• samedi 25 mai 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Tribune Libre > Qu’est-ce que la réalité ?
20%
D'accord avec l'article ?
 
80%
(21 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Qu’est-ce que la réalité ?

Finalement, peut-être que Douglas Adams n’avait pas tort quand il écrivait que “The answer to the ultimate question of life, the universe and everything is 42“. Car 42 est un chiffre basé sur un concept que l’on appelle les nombres. Il aurait tout aussi bien pu écrire que “the answer…. is nothing“. Que la réponse est le rien. Ce à quoi Raymond Devos n’aurait pas manqué de répondre que le rien n’est pas rien vu que trois fois rien font déjà quelque chose…

Reprenons. Faisant pour le moment abstraction des approches spirituelles, chamaniques ou mystiques pour rester dans un réductionnisme bien rationnel et scientifique, la “réalité vraie” est l’élément ou la structure de base sur laquelle tout le reste est construit. Dans cette optique, la réalité que nous percevons est alors le fruit d’un processus à étages, avec en haut notre conscience et en bas… ce fameux élément ou structure fondamentale, cette “réalité vraie” d’où découlent toutes les autres. L’approche classique, fonctionnaliste, est alors de dire que notre conscience est fondée sur l’existence de notre cerveau, lui-même une entité biologique électro-chimique dont les éléments relèvent essentiellement de la chimie, qui n’est elle-même qu’une version spéciale de la physique, physique qui sonde la matière à la recherche de particules fondamentales qui ne sont elle-même que des condensats de l’espace-temps, lui-même un concept essentiellement mathématique qui n’existe… que dans notre conscience. Fâcheuse circularité.

Face à ceci on peut formuler plusieurs hypothèses : la plus simple, que tous ces étages font en fait partie intégrale de la “réalité vraie” qui n’a ni début ni fin, ni haut ni bas : c’est une boucle. Mais ce relativisme (tout se vaut) me paraît très insatisfaisant… Une autre hypothèse est que la “réalité vraie” se situe du côté des objets mathématiques, qui selon Platon déjà sont des entités fixes, hors du temps et de l’espace, au-delà de l’esprit et de la matière. Les mathématiques existant à partir de rien (le set vide étant un concept mathématiquement valable d’où tout le reste peut être construit), la réalité vraie c’est le rien. Zéro. Ce qui ne nous avance guère en termes classiques, mais peut se percevoir comme un appel du pied à certaines philosophies qui considèrent le vide comme l’essence de toute chose, par exemple le nirvāna bouddhiste étant « là où il n’y a rien, où rien ne peut être saisi ».

Une troisième hypothèse serait que la “réalité vraie” se situe au-delà de toute possibilité de notre part de la connaître, dans une dimension à laquelle nous n’avons pas accès, tout comme une tache d’encre sur le papier n’a aucune possibilité de connaître la verticalité. C’est, de manière très simplifiée, ce qui ressort de la théorie des cordes et de ses multiples dimensions supplémentaires aux quatre dimensions (largeur, longueur, hauteur et temps) qui nous sont accessibles.

Une quatrième hypothèse serait que nous prenons le problème dans le mauvais sens, et que l’idée qu’il existerait une couche physique fondamentale et objective est une pure illusion émanent d’une manière de penser cartésienne mais sans fondement dans le réel. Les problèmes philosophiques posés par la physique quantique sont à mon avis un indice en faveur de cette hypothèse : on applique les méthodes quantiques avec succès mais sans savoir pourquoi ça marche, un peu comme un élève qui applique avec succès une méthode de résolution d’un problème sans avoir aucune idée de la signification de l’exercice. Chose malheureusement courante dans un environnement pédagogique morbide où seul compte le résultat facilement mesurable, mais c’est un autre sujet. Un professeur en théorie de l’information quantique de Oxford, Vlatko Vedral, propose l’idée que la “réalité vraie” n’est finalement que l’augmentation de l’entropie, autrement dit la seconde loi de la thermodynamique. Il semblerait qu’il soit possible de démontrer que tous les principes physiques que nous rencontrons , y compris les notions de temps et de gravité (deux notions très mal comprises en termes de physique), sont en fait la résultante de l’obligation de croissance de l’entropie – ce qui met sur la tête ce principe entropique qui est généralement compris comme un sous-produit de tout évènement réel, et non pas comme sa cause !

Nul doute qu’il existe d’autres hypothèses, et qu’il faille à un moment donné sortir du réductionnisme et de la pensée réflective pour avancer vers une compréhension plus complète de la réalité de ce monde. L’idée même de notre capacité à avoir une pensée rationnelle et objective, que notre cerveau serait une forme d’ordinateur et la pensée l’équivalent d’un calcul, est battue en brèche par les travaux de chercheurs tel George Lakoff, pour qui notre pensée est structurée par des métaphores, des cadres et des narratifs qui nous sont propres. Que devient alors la notion de “réalité vraie” dans ce contexte ? A-t-elle encore le moindre sens ? On peut aller plus loin en posant la question de ce que signifie la notion d’”état modifié de conscience” que l’on retrouve notamment dans le chamanisme. Etat qui permet d’accéder à une réalité parallèle, un monde caché à nos sens “normaux” mais tout aussi réel. Le travail de l’anthropologue Jeremy Narby dans “Le Serpent à Plumes” illustre très bien la possibilité d’un accès ancien et détourné (via cette réalité parallèle) à des notions spécifiques, et notamment l’ADN que la science occidentale n’a découverte que récemment.

Peut-être alors ne pouvons-nous espérer répondre à la question de “qu’est-ce que la réalité ?” qu’au travers du prisme de la réponse à “qu’est-ce que la conscience”, ce qui constitue un renversement de la logique scientifique occidentale basée sur l’objectivité et la dissociation observateur/sujet de l’observation. L’observateur devient le sujet de sa propre observation, technique qui d’ailleurs porte un nom : la méditation.

A méditer…




par Vincent Verschoore (son site) mercredi 17 octobre 2012 - 29 réactions
yahoo
20%
D'accord avec l'article ?
 
80%
(21 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par robin (---.---.---.9) 17 octobre 2012 16:55

    Il semblerait par la mécanique quantique qu’on commence à s’apercevoir que l’espace-temps lui même est quantifié comme .....pixelisé, et que le concept suprême serait celui d’information, mais qu’est-ce que l’information à ce stade suprême ça ne vous rappelle rien ?

    Une matrice informatique....matrix, mais une matrice redéfinie en permanence par l’ensemble des consciences qui la peuplent de sorte que si il existe des objets ou des lieux auxquels l’immense majorité cesse de penser ils redeviennent ......des ondes ou cessent d’exister.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération