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Présidentielles : aucun positionnement des candidats sur les Etats-Unis ?

Entre l’anti-américanisme conspirationniste de certains et l’américanolâtrie béate des autres, n’y a-t-il donc autre chose à faire qu’attendre le retour d’une autre Amérique pour que les choses rentrent toutes seules dans l’ordre, alors que le monde risque de basculer dans une nouvelle crise ?

Qui sont les plus ridicules, les démocrates américains qui, après avoir applaudi à la guerre durant cinq ans, semblent découvrir l’étendue du désastre ou nos responsables politiques qui, à l’unisson de l’opinion, avaient averti de la catastrophe à venir mais n’en attendent pas moins que les mêmes démocrates - qui furent sourds à ces avertissements et vociférèrent contre la France et les Français pour ne pas sembler en reste sur les éditorialistes de Fox News, de CNN, du New York Times ou du Wall Street Journal - nous permettent cette fameuse réconciliation avec l’autre Amérique, la vraie Amérique ?

Lorsqu’il s’agit des Etats-Unis, les Français sont, soit frappés d’amnésie, soit butés dans leurs illusions. Le récent numéro de L’Express titré Ceux qui vont tout changer, pulvérise sur ce point les bornes du ridicule. Tous veulent oublier que les injures antifrançaises de Rice, Cheney et Rumsfeld lors de la guerre d’Irak furent relayées par les élus démocrates de l’époque ; tous oublient que dès le 14 septembre 2001, les pouvoirs de guerre furent donnés par un Congrès unanime à un président Bush qui rappela 50.000 réservistes, menaça les alliés récalcitrants, justifia l’usage de la torture et obtint le même soutien parlementaire pour son Patriot Act, constamment renouvelé depuis. Selon un sondage New York Times/CBS au lendemain des attentats, 85 % des Américains souhaitaient une action armée sans même savoir contre qui, et 75 % annonçaient la justifier a priori quand bien même elle entraînerait le massacre de civils et d’innocents. Aujourd’hui les mêmes, élus comme électeurs, sont dans les mêmes proportions d’un avis contraire.

Fort bien, réjouissons-nous-en, s’émerveille l’intelligentsia. Notre presse s’est mise de la partie. Elle a sauté de joie lorsque la Cour suprême de Washington a découvert le 29 juin 2006, avec quatre ans et demi de retard, qu’il se passait des choses pas jolies à Guantanamo : l’Amérique est de retour ! Mais la même presse est restée muette lorsque, quelques semaines plus tard, le Congrès, démocrates compris, a remis en forme législative l’arbitraire de la lutte antiterroriste, en intégrant dans la règle de droit ce qui n’était alors qu’un état d’exception (Military Commissions Act du 17 octobre 2006). Bis repetita pour le rapport Baker, qui contient pourtant tout et son contraire : les Américains prennent enfin conscience ! Il n’a pas fallu 15 jours pour que le rapport soit enterré. Même chose pour la victoire démocrate : on allait voir ce qu’on allait voir ! Nancy Pelosi, écrivait Philippe Labro, est le symbole même de la grandeur de l’Amérique, puisque son élection cloue le bec à tous les détracteurs (raisonnement dont la logique est d’autant plus belle qu’elle est totalement incompréhensible). On va bien voir ce que va faire le chairman Pelosi mardi soir 23 janvier, lorsque George W. Bush aura prononcé juste devant elle le discours annuel sur l’état de l’Union.

Si elle applaudit comme ses amis l’ont fait durant cinq ans ? Le mythe américain est tel que l’opinion française attendra encore deux ans la victoire de... de qui ? D’une ou d’un démocrate, pardi, comme on attendait John Kerry ! Et pour quoi faire, lorsque l’on sait que la démocrate Madeleine Albright, ex-secrétaire d’Etat de Clinton, qui considère aujourd’hui comme une faute une guerre qu’elle a soutenue, menaçait à l’automne 2004 de traîner en Irak les soldats français par la peau des fesses si son poulain battait Bush.

