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Quand les élèves font la loi...

C'est triste de le constater mais dans certaines classes de lycée ou de collège, les élèves ont pris le pouvoir et les enseignants ne peuvent plus que subir les insultes, les incivilités, l'indiscipline et ils sont débordés.

Cette situation s'étend même aux lycées : les classes étant de plus en plus chargées, jusqu'à 36 élèves, les professeurs ne peuvent exclure de leurs cours la moitié de la classe ou plus : leurs moyens de parer à ces incivilités sont très réduits : heures de colle, punitions qui parfois n'ont aucun effet sur les élèves...

L'administration elle-même ferme souvent les yeux face à ces situations de détresse des enseignants : il ne faut pas trop faire de vagues et il convient d'éviter trop de punitions.

Quant aux parents, ils sont parfois incapables de faire eux mêmes face à l'éducation de leurs enfants : certains vont jusqu'à contester l'autorité des professeurs : les punitions, les sanctions, voire les notes.

Comment en est-on arrivé là ? Des enfants, des adolescents qui imposent leur violence verbale, leur manque d'éducation, leur manque d'intérêt, d'attention, qui refusent même la notion d'apprentissage : que font-ils là ?

L'école a été ouverte à tous, ce qui devrait être un progrès mais apparemment certains refusent ce progrès. L'école n'est certes pas parfaite, mais on y apprend l'essentiel, les parents comme les jeunes devraient être reconnaissants, bienveillants envers les enseignants. Or, c'est souvent l'inverse qui se produit : les enseignants sont rendus responsables de tous les maux de la société : malaise social, insécurité, la violence est partout, dans la rue, dans le travail, sur le site d'Agoravox où les insultes pleuvent parfois ...

Quand les adultes eux-mêmes donnent l'exemple de cette violence irraisonnée, de l'ordre du réflexe et non de la réflexion, comment les jeunes ne seraient-ils pas influencés par ces exemples ?

Si l'école elle-même devient un lieu de non droit, où tout est permis, il faut vraiment s'inquiéter de l'avenir de nos sociétés : le monde moderne est violent, à cause du chômage, de la précarité, des inégalités mais si on se laisse tous aller à la violence même dans des circonstances où elle ne se justifie pas, où va-t-on ?

Un élève n'a pas le droit d'insulter un professeur, il a le devoir de se conformer aux règles de politesse qui existent dans la société. Un élève n'a pas le droit d'utiliser son portable en classe : c'est une évidence que certains contestent : on ne peut à la fois écouter un cours et utiliser son portable... Un élève doit arriver en classe avec ses affaires et son travail... Ces règles là ne sont pas contestables.

Si l'impolitesse, l'incivilté, la violence s'installent dans les écoles, j'ai bien peur que l'enseignement perde tout intérêt et que tous se détournent de ce métier noble qui consiste à transmettre le savoir, la culture, sources évidentes de réflexion...

Si les parents eux-mêmes donnent l'exemple de ces incivilités, comment pourrait-on demander aux jeunes de ne pas les reproduire ?

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Quand les élèves font la loi... Quand les élèves font la loi...



par rosemar (son site) jeudi 4 octobre 2012 - 123 réactions
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  • Par oncle archibald (---.---.---.153) 4 octobre 2012 14:44

    « il faut vraiment s’inquiéter de l’avenir de nos sociétés : le monde moderne est violent, à cause du chômage, de la précarité, des inégalités... »

    Le monde moderne est violent parce qu’il n’a plus les repères de base que transmettait la famille et l’école, et parfois aussi le curé, conjointement ...
    Le monde moderne est violent parce qu’il n’a plus qu’un seul moteur, l’argent. le monde moderne est violent parce qu’on y idolâtre des sportifs, des artistes et des magouilleurs en tous genres, juste parce qu’ils gagnent des millions d’euros très facilement ...

    Fini le temps ou le « pauvre » se gaussait du « riche » qui s’était fait pincer parce qu’il avait fait une malversation .. Fini la fierté de dire « chez nous on est honnête » ... Pire celui qui ose penser cela est pris pour un abruti pur et simple .. 

    Alors l’école dans tout ça ?? Bien peu de choses désormais pour beaucoup ... Mais elle reste la seule voie possible pour ceux qui veulent malgré tout croire encore qu’il reste possible de réussir sa vie autrement qu’en étant « riche à millions » si l’on a une activité professionnelle à son gout, une famille unie, etc .. toutes ces sortes de choses que certains trouvent si ringardes que l’on peut à peine oser les dires . ..
  • Par rosemar (---.---.---.170) 4 octobre 2012 13:24
    rosemar

    Nous sommes d’accord :il faut un respect mutuel ....et un dialogue...

