sur la défense de la femme à cause de ceux-là mêmes, misogynes, qui croyaient attaquer des féministes. Hypocrite perversité des arguments dont l’effet boomerang force à s’appesantir sur la liberté sexuelle des femmes. 

Et troisièmement, en quoi le fait d’être « mal baisé(e) » positionnerait quelqu’un contre la prostitution ? Un peu de logique, quelqu’un qui a une vie sexuelle épanouie, consentie, avec qui et quand il ou elle veut, qui en est satisfait(e) et qui est donc « bien baisé(e) » n’a pas besoin de recourir à la prostitution : c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il ou elle la condamne. Au contraire, quelqu’un de frustré, qui ne trouve personne pour consentir librement à des relations sexuelles avec lui ou elle, qui n’arrive à séduire personne et dont personne n’a envie, et qui est donc « mal baisé », a tout intérêt à ce que la prostitution soit permise, tolérée et légalisée : c’est le seul moyen pour lui d’avoir un rapport sexuel ! Personne n’en voudrait sans un sacré pactole qui permettrait de fermer les yeux sur le dégoût ou l’indifférence qu’il ou elle inspire : Les défenseurs de la prostitution sont lourds de frustration sexuelle puisqu'alors ils considèrent que quelqu'un de "bien baisé" est quelqu'un de forcé d'une manière ou d'une autre par eux !

Certains affirment que la prostitution est un choix de vie parfaitement valable, et que « les femmes ont bien le droit de le faire, nom de dieu ! ». Un choix de vie ? A-t-on déjà vu des programmes à l’école ou lycée sur les études et les carrières dans la prostitution ? Ces éternels défenseurs de la prostitution iraient-ils au bout de leur raisonnement en proposant que ce « métier » soit illustré dans les orientations scolaires ? Accepteraient-ils que leurs filles choisissent ce digne métier « parfaitement valable, ce choix de vie » ? Accepteraient-ils que leurs mères et sœurs choisissent cette activité ? J’aimerais les y voir à défendre la « liberté sexuelle de la femme » de leur fille qui se prostitue, fiers de soutenir sa nudité offerte au plus riche dans la rue, « parce que c’est son droit ! ». Non, la « liberté sexuelle » n’est alors accordée qu’à celles qu’ils utilisent comme des poupées gonflables articulées dont ils peuvent se permettre de ne plus respecter le caractère humain, et non à la Femme, dont ils n'ont que faire.

Crédits Photo  : Krissaconnection

Non, la prostitution n’est pas un choix de vie, une « profession » que l’on rêverait de faire depuis nos 10 ans parce que cela rapporte de l’argent.

La fameuse liberté sexuelle de la femme n’en a que le nom, car il ne s’agit alors plus de cela pour ceux qui la prônent sans oser l’accepter pour leurs proches. Il s’agit en réalité de leur liberté à eux, « clients », consommateurs de produits féminins sans consentement. Il ne s’agit que de leur liberté, de leur licence en réalité ; la liberté de l’un s’arrêtant à celle de l’autre, la prostitution n’est que licence des « clients » d’user du corps d’autrui pour leur propre plaisir, peu important le désir ou le plaisir de cet autre.

C’est bien gentil de prôner la liberté de la femme si c’est pour en fait ne l’accorder qu’à certaines femmes qu’ils payent, pour obtenir des relations sexuelles de quelqu’un dont ils ignorent le consentement. En quoi l’absence de consentement de cette personne, sa négation, peut être une liberté sexuelle ?

La prostitution légale, ce n’est pas du tout la liberté de la femme, c’est la liberté du client de pouvoir acheter un être humain pour son propre plaisir.

Pourquoi cette hypocrisie ? Parce que comme le dit très bien Elodie Leroy dans son excellent article (« Jeune, jolie et prostituée, le tiercé gagnant pour les critiques français ? », du 24 mai 2013) : « Tant que l’adolescente, la jeune fille ou la femme qui enchaîne les amants est estampillée « prostituée », tout va bien. Certains se découvrent alors des velléités de défenseurs du droit des femmes à disposer de leur corps ». Parce qu’il y a encore cette mentalité qui refuse de voir ce qu’est réellement la liberté sexuelle de la femme : c’est seulement celle d’avoir les relations sexuelles que l’on veut, quand on veut, avec qui on veut, SANS ETRE PAYEE, et rien d’autre, mais exactement comme un mec. Cette vision dérange le macho de base, le misogyne : pour eux la liberté sexuelle de la femme, la seule qu’ils sont prêts à accepter pour se sentir homme, c’est la "pute".

La liberté du corps n’est pas de le vendre, mais de le protéger contre la vente.

Certains vont même jusqu’à dire qu’il ne faut pas les plaindre, que les prostituées ne sont pas si malheureuses. Mais qui sont-ils pour oser affirmer quelque chose qu’ils ignorent ? Parce que l’argent cache l’absence de consentement, alors forcément les prostituées sont consentantes et heureuses d’être prostituées ? Comment peuvent-ils savoir ce que mêmes elles décident d’ignorer ? Leur propre désir, leur absence de désir. Une chose est certaine : le « client » préfèrera présumer du consentement et du bonheur de la prostituée plutôt que de se constater violeur (puisqu’ils n’ont aucune preuve du consentement de l’autre que l’argent camoufle).

Un être humain a beau adorer le sexe, aucun ne peut, il me semble, apprécier jusqu’à 20 pénétrations par jour avec des inconnus absolument pas nécessairement désirables aux yeux de la prostituée. Evidemment, cela est beaucoup moins sexy pour le « client » de réaliser que la prostituée ne le désire pas vraiment et se force contre son gré à cette relation sexuelle avec lui, en simulant, et il préférera alors fermer les yeux sur cette réalité en l’appelant effrontément « liberté de la femme », allant jusqu’à se convaincre que c’est son choix à elle, pour se décharger de sa propre responsabilité criminelle, qui n’est ni plus ni moins que d’avoir profité de la vulnérabilité d’autrui pour son propre et seul plaisir.

Quand bien même une personne aurait envie d’autant de rapports sexuels en si peu de temps, cela est peut-être une addiction, une maladie. Et personne n’a jamais été heureux de dépendre d’une maladie. Le fait est que la prostitution n’est pas un choix de vie, une profession dans laquelle on entre joyeux, heureux et enthousiaste à l’idée de l’exercer.

Pour justifier cette prétendue liberté, certains tentent d’affirmer que les prostituées vivent bien mieux que d’autres femmes, gagnent mieux leurs vies et préfèrent ce statut à un autre.