La même opinion française est en droit de dire aux Américains, démocrates compris : Cette défaite dont nous vous avions averti très tôt, vous l’avez voulue, vous l’avez, il fallait y penser avant. C’est un peu le sens de la sortie de Jacques Chirac le 6 janvier dernier devant les ambassadeurs. Mais après, que fait-on, alors que pendant que nos élites déboussolées par une Amérique qu’elles ne comprennent pas attendent on ne sait quoi, les Etats-Unis, qui n’ont plus d’autre objectif que de limiter la casse à défaut de sauver la face, vont laisser, davantage d’ailleurs par bêtise et incompétence que par volonté délibérée, tout l’Orient sombrer dans le chaos ? Qui peut me dire, à l’exception de l’alignement atlantiste de Nicolas Sarkosy, quel est le positionnement des autres candidats vis-à-vis de la politique américaine dans le contexte de crise internationale majeure que le monde vit ?

Le ridicule ne tue pas, sinon pas un élu américain, de quelque bord qu’il soit, ne serait plus de ce monde. Mais pas un de nos dirigeants n’aurait davantage d’espérance de vie, de quelque bord qu’il (ou qu’elle) soit.

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Les réactions les plus appréciées

  • Par (xxx.xxx.xxx.174) 22 janvier 2007 13:45

    xxx.x33.229.236 a écrit : Reste la réalité. 3000 morts américains, dont prés de 600 par accidents de la route et autres, ce n’est RIEN. Les USA peuvent poursuivre indéfiniment leur politique en Irak.

    Vous oubliez plus de 22’000 blessés, dont plus de la moitié sont des légumes à hospitalisés à vie dans des hôpitaux militaires.

    Vous oubliez, la dette de plus de 5 milliard de $ (5’000’000’000 $ !) que la Chine détient contre les USA. Tient, au fait, pourquoi les USA ne parlent-ils plus, depuis 2-3 ans, des violations des droits de l’homme en Chine ? Une autre dette de même ampleur vis à vis du Japon, sans compter les dettes envers d’autres pays ! Ce n’est peut-être pas le fait du hasard si le $ est en train de se déprécier par rapport à la quasi totalité des monnaies convertibles.

    Non, les USA ne peuvent pas continuer à vivre longtemps à crédit et à vouloir régenter le monde.

    La première guerre d’Irak a été financée en quasi totalité par les pays arabes (Arabie saoudite en particulier). Bush fils s’est imaginé que le même scénario se reproduirait, malheureusement, cette fois, les pétroliers arabes ont refusé de cracher au bassinet.

  • Par Anto (xxx.xxx.xxx.10) 22 janvier 2007 11:47

    @ l’auteur.

    un article plutôt vache... sutout le passage sur l’après immédiat du 11 septembre. Le ralliement du congrès derrière GWB était culturellement et donc politiquement inévitable !

    Culturellement, car si en France le patriotisme est toujours regardé de manière suspecte (à part pendant la coupe du monde de foot), il est une vertue fondatrice des Etats Unis. Or nous sommes au lendemain de la plus grosse attaque sur le sol américain depuis pearl harbor, avec 3000 morts, l’effondrement d’un symbole et surtout aucun ennemi identifiable. L’effet de surprise et surtout l’incapacité à prevenir un tel évenement laisse chaos et surtout laisse penser que cela peut se reproduire n’importe qd, sentiment d’autant plus insupportable que vous etes citoyen de la plus grande nation du monde. A menace exceptionnelle et imprevue, mesure exceptionnelle d’où le Patriot Act qui s’assoit sur des lois inadaptée(ou perçue comme telles ) à la menace.

    Politiquement, maintenant. Vous etes dans l’opposition, le peuple est choqué, réclame des têtes rapidement alors que le pays est en guerre contre un fantôme. Le président déclare un état d’urgence qui donne à son administration les prérogative de périclès. Une opposition à chaud revient à un suicide politique.

    Un des enjeux de la guerre en irak était aussi de prolonger cet état d’urgence, cette exaltation du patriotisme en personnifiant l’ennemi. Le slogan : "vous etes avec nous ou contre nous" a été mainte fois utilisé à l’égard de la France. Pensez vous réellement qu’il eut été possible pour un présidentiable américain de s’exposer à cette rhétorique binaire ces 5 dernières années ? avant qu’il ne soit acquis que l’Irak était un fiasco sans nom ? D’autant plus que Bush a été plébiscité à sa deuxième election.

    Je pense que c’est un mauvais procès que vous faites aux démocrates. Humainement, leur attitude est effectivement contestable mais la politique a ses réalités que vous éludez complètement dans votre réquisitoire.