    Cependant ,chacun doit rester dans son rôle :les parents n’ont pas à contester les décisions des profs pour ce qui est des sanctions ,des notes...
    Les parents n’ont forcément pas les mêmes savoirs que les profs qui sont des spécialistes...cela est incontestable :sinon les profs ne feraient de si longues études...
    J’ai déjà vu sur ce site commentaires du style :les parents ont les mêmes connaissances que les profs ...Les profs font un métier difficile :il faut les aider au lieu de contester leurs savoirs ou compétences...
    Bonne journée Inquiet

  • Par Surya (---.---.---.58) 4 octobre 2012 14:14
    Surya

    Bonjour Rosemar,

    Je suis estomaquée quand je lis ce que vivent les enseignants au quotidien de nos jours. Quel décalage avec l’époque où j’étais en classe (suis née en 64) ! J’ai été une rebelle qui a séché pas mal (et le mot est faible) de cours, parce que je ne supportais pas le système scolaire, mais je ne me suis permise qu’une seule fois de tenir vraiment tête à un prof, parce qu’elle m’avait punie pour un truc que je n’avais pas fait. Pour les absences non justifiées, il y avait un règlement, on l’aimait pas, bien sûr, mais on trouvait normal qu’il y en ait un. La direction de l’établissement m’a recadrée (menaces de renvoi) j’ai eu peur et j’ai arrêté mes c...
    Mais c’est vrai qu’il y avait déjà des très fortes têtes de mon temps. Je me souviens d’une fille qui faisait exprès de claquer violemment la porte de la salle parce que ça rendait la prof folle de rage. Elle a été renvoyée du lycée, ce qui nous a semblé normal.
    Tout ça semblait parfaitement normal à l’époque, personne, et aucun parent, n’aurait osé contester ou remettre en question les règlements, les punitions, la discipline, l’autorité des profs, leur compétence, même si bien sûr on préférait certains profs, et même si on piquait de temps en temps notre petite crise d’ados.
    Alors rien à voir avec ce que vivent les profs aujourd’hui !! Qu’est-ce qui s’est passé, en effet ? De quand date la cassure ?
    Je ne sais pas où les profs trouvent la force de continuer ce métier, de continuer à y croire et avoir envie de transmettre leurs savoirs. La vocation ? N’est-elle pas en réalité présente au tout début, avant de commencer la carrière, comme une sorte de rêve, d’utopie, qui ne résiste pas à la réalité ? Et surtout, pourquoi les profs continuent-ils lorsqu’ils enseignent dans des conditions insupportables ? Y a-t-il une pression psychologique sur eux pour qu’ils continuent, pour qu’ils acceptent de se sacrifier, les culpabilise-t-on s’ils évoquent un jour l’idée de changer de métier ? Certains reportages TV m’ont donné l’impression de gens que l’on jette sans aucune pitié dans l’arène et qui doivent lutter pour leur survie. J’exagère pas. J’avoue que j’ai du mal à comprendre leur motivation, parfois. Mais je les admire. Il faut une sacrée force et un très grand altruisme pour faire cela.

  • Par le naif (---.---.---.218) 4 octobre 2012 21:27
    le naif

    @ Rosemar

    "Le métier d’enseignant est exigeant et difficile ,tous les métiers le sont mais quand il faut canaliser l’attention de 35 à 36 élèves ,faire face à leurs problèmes :divorces ,parents séparés ,au chômage etc.,précarité :il faut être éducateur ,assistante sociale ,professeur ,psychologue ...Il faudrait que certains parents jouent davantage leur rôle....NON ??"

    Vous bottez en touche par rapport à mon post, que certains parents ne soient pas à la hauteur, je n’en disconvient pas, mais que certains enseignants soient d’une nullité affligeante est aussi vrai .... Pour info j’ai du sortir mon enfant en cours d’année de CE1 tellement l’enseignante était dépassée par les évènements. Je vis à la campagne, pas de problèmes de délinquance, ni d’autorité... juste une enseignante trop jeune, mal formée ou pas formée du tout et abandonnée à son triste sort par une académie qui consciente du problème... n’a rien fait....
    Finalement elle a été mutée, on a juste déplacé le problème, mais on m’a fait chier parce que j’ai eu l’outrecuidance de me substituer à cette enseignante en faisant pendant six mois école à domicile !!! smiley

    Le respect se mérite, ce n’est pas un du

    Depuis mon enfant poursuit une scolarité normale, même si je suis sidéré par le faible niveau d’exigence et l’indigence des programmes....

    Maintenant quand l’EN introduit quasiment de force des tablettes numériques au sein des familles avec clef 3G Wi-Fi etc... Est-ce son rôle ?!? Quid du libre arbitre des parents ?!?

    Quand j’ai abordé cette question, on m’a regardé comme un dinosaure !!! J’ai le net, je contrôle l’accès de mon gamin à l’ordinateur, mais si l’école vient me squeezer en lui fournissant le moyen de faire ce qu’il veut ou presque sur la toile, on fait quoi ???

    Je veux bien ne pas saper le peu d’autorité qui reste aux enseignants, mais qu’eux de leur côté ne viennent pas interférer sur mon autorité parentale en m’imposant ce que je ne veux pas...  !!!

    A ce stade, je rejoins certains intervenants, l’école ne récolte que ce qu’elle sème,même si je suis conscient du fait que les enseignants ne sont que des petits soldats et que c’est l’Etat Major, bien planqué au ministère et dans les académies qui donne le La.

    Vous parlez de votre rôle social... mais qui vous demande de classer les élèves en fonction de la catégorie sociale des parents.... ?!? Les parents ?!? Je suis au RSA et chaque année mon gosse me demande comment il doit renseigner la petite fiche que chaque prof demande.... Ça sert à quoi ?!? Tous ces renseignements vous l’établissement les a déjà, c’est quoi le but ?!?

    Il y a 50 ans les enseignants était là pour enseigner, point barre et la misère était bien plus importante encore que maintenant. Mes parents ont quitté l’école à 14 ans mais ils savaient lire, écrire et compter et bien d’autres choses encore...

    Les dysfonctionnements sont partout et dans ce vaste merdier, l’institution et le corps enseignant doit également faire son auto-critique et prendre sa part de responsabilité.

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