Mais tout d’abord, avez-vous déjà vu une femme qui fait un métier qui lui plait, qui rapporte, intéressant, un métier digne ou une mère de famille heureuse et financièrement à l’aise, une étudiante dont les parents sont là pour l’aider, ou tout autre personne sans aucun problème financier se dire : « oh bah tiens, je gagne bien ma vie, je n’ai aucun problème, et si j’allais me prostituer pour gagner 100 euros de plus ? »

Non. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas un choix de vie ! Si c’était une profession comme une autre, si c’était une liberté sexuelle, tout le monde le ferait et personne n’y verrait rien à redire ! Les personnes qui se prostituent ne le font que par nécessité, détresse, désespoir, pour survivre un jour, une semaine de plus. Oui, même si on refuse de le voir, même si on refuse d’admettre un désespoir aussi noir et persistant, si horrible qu’il pousse à la prostitution, parce que cela est horriblement triste et absolument pas glamour et que cela n’excite pas les « clients », c’est la réalité : personne ne se prostitue parce qu’il ou elle est heureu(x)se dans la vie, sans aucun souci. Même ceux ou celles qui prétendent le contraire ont eu, pour passer à l’acte, pour accepter une relation sexuelle sans désir, pour vendre leur propre chair, ne serait-ce qu’une forme sombre de détresse psychologique, physique ou financière. Un proche qui provoque, qui émet cette hypothèse, le besoin urgent et impératif d’argent, le tout consécutif aux manques de repères sur la sexualité, sur ce que le corps représente, sur son intimité. C’est tout cela la détresse. Et c’est de cela dont les « clients » abusent sans vouloir le reconnaître. Les prostituées font ce qu’elles font par contrainte, même économique, quand mêmes les autres choix de survie font défaut par manque de soutiens, d’amis, de repères moraux.

Lorsqu’on n’a aucun problème financier, ou que même en ayant ce genre de soucis, on refuse de se prostituer parce qu’on refuse qu’un autre nous touche sans notre désir ou consentement, on ne se prostitue pas, tout simplement. C’est ça, la vraie liberté. La liberté de dire non, parce qu’on n’en a pas envie ; la liberté de dire oui, parce qu’on en a envie, et seulement parce qu'on en a envie, et pas pour l'argent. Il y a suffisamment d’aides en France pour survivre dignement, même chichement, mais combien de pays laissent dans la pauvreté la plus immonde ses citoyens démunis, livrés à la criminalité organisée ?

Ensuite, imaginez-vous qu’une prostituée gagne suffisamment bien sa vie pour se payer un luxueux appartement parisien avec le confort de vacances sur la côte d’azur à chaque été (ce que « toute femme libre se prostituant » fait, bien évidemment…) ? Quand bien même une prostituée continue de se prostituer parce que cela lui rapporte suffisamment pour survivre et que cela paye plus qu’un autre métier (…), comment ne pas voir le cercle vicieux ? Si réellement cette femme existe, il faudra peu de temps pour qu’un proxénète (ou autre criminel mafieux) ne la force à travailler pour lui. Autre engrenage : une fois dans ce circuit, même en « indépendant », comment en sortir ? Comment arrêter et stopper des « clients » de revenir indéfiniment, pour qui cette femme ne restera qu’une « pute » ? Comment refaire sa vie normalement après avoir vendu son corps à des dizaines et des vingtaines d’inconnus, qu'elle peut recroiser dans la rue, au travail ou chez le voisin ? Comment convaincre son entourage qu'elle a arrêté cette activité ? Comment trouver le temps de chercher efficacement un emploi qui « rapporterait autant » sans arrêter la prostitution en question ? Comment justifier sur le CV d’un laps de temps sans emploi et consacré à la prostitution ? Liberté ? Comment retrouver des repères psychologiques et moraux sur son propre corps, sa liberté, son choix et son désir, après avoir été utilisée tout ce temps par autant d’inconnus ? Repères qui, justement, n’ont pas existé au départ pour empêcher le passage à l’acte ?

Il faut se poser toutes ces questions et tenter d’y répondre pragmatiquement pour voir qu’une prostituée ne le reste pas par choix, mais toujours par contrainte, résignation, parce qu’en sortir relève d’un exploit, à défaut de pouvoir changer de corps et de nom.

Crédits photo : azamer

De cela le simple constat que : « 3. compte tenu de la contrainte qui est le plus souvent à l’origine de l’entrée dans la prostitution, de la violence inhérente à cette activité et des dommages physiques et psychologiques qui en résultent, la prostitution ne saurait en aucun cas être assimilée à une activité professionnelle », (Résolution de l’Assemblée Nationale du 6 décembre 2011).

La prostitution, c’est une résignation à une fatalité, une impasse financière et psychologique. La résignation, ce n’est pas la liberté, ni de la femme ni de quiconque.

Cette liberté de la femme que l’on entend honteusement pour défendre la prostitution féminine, comme si tout d’un coup ces hommes ou « clients » prétendaient respecter le choix et la vie d’une femme, qu’en font-ils en réalité ?

- La prostitution, cette chère « liberté », devient une insulte : « pute ». C’est ça la liberté ?

- La prostituée qui accepte tel ou tel acte, mais se voit forcé à d’autres par le « client » saoul, violent, frustré, seul chez lui ou elle et plus fort qu’elle, qui finit par la violenter ou pire, quelle liberté a-t-elle alors pour porter plainte contre lui ? Après tout, c’est « une pute », sa parole n’a pas de valeur, qui dit qu’elle ne ment pas pour plus d’argent ? Qui dit qu’elle ne ment pas sur l’accord qu’ils avaient entre eux au départ puisqu’il n’y a pas d’écrit signé ? Et puis de toute manière, quelle importance ? Après tout elle se vend, quelle différence entre un rapport vaginal ou anal, consenti ou pas, c’est payé ! ou pas… Le viol ne serait alors pas possible contre des prostituées ?

- Aux USA, les principales victimes de tueurs en série sont des prostituées, parce que tout le monde sait que jamais la police ne prendra le soin d’enquêter sur leur disparition ou leur meurtre. C’est ça cette liberté que tout le monde défend ?

L’infériorité, économique, juridique, physique, de toutes ces personnes, hommes ou femmes, ce n’est pas la liberté.

Crédits Photo : aranjuez1404

IV Acheter ou louer un corps humain

Comme le dit l’anthropologue Françoise Héritier, « Dire que les femmes ont le droit de se vendre, c’est masquer que les hommes ont le droit de les acheter. »

On en revient donc au débat glauque selon lequel, pour justifier l’achat d’êtres humains, tout le monde a droit à des relations sexuelles. Evidemment que tout le monde a le droit à des relations sexuelles, mais s’arrêter là révèle une pensée bien criminelle : que parce que c’est un droit, autrui vous le doit. Un droit, c'est une créance sur autrui, cela implique la dette ou le devoir d'autrui envers vous. Alors que non, jamais, personne ne doit du sexe à quelqu’un qui en a envie, ce n'est pas un "droit" pour celui qui en a envie. Le sexe est une liberté qui se limite à la liberté d'autrui. La sexualité implique donc, pour que la liberté de celui qui en a envie puisse s'exercer avec autrui, qu'autrui exerce sa liberté sexuelle, c'est-à-dire qu'il en ait envie aussi avec cette personne. Cela implique la réciprocité et l’égalité, donc le consentement ou le désir d’autrui, rien de plus (prostitution) ni de moins (viol). Comment raisonner autrement si ce n’est par pur égoïsme ? Car cela voudrait dire : tout le monde doit accepter d’être acheté ou violé parce qu’autrui a le droit de vous acheter ou d’avoir des rapports sexuels !

La liberté sexuelle, certains semblent l’oublier, ce n’est pas pousser autrui à un rapport monnayé, mais réussir à séduire quelqu’un pour qu’il ait envie de l’autre, et consente à ce rapport, quel qu’il soit. C’est tout. Tout argument contraire serait alors une vaine tentative déguisée de justifier que des personnes frustrées puissent trouver leur bonheur (à sens unique) sans faire l’effort de séduire, d’obtenir le consentement d’autrui. « Après tout, il y en a bien quelques-unes ou uns qui peuvent fermer les yeux sur leur consentement » ?