  • Par Elisée-moi (xxx.xxx.xxx.60) 22 janvier 2007 17:23

    Les Etats-Unis et la France sont les 2 pays occidentaux les plus avancés dans ce qui est la tendance politique émergente du 21è siècle : le libéral-fascisme, combinaison du néo-libéralisme et du fascisme.

    Le libéral-fascisme consiste à accorder :

    1) toujours plus de liberté aux entreprises (base du libéralisme) et

    2) toujours moins de liberté aux citoyens (base du fascisme).

    Le libéral-fascisme revient à accorder l’impunité aux élites dirigeantes, et simultanément, à augmenter le contrôle et la répression envers les citoyens ordinaires, en leur appliquant le principe de la "tolérance zéro".

    Quand le libéralisme conduit au fascisme.

    La liberté des entreprises consiste à

    a) pouvoir polluer et saccager l’environnement,

    b) à être dispensées du financement de la collectivité par le biais des allègements d’impôts et de charges sociales, et

    c) à pouvoir disposer de salariés corvéables à merci, licenciables facilement et payés le moins cher possible.

    La "liberté" des entreprises est donc susceptible de provoquer une révolte de la population. La réduction des libertés individuelles et l’augmentation de la répression contre les citoyens sont donc le complément indispensable du supplément de liberté accordé aux entreprises.

    Par ailleurs, les conditions économiques de plus en plus difficiles augmentent le nombre des chômeurs, des précaires, et des sans-abris. Quant à ceux qui travaillent encore, ils touchent souvent un salaire misérable, insuffisant pour subvenir à leurs besoins compte-tenu du coût du logement et des produits de base.

    Afin de prévenir les réactions violentes ou illégales des pauvres et des exclus, le libéralisme nécessite le renforcement de la répression et l’instauration d’un état policier.

    En France, Nicolas Sarkozy, est presque en tous points aligné sur la politique de Bush et des néo-conservateurs américains :

    1) suppression des libertés au nom de la "sécurité",

    2) mépris des droits de l’homme,

    3) répression à outrance du moindre délit commis par le citoyen ordinaire,

    4) politique économique ultra-libérale,

    5) communautarisme,

    6) discrimination positive, et

    7) encouragement implicite de l’islamisme afin d’attiser ensuite la peur, la "matière première" indispensable du fascisme.

  • Par Sylvio (xxx.xxx.xxx.38) 22 janvier 2007 14:46
    Sylvio

    M. Jean-Philippe Immarigeon

    "Entre l’anti-américanisme conspirationniste de certains"

    Superbe amalgame...

    Je rappelle que le "9/11 Truth Movement" (http://911truth.org, http://911blogger.com, http://patriotsquestion911.com, http://www.st911.org) que vous semblez qualifier de "conspirationniste" si je comprend bien est avant tout américain (il regroupe près d’une centaine d’associations) et non pas d’anti Bush mais de politiques, de professeurs, de scientifiques, de chercheurs et même de juriste comme vous. Donc de nombreux américains sont anti-américains selon vous ?

    Pour ma part, je me sens proche du peuple américain, beaucoup plus que le français moyen peut-être, suis-je anti-américain ?

    Enfin, rechercher la vérité sur le 11 septembre n’a rien a voir avec être pour ou contre Bush. Avant tout, il faudra savoir ce qu’il s’est passé ce jour là : comment les 2 tours peuvent tomber en 10s (aucune explication scientifique ne tient mis à part le cas de la démolition contrôlée), comment se fait-il que les 4 avions n’aient pas été intercepté ce jour ou comment le Pentagone, bâtiment le plus protégé au monde, en situation d’alerte rouge peut-il se faire berner par un gros Boeing que les radars militaires devaient forcément voir.

    Va falloir m’expliquer comment se poser des questions sur ces points plus que troublant peut-être qualifier d’anti-américain. D’autant plus que je ne parle même pas des centaines de faits rapporté par des américains (Meyssan c’est complètement dépassé aujourd’hui) qui expliquent mieux les choses que la thèse officielle...

    Doit-on suivre la pensée unique et ne pas poser de question qui dérangent, ne pas chercher la vérité du tout, ne pas demander l’ouverture d’une enquête indépendante ? C’est ça le respect des familles de victimes (qui ne sont même pas écoutées d’ailleurs), quelle honte...

    Sylvain Papet - membre actif de ReOpen911.info - site d’information sur le 11 septembre

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