L’arbitrage rendu, en faveur de Bernard Tapie, par MM. Pierre Mazeaud, Jean-Denis Bredin et Pierre Estoup, a suscité beaucoup d’émotion. Moins pour la sentence favorable sur "l’affaire Adidas-Crédit lyonnais" que pour les 45 millions d’euros accordés au titre du préjudice moral.
Hier, après Jean Peyrelevade (en tant qu’ancien président du Crédit lyonnais), Bernard Tapie "comparaissait" devant la commission des finances de l’Assemblée nationale, cette dernière étant assistée de Charles-Amédée de Courson, député, membre titulaire du conseil d’administration de l’établissement public de financement et de restructuration du Crédit lyonnais (CDR).
Tout au long de l’audition de Tapie, les membres de la commission des finances ont pu montrer leur méconnaissance du dossier ainsi que leur impréparation, voire leur incompréhension de ce qui leur était expliqué, tant par Tapie que par Courson. Le silence de la majorité d’entre eux était révélateur. Quant aux leaders politiques, comme Hollande et Bayrou, leurs questions furent bien moins déstabilisantes ou virulentes que leurs propos antérieurs devant les médias.
Sur l’affaire Adidas-Crédit lyonnais, la version de Tapie ne différait guère de celle de Courson et vice versa. Celui-ci reconnaissait même des erreurs commises par le CDR (par exemple : le CDR a "oublié" de faire en sorte que les dettes soient productrices d’intérêts). Cette erreur ne saurait être imputées à Tapie, même s’il en bénéficie au final. Il ne s’agit que d’une incompétence du CDR...
Restait donc le "scandale" des 45 millions d’euros accordés à Tapie au titre de son préjudice moral.
Quel intérêt d’auditionner Tapie sur ce sujet ? Aucun ! Allait-il nous dire : "Vous avez raison. Cette indemnisation pour préjudice moral est indue !" ? Il y a eu erreur sur la personne.
Celles qu’il aurait fallu auditionner sont Pierre Mazeaud, Jean-Denis Bredin et Pierre Estoup, les trois arbitres qui sont les seuls à pouvoir justifier leur décision en la matière.
Une telle audition sera-t-elle à l’ordre du jour ?...
Pour terminer, il y a lieu de rappeler que ce malaise, cette polémique, quant à cette indemnisation pour préjudice moral, n’aurait pas eu lieu, aujourd’hui, si, à l’époque des faits, le Crédit lyonnais n’avait pas été une banque nationalisée qui, suite à ses difficultés financières, a été sauvée par l’État, c’est-à-dire par les contribuables, et pérennisée par la création du CDR (consortium de réalisation chargé de gérer le passif du Crédit lyonnais après la quasi-faillite de la banque en 1993).
En faillite, une banque privée aurait disparu et son passif avec elle. Les procédures juridiques de Bernard Tapie se seraient éteintes avec la disparition de ladite banque...
Bernard Tapie soutient Nicolas Sarkozy
Affaire Tapie suite : affaire d’Etat

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17/09 09:41 - Christoff_MTapie est un mythe, un moyen de manipulation. Tapie n’est qu’un porte-cravates. (...)
13/09 18:11 - xrayEt je n’ose pas imaginer le scénario machiavélique qui consisterait à lui reprendre (...)
13/09 17:10 - civis1Quelques rappels de faits qui curieusement sont ’oubliés’ concernant le Crédit (...)
13/09 10:00 - JJ il muratorecit : Et je suis bien prête de le croire quand il dit que du point de vue comptable il (...)
13/09 02:00 - joelimJ’ai envie de faire le même commentaire qu’à l’article précédent. : On ne (...)
13/09 01:23 - civis1