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Quel que soit le candidat élu le 6 mai, le troisième tour se passera dans la rue

Alors que le premier tour aura lieu dans dix jours, pas un mot sur le MES et le TSCG qui imposeront 135 milliards d'économie.

Qui peut comprendre ?

On peut le constater, pas un candidat n'aborde le traité instaurant le Mécanisme européen de stabilité (MES) ni le TSCG, traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance de l’Union économique et monétaire, alors qu'il s'agit d'un véritable coup d'état contre la démocratie, puisqu'il s'agit de détruire toutes les conquêtes sociales, la démocratie et la souveraineté du pays.

Il convient encore une fois développer le contenu de ces deux traités pour en comprendre la gravité.

LE MES Mécanisme européen de stabilité

Tout a été très vite : le 2 février, les gouvernements de la zone euro ont signé à Bruxelles dans la plus grande discrétion un nouveau traité européen qui institue une sorte de Fonds monétaire international pour l’Europe, appelé Mécanisme européen de stabilité (MES) dont ces votes ont validé la ratification en France.

1- Le MES, nouvelle institution créée spécialement pour l’Europe, est un clone du FMI, basé à Washington, sous la direction de fait du gouvernement américain et des multinationales, avec lequel il collaborera étroitement pour imposer partout en Europe des plans d’austérité déments, comme en Grèce, sous couvert d’assistance aux Etats membres. En Grèce, aujourd’hui, il existe déjà, pour mettre le pays à genoux, une coopération entre le FMI, la BCE et la Commission européenne, ce que l’on appelle la ” troïka “. Avec ce traité, plus besoin de troïka. Et ce qui était présenté comme une procédure exceptionnelle pour la Grèce deviendra la norme. Le MES devient ainsi un rouage institutionnel du FMI, donc de l’impérialisme américain, incorporant les exigences de la Réserve fédérale américaine. L’Union européenne joue ainsi jusqu’au bout son rôle d’agence au service de l’impérialisme.

2- Surtout, sur le plan juridique, il introduit dans le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne une notion majeure : la conditionnalité, qui est le principe de base du FMI.

Le FMI, basé à Washington, s’est illustré, en particulier depuis trente ans, en imposant dans les pays dominés, dits du tiers monde, des mesures d’une brutalité inouïe pour les contraindre à rembourser une dette fabriquée de toutes pièces et à s’ouvrir au pillage des multinationales. Le FMI accorde des prêts, en exigeant des gouvernements complices qu’ils appliquent des programmes d’ajustement structurel meurtriers, dictant privatisations, baisses des salaires, diminution des dépenses publiques. Le FMI résume cette politique dans un principe appelé la conditionnalité. Le traité fondant le MES reprend mot pour mot le même schéma. Mais pour l’Europe cette fois !

Entre la manière dont le FMI a procédé dans les années 1970-1980 pour dépecer les nations d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et la manière dont le MES va opérer chez nous, il n’y a finalement que deux différences : là où le FMI avait commencé par créer la dette pour étrangler les peuples, le MES ira directement au but, puisque la dette écrase déjà toutes les économies nationales d’Europe ; et cette fois, c’est au coeur des principales puissances capitalistes, hormis les Etats-Unis, que la machine va frapper.

Concrètement, le soutien apporté par le MES à un pays membre sera subordonné à une stricte conditionnalité qui peut prendre la forme, notamment, d’un programme d’ajustement macroéconomique. En Grèce, ils ont exigé la baisse de 20% du Smic !

3- Par ailleurs, le MES est totalement imbriqué dans un autre traité, celui sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union européenne, TSCG, qui doit être ratifié, en France, après les élections présidentielles.

Simplement, il faut préciser ici que le TSCG fait obligation d’inscrire dans les Constitutions nationales une règle interdisant les déficits, la fameuse ” règle d’or “ ; il exige aussi une réduction de 5% par an des dettes publiques. En France, cette dette publique est d’environ 1 700 milliards d’euros. Le traité impliquerait donc de dégager pour la diminution de la dette 85 milliards d’euros par an, sans compter le paiement des intérêts courants d’une cinquantaine de milliards, soit le cinquième du budget de l’Etat !

4- Qui dirigera le fonctionnement du MES ?

Le siège du Mécanisme européen de stabilité (MES) se situera au Luxembourg, avec la garantie de l’impunité et du secret.

C’est la Commission européenne qui sera chargée de négocier avec le pays concerné un protocole d’accord définissant la conditionnalité, c’est-à-dire les mesures de rigueur à appliquer. C’est elle qui signera ce protocole d’accord au nom du MES et c’est encore elle, en liaison avec la BCE et le FMI lorsque cela est possible qui sera chargée de veiller au respect de la conditionnalité.

Le FMI, dirigé de fait par le gouvernement américain qui y dispose du plus grand nombre de parts, la BCE et la Commission européenne seront donc les véritables maîtres du fonctionnement du MES, même si le conseil des gouverneurs et le conseil d’administration du MES seront composés de membres désignés par les gouvernements.

5- Le gouvernement français sera potentiellement redevable de 143 milliards au MES.

Les défenseurs du système pourraient objecter que la France n’aura peut-être jamais besoin de recourir à l’aide du MES. Rien n'est moins sûr !

Une chose est sûre : le MES coûtera de toute façon très cher à tous les pays membres.

Le capital de départ du MES est fixé à 80 milliards d’euros, mais il pourra être augmenté jusqu’à 700 milliards, soit cinq fois l’actuel budget annuel de l’Union européenne.

Chaque pays de la zone euro devra contribuer à ce capital à hauteur de son PIB, soit, pour la France 20,4% du capital total. Le gouvernement français est donc redevable, potentiellement, de près de 143 milliards d’euros au MES, soit plus du tiers du budget de l’Etat !

Les Etats signataires s’engagent de manière irrévocable et inconditionnelle à verser le capital exigé dans les sept jours suivant la demande formulée par le directeur général du MES.

On nous rassure : “ Chaque fois qu’une décision engageant les finances de l’Etat sera prise par le conseil des gouverneurs, le Parlement français sera informé “. C’est l’abdication totale de toute souveraineté nationale.

 

Le TSCG, traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance de l’Union économique et monétaire.

Quand les dirigeants de l’Union européenne parlent de stabilité, ils évoquent la stabilité de l’euro et non, bien sûr, la stabilité du travail et des garanties collectives.

Ce traité devra être soumis à ratification immédiatement après les élections présidentielles et législatives. A la différence du traité sur le MES, le TSCG nécessitera, pour être ratifié, la convocation du ” Congrès “, la réunion des députés et des sénateurs à Versailles, ou un référendum, car il modifiera la Constitution. Il est prévu qu’il entre en vigueur d’ici au 1er janvier 2013.

Par ailleurs, contrairement aux autres traités européens qui nécessitaient pour entrer en vigueur la ratification de tous les pays membres de l’UE ou de la zone euro, le TSCG bénéficiera de conditions curieusement dérogatoires : le traité pourra commencer à entrer en vigueur même si tous les pays signataires ne le ratifient pas immédiatement. En effet, un seuil minimum de 12 pays sur les 25 signataires a été fixé, même si le pacte pourrait être durablement affaibli si les 17 pays de la zone euro n’y adhéraient pas (cas, par exemple de l’Irlande qui a fait le choix du référendum pour se prononcer sur ce nouveau traité budgétaire européen).

Ce traité a vocation à encadrer la politique du gouvernement qui suivra, quel qu’il soit !

En quelque sorte, le TSCG généralise les conséquences du principe de conditionnalité à tous les Etats de la zone euro, qu’ils aient ou non demandé une assistance financière.

Il fait, sous peine de fortes amendes, obligation d’inclure dans les Constitutions nationales l’interdiction des déficits, la “règle d’or”, et pour le moins la limitation de ces déficits à 0,5% du PIB, contre 3% prévus par le traité de Maastricht.

Cela signifie qu’en France le déficit de l’Etat ne pourrait excéder 10 milliards d’euros. Il était de 90,8 milliards en 2011. Il devra donc être inférieur de 80 milliards, ce qui reviendrait à couper l’équivalent de 1,3 fois le budget de l’enseignement primaire et secondaire, retraites des personnels comprises !

En cas de dépassement, un ” mécanisme correctif immédiat “ entrera immédiatement en action, obligeant les parties contractantes à l’application de mesures destinées à corriger les écarts sur une période de temps définie.

Le TSCG institue également l’obligation de réduire de 5% par an la dette de l’Etat. La dette publique française se monte aujourd’hui à environ 1 700 milliards d’euros. La réduire de 5% par an (un vingtième) signifie donc trouver 85 milliards d’euros par des coupes budgétaires et/ou des impôts supplémentaires, soit 20% du budget de l’Etat ! Chaque année ! C’est la même potion mortifère que l’Union européenne et le FMI imposent au peuple grec.