C’est pour cette raison précise que pénaliser la prostitution, c’est protéger les individus contre le viol, car l’argent ne présume pas du consentement, qui fait défaut dans le viol.

Il ne s’agit pas ici de défendre le sexe uniquement dans le mariage ou par amour, selon des conceptions religieuses ou morales antiques, mais de préciser que le sexe n’est qu’une histoire de consentements à l’acte. Dans la mesure où l’argent n’achète ni ne créé le désir (puisque sans argent, y aurait-il rapport sexuel ?), et qu’il ne peut acheter ou louer un corps, il ne s’agit même pas d’un troc égalitaire dans lequel on échangerait quelque chose contre autre chose. Le consentement sexuel ne peut s’échanger de manière égalitaire que contre un consentement sexuel. S’il y a argent contre consentement sexuel, le ou la prostitué(e) le fait sans consentement prouvé, ce qui est tout bénéf pour le « client » qui en plus d’avoir un rapport sexuel, l’a eu sans consentement de l’autre et sans effort de sa part. L’argent n’est pas un bénéfice du sexe pour la victime, il est censé venir subvenir à d’autres besoins, mais pas au sexe. Inégalité des rapports = absence de liberté d’autrui = croyance erronée qu’autrui a une dette sexuelle envers vous. Et oui, la prostitution ramène forcément à cette conception archaïque de la sexualité, qui oublie que l’autre doit le vouloir aussi.

C’est pour cette raison précise que le « client » est condamnable moralement, non pas à cause d’une misogynie ou d’un féminisme quelconque, mais parce qu’il est inhumain de vouloir acheter un être humain. Celui qui paye un être humain pour des rapports sexuels est aussi monstrueux que celui qui achetait des esclaves comme des objets. C’est cette mentalité qu’il faut combattre, cette mentalité inhumaine qui consiste à croire que l’on peut mépriser autrui au point de l’acheter ou louer pour son propre plaisir. Cette personne est méprisable, inhumaine. C’est pour cette raison que la position de la Commission nationale consultative des Droits de l’Homme (CNCDH), dans son avis du 22 mai 2014, est illogique et dangereuse. Elle s’oppose à la pénalisation du client que la proposition de loi veut instaurer (art. 16), alors même que c’est tout le problème de la prostitution. Tant que des gens penseront qu’il est normal d’acheter un autre être humain pour obtenir des rapports sexuels, comme l’on ferait en achetant une poupée gonflable, les mentalités sur la sexualité ne changeront jamais : tant sur le viol que sur la liberté de la femme, puisque tout le monde ne parle que de cela. Cette pénalisation du client est donc le fer de lance de la lutte contre la prostitution et la plus belle avancée législative en la matière, courageuse et logique. C’est l’acheteur le véritable criminel, celui qui profite, celui qui déshumanise le ou la prostitué(e) pour son plaisir égoïste, comme le violeur. Le résultat est le même, l’un a ce qu’il veut par violence physique, l’autre par l’argent. Là est l’esprit criminel que la société et que la loi doivent combattre.

Ce n’est pas parce qu’une personne se trouve démunie dans la vie, dans le besoin et en détresse, au point de se prostituer, que cela donne le droit à autrui de l’utiliser comme une coquille vide, de l’acheter. Ce n’est pas pour cela que son mépris de la dignité d’autrui sera justifié ou absout. Un tel raisonnement reviendrait à légaliser le viol ou le meurtre. Un Etat ne peut cautionner un tel mépris de l’être humain, tant de celui ou celle qui se vend, mais surtout de celui prêt à l’acheter. Victor Hugo disait, dans Les Misérables, à propos de la prostitution : « C’est la société achetant une esclave. A qui ? A la misère, à la faim, au froid, au dénuement. Marché douloureux : la misère offre, la société accepte ».

Crédits photo : Srmiti Isaac

Alors si certains tiennent absolument à défendre la prostitution contre un « féminisme mal placé », là où il n’y a en réalité qu’humanisme et respect d’autrui (et l’on a vu ce que le ou la prostitué(e) inspire de respect à autrui…), qu’à ne cela ne tienne. Le féminisme ne veut pas combattre l’homme, ni lui être supérieure, mais rappelle que la femme est l'égale de l'homme. Condamner la prostitution ne rabaisse pas l’homme hétéro ou sa virilité (apparemment bien fragile pour aller défendre une sexualité qu’il ne peut avoir autrement). Parce qu’un homme, un vrai, ne paye pas pour convaincre une femme à coucher avec lui  : il n’en a pas besoin, il sait séduire et donner envie. Peu importe qu’elle se vende volontairement ou pas, un homme, un vrai, n’achète pas une femme pour coucher.

 

Conclusion

Oui, la prostitution doit être abolie, comme le fut l’esclavage. C’est bien une question de mentalité sur la sexualité, comme le rappelle l’Assemblée Nationale dans sa résolution du 6 décembre 2011 : « la prostitution ne pourra régresser que grâce à un changement progressif des mentalités et un patient travail de prévention, d’éducation et de responsabilisation des clients et de la société tout entière ».

D’où les articles 15 et 15 bis de la proposition de loi à l’ordre du jour  : La lutte contre la marchandisation des corps parmi les thématiques relevant de l’éducation à la sexualité, tout en améliorant l’information et l’éducation à la sexualité. Pour éviter que nos enfants ne se retrouvent malgré eux sur les trottoirs, entre autres. De plus (article 17 de la proposition de loi), les personnes reconnues coupables de l’infraction d’achat de rapports sexuels pourront être condamnés à effectuer un stage de sensibilisation à la lutte contre ce genre de pratiques, ce qu’on ne peut que saluer, histoire qu’ils comprennent leur propre inhumanité.

Quant à l’ambition de parvenir à une société sans prostitution (Résolution de l’Assemblée Nationale du 6 dec 2011) : Beaucoup vont en rire, au prétexte que ce vœux pieux est bien naïf. « Après tout, ça a toujours existé, ça existera toujours, pourquoi l’interdire ? ». Argument de choc… Le viol, le meurtre, la torture, tout cela a toujours existé et existera toujours, alors pourquoi les interdire ? Pourquoi ne pas revenir à une anarchie totale où tout le monde peut s’entretuer pour un morceau de pain et se faire violer devant tout le monde comme au temps des hommes préhistoriques ? Parce qu’heureusement, pour vivre ensemble, les règles nous ont permis d’avoir cette chère liberté de vivre et d’avoir les relations sexuelles que l’on veut.

Alors que faire ? Fermer les yeux ? Non, lutter encore et toujours pour le respect d’autrui. Il n’y a pas de prostitution plus horrible ou plus propre qu’une autre, comme il n’y a pas de meurtre plus propre ou légitime qu’un autre. La négation d’un être humain (et la prostitution ne provoque ou ne vient que de ce fait) est condamnable quelle que soit sa forme. Le seul obstacle de la difficulté ne doit pas empêcher une société de toujours protéger les plus faibles contre les plus ignobles.


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38 réactions à cet article    


  • César Castique César Castique 18 août 2014 09:35

    Vous persistez à prétendre que les prostitué(e)s vendent leur corps, alors qu’en réponse à votre premier volet, l’internaute rodier_a a brillamment démontré que juridiquement l’affirmation ne tient pas ; 

    « ...chère auteure, à moins qu’après les réformes incessantes du code pénal et du code de la famille opérées par les radicales, il ne soit proposé une refonte drastique du code du commerce, permettez-moi de vous rappeler quelques notion juridiques de base sur la vente qui, comme chacun ne le sait pas, emporte trois droits essentiels :

    l’usus, le fructus et l’abusus...

    Droits qui me paraissent assez incompatibles avec ce que je sais de la prostitution :

    • l’usus, permettrait au client d’user de la prostituée en permanence et sans limite de durée..., la belle affaire...

    • l’abusus autoriserait le client, après l’avoir fouettée et tailladée, de tuer, en toute impunité, la prostituée, voire, de la revendre en tout ou partie...

    • le fructus qui, bingo, lui permettrait non seulement de recouvrer son argent mais en plus, d’exiger un retour permanent sur investissement...

    Non décidément, vous ne pouvez pas dire, sans ridicule, que la prostitution, c’est la location ou la vente... »

    Comme vous ne tenez aucun compte des observations argumentées qui vous sont adressées, je n’ajouterai rien, sinon qu’une fois encore, vous n’entrez pas en matière sur la question des hardeuses et des hardeurs.


    • amiaplacidus amiaplacidus 18 août 2014 14:02

      Au delà de l’aspect étroitement juridique que vous citez, il y a un aspect purement pratique.

      Les pays qui ont légalisé la prostitution (Pays-Bas, Allemagne, Suisse, Autriche, ...) ont un taux de criminalité lié à la prostitution beaucoup plus bas que les pays répressifs et la France en particulier.

      Dans ces pays, les femmes qui choisissent de se prostituer sont défendues par des lois. Celles qui sont contraintes de se prostituer sont protégées par des lois. Le proxénétisme y est fortement combattu et pénalisé, les peines sont lourdes. Et c’est très bien ainsi.

      En France, c’est un peu le contraire. En principe le proxénétisme est puni, mais comme les maquereaux sont très souvent des indicateurs de police, ils ne sont que peu pourchassés, sauf les choses deviennent trop voyantes.

      Le cas de figure parfait, c’est la Suède. Depuis l’interdiction de la prostitution et en faisant abstraction d’internet (parce que là...), il n’y a plus de prostituées en Suède. Simplement, sur les quais, il y a passablement de navettes qui amènent les clients sur des bateaux ancrés dans les eaux internationales pour de folles après-midis, soirées, etc. Et là, la situation des femmes est bien pire que ce qu’elle était sur terre ferme : sévices, coups, alcoolisme, etc. On ne peut même plus parler de prostitution forcée, mais de franches tortures. Comme quoi, l’enfer est pavé de bonnes intentions.


    • César Castique César Castique 18 août 2014 15:58

      « Au delà de l’aspect étroitement juridique que vous citez, il y a un aspect purement pratique. »


      Vous avez raison, bien sûr, mais je voulais surtout mettre en évidence le fait que l’autrice - ou l’auteuse, je ne sais jamais - élude les arguments concrets ressortissant aux réalités de la prostitution pour s’en tenir à des généralités « sassées » et resassées.

    • mmbbb 19 août 2014 19:29

      Je vous signale que mon commentaire d hier a ete retire Donc il s’agit bien d’uniformiser la pensee et de ne pas accepter une controverse. Je ne viendrai plus ce media qui ne presente plus d’interet Cette auteure m ’a censuree 2 fois inadmissible 


    • César Castique César Castique 22 août 2014 08:20

      Si vous avez le temps, vous pourriez essayer de proposer un contre-article, reprenant les arguments que vous aviez développés dans votre intervention, mais sans faire aucune allusion à la censure systématique dont vous avez fait l’objet... Ce serait une sorte de test...


    • Anna Flow 24 août 2014 10:52

      @ César Castique :

      Les distinctions évoquées par cette personne (usus, abusus, fructus) sont bien réelles et existent en droit, mais pas seulement dans le code du commerce. Avant d’être réglementée par le code du commerce pour certains de ses aspects, la vente est tout d’abord réglementée de manière générale dans le code civil (tronc commun) (articles 1582 et suivants du Code Civil, ouvrez un Code Civil, vous verrez).

      Quant aux distinctions usus, abusus, fructus, elles ne s’appliquent pas qu’à la vente, car de toute manière elles ne peuvent s’appliquer à un type de contrat en particulier, contrats régissant les différentes manières d’acquérir la propriété. Non, ces distinctions usus, abusus, fructus sont des caractéristiques de la propriété en général, mais surtout du bien.

      Le bien, en droit, est un objet de droit, une chose sur laquelle le sujet de droit (l’être humain ou la personne morale comme une société) a un droit de propriété qui se découpe donc en usus, fructus, abusus. Donc toutes ces caractéristiques s’appliquent aux biens. Les biens sont « définis » par les articles 516 et suivants du Code Civil.

      Toutefois, l’article 16-1 du Code civil dispose que « le corps humain, ses éléments et ses produits ne peuvent faire l’objet d’un droit patrimonial  ». Le droit de propriété sur les biens est un droit patrimonial. Donc le corps humain ne peut faire l’objet d’un droit de propriété, donc ne peut faire l’objet de ces distinctions usus, fructus et abusus qui caractérisent le droit de propriété.

      De plus, l’article 16-5 du Code Civil dispose que «  les conventions ayant pour effet de conférer une valeur patrimoniale au corps humain, à ses éléments ou à ses produits sont nulles ». Cet article ne vise pas les contrats (compris dans les conventions, notion plus large), mais toutes les conventions : donc peu importe qu’il s’agisse d’un contrat de vente, de location ou autre contrat que le droit n’aurait pas encore nommé), tout accord ayant pour effet de conférer au corps une valeur patrimoniale est nulle. Donc un accord où l’un donne de l’argent à un autre pour utiliser son corps est nul. Et il ne s’agit pas ici de salariat, dans le salariat, encore une fois, c’est le travail qui est rémunéré : la construction d’un bien, la prestation intellectuelle (conseil juridique, consultation médicale…), et celui qui paye ne touche pas le corps de l’autre travailleur, ni ne le pénètre, par exemple, pour obtenir un plaisir sexuel.

      Autrement dit, le corps humain, en droit, n’est pas un bien. Ce n’est pas un bien qui peut faire l’objet de spéculation pécuniaire, ce n’est pas une chose, ce n’est pas un objet, c’est un sujet de droit !

      Donc, toutes les distinctions usus fructus et abusus ne s’appliquent pas au corps humain, c’est tout. Le droit refuse qu’elles s’y appliquent, il est donc vain de rechercher en quoi le corps humain du ou de la prostitué(e) pourrait en faire l’objet, c’est sans aucun rapport, le corps humain ne peut se décomposer de la sorte.

      Ps : on dit “auteure”, comme vous pourrez le constater en ouvrant un dictionnaire de langue française… 


    • Xtf17 Xtf17 18 août 2014 09:40

      Je connais une autre activité qui exploite le corps des êtres humains contre de l’argent versé de manière récurrente : le salariat.
      Il suffit de remplacer vagin/pénis et fesses par bras/jambes et cerveau...
      Prostitution / salariat, même combat ?
      Qu’en est-il du « désir » renouvelé chaque jour de se soumettre à un propriétaire de moyens de production seul pourvoyeur d’argent nécessaire à notre propre reproduction (sans jeu de mot) ?


      • Pepe de Bienvenida (alternatif) 18 août 2014 09:49

        L’employeur joue le double rôle de client/maquereau. Dans le rôle du mac, Comme la violence directe lui est interdite, c’est en amont, à l’entretien d’embauche, qu’il devra sélectionner les plus malléables, qui vont lui poser le moins de problèmes. C’est aussi comme ça qu’en période de chômage fort la combativité des salariés fond comme neige au soleil.


      • psynom 18 août 2014 10:16

        La prostitution cause-t-elle un trouble sociale au point de légiférer ?

        Non, les troubles à l’ordre publique peuvent être réglés par des arrêtés préfectoraux, et les problèmes de proxénétisme et de traite humaine devraient conduire à donner plus de moyen à la police (au contraires leurs objections ne sont pas entendues)

        Cette nouvelle loi n’est basée que sur de purs préceptes moraux, comme cet article bourré de sophismes le démontre très nettement.

        La légifération sur la prostitution est-elle souhaitée par la population française ?

        Non, elle émane de feuilles de routes dictées par des personnes non-élues de l’Union Européenne. Tous leurs objectifs sont d’ailleurs à volonté liberticide.


        • psynom 18 août 2014 10:52

          Dans la pratique, que va amener cette loi qui vise à amender l’achat de prestations sexuelles tout en ne pénalisant plus le racolage ?

          -les flics ne occuperont plus des filles, mais récolterons les amandes (ce qui n’est pas taxable doit être amendable)

          - les filles (protégés par réseaux désormais complètements invisibles et inattaquables) pourront racoler légalement dans la rue, et surtout sur internet, où le l’acheteur de services sera lui aussi inattaquable.

          En effet, les filles esclaves de leurs proxénètes sont soumises à des pressions et des menaces qui les empêchent de se confier. Les arrêter pour racolage leur donnait une possibilité de demander de l’aide, et d’être suivies par la police et association sincères (ce que regrettent l’OCRETH et les syndicats de police).

          La police n’étant plus occupée qu’à traquer les acheteurs, ces filles seront « invisible » livrée à l’indifférence de tous. Derrière un écran internet, personne même pas la police, ne pourra percevoir leur malheur.


        • Anna Flow 24 août 2014 10:48

          @psynom :

          Non, vous faites erreur, la proposition de loi ne légalise pas le racolage, donc les prostitué(e)s ne seront pas libres de racoler dans la rue.

          Ce que la loi supprime, c’est le racolage passif. Qu’est-ce que le racolage passif ? C’est une distinction que la loi actuelle fait (article 225-10-1 du Code Pénal) mais sans décrire cette infraction particulière (passive). Du coup, on se demandait sans arrêt ce qu’était une incitation passive ? Est- ce que c’était être habillé de manière provocante en restant debout dans la rue ? Le juge a décidé que non (cour de cassation, chambre criminelle, 25 mai 2005) : être en tenue provocante dans un lieu connu pour la prostitution ne suffit pas à caractériser le délit de racolage public selon le juge. Donc on voit bien que c’était une infraction quasiment impossible à caractériser ! Donc inutile. Donc la supprimer ne changera rien : le racolage sera toujours interdit. 



        • Robert GIL ROBERT GIL 18 août 2014 10:23

          Chacun en Europe essaie de réglementer la prostitution, mais personne n’a encore empêché son exploitation mafieuse. En France, où les maisons closes ont fermé en 1946, le plus vieux métier du monde est toléré, mais le racolage des clients est interdit. En Allemagne, l’activité est complètement légale, et si en Suède, qui applique la pénalisation du client depuis plus de 10 ans, la prostitution a disparu de moitié des trottoirs, elle se déplace sur internet. En condamnant la prostitution traditionnelle, ne risque-t-on pas de mettre en place une forme d’esclavage hors d’atteinte de la police et de la justice ? Des réseaux de traite et d’exploitation sexuelle peuvent, à peu de frais, créer un site internet, hébergé dans des cyber-paradis, l’alimenter en annonces et photographies diverses, et y déposer des annonces multiples. Ainsi, la rentabilité de leurs activités est maximale pour un risque minimal.

          voir : PROSTITUTION, ON LEGALISE OU ON PENALISE ?


          • psynom 18 août 2014 11:12

            Vous citez, effectivement, le RAPPORT D’INFORMATION N° 3334 (de 2011, présenté par Guy Geoffroy, un des ardents défenseurs de cette loi)

            et entre-autres, sur la prostitution sur internet :

            c) L’impunité  : les difficultés de la répression du racolage et du proxénétisme sur Internet

            et aussi :
            a) L’avantage financier : la faiblesse des coûts d’accès et de fonctionnement
            « ...et... la rentabilité de leurs activités est maximale. »

             

            On peut se demander, que cherche-t-on avec une telle loi qui aura la conséquence de rediriger la prostitution sur internet, si rentable pour certains ?


          • Aimé Diéval Aimé Diéval 18 août 2014 11:11

            " Victor Hugo disait, dans Les Misérables, à propos de la prostitution : « C’est la société achetant une esclave. A qui ? A la misère, à la faim, au froid, au dénuement. Marché douloureux : la misère offre, la société accepte ».

            Tout le monde n’a pas les moyens d’obliger une actrice à renoncer à sa carrière, de la forcer à vivre cloîtrée et de ne sortir qu’en sa compagnie, tout en se tapant des maîtresses annexes, selon son bon plaisir, Pour cela, il faut du pognon.


            • Robert GIL ROBERT GIL 18 août 2014 14:17

              sous entendez-vous que les bonnes sont des puttes ?


            • sleeping-zombie 18 août 2014 11:31

              Article bien plus brouillon que le 1er. Et encore plus éloigné de la réalité. Pleins de contresens aussi, dont le thème principal se résume par « la liberté, c’est faire ce que tu veux, sauf si ce que tu veux ne me plait pas ».

              Quelques remarques en passant :
              -pourquoi censurer les commentaires désobligeants suite à ton premier article si c’est pour leur répondre ici ?
              -pourquoi dénoncer l’opprobre sociale qui entoure la prostitution, et l’alimenter simultanément ?

              et sinon, les remarques du précédent article s’appliquent encore :
              -la prostitution n’est pas du traffic d’organe
              -l’argent n’abolit pas le consentement

              Et du reste, il y a encore cette monstrueuse impasse logique, un évidence, mais j’aimerais une réponse :
              Si tu considères que le recours à la prostitution n’est que l’ultime manifestation du désespoir de quelqu’un qui n’a que ça (l’alternative étant mourir de faim), que se passe-t-il si on supprime la prostitution ? Tu crois que les ex-client vont filer spontanément 100-150 euros à quelqu’un, comme ça, pour rien ?


