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Qu’est-ce qu’une superclasse et quelle est sa différence avec une classe sociale ?

Cet article ne plaira pas à la majorité des Agoravoxiens mais si la science devrait tenir compte de l'humeur des hommes(dans telle ou telle période de leur histoire), elle n'avancera pas d'un seul pouce ! Après cette petite introduction :

Qu'est ce qu'une superclasse ?

Une superclasse se caractérise par un mode de production déterminé c'est à dire un ensemble de relations économiques nécessaires que les hommes tissent entre eux pour produire les biens et services. Toute l'histoire de l'humanité a connu, depuis l'apparition de la propriété privée, trois grands modes de production correspondant à trois grandes superclasses : le mode de production esclavagiste correspondant à la superclasse esclavagiste, le mode de production féodal correspondant à la superclasse féodale et le mode de production capitaliste-salarié correspondant à la superclasse capitaliste-salarié.

Il existe une dernière superclasse composée de chômeurs(en grande partie) et une minorité de précaires en tant que semi-chômeurs. Le mode de production qui correspond à cette superclasse est le mode de production communiste(qui n'a rien à voir avec le capitalisme d'Etat qui s'est effondré partout au 20 e siècle). Contrairement aux superclasses antérieures, son mode de production ne peut pas naître naturellement mais seulement après la suppression de la propriété privée ou précisément son mode de production est la suppression de la propriété privée.

Une superclasse est composée de classes antagonistes

Dans toute l'histoire, on remarque que chaque superclasse est divisée en classes opposées l'une à l'autre.

C'est ainsi que dans l'Antiquité, la superclasse esclavagiste est divisée en maîtres esclavagistes d'un côté (direction économique de la superclasse) et de l'autre coté opposé en esclaves. Ces classes antagonistes sont en lutte permanente mais ne remettent jamais en cause le mode de production de leur superclasse. Les esclaves luttent soit pour améliorer leur sort, soit pour devenir des hommes libres mais ils ne peuvent jamais penser à une révolution, à un mode de production radicalement différent.

Le Moyen-Age débute par le renversement de l'Etat esclavagiste, par la révolution d'une nouvelle superclasse, la superclasse féodale. Celle-ci aussi est divisée en deux classes antagonistes : les seigneurs (direction économique de la superclasse) et les serfs. On constate que tout au long du Moyen-Age les serfs et les seigneurs sont en lutte permanente. Les serfs cherchent à améliorer leur sort et à devenir libre dans le cadre du mode de production féodale. Mais malgré leur opposition, ils ne peuvent pas avoir la conscience révolutionnaire c'est à dire la conscience d'un mode de production radicalement différent.

La fin du Moyen-Age, l'époque moderne, débute avec la montée d'une nouvelle superclasse, la superclasse capitaliste-salarié c'est à dire la superclasse de la propriété privée libre. Cette superclasse renverse partout l'Etat féodal(Angleterre 17 e siècle, France 18 e siècle,etc.) et devient la superclasse dominante depuis cette époque jusqu'à nos jours. Cette superclasse comme les autres est divisée en deux grandes classes opposées : la classe des capitalistes et la classes des salariés. La lutte entres ces classes prend plusieurs formes progressistes syndicalisme, réformisme(ces deux luttes ont permis un grand développement de l'humanité) et des formes réactionnaires surtout le capitalisme d'Etat de type soviétique où la production des moyens de production s’accroît relativement plus vite que la production des biens de consommation et entraîne des pénuries de biens de consommation pour une grande partie de la population.

Mais la superclasse capitaliste-salarié n'est pas la dernière grande classe de l'histoire, cette rôle revient à une nouvelle superclasse spéciale en opposition à toutes les autres superclasses antérieures : la superclasse des chômeurs.

En effet, contrairement à toutes les superclasses passées, et pour la première fois dans l'histoire, celle-ci n'est plus composée de classes antagonistes. Cette superclasse représente la destruction de toutes classes. Son mode de production nécessairement communiste implique l'abolition des classes et de la propriété privée. Comme ce mode de production n'existe pas, elle demeure exclue de la production et se trouve au chômage.

La superclasse des chômeurs ne peut renversé l'Etat capitaliste-salarié que lorsqu'elle devienne majoritaire dans la population. Ce résultat est issu d'une grande loi de la lutte des superclasses : lorsque deux superclasses sont en luttes, celle qui doit nourrir la majorité de la population détient toujours l'Etat. C'est de cette manière que toutes les grandes révolutions de l'histoire se sont opérées.

Le moteur suprême de l'histoire est la lutte des superclasses. Et le moteur d'une superclasse est la lutte des classes qui la constituent. Le mode de production dominant actuel ne pourra etre renversé que par le parti des chomeurs communistes en tant que majorité dans la population active. Donc, de toute évidence, pas pour l'instant.


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4 réactions à cet article    


  • Claudec Claudec 11 août 17:41

    Un affligeant conformisme a pour référence majeure Marx, ses successeurs et dérivés, tous incapables de voir au-delà d’une lutte des classes éteinte depuis des décennies, étouffée par le progrès et le nombre.

    La réalité d’aujourd’hui, c’est une population mondialisée ayant démesurément crûe, en même temps que sa richesse. Et l’écart entre la base et le sommet de la pyramide sociale planétaire s’est creusé d’autant, aggravant sans cesse les inégalités sociales, en même temps que deviennent chaque jour plus irrémédiables les dégâts infligés à notre environnement.

    Rien n’est dorénavant possible sans une vision embrassant conjointement démographie, économie et écologie. Qui en parle ?

    Il est plus facile et audible de continuer à bercer les foules de refrains surannés, appris des anciens et connus de tous.

    Quant aux chômeurs, ne pas omettre qu’à la différence des prolos ils sont institutionnalisés et surtout, indemnisés, moyennant quoi nul ne peut nier qu’ils constituent une superclasse. Une autre, plus vulnérable, est d’ailleurs en train de naître : celle des retraités et autres pensionnés.

    https://claudec-abominablepyramidesociale.blogspot.fr/2017/08/demographie-economie-ecologie-et_1.html


    • Olivier MONTULET Olivier MONTULET 11 août 18:28

      C’est une grille d’analyse... je la trouve fort réductrice. Toutefois j’adhère à l’idée qu’au sein d’un système tout et tous concourent à assurer la persistance de ce système. Le système ne permet pas d’envisager un autre modèle. Je pense que dans le système néolibéral actuel même les chômeurs (peut-être pas ceux de longue durée) n’envisagent pas que le système puisse-t-être autre. Les membres classes dominées rêvent tous de devenir un dominant. Autant ils les jalouse (et critiques les privilèges des dominants) autant ils les envies (et s’ils devenaient dominants abuseraient des privilèges des dominant qu’ils contestaient).
      Cette adhésion indéfectible est une grande réussite du néolibéralisme et explique qu’on n’enraient pas la fraude fiscale ou les conflits d’intérêts d’autant que ceux-ci ne sont que l’application du principe majeur du libéralisme économique qu’est la légitimité de la maximalisation du profit égoïste.
      Mais qu’est-ce qu’un système sociale, Le système n’est pas le résultat d’un complot ourdi par des dominants (même si ceux-ci le favorisent). Le système est un organisme sociale d’où émergent de sa complexité des lois régulatrices lui permettant de fonctionner et de se pérenniser. C’est le principe de toute les émergence en sciences où la complexification fait naitre de nouvelles lois n’ont applicable et sans prémisse aux niveaux inférieurs.


      • Jean Keim Jean Keim 12 août 09:06

        En somme une super classe serait une division économique ou un mode de pensée... oui c’est bien cela ! C’est la pensée qui crée des divisions dans lesquelles exploiteurs et exploités se reconnaissent.


        • Ricola Ricola 12 août 10:45

          ils ne peuvent pas avoir la conscience révolutionnaire c’est à dire la conscience d’un mode de production radicalement différent.
          Tout faux
          Le moyen-âge européen est rempli de révoltes de paysans
          , une célèbre chanson allemande de paysans en révolte dit « Quand Eve cueillait des fruits et Adam plantait des pommes de terre où était le féodal ? »
          Et les communaux étaient un mode de production communiste avant l’heure, et les terres de l’Église aussi (mais taxées par cette dernière)
          Ceci vient de la tradition de non propriété de la terre des peuples nordiques. La chrétienté et l’organisation en clan a inspiré le socialisme (ce qui fait d’ailleurs que le socialisme fut européen explique Marx)
          C’est bien plutôt le changement de mentalité, oui, qui tua le socialisme en Europe (et l’immigration de peuples soumis à la religion)

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