On notera au passage que les traités européens sont signés par les représentants des gouvernements avant d’être soumis à ratification dans les différents Etats concernés. Donc, il n’y a pas d’amendement possible. Puisque le traité est signé, vous ne pouvez rien modifier : vous ne pouvez qu’approuver ou désapprouver.

L’argument de François Hollande qui affirme : ” Je vais renégocier le traité “ n’est pas sérieux !

Une fois qu’un traité est signé au niveau de l’Union européenne, il est signé ! Après, on ratifie, ou on ne ratifie pas !

En février 1994 à Washington, Taffazul Hussain, responsable ouvrier du Bangladesh, interpellait les représentants du FMI en ces termes : ” La clause de conditionnalité qui accompagne vos prêts ordonne les plans d’ajustement structurel qui saignent les peuples, piétinent la démocratie, et bafouent la souveraineté des nations disloquées. “

Dix-huit ans plus tard, le traité instaurant le Mécanisme européen de stabilité (MES) a recours aux mêmes termes. Les prêts y sont subordonnés à une stricte conditionnalité qui appelle des plans d’ajustement structurel, tandis que le conseil des gouverneurs est doté de tous les pouvoirs : prêter ou ne pas prêter, imposer ses conditions, les renforcer, les durcir… bref, conduire chaque pays d’Europe dans une situation pire que celle de la Grèce aujourd’hui. “

Les considérants du TSCG constatent que les objectifs du traité de Maastricht de 1992 n’ont pas été atteints, du fait que la lutte des classes les a empêchés d’aller jusqu’au bout.

Aujourd’hui, par ces traités, il s’agit même pour eux d’en aggraver les critères exigés en tentant de franchir un cap supplémentaire, décisif.

Mais la lutte de classe continue, et la classe ouvrière n’a pas dit son dernier mot !


Les réactions les plus appréciées

  • Acid World (---.---.---.44) 12 avril 2012 10:24
    Acid World

    @devphil30 : même si Mélenchon est élu c’est notre devoir de descendre dans la rue. Un gouvernement dissident peut facilement sauter pour qu’on mette à la place un technocrate de la finance. Nous ne devons pas compter uniquement sur nos représentants, mais également sur nous-mêmes.


    A quel niveau de débilité est-on arrivés ? Nous avons une situation écologique extrêmement urgente à résoudre, et le capitalisme mondial va s’effondrer. Des tentatives désespérées et donc violentes pour nous soumettre. Je n’arrête pas de le dire autour de moi quitte à passer pour parano : ILS SONT EN GUERRE CONTRE NOUS.
  • wesson (---.---.---.188) 12 avril 2012 12:52
    wesson

    Bonjour Jaja, 


    effectivement, on peut être admiratif devant poutou !

    Depuis qu’il tape ad hominem sur Melenchon, l’accusant d’être « un professionnel de la politique qui profite de ses revenus européens », il est devenu fort sympathique pour l’ensemble des éditocrates et des médias. Ben oui, un vrai de gauche qui pour le coup n’a aucune chance d’être élu et qui tape sur le FDG, c’est un cadeau du ciel !

    Franchement ça m’attriste vraiment de voir ceux du NPA qui ne veulent toujours pas d’une gauche unitaire reprendre l’argumentaire de l’extrême droite sur les revenus « excessif » de Mélenchon. Ils se trompent de combat, d’autant que les différences entre le programme du NPA et celui du FG ne sont pas inconciliables. 

    Marx était un bourgeois, ce qu’il a dit et écrit n’en était pas moins valable !
  • CAMPMAS (---.---.---.236) 12 avril 2012 10:06

    Ok sur tout, sauf sur " On peut le constater, pas un candidat n’aborde le traité instaurant le Mécanisme européen de stabilité (MES) ni le TSCG".

    Allons faire un tour chez le Front de Gauche et Jacques Généreux, ici 

  • Tall (---.---.---.160) 12 avril 2012 11:22

    Quel que soit le candidat élu le 6 mai, le troisième tour se passera dans la rue

    Sauf avec Melenchon.

    Car son programme répond à ce que la majorité des gens attendent.

    La preuve : on ne lui rétorque jamais que son programme est mauvais. On dit qu’il serait infaisable, utopique.

    Ce qui est faux. L’Histoire a montré plusieurs fois que non.