              • San-antonio San-antonio 18 août 2014 11:43

                Article complétement foireux. Une simple preuve (parmi des dizaines d’autres) :

                " la différence avec le contrat de travail par exemple est que dans ce dernier, c’est la prestation intellectuelle ou matérielle fournie qui fait l’objet d’une rémunération, puisqu’elle se détache de l’individu. C’est le résultat qui est monnayé : la construction d’une voiture, la création d’une œuvre d’art, la fourniture d’un conseil qui fait l’objet du contrat et du prix, et non le corps humain."

                Dans la prostitution, c’est le plaisir qui est monnayé, pas le corps. Le client paye pour la jouissance. Pas pour l’achat ou la location du corps. La preuve, la question principale une fois l’acte terminée est : que faire du corps.
                Que votre combat soit l’interdiction de la prostitution vous honore, mais vous vous ridiculisez par la vacuité de vos arguments et le manque total de justesse de votre analyse.
                La prochaine fois qu’il vous prend l’envie de pondre un tel article, relisez-vous plusieurs fois avant de décider de sa publication...


                • sleeping-zombie 18 août 2014 11:49

                  Ou mieux, faites le relire par quelqu’un d’autre, et de préférence quelqu’un qui ne sera pas forcément d’accord avec vous.


                • chantecler chantecler 18 août 2014 11:51

                  Pff : derrière il y a les réseaux mafieux qui manipulent beaucoup d’argent ...( je n’évoque pas la traite des femmes « de l’est » (encore que l’est c’est pas loin) , africaines et autres )...
                  C’est comme pour la drogue : pas légaliser non : pas touche au gâteau .
                  « La prostitution c’est pas bien , la drogue c’est pas bien » dixit le pape ?
                  En attendant les réseaux ne se sont jamais si bien porté et arrosent au passage faisant des heureux .
                  Naturellement il faut légaliser , légiférer et poursuivre les mafias .


                  • Manu Manu 18 août 2014 14:28

                    Merci pour cet article, qui témoigne d’une réflexion approfondie, bien loin de celles des commentaires qui flirtent tous sur une pseudo-ringardise (à les lire, se prostituer c’est quasi-tendance).

                    J’ai longtemps buté sur l’argumentaire de la prestation de service ; après tout, on ne reproche rien à un autre métier très proche de part son rapport au corps, le massage.

                    Du coup, je trouve l’argument du désir vraiment intéressant : selon beaucoup de détracteurs, quel mal y a-t-il à monnayer le plaisir ? Sous-entendu, finalement, un(e) prostitué(e) a la chance (!) de pratiquer le meilleur métier en joignant l’utile à l’agréable !

                    Souligner que sans argent, il n’y aurait pas de rapport sexuel, c’est dissiper le fantasme du métier-plaisir.

                    Bravo !


                    • sébastien92 18 août 2014 14:29

                      Vous dites , "le « client » préfèrera présumer du consentement et du bonheur de la prostituée plutôt que de se constater violeur«  

                      si vous saviez vraiment, dans quel état sont les personnes qui ont été violées, vous ne tiendrez pas ce genre de discours malsain et malhonnête, vos propos sont dangereux car il compare sur un même pied d’égalité un crime avec une contravention (si elle est appliquée)

                      vous dites »L’argent cachant cette volonté, ce désir  »

                      vous connaissez beaucoup de couples, beaucoup de relations extraconjugales (amant, maîtresse), où il a n’y a pas d’intérêt financier et de confort de vie, ça se voit que vous ne connaissez pas la vie madame.. ou plutôt que vous ne sortez pas de votre « tour d’ivoire ».. quand vous assistez au divorce de couples..après vous savez pourquoi ils s’étaient mariés..et puis les couples avec grand écart d’âge (la jeune et jolie jeune fille opportuniste qui se marie avec le vieux riche.. c’est quoi ? c’est de l’amour peut-être.. non c’est la même chose, c’est une forme light de prostitution..) il n’est jamais trop tard Anna d’ouvrir les yeux.. et de laisser tomber « les romans à l’eau de rose »

                      Vous dites "Quand bien même une personne aurait envie d’autant de rapports sexuels en si peu de temps, cela est une addiction, une maladie", 
                      "le besoin urgent et impératif d’argent, le tout consécutif aux manques de repères sur la sexualité, sur ce que le corps représente, sur son intimité « 

                      allons y Anna !!!!, mettons les prostitué(e)s dans des centres de rééducation mentale.. vous savez ce que c’est cela, ça s’appelle une dictature.. vous nous ramenez à des heures sombres de notre histoire.... ce n’est pas parce que des gens ont une autre sexualité que la votre Anna, que ce sont des personnes anormales, à soigner... attention aux dérives de votre argumentation

                      Vous dites »un homme, un vrai, ne paye pas pour convaincre une femme à coucher avec lui« 

                      c’est vrai qu’un homme ne se doit pas de prendre soin d’une femme, de l’inviter au restaurant, de la sortir au cinéma, en soirée, de l’amener en voyage, pour sa maîtresse de lui offrir de petits cadeaux... non mais dans quel monde vous vivez Anna... sortez un peu dehors !! vous allez me dire que c’est de l’argent indirect mais comme dit une représentante des prostituées suédoises » moi au lieu de m’offrir la bouteille de champagne comme pour sa maîtresse.. il m’offre l’argent de la bouteille.."    tout est dit !!...


                      • Ramana Ramana 18 août 2014 17:19

                        Manu, on a dit que la prostituée monnayait du plaisir et non pas son corps. On a pas dit que c’était elle qui était censée trouver du plaisir dans l’échange. Si elle en trouve, du plaisir, tant mieux pour elle, mais si elle n’en trouve pas, le bon exercice de son art est de suggérer au client de façon crédible qu’elle en prend pour son plus grand plaisir à lui, puisque c’est lui qui raque et elle qui empoche. Moi, je fais avec ma tête et mes bras un boulot qui m’emmerde, mais je vends ma prestation en ne laissant pas paraître que je m’emmerde, et d’autre font le même boulot que moi et ceux-ci y trouvent du plaisir, ça dépend des mecs, comme dirait l’autre ! Quand à la pédophilie, elle n’a rien à faire là dedans. Qu’est-ce qui fait autant réagir au fait de vendre un plaisir corporel et affectif ? Est-ce la dimension corporelle, mais la masturbation n’est plus interdite, elle est même encouragée ? Est-ce la dimension affective, mais on dépense souvent plus que cela pour de l’amour ? Il conviendrait de rechercher plus en profondeur (hum !) les causes de cette aversion pour le sexe tarifé.


                        • Abdu Abdu 18 août 2014 17:58

                          Vente du corps / vente de service. Oui, en théorie, c’est un service qui est vendu.
                          Mais le service en question exige un engagement du corps et une intimité avec le client comme aucun autre service ne l’exige.

                          Par ailleurs, légaliser la prostitution donnerait-il vraiment aux prostitués et aux clients un statu honorable ? Je veux dire, cette activité peut-elle pas simple modification du contexte légal avoir droit de cité et être mise au grand jour ? Pas vraiment.

                          Alors, une prostitution légale, pourquoi pas. Mais à condition de donner au prostitué les conditions de vie d’un psychiatre. En incluant son honorabilité. En fait, je crois tout simplement qu’on ne sait pas faire.