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49 réactions à cet article

  • CAMPMAS (---.---.---.236) 12 avril 2012 10:06

    Ok sur tout, sauf sur " On peut le constater, pas un candidat n’aborde le traité instaurant le Mécanisme européen de stabilité (MES) ni le TSCG".

    Allons faire un tour chez le Front de Gauche et Jacques Généreux, ici 

    • chapoutier (---.---.---.182) 12 avril 2012 11:17

      bonjour
      il ne s’agit pas de remettre en cause le rejet par le FdG , il s’agit, d’après moi, de mettre au centre des débats cette question, comme celle de la rupture avec l’union européenne. il s’agit de rassembler les français dans ce rejet et à cette condition, JLM peut prétendre à être présent au second tour et à battre le cabotin.

    • kemilein (---.---.---.240) 12 avril 2012 16:27
      kemilein

      « pas un candidat »... on vous fait la démonstration qu’au contraire un seul en parle, J-L.Mélenchon du FdG
      un méaculpa suffit.

    • chapoutier (---.---.---.91) 12 avril 2012 16:56

      kemilein
      vous avez raison, le fdg en parle, mais il s’agit de mettre cette question au centre des débats, comme pour le non à la constitution. et à cette condition le fdg sera peut-etre en mesure de remporter le morceau.

    • Pierre JC Allard (---.---.---.140) 12 avril 2012 18:06
      Pierre JC Allard

      @ Chapoutier et al...



      Est-ce que quelqu’un croit un instant que la politique de la France, qui n’est qu’un volet d’une politique globale faite par la gouvernance mondiale des banquiers, pourrait être infléchie par la façon dont les Français vont voter ? 

      On attend la débâcle. Il faudrait être bien naïf pour croire que ce qu’on peut dire en attendant pourrait avoir d’autre valeur que celle de laisser à la postérité un témoignage de notre époque qui semblera fascinante...

      http://nouvellesociete.wordpress.com/2012/04/11/lepen-et-melenchon-un-maquillage-coquin-pour-le-systeme/

      Pierre JC Allard

    • chapoutier (---.---.---.91) 12 avril 2012 19:11

      Pierre JC

      bien sur que le vote des français pourrai avoir une influence, encore faut-il qu’un candidat place la question du rejet du MES comme mandat que lui donnerai le peuple, avec le corollaire de l’annulation de la dette.
      un tel candidat aurait des millions d’hommes, de femmes et de jeunes derrière lui, qui le soutiendraient.
      un candidat qui se déclarerait pour la rupture avec l’union européenne !

  • devphil30 (---.---.---.62) 12 avril 2012 10:16
    devphil30

    Merci Chapoutier pour cet article.


    Effectivement personne n’évoque le MES et le PS fut bien timide pour voter contre en Février seuls quelques députés ont su dire non.

    Melenchon a dit non au MES. 

    Beaucoup de signe laisse penser que la percée de Melenchon sera importante le 22 Avril , je le souhaite car c’est le meilleur candidat dans la situation actuelle , il parle et connait les problèmes , il a une approche humaine et sociale de la société.
    Dans le cadre de mon travail , j’entend beaucoup de personne en parler , dire qu’elles vont voter pour lui , est-ce cela sera suivi d’effet mais en tout cas il n’y a pas que les sondages qui font parler de lui , il y a surtout son programme.
    Pourtant je ne suis pas dans un cadre de travail orienté extrême gauche.

    Seul Melenchon peux éviter un troisième tour dans la rue car il répond aux aspirations de beaucoup de Français en difficulté ou en passe de le devenir très vite par le poids de la dette et les exemples européens.


    Philippe
    • chapoutier (---.---.---.182) 12 avril 2012 11:10

      oui devphil, il s’agit bien de répondre positivement aux aspirations de millions de français, il s’agit même de mettre en oeuvre des mesures d’urgence pour la sauvegarde des travailleurs et de la démocratie.http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/dans-trois-semaines-aura-lieu-l-114261

    • pas perdus (---.---.---.193) 12 avril 2012 14:50
      pas perdus

      Seuls tous les parlementaires du Front de gauche ont voté contre le MES au parlement européen, à l’assemblée nationale et au Sénat.

      Le Parti socialiste a préféré s’abstenir de voter contre....

    • chapoutier (---.---.---.91) 12 avril 2012 16:59

      c’est tout à l’honneur de ces parlementaires, mais ne faut-il pas aller plus loin, et rassembler les travailleurs en masse sur cette question.

  • Fergus (---.---.---.232) 12 avril 2012 10:24
    Fergus

    Bonjour, Chapoutier.

    J’aimerais croire, comme vous, qu’un 3e tour est possible dans la rue, mais sincèrement je n’y crois guère tant la population française est anesthésiée, fataliste, repliée sur elle-même et sourde à l’action collective. A cet égard, je vous invite à lire mon article du jour (La révolte des gueux) et les commentaires qu’il a suscités.

    Cordialement.

    • chapoutier (---.---.---.182) 12 avril 2012 10:55

      bonjour Fergus
      j’ai lu votre rêve
      et je crois sincèrement que l’esprit de la résistance n’est pas mort.
      en Espagne c’est 10 millions qui ont fait entendre la voix de la résistance.
      avec ce que propose Parisot ( article en modération) c’est par millions que nous allons descendre dans la rue.

    • Fergus (---.---.---.232) 12 avril 2012 11:11
      Fergus

      @ Chapoutier.

      Je croise les doigts pour que vous ayez raison...

    • Catart (---.---.---.183) 12 avril 2012 12:14
      Catart

      @ chapoutier,

      A contrario de Fergus je pense que la 3ème partie se passera dans la rue, mais il faut faire une analyse non partisane, la rue est un acte de résistance et de révolte qui peut à elle seule tout renverser y compris sans violence.

      (la révolte en Espagne aura lieu le 12 MAI elle se met en place avec le 15M et Réal Démocratie Ya, mais cette fois-ci les syndicats vont suivre sans leurs étiquettes, nous étions 400 000 le 15 octobre à Barcelone on prévoit 1 000 000 de personnes en MAI, et je souligne encore une fois pour les encartés... ??? que c’est le parti socialiste qui a mis l’Espagne KO, comme quoi blanc bonnet et bonnet blanc sont les 2 fossoyeurs du Peuple).

      Mais cette révolte française 2012 possible est conditionnée il faut le rappeler à un facteur essentiel qui est « la tentation ou non de Mélenchon à rejoindre le PS »...
      Si Mélenchon résiste il y aura peu après l’élection une force énorme dans la rue, les blancs et les abstentions voyant qu’il n’y a pas pour une fois trahison suivront sans problème, dans le cas où il y aura trahison en rejoignant le PS c’est l’effondrement de la révolte pour un certain temps... il faudra reprendre le flambeau avec des têtes nouvelles. 
      Le Peuple avec un grand P n’aura de victoire que s’il met en place une stratégie pour virer l’UMPS, c’est pour cette raison que 47% des français ne veulent surtout pas du cirque Sarkolande et que 82% des français ne font plus confiance aux politiques voyous de métier.

      http://www.indigne-je-propose.fr/

  • Acid World (---.---.---.44) 12 avril 2012 10:24
    Acid World

    @devphil30 : même si Mélenchon est élu c’est notre devoir de descendre dans la rue. Un gouvernement dissident peut facilement sauter pour qu’on mette à la place un technocrate de la finance. Nous ne devons pas compter uniquement sur nos représentants, mais également sur nous-mêmes.


    A quel niveau de débilité est-on arrivés ? Nous avons une situation écologique extrêmement urgente à résoudre, et le capitalisme mondial va s’effondrer. Des tentatives désespérées et donc violentes pour nous soumettre. Je n’arrête pas de le dire autour de moi quitte à passer pour parano : ILS SONT EN GUERRE CONTRE NOUS.
    • devphil30 (---.---.---.62) 12 avril 2012 10:42
      devphil30

      Le fait que ce soit Melenchon plutôt que sarko devrait quand même modifier les choses .......


      Je suis d’accord avec toi que le capitalisme nous mènent dans le gouffre planétaire car une idéologie basée sur l’argent pousse à faire n’importe quoi au mépris des droits fondamentaux de la vie par la privatisation , la destruction à outrance de tout dans un seul but de l’argent ( eau , gaz de schiste , pétrole ) 
       
      Philippe
    • chapoutier (---.---.---.182) 12 avril 2012 11:05

      très juste, ils sont en guerre contre nous.
      d’où l’urgence de combattre dans l’unité le MES et le TSCG car si ces derniers s’appliquent, nous envierons les grecs.