                          Je me souviens avoir voyagé à Bangkok. La promotion pour la prostitution y était des plus agressives. Il fallait se justifier, en tant qu’étranger, auprès des VRP du sexe pour refuser leur offre.
                          « vous devez y aller, tout le monde y va, c’est normal ! ».
                          « vous y allez, vous ? »....
                          « heu, non... »
                          « vous vous prostituez, vous ? »
                          « heu... non... »
                          « et votre femme, votre fille ? »
                          « Ha ben non alors ! »
                          « Pourquoi ? »
                          « Au revoir monsieur »

                          Alors même quand on veut faire croire que c’est banal, ben non, on y arrive pas.
                          La prostitution n’est pas banale.
                          Ce n’est pas une activité comme une autre.
                          Ce n’est pas une question de loi, mais d’éducation et de culture, mais alors de culture au sens si large qu’on devrait envisager l’idée de culture humaine. Je ne crois pas qu’il y ait de pays où l’on regarde son enfant en se disant « tiens, plus tard, il sera prostitué, ça lui irait bien... ».

                          Tout cela étant dit, il reste une vraie question à laquelle je ne sais pas quoi répondre :
                          Comment protéger les prostitués si on les maintient dans la clandestinité ?


                          • Manu Manu 18 août 2014 19:18

                            Comment protéger les prostitués si on les maintient dans la clandestinité ?

                            Se pose-t-on la question de protection des enfants qui travaillent ?

                            Je pense que la sympathie pour le « travail du sexe » partage les même ressorts que celle pour le travail des enfants au début du 20è siècle. On y retrouve d’ailleurs les mêmes justifications :

                            • en quoi ça vous gène ;
                            • ça ne peut pas faire de mal ;
                            • il faut bien vivre de quelque chose ;
                            • etc.

                            Le sujet est éminemment culturel, et bien sûr parfaitement corrélé à la place de la femme dans la société, voire plus sournois, à son image.


                          • Ramana Ramana 19 août 2014 09:15

                            "Je ne crois pas qu’il y ait de pays où l’on regarde son enfant en se disant « tiens, plus tard, il sera prostitué, ça lui irait bien... ».
                            Bof ! Quand je vois comment certains parents habillent leurs gamines dès le plus jeune âge, je me dis que c’est tout comme ! Bon, je plaisante (quoique). Oui, c’est sans doute une question de culture au sens large, puisque toutes les Traditions mettent en garde contre la recherche des plaisirs, et plus encore du plaisir sexuel (« celui qui boira de cette eau aura toujours soif »). Il s’agit de s’éloigner des plaisirs qui occupent et entretiennent l’égo, pour laisser place à la véritable nature de l’homme qui doit s’affirmer au plan universel. C’est un point de vue qui transcende la morale et l’ordre social, mais sa primauté (dans l’ordre spirituel) fait qu’il se décline dans le monde en tant que morale et ordre social. En gros, c’est une direction qui vous est conseillée d’en haut. Même si nous sommes passés dans une société réputée rationnelle et « libérée », nos racines fondamentales ne sont pas coupées pour autant, et bien heureusement. Ceci dit, d’un point de vue individuel et en attendant d’être un pur esprit, il vaut peut-être mieux aller voir les jolies dames de temps en temps plutôt que nourrir des frustrations qui feront de vous un vieux con aigri. Chacun son rythme, peuchère ! Et les dames en question, si tant est qu’elles sont libres de leurs choix (mais il y en a plus qu’on veut bien le dire), laissez les donc gérer comme elles le veulent le salut de leur âme qui est peut-être beaucoup moins noire que celle de votre curé, qu’en savez-vous ? 


                          • Abdu Abdu 19 août 2014 13:43

                            Manu, je veux bien aussi qu’on se pose la question de la protection des travailleurs illégaux. Enfants compris. Ou est le problème ?
                            Je n’ai pas de sympathie pour le travail, qu’il soit du sexe ou autre.
                            Mais je vois des personnes exposées injustement à plus de risques que d’autres. Et oui, l’injustice me dérange.
                            Je ne parle pas des risques choisis. Mais du fait d’être condamné à vivre en marge de la société par nécessité.

                            Ramana, je ne m’occupe pas des âmes. Pas plus de celle des prostitués que celle des clients, des proxénètes ou de ceux qui encaissent leurs pots de vin.
                            Nous vivons dans une société qui a ses parias. S’il y a une question à se poser, c’est bien comment éviter que ces parias soient assignés contre leur grès à leur état. Légaliser y changerait-il quelque chose ? Non, car les racines sociales et morales sont trop profondes.
                            Aimeriez-vous que vos enfants se prostituent ?
                            Si vous vous prostituiez, aimeriez-vous que vos parents le sache ?
                            Et si c’était légal, officiel, est-ce que !a changerait votre réponse ?

                            Alors légaliser ou pas… Est-ce la bonne question ?

                            Allez, je vais dire des absurdités qui vont en faire bondir.
                            Plutôt que de légaliser, adoptons le revenu d’existence inconditionnel.
                            Accordons à chaque personne, sur la simple preuve de son existence, un revenu suffisant pour vivre et apprendre.
                            Et après, après seulement, faites ce que vous voulez de la prostitution, cela n’aura plus d’importance parce que nous saurons que personne ne se prostitue autrement que par choix.

                            Légaliser ou pas ? Peu importe.
                            Il faut libérer.


                          • Manu Manu 19 août 2014 14:03

                            En ce qui concerne le travail des enfants, je voulais juste souligner que le travail des enfants est interdit sans qu’on se pose la question de savoir ce qui arrive malgré tout aux enfants qui le subissent.

                            Pour ce qui est du revenu d’existence, je vous approuve totalement.


                          • Manu Manu 18 août 2014 19:09

                            @ rodier_a & Ramana

                            Un enfant ne pourrait consentir à la pédophilie parce qu’il n’est pas capable de discernement. Soit : le consentement en ce qui concerne l’acte sexuel discrimine donc ce qui est acceptable de ce qui ne l’est pas : la pédophilie est proscrite parce que l’enfant ne peut y consentir, et c’est selon le même raisonnement que le viol est condamnable.

                            La prostitution se ferait avec consentement, mais sans plaisir nécessaire : comment consentir à ce qui n’apporte pas de plaisir ?

                            Quant à la comparaison avec un salarié malheureux au travail, je la trouve bancale : suggérez-vous que tout salarié dans ce cas n’a qu’à se prostituer pour changer (et finalement, peut être mieux gagner sa vie) ? Si la prostitution est si banale, pourquoi ne pas supprimer les indemnités chômage à ceux qui refuseraient de vendre leur corps ? 


                            • sleeping-zombie 18 août 2014 22:08

                              comment consentir à ce qui n’apporte pas de plaisir ?

                              Tu te poses vraiment la question ? Si oui, tu ne connais pas ton bonheur, et tu as probablement moins de 6 ans. Tu n’es jamais allé à l’école, n’es jamais tombé malade, n’a jamais eu a te forcer à quoi que ce soit. Si non... qu’est-ce que ça fait de toi ? Je t’accorde le bénéfice du doute : aveuglé par le caractère sacré de ta mission, tu ne t’es pas relu :D


                            • placide 19 août 2014 08:28

                              Ma grand mère me disait que la différence entre une personne moralisatrice et une personne morale est que la première s’efforce de gérer les idées et le comportement des autres alors que la seconde s’efforce de se gérer avec droiture .