  • jaja (---.---.---.129) 12 avril 2012 10:43
    jaja

    « On peut le constater, pas un candidat n’aborde le traité instaurant le Mécanisme européen de stabilité (MES) ni le TSCG »

    Philippe Poutou : En effet, le mécanisme européen de stabilité (MES) doit être dénoncé. Le 21 février, l’Assemblée nationale, a ratifié le traité instituant le Mécanisme européen de stabilité. Une semaine plus tard, le Sénat faisait de même. On le sait : l’UE et ses pays membres font face à la pire des crises, et il est évident que les conséquences vont être profondes. Dans ces conditions, le dispositif élaboré à Maastricht en 1991 s’est avéré insuffisant. En ce qui concerne la France, par exemple, les critères ne sont plus respectés depuis 2007 (déficit 2011 : autour de 5,7%). C’est évidemment pire pour l’Espagne ou l’Italie. La raison de tout ceci est simple : le respect des critères de Maastricht aurait impliqué une politique budgétaire de guerre sociale, de réduction radicale des dépenses, donc des licenciements massifs de fonctionnaires, la remise en cause drastique des mesures dites « de redistribution » (cf la Grèce).

    C’est dans ce contexte qu’a donc été élaborée sous l’impulsion de « Merkozy » la proposition de « règle d’or », concrétisée par l’adoption du "Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union économique et monétaire". Ce TSCG a été adopté les 1-2 mars par tous les gouvernements de l’UE sauf les tchèques et les britanniques. Le contenu de ce traité est simple. Les pays signataires s’engagent à avoir des « budgets équilibrés » (un déficit maximal de 0,5 % du PIB). Seuls les pays qui affichent une dette globale « nettement » inférieure à 60 % du PIB auront droit à un déficit de 1 %. Évidemment, un arsenal de mesures est prévu en cas de dérapage. Pour mesurer l’enjeu, prenons le cas français. Pour 2011, le respect des critères eut impliqué d’économiser 35 à 40 milliards d’euros, les 2/3 du budget de l’éducation.... Et ce n’est rien en comparaison de ce qui est exigé des Espagnols, des Italiens, des Portugais.... En clair la règle d’or, c’est le mécanisme concret pour faire payer aux travailleurs d’Europe la crise de leurs propres bourgeoisies.

    Le MES vient donc d’être ratifié par le Parlement français. Il s’agit de constituer une sorte de FMI européen, étroitement contrôlé par la commission européenne et censé venir en aide aux pays de l’Union en difficulté. Mais attention : le MES ne sera accessible qu’aux pays signataires du TSCG. Un pays dans la situation de la Grèce ne pourrait donc bénéficier du MES que s’il s’engage dans une politique d’austérité radicale. En d’autres termes, le MES est une pilule visant à faire avaler la « règle d’or » aux peuples d’Europe.

    François Hollande annonce son intention de « renégocier » le TSCG. Tout ceci est du domaine de la posture : il suffira que Merkel et ses alliés refusent pour que Hollande soit mis au pied du mur. C’est d’autant plus important qu’il faut avoir en tête qu’avec sa majorité sénatoriale, le PS pouvait empêcher la ratification du MES, donc faire capoter la « règle d’or ». Oui mais voilà : la majorité des sénateurs socialistes se sont abstenus, laissant la voie libre à la droite. Ainsi, le MES a été ratifié et la première étape de l’opération « règle d’or » est un succès. Certes, ce n’est qu’un épisode. La ratification du TSCG lui-même aurait lieu après la présidentielle. Mais tout le monde est prévenu, et naïf sera celui qui ferait confiance au PS pour défendre les travailleurs d’Europe. Dans les rares moments de télé ou de radio dont je dispose, je tente donc de dénoncer la politique d’austérité dont la plupart des candidats à l’élection présidentielle se font les chantres. Je pense qu’il y a un gros travail de conviction à faire actuellement pour que les travailleurs, les chômeurs, bref la majorité de la population ne se sente pas broyée par le discours sur « il faut serrer la ceinture ».

    Source ; http://www.evous.fr/Posez-vos-questions-a-Philippe-Poutou,1174636.html

    • chapoutier (---.---.---.182) 12 avril 2012 11:00

      s’agit-il seulement de dénoncer le MES et le TGCS ?
      Philippe Poutou : En effet, le mécanisme européen de stabilité (MES) doit être dénoncé

      il est vital de le combattre et de l’abattre

    • Fergus (---.---.---.232) 12 avril 2012 11:14
      Fergus

      Bonjour, Jaja.

      Un Poutou qui a été excellent hier sur France 2. De surcroît sympathique et ouvert, il offre une image très positive relativement à Artaud doint l’austérité et les sectarisme semblent décidément les marques inbélébiles de Lutte Ouvrière.

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