                              • Primum non nocere Primum non nocere 19 août 2014 13:41

                                @Anna Flow

                                La répression et l’abolition que vous promulguez et avez proposé durant ces deux (longs) articles ne sont pas une réponse valide, à mon humble avis. D’une part, nous savons ce que signifie la répression : Apparition systématique de « réseaux parallèles », non-contrôlés, dangereux, etc. Pensez donc à Capone et la prohibition, pensez encore au cannabis et ses dérivés (la France, un des pays où la répression est la plus forte, est aussi un des plus gros consommateur).

                                Tenez, parlons les starlettes de la pornographie : Elles s’octroient parfois de petites interviews à la TV, que vous pourrez probablement retrouver ça aisément si vous n’en avez pas déjà eu écho. Elles ont l’air très contentes, et très consentantes, et gagnent elles-aussi de l’argent par leurs prestations sexuelles avec un nombre plutôt important de partenaires au cours de leur carrière (et parfois même d’un seul coup). Par choix. Dans un cadre.

                                ’Voyez où je veux en venir ? Un cadre  ! Un cadre légal, mais également un cadre de travail pour faire tomber les réseaux, les abus, les risques. D’où la nécessité de légiférer à ce sujet, mais surtout pas comme vous même l’envisagez.


                                • franc 19 août 2014 14:00

                                  encore une censure ,mes deux longs commentaires qui réfutent tous les propos de l’auteure dans son article ont été supprimés


                                  • franc 19 août 2014 14:40

                                    l’auteure fait l’amalgame entre relation sexuelle dans le cadre d’une relation amoureuse avec une prestation sexuelle dans le cadre d’un contrat de prostitution ,tout son raisonnement tombe à l’eau en dehors de cet almagame

                                    -

                                    si dans une relation amoureuse la réciprocité du plaisir est demandée ou du moins recommandée ,dans une prestation sexuelle le contrat n’exige pas que la prostituée ait du plaisir mais seulement une somme d’argent comme salaire de la prestation ,c’est un troc entre la satisfaction d’ un plaisir sexuel pour le client contre la satisfaction d’une somme d’argent pour la prestataire du service sexuel. Cela n’empêche  nullement que la prostituée puisse prendre plaisir dans cette prestation de service sexuel ,mais là c’est un plus pour elle.La liberté sexuelle de la femme exigeant la réciprocité du plaisir n’est pas en jeu dans le cas du contrat de prestation de service sexuel 

                                    _

                                    la prostitution de certaines femmes ne supprime pas ou n’empêche nullement la liberté sexuelle des autres femmes ni d’ailleurs la liberté sexuelle des prostituées en dehors de son cadre de travail


                                    • Guillaume 19 août 2014 23:42
                                      Je partage avec vous cette utopie d’une société idéal sans prostitution. Mais comme le dit si justement Elisabeth Badinter « Poursuivre les clients, c’est se donner à peu de frais l’illusion d’agir. C’est céder à la tentation prohibitionniste qui consiste à tout espérer de la criminalisation de la consommation. Ce sera au bout du compte écarter de la vue ce qu’on ne veut pas voir et produire un enfer pavé de bonnes intentions. » 

                                      Les principales associations de terrain hormis Le Nid venants en aide au personnes prostituées sont contre la pénalisation du client Acceptess-T , Act Up-Paris ,AIDES ,Cabiria ,Collectif droits et prostitution ,Griselidis , Médecins du Monde ,Strass.Je pense que ces associations sont mieux placées que vous et moi pour juger des bienfaits et méfaits de la pénalisation du client.

                                      Pour une société sans prostitution il ne faut pas se tromper de cible. Il ne faut pas lutter contre les travailleurs du sexes mais contre la précarité.


                                      • nemotyrannus nemotyrannus 20 août 2014 18:31

                                        Arrêtez de parler de la responsabilité des autres , Ana , la prostitution tient à la responsabilité de celui ou celle qui la pratique du moment que c’est de son plein gré.


                                        La responsabilité , méditez ce mot.
                                        Si on laisse faire , il y a consentement. Si on permet de faire , il y a consentement. Si c’« est un moyen que l’on regrette mais que l’on prend quand même , il y a consentement.


                                         »C’est assez misogyne, il faut bien le remarquer ! Le problème se déplace donc sur la défense de la femme à cause de ceux-là mêmes, misogynes, qui croyaient attaquer des féministes. Hypocrite perversité des arguments dont l’effet boomerang force à s’appesantir sur la liberté sexuelle des femmes. « 

                                        Arrêtez de délirer , faut-il vraiment vous rappeler que c’est ces même féministes qui font des questions globales des questions genrées ?!

                                        C’est de la mauvaise foi totale.


                                         »Le féminisme ne veut pas combattre l’homme, ni lui être supérieure, mais rappelle que la femme est l’égale de l’homme." 

                                        On lui reproche pas de vouloir les femmes supérieures , seuls les plus idiots le comprennent ainsi .
                                        On lui reproche de tenir des propos absurdes , simplistes , manichéens faux et sexistes pour des raisons idéologiques.
                                        On lui reproche de diffuser leur vision du monde au lieu de se concentrer sur les inégalités. On lui reproche de parler des inégalités que quand c’est conforme à leur vision du monde.
                                        On lui reproche sa tendance au mensonge et au psittacisme , ses méthodes propagandistes avec ses biais émotionnels .


                                        Vous saisissez la nuance ?

                                        Maintenant , on vous fera peut être plus confiance quand vous critiquerez ouvertement les idées selon lesquelles seules les femmes sont victimes de sexisme , d’idée de monde gouverné par un sexe ou je ne sais quoi dans ce genre.
                                        Mais vous ne le ferrez pas car ce sont les bases même de vos croyances.





                                        • nemotyrannus nemotyrannus 25 août 2014 17:05

                                          - Je ne suis pas féministe et n’ai rien contre les femmes.


                                          -Une féministe non radicale est une personne se concentrant sur les inégalités criantes et observables mais qui ne va pas forcément tout expliquer par le sexisme/domination masculine.
                                          En gros c’est une personne qui va se contenter d’observer un fait et ne pas l’interpréter via prisme idéologique.

                                          -Je lui dirai la même chose.
                                          Mais quand on a un pseudo comme « Anna » , il est normal de suggérer que vous êtes de sexe féminin.

                                        • yvesduc 22 août 2014 21:20

                                          Avez-vous lu « Les chambres closes » de Germaine Aziz et « Journal d’un travesti » d’Edi Oliveira ? Il s’agit de deux témoignages. Dans chaque cas, les auteurs, après avoir été prostitués de force, continuent de leur plein gré en raison des avantages qu’ils y trouvent (la rémunération horaire élevée). Demander l’abolition de la prostitution revient à demander l’interdiction de la pauvreté. On a tous envie qu’une loi « interdise » la pauvreté mais personne n’a la naïveté d’y croire.


                                          Plus précisément, j’aimerais dans l’immédiat savoir de quels moyens dispose la police pour lutter contre les réseaux de prostitution, c’est-à-dire contre la prostitution forcée, qui est le premier des problèmes…

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